mercredi 18 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2005402 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP CORNILLE - FOUCHET - MANETTI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 26 novembre 2020 et quatre mémoires complémentaires enregistrés respectivement le 4 décembre 2020, le 23 décembre 2020, le 15 mars 2021 et le 28 juin 2021, M. K L, Mme E I et M. H F, représentés par Me Manetti, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'annuler la décision tacite du 25 juillet 2020 par laquelle le maire de la commune de Talence a délivré un permis de construire à M. B en vue de la construction d'une maison individuelle sur un terrain situé 157 rue de Trémeuge à Talence, ensemble les décisions de rejet de leurs recours gracieux ;
2°) d'annuler l'arrêté du 27 avril 2021 par lequel le maire de la commune de Talence a délivré à M. B un permis de construire modificatif ;
3°) de mettre à la charge de la commune Talence une somme de 4 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la décision a été adoptée par une autorité incompétente ;
- la consultation des services compétents est irrégulière ;
- le dossier de demande de permis de construire est insuffisant ;
- la construction projetée empiète sur un emplacement réservé ;
- le permis de construire méconnaît les dispositions de l'article 1.4.1.3 du règlement de la zone UM2 du plan local d'urbanisme ;
- le permis de construire méconnaît les dispositions de l'article 2.2.1 du règlement de la zone UM2 du plan local d'urbanisme ;
- le permis de construire méconnaît les dispositions de l'article 3.2.2.2 du règlement de la zone UM2 du plan local d'urbanisme ;
- le permis de construire méconnaît les dispositions de l'article 3.3.2 du règlement de la zone UM2 du plan local d'urbanisme ;
- le permis de construire méconnaît les dispositions de l'article 2.4.1.4 du règlement de la zone UM2 du plan local d'urbanisme ;
- le permis de construire méconnaît les dispositions de l'article 2.4.4.1 du règlement de la zone UM2 du plan local d'urbanisme ;
- le permis de construire méconnaît les dispositions de l'article 2.4.4.4 du règlement de la zone UM2 du plan local d'urbanisme.
Par des mémoires en défense, enregistrés respectivement le 14 janvier 2021, le 20 mai 2021 et le 2 août 2021, la commune de Talence, représentée par son maire, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge des requérants la somme de 1 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par un mémoire enregistré le 20 février 2022, M. D C conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par ordonnance du 8 février 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 8 mars 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. G,
- les conclusions de M. Vaquero, rapporteur public,
- et les observations de Me Eizaga, représentant M. L, Mme J et M. F.
Considérant ce qui suit :
1. M. B a déposé une demande de permis de construire le 20 février 2020 A fins de destruction d'un garage et de construction d'une maison individuelle sur un terrain situé au 157 rue Tremeuge, à Talence. Après avoir fourni des pièces complémentaires, il a bénéficié d'une autorisation tacite du maire de Talence en date du 25 juillet 2020, constatée par certificat le 27 juillet. Le 10 mars 2021, le pétitionnaire a déposé une demande de permis de construire modificatif qui a fait l'objet d'une autorisation délivrée le 27 avril 2021. Par un arrêté du 20 septembre 2021, le maire de Talence a transféré le droit à construire à M. C. M. L et Mme J, de même que M. F, voisins immédiats du projet, ont adressé au maire de Talence des demandes tendant au retrait de l'autorisation d'urbanisme, qui ont donné lieu à des refus en date des 18 septembre et 12 octobre 2020. Ils demandent désormais au tribunal d'annuler le permis de construire tacite du 25 juillet 2020, le permis modificatif du 27 avril 2021, et les décisions rejetant leurs recours gracieux.
Sur les conclusions A fins d'annulation :
2. En premier lieu, par un arrêté du 28 mai 2020 régulièrement publié et transmis à l'autorité préfectorale, le maire de la commune de Talence a consenti à M. Guillaume Hanotin, conseiller municipal, une délégation à l'effet de signer notamment toutes les décisions relevant du code de l'urbanisme. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire du certificat de permis tacite du 27 juillet 2020 doit en tout état de cause être écarté.
3. En deuxième lieu, A termes de l'article R. 423-50 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente recueille auprès des personnes publiques, services ou commissions intéressées par le projet, les accords, avis ou décisions prévues par les lois ou règlements en vigueur ".
4. Si les requérants soutiennent que l'avis de Bordeaux Métropole a été rendu sur la base d'un dossier incomplet, il ressort toutefois des pièces du dossier que M. B, dont la demande de permis de construire a été enregistrée le 20 février 2020, a complété son dossier les 23 mars et 12 mai suivants, et que la Métropole de Bordeaux a été saisie pour avis le 13 mai 2020 et s'est prononcée le 26 mai 2020. Dès lors, cette instance ne s'est pas prononcée au vu d'un dossier incomplet. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 423-50 du code de l'urbanisme doit être écarté.
5. En troisième lieu, A termes de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend une notice précisant : / 1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; / 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : / a) L'aménagement du terrain, en indiquant ce qui est modifié ou supprimé ; / b) L'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport A constructions ou paysages avoisinants ; / c) Le traitement des constructions, clôtures, végétations ou aménagements situés en limite de terrain ; / d) Les matériaux et les couleurs des constructions ; / e) Le traitement des espaces libres, notamment les plantations à conserver ou à créer ; / f) L'organisation et l'aménagement des accès au terrain, A constructions et A aires de stationnement ". A termes de l'article R. 431-9 du même code : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. Ce plan de masse fait apparaître les travaux extérieurs A constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées et, le cas échéant, les constructions existantes dont le maintien est prévu. / Il indique également, le cas échéant, les modalités selon lesquelles les bâtiments ou ouvrages seront raccordés A réseaux publics ou, à défaut d'équipements publics, les équipements privés prévus, notamment pour l'alimentation en eau et l'assainissement. / Lorsque le terrain n'est pas directement desservi par une voie ouverte à la circulation publique, le plan de masse indique l'emplacement et les caractéristiques de la servitude de passage permettant d'y accéder. / Lorsque le projet est situé dans une zone inondable délimitée par un plan de prévention des risques, les cotes du plan de masse sont rattachées au système altimétrique de référence de ce plan ". Et A termes de l'article R. 431-10 de ce code : " Le projet architectural comprend également : / a) Le plan des façades et des toitures; lorsque le projet a pour effet de modifier les façades ou les toitures d'un bâtiment existant, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur; / b) Un plan en coupe précisant l'implantation de la construction par rapport au profil du terrain; lorsque les travaux ont pour effet de modifier le profil du terrain, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur; / c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport A constructions avoisinantes et A paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain; / d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse ".
6. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
7. D'une part, il ressort des pièces du dossier que la notice descriptive contenue dans la demande de permis initial contenait un plan de situation issu du site Géoportail ainsi qu'un plan de situation cadastrale, une photographie dans l'environnement proche et lointain, ainsi que des photomontages représentant l'insertion du projet dans son environnement proche. La demande comprenait également un plan de masse présentant les espaces de stationnement ainsi que leurs dimensions. La demande de permis modificatif comportait, quant à elle, des précisions quant à la hauteur du projet et A traitements prévus pour les clôtures et les façades, à savoir respectivement un habillage en claire-voie en bois de 60 cm de hauteur et un enduit blanc cassé. Le service instructeur a par ailleurs été en mesure, au regard des différents plans au dossier, d'apprécier tant l'emprise bâtie du projet, de 71 m2, que la superficie des espaces en pleine terre, qui s'établit à 33 m2. Par suite, les moyens tirés de l'insuffisance de la notice et des documents décrivant l'insertion du projet doivent être écartés comme manquant en fait.
8. D'autre part, contrairement à ce que soutiennent les requérants, il ressort des pièces du dossier que les plans de façade du dossier initial de demande de permis de construire permettaient de connaître toutes les dimensions de la construction, y compris sa hauteur, et que le plan de masse joint à la demande de permis modificatif est coté dans les trois dimensions. En outre, la notice explicative indiquait que " Les évacuations des eaux pluviales seront divisées, côté jardin par un récupérateur d'eau, et côté rue raccordée au réseau EP ", et le récupérateur d'eaux pluviales côté jardin figurait sur le plan de masse. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme, qui n'imposent pas que soient apportées d'emblée dans le dossier de demande d'autorisation des précisions sur les capacités de traitement du dispositif retenu, doit donc être écarté.
9. En cinquième lieu, si les dispositions de l'article L. 442-14 du code de l'urbanisme font obstacle à ce qu'un permis de construire sur un lot soit refusé ou assorti de prescriptions spéciales sur le fondement de dispositions d'urbanisme édictées dans le délai de cinq années suivant la délivrance de l'autorisation de lotir, elles ne peuvent être utilement invoquées à l'encontre d'une décision d'urbanisme accordant le permis sollicité. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des règles d'urbanismes applicables à la date de la division foncière est inopérant.
10. En sixième lieu, A termes de l'article 1.4.1.3. du règlement de la zone UM2 du plan local d'urbanisme, relatif A normes de stationnement : " Les normes de stationnement indiquées dans le tableau ci-après s'appliquent A constructions nouvelles, A constructions existantes et changements de destination. () ". Le tableau annexé impose, en secteur 4, de prévoir une place de stationnement minimum pour 55 m² de surface de plancher, sans que le nombre minimum de places imposé pour le total de l'opération soit inférieur à 1 place par logement et supérieur à 2 places par logement.
11. Il ressort des pièces du dossier que le projet litigieux, qui consiste en la construction d'un logement de 140 m² de surface de plancher, prévoit également la création de 2 places de stationnement. Ces espaces de stationnement, qui sont matérialisés par le plan de masse et qui sont mentionnés dans le formulaire " Cerfa " joint à la demande de permis de construire modificatif, permettent de satisfaire A conditions de l'article 1.4.1.3 du règlement applicable du plan local d'urbanisme. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de cette disposition doit être écarté.
12. En septième lieu, la ligne " Emprise bâtie (EB) " du point 2.2.1 " Constructions, installations et aménagements neufs " du règlement de la zone UM2 dispose que l'emprise bâtie doit être inférieure ou égale à 40 % de la superficie du terrain, la ligne " espace en pleine terre " indique que l'espace en pleine terre doit être supérieur ou égale à 25 % de la superficie du terrain ou supérieure ou égale à 20 % et 5 % de coefficient de végétalisation, et la ligne " Hauteur façade " dispose que la hauteur de la façade doit être inférieure à 6,50 m. A termes des dispositions de l'article 2.3.3 du règlement applicable du plan local d'urbanisme : " Des dispositions particulières relatives A terrains de faible profondeur peuvent s'appliquer dès lors que ces terrains existent à la date d'approbation du présent PLU 3.1 ou qu'ils sont issus d'une division n'ayant pas eu pour effet de réduire la profondeur initiale. Ainsi, sur un terrain ou une partie de terrain dont la profondeur est inférieure ou égale à 18 m, les constructions peuvent être implantées en respectant les retraits suivants : - L1 et L2 = 0 pour les façades sans baies ou L1 et L2 supérieur ou égal à 2 m pour les façades avec baies. Dans ce cas, l'emprise bâtie et les espaces en pleine terre ne sont pas réglementés ".
13. D'une part, les requérants invoquent la méconnaissance des règles fixées à l'article 2.2.1 en matière d'emprise bâtie et d'espace en pleine terre. Or, il ressort des pièces du dossier qu'une déclaration préalable du 18 juin 2018 a procédé à la division de la parcelle et que cette opération n'a pas eu pour effet de réduire sa profondeur initiale existante à la date d'approbation du plan local d'urbanisme, laquelle, compte tenu de la configuration des lieux, a pu être légalement appréciée par le maire par rapport à la rue de Trémeuge, sur laquelle se situe l'accès au projet. Cette profondeur s'établissant ainsi à moins de 18 mètres, l'opération entre dans le champ des dispositions dérogatoires de l'article 2.3.3 du règlement applicable du plan local d'urbanisme et les requérants ne peuvent utilement invoquer une méconnaissance des règles relatives à l'emprise bâtie et A espaces de pleine terre fixées par l'article 2.2.1 du même règlement.
14. D'autre part, si les requérants invoquent la méconnaissance des règles relatives à la hauteur des constructions, il ressort toutefois des pièces du dossier que celle-ci, fixée en l'espèce à 5,14 m, est inférieure A prescriptions précitées de l'article 2.2.1 du règlement applicable du plan local d'urbanisme. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance de cette disposition doit être écarté.
15. En huitième lieu, A termes de l'article 3.2.2.2 du règlement de la zone UM2 du plan local d'urbanisme : " Tout accès doit permettre d'assurer la sécurité de ses utilisateurs ainsi que celle des usagers des voies, quel que soit leur mode de déplacement. / Cette sécurité est appréciée compte tenu, notamment, de la position de l'accès, de sa configuration ainsi que de la nature et de l'intensité du trafic. / Le nombre et la localisation des accès devront être déterminés en tenant compte : - des besoins liés au bon fonctionnement interne de l'opération : nature, taille, foisonnement des activités ; - des contraintes liées au bon fonctionnement du domaine public limitrophe : sécurité de circulation des véhicules motorisés, accessibilité, sécurité et confort des circulations piétonnes, offre de stationnement public, offre et aménagements existants de transport collectif (abri, arrêt, voie tramway) [] Lorsque le terrain est desservi par plusieurs voies, l'accès est établi sur la voie où la gêne pour la circulation est moindre ".
16. Le projet litigieux prévoit la création d'un accès sur la rue de Trémeuge. Il n'est pas démontré, ni même allégué par les requérants que cette voie à sens unique d'un quartier résidentiel présenterait une circulation importante ou, quand bien même les cyclistes peuvent l'emprunter dans les deux sens, une configuration de nature à présenter un danger pour les usagers empruntant la voie et l'accès à la parcelle. La circonstance que l'entrée ou la sortie des véhicules doive s'effectuer en marche arrière n'est pas, à elle seule, de nature à démontrer le danger allégué, alors d'ailleurs que le projet a reçu un avis favorable de Bordeaux Métropole, gestionnaire de la voirie. Par ailleurs, les dispositions précitées n'interdisent pas que la création d'un accès conduise à la suppression de places de stationnement public, alors au demeurant qu'il n'est pas établi que l'offre en la matière dans le quartier serait insuffisante. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3.2.2 du plan local d'urbanisme doit être écarté.
17. En neuvième lieu, A termes de l'article 3.3.2.1 du règlement applicable du plan local d'urbanisme : " Tout terrain doit être aménagé avec des dispositifs permettant l'évacuation qualitative et quantitative des eaux pluviales. Ils doivent être adaptés à la topographie, à la nature du sous-sol et A caractéristiques des constructions []. Pour les constructions nouvelles et les extensions, dès lors que la surface imperméabilisée projetée est supérieure à 100 m², le projet présentera obligatoirement la solution retenue pour la gestion des eaux pluviales. "
18. Il ressort des pièces du dossier que le projet prévoit que les eaux pluviales seront divisées, avec un récupérateur d'eau côté jardin, et un raccordement au réseau public côté rue. Cette solution a fait l'objet d'un accord de la part de Bordeaux Métropole dans son avis du 26 mai 2020 et les requérants n'apportent aucune précision ou élément sérieux à l'appui de leur allégation selon laquelle ce dispositif ne serait pas adapté ou pas suffisant. En conséquence, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3.3.2.1 du règlement de la zone UM2 du plan local d'urbanisme doit être écarté.
19. En dixième lieu, A termes de l'article 2.4.1.4 du règlement applicable du plan local d'urbanisme : " Le traitement des rez-de-chaussée bordant le domaine public doit éviter le plus largement possible les locaux aveugles en façade et limiter les parties pleines, préjudiciables à la qualité de l'ambiance urbaine. Ils doivent présenter des rythmes, des jeux de matières et de teintes, des transparences. Le traitement de leur façade doit être cohérent avec les niveaux des étages supérieurs ".
20. Il ressort des pièces du dossier que le bâtiment projeté présente un pan de mur plein bordant le domaine public. Mais, outre le linéaire très réduit de ce pan de mur, d'une largeur de 2,66 m, l'effet en est largement atténué par la végétalisation de cette partie pleine ainsi que par la présence, sur les deux autres façades bordant le domaine public, nettement plus larges, d'un nombre important d'ouvertures. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 2.4.1.4 du règlement applicable du plan local d'urbanisme doit être écarté.
21. En onzième lieu, l'article 2.4.4.1 du règlement applicable du plan local d'urbanisme dispose : " En application du "2.1.2. Implantation des constructions", au paragraphe "Recul", dans une bande de 5 m à compter des voies et emprises publiques, il est autorisé : - une seule place de stationnement ; - les places de stationnement réservées A personnes à mobilité réduite exigées par la réglementation en vigueur ".
22. Il ressort des pièces du dossier que le projet prévoit deux emplacements destinés au stationnement des véhicules sur une zone de 3,22 m de large sur 10,23 m de long. Au vu de cette configuration, l'un de ces emplacements se situe nécessairement au-delà de la bande de 5 m à compter de la voie publique. En conséquence, une seule aire de stationnement se situera dans cette même bande. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article précité doit être écarté comme manquant en fait.
23. En douzième et dernier lieu, A termes de l'article 2.4.4.4 du règlement applicable du plan local d'urbanisme : " Pour les constructions neuves, les EPT requis réglementairement doivent, à minima, comporter un arbre de petit développement pour 40 m² d'espace en pleine terre et/ou un arbre de moyen développement pour 80 m² ".
24. Il ressort des pièces du dossier, et en particulier de la notice descriptive jointe à la demande de permis de construire initial, que le projet prévoit notamment la plantation d'un charme commun, qui constitue un arbre de moyen développement, ainsi que des saules roux, à petit développement. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 2.4.4.4 du règlement applicable du plan local d'urbanisme doit être écarté comme manquant en fait.
25. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions A fins d'annulation du permis de construire tacite du 25 juillet 2020, des rejets explicites des recours gracieux des requérants ainsi que de l'arrêté de délivrance d'un permis de construire modificatif du 27 avril 2021 doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
26. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit A conclusions de la commune de Talence présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête M. L, Mme J et M. F est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Talence présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. K L, Mme E J, M. H F et à la commune de Talence.
Délibéré après l'audience du 4 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
M. Pouget, président,
M. Josserand, conseiller,
M. Frézet, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 janvier 2023.
L'assesseur le plus ancien,
L. JOSSERAND
Le président-rapporteur,
L. G
La greffière,
S. FERMIN
La République mande et ordonne à la préfète de la Gironde en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026