jeudi 10 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2005387 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET D'AVOCATS SEBAN NOUVELLE AQUITAINE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 3 novembre 2020, M. B A, représenté par Me Lindagba-Mba demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 2 septembre 2020 par lequel le maire de la commune de Cestas l'a placé en congé de maladie ordinaire du 19 juillet 2019 au 17 juillet 2020 et l'a informé du versement d'un demi-traitement du 17 octobre 2019 au 17 juillet 2020 ;
2°) d'annuler l'arrêté du 2 septembre 2020 par lequel le maire de la commune de Cestas l'a maintenu, à titre conservatoire, en position d'activité à compter du 18 juillet 2020, avec versement d'un demi-traitement à compter de cette même date, à l'expiration de ses droits statutaires à congé de maladie et dans l'attente de l'avis du comité médical ;
3°) d'annuler l'arrêté du 22 septembre 2020, par lequel le maire de la commune de Cestas, l'a placé à titre conservatoire en disponibilité d'office, dans l'attente de l'avis du comité médical ;
4°) d'enjoindre au maire de la commune de Cestas de réexaminer sa situation, en rétablissant son plein traitement ;
5°) de mettre à la charge de la commune de Cestas la somme de 3 000 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- sa requête, qui n'est pas tardive, est recevable ;
- la décision a été signée par une autorité incompétente, en l'absence de décision portant délégation de signature et de preuve de sa publication ;
S'agissant des arrêtés du 2 septembre 2020 ;
- c'est à tort qu'il a été placé en congé de maladie ordinaire du 19 juillet 2019 au 17 juillet 2020, alors que le médecin a établi un certificat de reprise du travail ;
- il subit un préjudice financier du fait de son demi-traitement ; depuis le mois de septembre 2020, il perçoit un demi-traitement de 1 054.23 euros brut alors qu'il est en capacité de reclassement et qu'il a sollicité une reprise du travail sur un poste adapté ;
- il lui est réclamé un trop perçu de 9 540 euros qu'il conteste car cette demande est infondée ;
- la collectivité aurait dû solliciter, avant l'épuisement de ses droits, la saisine du comité médical ;
- l'arrêté mentionne à tort que le comité médical a été saisi le 2 septembre 2020 ;
S'agissant de l'arrêté du 22 septembre 2020 ;
- cette décision ne pouvait intervenir sans qu'il n'ait été invité à présenter, au préalable, une demande de reclassement ;
- s'il a été informé par courrier du 8 septembre 2020 de la saisine du comité médical départemental, ce courrier est postérieur à la date de début de la mise en disponibilité d'office fixée au 18 juillet 2020 ;
- il a présenté, le 18 septembre 2020, une demande de reclassement et une demande de reprise de travail à temps complet sur un poste aménagé ;
- la collectivité a méconnu les articles 19 du décret du 13 janvier 1986 et 40 du décret du 20 mars 1991 dès lors qu'elle ne démontre pas avoir étudié toutes les possibilités d'adaptation de poste de travail ou de reclassement avant de procéder à la mise en disponibilité.
Par un mémoire en défense enregistré le 23 novembre 2021, la commune de Cestas, représentée par Me Simon conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de M. A au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir qu'il n'y a plus lieu de statuer dès lors que par arrêté RH/38/2021, M. A a été admis au bénéfice d'un congé imputable au service à compter du 18 juillet 2019 et jusqu'à son départ à la retraite ; les arrêtés attaqués, des 2 et 22 septembre 2020, ont également été retirés.
Par un mémoire enregistré le 9 décembre 2021, M. A, représenté par Me Lindagba-Mba, déclare se désister de ses conclusions à fin d'annulation mais maintenir ses conclusions tendant à la mise à la charge de la commune de Cestas de la somme de 3 000 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Par un dernier mémoire enregistré le 3 janvier 2022, M. A, représenté par Me Lindagba-Mba demande au tribunal :
1°) de donner acte de son désistement partiel ;
2°) de condamner la commune de Cestas à lui restituer la somme de 9 540 euros ;
3°) de condamner la commune de Cestas à payer les frais d'huissier de justice, s'élevant à la somme de 360 euros ;
4°) de mettre à la charge de la commune de Cestas une somme de 3 000 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- au regard de l'annulation des arrêtés initialement contestés, il se désiste de ses conclusions à fin d'annulation ;
- toutefois, la commune de Cestas a fait exécuter l'arrêté le plaçant en congé de maladie ordinaire avec paiement d'un demi-traitement et l'arrêté le plaçant à titre conservatoire en disponibilité d'office avec maintien du demi-traitement ; il a remboursé, conformément à la demande faite par la commune de Cestas, la somme de 9 540 euros relative au trop-perçu de rémunération ; l'huissier de justice lui réclame encore une somme de 360 euros, qu'il refuse de payer ;
- à ce jour, il n'a pas perçu la restitution des sommes, alors qu'elles devaient lui être restituées sur son bulletin de paye de février 2021.
Par un second mémoire en défense enregistré le 24 janvier 2022, la commune de Cestas, représentée par Me Simon, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de M. A au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- les conclusions indemnitaires sont irrecevables à défaut de demande préalable indemnitaire liant le contentieux ;
- en tout état de cause, le requérant a perçu par erreur à deux reprises son plein traitement pour la période du 17 octobre 2019 au 31 août 2020, une première fois avant son placement de manière rétroactive en congé maladie ordinaire et une seconde fois lors de son placement rétroactif en congé pour invalidité temporaire imputable au service ; en raison de cette erreur, il devait bien rembourser à la commune une somme de 9 540 euros ;
- afin de lui assurer un salaire décent à compter de septembre 2020, une avance sur salaire lui a été, à titre très exceptionnel, accordée ;
- un plein traitement correspondant à la période du 17 octobre 2019 au 31 août 2020 lui a été versé, comme en atteste le bulletin de paie du 28 février 2021, pour un salaire brut global de 20 249,20 euros.
Par ordonnance du 25 janvier 2022, la clôture d'instruction a été fixée en dernier lieu au 15 février 2022.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- les conclusions de M. Naud, rapporteur public,
- et les observations de Me Jacquier, représentant la commune de Cestas.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A est agent de maitrise et exerce ses fonctions au sein de la commune de Cestas. Le 6 septembre 2010, il a été victime d'un accident et d'une rechute le 21 mars 2019, reconnus imputables au service. La commission départementale de réforme, lors de sa séance du 4 septembre 2019, a fixé la consolidation de sa rechute au 18 juillet 2019, un taux d'IPP de 15% et a conclu à son inaptitude totale et définitive à ses fonctions. Par un arrêté du 28 août 2020, le maire de la commune de Cestas a mis un terme à la prise en charge des arrêts de travail pour la période du 19 juillet 2019 au 30 novembre 2020. Par deux arrêtés des 2 septembre 2020, M. A a été d'une part, placé en congé de maladie ordinaire du 19 juillet 2019 au 17 juillet 2020 et informé du versement d'un demi-traitement du 17 octobre 2019 au 17 juillet 2020 et d'autre part, maintenu à titre conservatoire en position d'activité à compter du 18 juillet 2020, avec versement d'un demi-traitement à compter de cette même date, à l'expiration de ses droits statutaires à congé de maladie et dans l'attente de l'avis du comité médical. Par une décision du 8 septembre 2020, la commune de Cestas l'a informé qu'il avait perçu à tort un plein traitement du 17 octobre 2019 au 31 août 2020 et qu'il était redevable d'un trop perçu de 9 540 euros. Par ailleurs, le maire de la commune de Cestas, par un arrêté du 22 septembre 2020, l'a placé à titre conservatoire, en disponibilité d'office, dans l'attente de l'avis du comité médical, avec versement d'un demi-traitement à titre dérogatoire. M. A demandait initialement au tribunal d'annuler les arrêtés de la commune de Cestas du 2 septembre 2020, ainsi que l'arrêté du 22 septembre 2020.
Sur le cadre du litige :
2. Par un arrêté RH/38/2021 du 26 janvier 2021, postérieur à l'introduction de la requête, le maire de la commune de Cestas a placé M. A en congé pour invalidité temporaire imputable au service à compter du 18 juillet 2019 et jusqu'à son reclassement ou son admission à la retraite et l'a informé du versement de l'intégralité de son traitement. Par deux arrêtés du 4 février 2021, et deux arrêtés des 8 et 9 février 2021, le maire de la commune de Cestas a retiré respectivement, les arrêtés des 2 septembre 2020, 28 août 2020 et 22 septembre 2020.
Sur le désistement partiel :
3. Dans son dernier mémoire, M. A déclare se désister de ses conclusions à fin d'annulation et donc, par voie de conséquence, des conclusions accessoires à fin d'injonction. Ce désistement est pur et simple et rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.
Sur le surplus des conclusions :
4. Aux termes de l'alinéa 2 de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. ". En l'espèce, M. A n'a pas sollicité la collectivité afin qu'en exécution des arrêtés des 26 janvier, 4, 8 et 9 février 2021, elle lui verse la somme de 9 540 euros qu'il estime lui être due, au titre de son plein traitement sur la période du 17 octobre 2019 au 31 août 2020, ainsi que les frais d'huissier de justice. Il appartient au requérant, s'il s'y croit fondé et dans l'hypothèse où l'administration n'aurait pas exécuté les arrêtés précités, de saisir la commune de Cestas d'une telle demande. En l'état, la fin de non-recevoir opposée en défense, tirée du défaut de liaison du contentieux, doit être accueillie.
Sur les frais liés au litige :
5. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce et dès lors que le désistement du requérant n'est intervenu qu'à la suite du retrait, en cours d'instance, des arrêtés contestés, de mettre à la charge de la commune de Cestas une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. A et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu de mettre à la charge de M. A la somme demandée par la commune de Cestas au même titre.
DECIDE :
Article 1er : Il est donné acte du désistement de M. A concernant ses conclusions à fin d'annulation.
Article 2 : La commune de Cestas versera à M. A une somme de 1 500 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Les conclusions présentées par la commune de Cestas au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la commune de Cestas.
Délibéré après l'audience du 20 octobre 2022 à laquelle siégeaient :
Mme Munoz-Pauziès, présidente,
M. Josserand, conseiller,
Mme Lahitte, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 novembre 2022.
La rapporteure,
A. C
La présidente,
F. MUNOZ-PAUZIÈS
La greffière,
C. SCHIANO
La République mande et ordonne à la préfète de la Gironde en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026