mercredi 30 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2004959 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL CABINET REFLEX DROIT PUBLIC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 30 octobre 2020, Mme A C, représentée par Me Callon, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions des 4 et 13 février 2020 par lesquelles le maire de la commune de Vendays-Montalivet a rejeté sa demande tendant à la création d'un accès sur la voie publique, ensemble la décision de rejet de son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au maire de la commune de Vendays-Montalivet de l'autoriser à créer un accès à sa propriété depuis la rue George Mandel ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Vendays-Montalivet la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision est insuffisamment motivée ;
- elle méconnait son droit de propriété.
Par un mémoire en défense enregistré le 7 février 2022, la commune de Vendays-Montalivet, représentée par Me Baltassat, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de Mme C en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable car tardive ;
- aucun des moyens soulevés par Mme C n'est fondé.
Par ordonnance du 7 février 2022, la clôture d'instruction a été fixée en dernier lieu au 7 avril 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de la voirie routière ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B,
- et les conclusions de M. Vaquero, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A C est propriétaire d'une parcelle située 16 avenue de l'Océan, à Vendays-Montalivet. Par un courrier du 27 janvier 2020, elle a présenté au maire de la commune une demande tendant à la création d'un nouvel accès à sa parcelle par la rue Georges Mandel. Par un courrier du 4 février 2020, le maire de Vendays-Montalivet a refusé de faire droit à cette demande. Par un courrier du 10 février 2020, Mme C a déposé une nouvelle demande tendant à la création d'un accès supplémentaire. Par un courrier du 13 février 2020, le maire de Vendays-Montalivet a de nouveau rejeté cette demande. Par la présente requête, Mme C demande l'annulation des deux décisions de refus qui lui ont été opposée, ainsi que de celle rejetant son recours gracieux.
Sur les fins de non-recevoir tirées de la tardiveté de la requête :
En ce qui concerne les conclusions à fin d'annulation dirigées contre la décision du 4 février 2020 :
2. Le premier alinéa de l'article R. 421-1 du code de justice administrative dispose, dans sa version alors en vigueur, que : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée ". Aux termes de l'article R. 421-5 du même code : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ". S'il résulte de ces dispositions que lorsque la notification ne comporte pas les mentions requises, ce délai de deux mois n'est pas opposable, le principe de sécurité juridique, qui implique que ne puissent être remises en cause sans condition de délai des situations consolidées par l'effet du temps, fait toutefois obstacle à ce que puisse être contestée indéfiniment une décision administrative individuelle qui a été notifiée à son destinataire, ou dont il est établi, à défaut d'une telle notification, que celui-ci a eu connaissance. En une telle hypothèse, si le non-respect de l'obligation d'informer l'intéressé sur les voies et les délais de recours, ou l'absence de preuve qu'une telle information a bien été fournie, ne permet pas que lui soient opposés les délais de recours fixés par le code de justice administrative, le destinataire de la décision ne peut exercer de recours juridictionnel au-delà d'un délai raisonnable qui, en règle générale et sauf circonstances particulières dont se prévaudrait le requérant, ne saurait, sous réserve de l'exercice de recours administratifs pour lesquels les textes prévoient des délais particuliers, excéder un an à compter de la date à laquelle une décision expresse lui a été notifiée ou de la date à laquelle il est établi qu'il en a eu connaissance.
3. Il ressort des pièces du dossier que par un courrier du 27 janvier 2020, Mme C a fait une première demande au maire de la commune de Vendays-Montalivet tendant à la création d'un accès sur la rue Georges Mandel. Il est constant que la décision attaquée du 4 février 2020 du maire de Vendays-Montalivet, qui doit être regardée comme refusant de faire droit à cette demande au motif notamment que la construction figurant sur le lot doit changer de destination, ne comportait aucune mention des voies et délais de recours. En application des dispositions et du principe mentionnés au point précédent, Mme C disposait dès lors d'un délai d'un an, à compter de la notification de cette décision, pour la contester. Dans ces conditions, la commune de Vendays-Montalivet n'est pas fondée à soutenir qu'à la date d'introduction de sa requête, le 30 octobre 2020, Mme C était forclose à contester la décision du 4 février 2020.
En ce qui concerne les conclusions à fin d'annulation dirigées contre la décision du 13 février 2020 :
4. Aux termes de l'article 1er de l'ordonnance n° 2020-306 du 25 mars 2020 modifiée : " I. ' Les dispositions du présent titre sont applicables aux délais et mesures qui ont expiré ou qui expirent entre le 12 mars 2020 et le 23 juin 2020 inclus. () ". Aux termes de l'article 2 de cette ordonnance : " Tout acte, recours, action en justice, formalité, inscription, déclaration, notification ou publication prescrit par la loi ou le règlement à peine de nullité, sanction, caducité, forclusion, prescription, inopposabilité, irrecevabilité, péremption, désistement d'office, application d'un régime particulier, non avenu ou déchéance d'un droit quelconque et qui aurait dû être accompli pendant la période mentionnée à l'article 1er sera réputé avoir été fait à temps s'il a été effectué dans un délai qui ne peut excéder, à compter de la fin de cette période, le délai légalement imparti pour agir, dans la limite de deux mois. () ".
5. Il ressort des pièces du dossier que par un courrier du 10 février 2020, Mme C a déposé une nouvelle demande de création d'un accès sur la voie publique, qui a également été rejetée le 13 février 2020. En application des articles 1er et 2 de l'ordonnance précitée, le délai de recours contentieux qui avait commencé à courir à partir de cette date a été interrompu à compter du 12 mars 2020 et a recommencé à courir, dans son intégralité, à compter du 24 juin 2020. Le recours gracieux de la requérante dirigé contre la décision du 13 février 2020 a été reçu en mairie le 2 juillet 2020. Ainsi, une décision implicite de rejet de ce recours gracieux est née le 2 septembre 2020. Le délai de recours contentieux prorogé par ce recours gracieux expirait en conséquence le 3 novembre 2020. Il en résulte que les conclusions de la requête enregistrée le 30 octobre 2020 dirigées contre la décision du 13 février 2020 ne sont pas tardives et que la fin de non-recevoir opposée à cet égard doit être également écartée.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
6. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / () 7° Refusent une autorisation (). ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ". Il résulte de ces dispositions que la décision rejetant une demande présentée en vue d'obtenir une autorisation afin de créer un accès sur la voie publique constitue un refus d'autorisation au sens de ces dispositions et doit, par suite, être motivée.
7. En l'espèce, les deux décisions attaquées, par lesquelles le maire de la commune de Vendays-Montalivet a expressément refusé de faire droit à la demande de Mme C tendant à la création d'un accès sur la voie publique se bornent à indiquer, pour l'une, que " s'agissant d'une partie du domaine public, nous ne pouvons pas vous donner une suite favorable à votre requête " et, pour l'autre, qu'il " est nécessaire que vous régularisiez le changement du local par le dépôt d'une déclaration préalable ". Elles ne visent aucune disposition légale ou réglementaire. Ainsi, le maire de la commune de Vendays-Montalivet n'a pas mis la requérante en mesure d'identifier les motifs de fait, et surtout de droit, sur lesquels il s'est fondé pour prendre les décisions attaquées, et n'a pas permis au juge d'exercer son contrôle. Dans ces conditions, Mme C est fondée à soutenir que les deux décisions attaquées sont insuffisamment motivées.
8. En l'état de l'instruction, aucun autre moyen n'est, pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, de nature à justifier l'annulation des décisions litigieuses.
9. Il résulte de ce qui précède que les décisions des 4 et 13 février 2020 par lesquelles le maire de la commune de Vendays-Montalivet a refusé à Mme C la création d'un accès sur la voie publique doivent être annulées.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
10. Eu égard au motif d'annulation retenu, le présent jugement implique seulement, par application des dispositions de l'article L. 911-2 du code de justice administrative, que le maire de la commune de Vendays-Montalivet procède au réexamen de la demande de création d'un accès sur la voie publique de Mme C, dans un délai qu'il convient de fixer à un mois à compter de la notification du présent jugement. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les conclusions relatives aux frais d'instance :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de Mme C, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que la commune de Vendays-Montalivet demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
121. En revanche il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Vendays-Montalivet une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par Mme C et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Les décisions du 4 février 2020 et du 13 février 2020 sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint à la commune de Vendays-Montalivet de réexaminer la demande de Mme C tendant à la création d'un accès sur la voie publique dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : La commune de Vendays-Montalivet versera à Mme C une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C et à la commune de Vendays-Montalivet.
Délibéré après l'audience du 16 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Pouget, président,
M. Josserand, conseiller,
M. Frézet, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 novembre 2022.
Le rapporteur,
C. FREZET
Le président,
L. POUGET La greffière,
M.-A. PRADAL
La République mande et ordonne à la préfète de la Gironde, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026