lundi 25 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2005067 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | juge unique |
| Avocat requérant | SELARL DURAN - MARTIAL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 4 novembre 2020, M. E, représenté par la SELARL Duran-Martial, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision référencée " 3F " du 5 octobre 2020 par laquelle la préfète de la Gironde a suspendu son permis de conduire pour une durée de 6 mois ;
2°) d'enjoindre à la préfète de la Gironde de lui restituer son permis de conduire dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la signataire de l'acte est incompétente ;
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- l'arrêté présente un vice de procédure en ce qu'il a été pris au-delà du délai légal de 72 heures conformément à l'article L. 224-2 du code de la route ;
- la préfète a commis une erreur d'appréciation dès lors qu'il n'a commis aucune infraction depuis l'obtention de son permis.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 février 2021, la préfète de la Gironde conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.
Une demande de maintien de conclusions a été envoyée à M. E le 23 février 2022. Par un courrier du 2 mars 2022, le requérant a confirmé maintenir ses conclusions.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Billet-Ydier, vice-présidente, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le rapporteur public ayant été dispensé, sur sa proposition, de conclure dans cette affaire en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique, le rapport de Mme G.
Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Le 26 septembre 2020 à 23h30, les gendarmes de la brigade motorisée de Bordeaux ont procédé à un contrôle sur l'avenue du Maréchal Leclerc sur le territoire de la commune de Martignas sur Jalles (33127) à l'issue duquel le dépistage au cannabis de M. E s'est révélé positif. Les gendarmes ont procédé à une rétention de son permis de conduire. Suite à la transmission de l'avis de rétention du permis de conduire de M. E et à un rapport d'analyse effectué le 29 septembre 2020, la préfète de la Gironde a suspendu, par une décision du 1er octobre 2020 dont M. E demande l'annulation, son permis de conduire pour une durée de six mois dans l'attente d'une décision judiciaire.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Il ressort des pièces du dossier que, par arrêté signé et publié le 11 décembre 2018, la préfète de la Gironde a donné délégation de signature à Mme B C, chef de la section, en matière de sécurité routière, en cas d'absence ou d'empêchement de Mme F H, sous-préfète et directrice du cabinet de la préfète de la région Nouvelle-Aquitaine et de Mme D A, chef du bureau de la sécurité routière. Le moyen tiré de l'absence de délégation de signature de Mme B C doit dès lors, être écarté.
3. Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : - restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ".
4. La décision de suspension de permis en litige mentionne les articles du code de la route dont il est fait application, précise le lieu, la date et l'heure de la commission de l'infraction, sa nature et sa gravité ainsi que le danger que le conducteur représente pour la sécurité routière. Aucune disposition législative ou règlementaire ne fait obligation au préfet d'annexer le procès-verbal d'infraction à l'arrêté prononçant la suspension du permis de conduire en raison de cette infraction, qui est suffisamment précisée par la motivation rappelée. Dès lors, la décision attaquée, qui comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, est suffisamment motivée et la circonstance que ni le procès-verbal ni les résultats d'analyse ne lui soient annexés est sans incidence sur sa légalité. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
5. Aux termes de l'article L. 224-2 du code de la route : " I. - Le représentant de l'Etat dans le département peut, dans les soixante-douze heure heures de la rétention du permis prévue à l'article L. 224-1, ou dans les cent-vingt heures pour les infractions pour lesquelles les vérifications prévues aux articles L. 234-4 à L. 234-6 ont été effectuées, prononcer la suspension du permis de conduire lorsque : () / 2° Il est fait application des dispositions de l'article L. 235-2 si les analyses ou examens médicaux, cliniques et biologiques établissent que le conducteur conduisait après avoir fait usage de substances ou plantes classées comme stupéfiants ou si le conducteur ou l'accompagnateur de l'élève conducteur a refusé de se soumettre aux épreuves de vérification prévues au même article L. 235-2 () ".
6. Le requérant s'est vu remettre un avis de rétention le 26 septembre 2020, alors qu'il avait été testé positif au cannabis. Suite aux résultats d'analyses effectuées le 29 septembre 2020, la préfète a pris un arrêté de suspension de permis le 1er octobre 2020, soit dans le délai de 120 heures prévu à l'article précité. Le moyen tiré d'un vice de procédure doit ainsi être écarté.
7. Il ressort des pièces du dossier que les résultats du test salivaire ont révélé que le requérant avait consommé du cannabis. Il suit de là que la suspension du permis de conduire de M. E pour une durée de 6 mois, alors même qu'il n'a pas commis d'autres infractions, est adaptée et proportionnée. Dès lors, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation doit être écarté.
8. La circonstance que M. E ait besoin de son permis de conduire dans le cadre de sa vie professionnelle et familiale est sans incidence sur la légalité de la décision attaquée.
9. Il résulte de tout ce qui précède que la décision référencée " 3F " n'est pas entachée d'illégalité et que, dès lors, les conclusions à fin d'annulation de ladite décision doivent être rejetée. Les conclusions à fin d'injonction et tendant au versement d'une somme par l'Etat sur le fondement de l'article L. 761-1 doivent, par voie de conséquence, être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. E est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. I E et au ministre de l'intérieur.
Une copie sera transmise, pour information, à la préfète de la Gironde.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 juillet 2022.
La magistrate désignée,
F. GLa greffière,
A. BEGORRE
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026