mercredi 12 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2004656 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | BERARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 15 octobre 2020, M. F B D et Mme A L, représentée par Me Callon, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 11 juin 2020 par lequel le maire de Bordeaux ne s'est pas opposé à la déclaration préalable de travaux déposée le 11 mars 2020 par M. K G portant sur la surélévation d'une maison individuelle implantée sur la parcelle cadastrée section MA n° 157 située 3 rue Larmée, ainsi que ses décisions du 15 juillet et du 18 août 2020 rejetant leurs deux recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Bordeaux la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- l'arrêté et les recours gracieux ont été signés par une autorité incompétente ;
- le projet était soumis à la délivrance d'un permis de construire, en application du a) de l'article R. 421-14 du code de l'urbanisme, dès lors qu'il crée une surface de plancher de 24 m² ;
- il méconnaît les dispositions de l'article 2.4.1.1.3 dès lors qu'il prévoit un placage de pierre ;
- le projet méconnaît les dispositions de l'article 1.3.4.3 à défaut de prévoir un dispositif de gestion des eaux de ruissèlement.
Par un mémoire en défense enregistré le 9 décembre 2020, la commune de Bordeaux, représentée par Me Berard, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge des requérants la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par une ordonnance 6 septembre 2021, la clôture de l'instruction a été fixée au 3 novembre 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. J,
- les conclusions de M. Vaquero, rapporteur public,
- et les observations de Me Berard, représentant la commune de Bordeaux.
Considérant ce qui suit :
1. M. F B D et Mme A L demandent au tribunal l'annulation de la décision du 11 juin 2020 par laquelle le maire de Bordeaux ne s'est pas opposé à la déclaration préalable de travaux déposée le 11 mars 2020 par M. K G, portant sur la surélévation d'une maison individuelle implantée sur la parcelle cadastrée section MA n° 157 située 3 rue Larmée, ainsi que de ses décisions du 15 juillet et du 18 août 2020 rejetant ses deux recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, par un arrêté du 9 octobre 2019, le maire de Bordeaux a consenti à Mme Marie-José Del Rey, conseillère municipale déléguée auprès de Mme I E pour le droit des sols, une délégation à l'effet de signer les décisions prises sur les déclarations préalables de travaux. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté contesté doit être écarté.
3. En deuxième lieu, l'exercice du recours gracieux n'ayant d'autre objet que d'inviter l'auteur de la décision à reconsidérer sa position, un recours contentieux consécutif au rejet d'un recours gracieux doit nécessairement être regardé comme étant dirigé, non pas tant contre le rejet du recours gracieux dont les vices propres ne peuvent être utilement contestés, que contre la décision initialement prise par l'autorité administrative.
4. Il s'ensuit que le moyen tiré de l'incompétence de M. H C pour signer la décision du 15 juillet 2020 rejetant le recours gracieux du 3 juillet 2020 et la décision du 18 août 2020 rejetant le second recours gracieux du 10 juillet 2020 doit en tout état de cause être écarté comme inopérant.
5. En troisième lieu, lorsqu'il est constaté que des travaux sont, en vertu des dispositions du code de l'urbanisme, soumis à l'obligation d'obtenir un permis de construire mais n'ont fait l'objet que d'une simple déclaration, le maire est tenu de s'opposer aux travaux déclarés et d'inviter le pétitionnaire à présenter une demande de permis de construire.
6. Aux termes de l'article R. 421-14 du code de l'urbanisme : " Sont soumis à permis de construire les travaux suivants, exécutés sur des constructions existantes, à l'exception des travaux d'entretien ou de réparations ordinaires : / a) Les travaux ayant pour effet la création d'une surface de plancher ou d'une emprise au sol supérieure à vingt mètres carrés ; () ". Aux termes de l'article R. 421-17 du code de l'urbanisme : " Doivent être précédés d'une déclaration préalable lorsqu'ils ne sont pas soumis à permis de construire en application des articles R* 421-14 à *R. 421-16 les travaux exécutés sur des constructions existantes, à l'exception des travaux d'entretien ou de réparations ordinaires, et les changements de destination des constructions existantes suivants : / () f) Les travaux qui ont pour effet la création soit d'une emprise au sol, soit d'une surface de plancher supérieure à cinq mètres carrés et qui répondent aux critères cumulatifs suivants : / - une emprise au sol créée inférieure ou égale à vingt mètres carrés ; / - une surface de plancher créée inférieure ou égale à vingt mètres carrés. / Ces seuils sont portés à quarante mètres carrés pour les projets situés en zone urbaine d'un plan local d'urbanisme ou d'un document d'urbanisme en tenant lieu, à l'exclusion de ceux impliquant la création d'au moins vingt mètres carrés et d'au plus quarante mètres carrés de surface de plancher ou d'emprise au sol lorsque cette création conduit au dépassement de l'un des seuils fixés à l'article R*431-2 du présent code ". Enfin, aux termes de l'article R. 431-2 du même code : " Pour l'application de l'article 4 de la loi n° 77-2 du 3 janvier 1977 sur l'architecture, ne sont toutefois pas tenues de recourir à un architecte les personnes physiques, les exploitations agricoles ou les coopératives d'utilisation de matériel agricole agréées au titre de l'article L. 525-1 du code rural et de la pêche maritime qui déclarent vouloir édifier ou modifier pour elles-mêmes a) Une construction à usage autre qu'agricole dont la surface de plancher n'excède pas cent cinquante mètres carrés () ".
7. Il résulte de ces dispositions que sont soumis à la délivrance d'un permis de construire, pour les projets situés en zone urbaine d'un plan local d'urbanisme ou d'un document d'urbanisme en tenant lieu, les travaux réalisés sur des bâtiments à usage d'habitation qui ont pour effet, d'une part, la création d'une surface de plancher ou d'une emprise au sol comprise entre 20 et 40 m², et, d'autre part, l'augmentation de la surface ou de l'emprise au sol totale de l'existant au-delà de l'un des seuils fixés par l'article R. 431-2 de ce code, en l'espèce, 150 m².
8. Il ressort des pièces du dossier que le projet porte sur la surélévation d'une maison d'habitation, qui a pour effet de créer en R+1 une surface de plancher de 26 m², la surface de plancher du rez-de-chaussée étant quant à elle réduite de 32 à 28 m². Dès lors, le projet n'a pas pour effet de créer une surface de plancher de plus de 40 m², et ne porte pas la surface de plancher de la maison au-delà de 150 m². Par suite, le moyen tiré de ce que les travaux auraient dû faire l'objet d'une demande de permis de construire doit être écarté.
9. En quatrième lieu, aux termes de l'article 2.4.1.1.3 du règlement de la zone UP1 du plan local d'urbanisme, relatif à l'aspect extérieur des façades : " Le placage en pierre est interdit. / Les parements de pierre doivent avoir au moins 8cm d'épaisseur et 20cm pour les harpages et chaînes d'angle, bandeaux, claveaux et encadrement des baies ". Le glossaire définit le placage comme un " Revêtement de faible épaisseur rapporté sur un mur. (Voir Parement) " et le parement comme un " Matériau assurant la face visible d'une façade ou d'un élément de construction. (Voir aussi placage) ".
10. Il ressort des pièces du dossier, et notamment de la notice de présentation, que si les plans de coupes emploient improprement le terme de " placage ", le projet prévoit que le mur de façade sur rue sera recouvert " de pierre de parement de 8 cm, dont l'épaisseur est conforme aux dispositions précitées ". Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 2.4.1.1.3 du règlement de la zone UP1 du plan local d'urbanisme doit être écarté.
11. En cinquième et dernier lieu, aux termes de l'article 1.3.4.3 du règlement de la zone UP1 du plan local d'urbanisme, intitulé " Protection des constructions contre le ruissellement des eaux pluviales " : " À l'exception des constructions à usage agricole dans le cas de constructions neuves comme d'extension, le projet devra préciser comment sont gérées les eaux de ruissellement de surface. () ". Le glossaire du règlement du plan local d'urbanisme définit une " extension " comme des " travaux sur une construction existante qui génèrent une augmentation de l'emprise bâtie ".
12. Les requérants ne sauraient utilement se prévaloir des dispositions de l'article 1.3.4.3 citées au point précédent, qui s'appliquent aux constructions neuves ou aux extensions, à l'encontre d'une décision portant sur un projet de surélévation d'une maison d'habitation ne modifiant pas l'emprise au sol du projet.
13. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la recevabilité des conclusions dirigées contre la décision du 18 août 2020.
Sur les frais liés au litige :
14. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Bordeaux, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. B D et Mme L demandent au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens. En revanche, il y a lieu de mettre à la charge de M. B D et Mme L, sur le fondement des mêmes dispositions, une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la commune de Bordeaux et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B D et Mme L est rejetée.
Article 2 : M. B D et Mme L verseront à la commune de Bordeaux une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. F B D et Mme A L, à M. K G et à la commune de Bordeaux.
Délibéré après l'audience du 28 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Pouget, président,
M. Josserand, conseiller,
M. Frézet, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 octobre 2022.
Le rapporteur,
L. JLe président,
L. POUGET
La greffière,
M-A PRADAL
La République mande et ordonne à la préfète de la Gironde en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026