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AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2005432

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2005432

mercredi 4 janvier 2023

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2005432
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation2ème Chambre
Avocat requérantSCP CORNILLE - FOUCHET - MANETTI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires enregistrés le 27 novembre 2020, le 25 août, le 16 décembre et le 22 décembre 2021, ces deux derniers n'ayant pas été communiqués, la société civile immobilière du Sud-Ouest, représentée par Me Fouchet, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 2 octobre 2020 par lequel le maire de Blanquefort a refusé de lui délivrer un permis de construire portant sur la démolition de deux maisons individuelles avec dépendances et l'édification d'un immeuble de 25 logements implanté sur les parcelles cadastrées section BZ n°s 207, 213 et 225 situées 25-27 rue Jean Duvert ;

2°) d'enjoindre à cette autorité de lui délivrer le permis de construire sollicité dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir, sous astreinte d'un montant de 500 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Blanquefort la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- sa requête est recevable, dès lors que la société, enregistrée au registre du commerce et des sociétés de Nanterre, a la personnalité juridique, et que son gérant a capacité à agir ;

- le motif tiré de l'insuffisance de largeur de l'accès est entaché d'une erreur de fait, l'accès mesurant 5,5 mètres ;

- le motif tiré du défaut d'insertion du projet dans son environnement est entaché d'une erreur de fait et d'une erreur d'appréciation ;

- les substitutions de motifs invoquées sont infondées.

Par des mémoires en défense enregistrés le 18 juin, le 24 juin et le 26 novembre 2021, et un mémoire enregistré le 16 novembre 2022, la commune de Blanquefort, représentée par Me Hounieu, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la requérante la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la requête est irrecevable, la société ne disposant requérante ne disposant pas de la personnalité morale et son gérant n'ayant pas qualité pour agir ;

- les moyens de la requête sont infondés ;

- en tout état de cause, il peut être substitué le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 431-13 du code de l'urbanisme, faute d'accord du gestionnaire du domaine public ;

- il peut également être substitué le motif tiré du risque d'insécurité que fait peser le projet sur les utilisateurs et les usagers de la voie publique.

Par une ordonnance du 16 décembre 2021, la clôture de l'instruction a été fixée en dernier lieu au 3 janvier 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de la voirie routière ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. C,

- les conclusions de M. Vaquero, rapporteur public,

- les observations de Me Fouchet, représentant la SCI du Sud-Ouest,

- et les observations de Me Caijeo, représentant la commune de Blanquefort.

Une note en délibéré produite pour la commune de Blanquefort, enregistrée le 23 décembre 2022, n'a pas été communiquée.

Considérant ce qui suit :

1. La société du Sud-Ouest demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 2 octobre 2020 par lequel le maire de Blanquefort a refusé de lui délivrer un permis de construire portant sur la démolition de deux maisons individuelles avec dépendances et l'édification d'un immeuble de 25 logements sur les parcelles cadastrées section BZ n°s 207, 213 et 225 situées 25-27 rue Jean Duvert.

Sur les fins de non-recevoir opposées en défense :

2. En premier lieu, l'allégation de la commune de Blanquefort selon laquelle la société civile individuelle du Sud-Ouest serait dépourvue de la personnalité morale n'est pas fondée dès lors que le numéro de Siret renseigné sur la demande de permis de construire correspond à celui de la société civile immobilière du Sud-Ouest, enregistrée au RCS de Nanterre et implantée au 22--24 rue de Bellevue à Boulogne-Billancourt. La circonstance que l'adresse indiquée dans la demande n'est pas celle du siège de cette société, mais celle de son gérant, est sans incidence.

3. En second lieu, l'article 16 des statuts de la SCI du Sud-Ouest stipule que " Le gérant ou les gérants sont investis des pouvoirs les plus étendus et notamment des pouvoirs suivants lesquels sont énonciatifs et non limitatifs : () 20. Exercer toute action judiciaire, soit en demande, soit en défendant, traiter, transiger, compromettre ". Il s'ensuit que le gérant de la société a qualité pour engager la présente action.

4. Il résulte de ce qui précède que les fins de non-recevoir opposées en défense doivent être écartées.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne les moyens invoqués :

5. En premier lieu, aux termes de l'article L. 2131-1 du code général des collectivités territoriales : " Les actes pris par les autorités communales sont exécutoires de plein droit dès qu'il a été procédé à leur publication ou affichage ou à leur notification aux intéressés ainsi qu'à leur transmission au représentant de l'État dans le département ou à son délégué dans l'arrondissement. () ". Aux termes de l'article L. 2131-2 du même code : " Sont soumis aux dispositions de l'article L. 2131-1 les actes suivants : () 6° Le permis de construire () ". Aux termes de l'article L. 2122-29 de ce code : " () Dans les communes de 3 500 habitants et plus, les arrêtés municipaux à caractère réglementaire sont publiés dans un recueil des actes administratifs dans des conditions fixées par décret en Conseil d'État ". En outre, l'article R. 2122-7 du code général des collectivités territoriales dispose que : " La publication des arrêtés du maire peut être constatée par une déclaration certifiée du maire. () ". Les dispositions de l'article L. 2122-29 précitées n'ont pas dérogé au principe selon lequel la formalité de publicité qui conditionne l'entrée en vigueur des actes réglementaires du maire peut être soit la publication, soit l'affichage.

6. En l'espèce, par un arrêté du 5 juin 2020, affiché en mairie le jour même, le maire de Blanquefort a consenti à M. B A, 3ème adjoint au maire chargé de l'urbanisme et de l'habitat, une délégation à l'effet de signer les décisions d'urbanisme conformément au code de l'urbanisme et en application du plan local d'urbanisme. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit être écarté.

7. En deuxième lieu, aux termes de l'article 3.1 du règlement de la zone UM13 du plan local d'urbanisme : " L'accès correspond soit à la limite donnant directement sur la voie (portail, porte de garage), soit à l'espace tel que le porche ou la portion de terrain (bande d'accès ou servitude de passage) par lequel les véhicules pénètrent sur le terrain d'assiette du projet depuis la voie de desserte ". Aux termes de l'article 3.2 du même règlement : " Pour les constructions à destination d'habitation de plus d'un logement, et pour les constructions relevant des autres destinations : / - les accès ont une largeur égale à 3 m avec une circulation en sens unique alterné ; / - les accès ont une largeur égale à 5,50 m avec une circulation à double sens ".

8. Il ressort des pièces du dossier que la société pétitionnaire a déclaré un accès d'une largeur de 5,5 mètres. Il ressort tant du plan de masse que du plan des emprises bâties que cette mesure est cohérente avec le reste des dimensions du bâtiment. Par suite, le maire de Blanquefort ne pouvait sans erreur de fait refuser de délivrer le permis de construire sollicité au motif que la largeur de l'accès est inférieure à 5,5 mètres.

9. En troisième lieu, aux termes de l'article 2.4.1.1 du même règlement, relatif aux dispositions générales concernant l'aspect extérieur des constructions : " La situation des constructions, leur architecture, leurs dimensions et leur aspect extérieur doivent être adaptés au caractère et à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales () ". Il résulte de ces dispositions que si la construction projetée porte atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains, ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales, l'autorité administrative compétente doit refuser de délivrer l'autorisation d'urbanisme sollicitée ou l'assortir de prescriptions spéciales. Pour rechercher l'existence d'une atteinte à un paysage naturel ou urbain de nature à fonder le refus d'une autorisation d'urbanisme ou les prescriptions spéciales accompagnant sa délivrance, il lui appartient d'apprécier, dans un premier temps, la qualité du site naturel ou urbain sur lequel la construction est projetée et d'évaluer, dans un second temps, l'impact que cette construction, compte tenu de sa nature et de ses effets, pourrait avoir sur le site.

10. Il ressort des pièces du dossier que le quartier dans lequel s'inscrit le projet est constitué pour moitié de maisons individuelles de ton A et couvertes d'un toit en tuiles mais de style hétérogène, et pour moitié d'immeubles collectifs modernes en R+4 implantés aux angles Sud-Est et Nord-Ouest de l'îlot. Le projet, situé à proximité de la gare de Blanquefort et de son parking-relai à l'Est, fait face, de l'autre côté de la rue Jean Duvert, à un grand bâtiment tertiaire. Il ressort également des pièces du dossier que le projet consiste en l'édification d'un bâtiment collectif d'habitation en R+4 de ton A et gris anthracite et de style moderne, dont le troisième étage est plus étroit sur sa partie arrière à proximité des maisons d'habitation, le quatrième étage étant largement en retrait et présentant de grandes terrasses. Le projet prévoit également la conservation d'un arbre existant et la plantation de onze arbres de moyen développement répartis autour du bâtiment. Dans ces conditions, et compte-tenu notamment du retrait des troisième et quatrième étages, le projet n'induit pas de rupture de hauteur et de style avec les constructions avoisinantes. Par suite, le maire de Blanquefort, qui ne pouvait, au demeurant, légalement se fonder sur la densité des lieux alors qu'il n'est pas contesté que le projet respecte les dispositions du règlement du plan local d'urbanisme relatives à l'emprise au sol et aux espaces de pleine terre, a commis une erreur d'appréciation en estimant que le style architectural et l'aménagement paysager ne s'inséraient pas harmonieusement dans les lieux avoisinants.

11. Il résulte de ce qui précède que les deux motifs sur lesquels le maire de Blanquefort a fondé sa décision doivent être censurés.

En ce qui concerne les substitutions de motifs sollicitées en défense :

12. L'administration peut, en première instance comme en appel, faire valoir devant le juge de l'excès de pouvoir que la décision dont l'annulation est demandée est légalement justifiée par un motif, de droit ou de fait, autre que celui initialement indiqué, mais également fondé sur la situation existant à la date de cette décision. Il appartient alors au juge, après avoir mis à même l'auteur du recours de présenter ses observations sur la substitution ainsi sollicitée, de rechercher si un tel motif est de nature à fonder légalement la décision, puis d'apprécier s'il résulte de l'instruction que l'administration aurait pris la même décision si elle s'était fondée initialement sur ce motif. Dans l'affirmative il peut procéder à la substitution demandée, sous réserve toutefois qu'elle ne prive pas le requérant d'une garantie procédurale liée au motif substitué.

13. En premier lieu, la commune de Blanquefort demande au tribunal de substituer les motifs de la décision attaquée par celui tiré de ce que le dossier ne comporte pas l'accord du gestionnaire de la voirie.

14. Aux termes de l'article R. 431-13 du code de l'urbanisme : " Lorsque le projet de construction porte sur une dépendance du domaine public, le dossier joint à la demande de permis de construire comporte une pièce exprimant l'accord du gestionnaire du domaine pour engager la procédure d'autorisation d'occupation temporaire du domaine public ". Toutefois, aux termes de l'article R. 423-38 du même code : " Lorsque le dossier ne comprend pas les pièces exigées en application du présent livre, l'autorité compétente, dans le délai d'un mois à compter de la réception ou du dépôt du dossier à la mairie, adresse au demandeur ou à l'auteur de la déclaration une lettre recommandée avec demande d'avis de réception ou, dans le cas prévu par l'article R. 423-48, un échange électronique, indiquant, de façon exhaustive, les pièces manquantes ".

15. La commune de Blanquefort n'établit ni même n'allègue que le maire aurait sollicité en vain, dans le délai d'un mois qui lui était imparti à cette fin par les dispositions citées au point précédent, la production de l'accord du gestionnaire de la voie publique concernée par le surplomb que présentent les balcons surplombant la voie publique. Par suite, la substitution du motif tiré de l'incomplétude des pièces du dossier ne peut qu'être écartée.

16. En second lieu, la commune de Blanquefort demande au tribunal de substituer les motifs de la décision attaquée par celui tiré du risque pour la sécurité des résidents et des usagers des voies. Elle allègue que l'accès au projet, d'une largeur de 5,5 mètres, ne permet pas de garantir la circulation à double sens pour l'accès au parking et que les véhicules devront traverser une piste cyclable.

17. Aux termes de l'article 3.2.2 du règlement de la zone UM13 : " Tout accès doit permettre d'assurer la sécurité de ses utilisateurs ainsi que celle des usagers des voies, quel que soit leur mode de déplacement. / Cette sécurité est appréciée compte tenu, notamment, de la position de l'accès, de sa configuration ainsi que de la nature et de l'intensité du trafic ". Aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ". En vertu de ces dispositions, lorsqu'un projet de construction est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique, le permis de construire ne peut être refusé que si l'autorité compétente estime, sous le contrôle du juge, qu'il n'est pas légalement possible, au vu du dossier et de l'instruction de la demande de permis, d'accorder le permis en l'assortissant de prescriptions spéciales qui, sans apporter au projet de modifications substantielles nécessitant la présentation d'une nouvelle demande, permettraient d'assurer la conformité de la construction aux dispositions législatives et réglementaires dont l'administration est chargée d'assurer le respect.

18. Ainsi que dit au point 5, la commune n'établit pas que la largeur de l'accès au bâtiment serait inférieure à 5,5 mètres. Il s'ensuit que l'accès au parking pourra se faire en double-sens. En outre, il ressort des pièces du dossier que la rue Jean Duvert, sur laquelle la circulation est limitée à 50 km/h, est large et permet aux utilisateurs du parking de s'insérer en toute sécurité. La circonstance qu'une piste cyclable sépare la route du projet ne présente pas de risque particulier dès lors qu'il ressort d'une vue Googlemaps, accessible à tous, que la piste cyclable est dégagée et que les cyclistes pourront être vus par les automobilistes et que le projet prévoit le déplacement de l'entrée charretière. Par suite, la substitution de motif doit être écartée.

19. Il résulte de ce qui précède que l'arrêté du 2 octobre 2020 du maire de Blanquefort doit être annulé. Pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, aucun autre moyen n'apparaît susceptible de fonder cette annulation.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

20. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution ". D'autre part, aux termes de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme : " Lorsque la décision rejette la demande ou s'oppose à la déclaration préalable, elle doit être motivée. / Cette motivation doit indiquer l'intégralité des motifs justifiant la décision de rejet ou d'opposition, notamment l'ensemble des absences de conformité des travaux aux dispositions législatives et réglementaires mentionnées à l'article L. 421-6 () ".

21. Lorsque le juge annule un refus d'autorisation après avoir censuré l'ensemble des motifs que l'autorité compétente a énoncés dans sa décision conformément aux prescriptions de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme ainsi que, le cas échéant, les motifs qu'elle a pu invoquer en cours d'instance, il doit, s'il est saisi de conclusions à fin d'injonction, ordonner à l'autorité compétente de délivrer l'autorisation. Il n'en va autrement que s'il résulte de l'instruction soit que les dispositions en vigueur à la date de la décision annulée, qui eu égard aux dispositions de l'article L. 600-2 du code de l'urbanisme demeurent applicables à la demande, interdisent de l'accueillir pour un motif que l'administration n'a pas relevé, ou que, par suite d'un changement de circonstances, la situation de fait existant à la date du jugement y fait obstacle.

22. Il résulte du présent jugement que l'ensemble des motifs énoncés par l'autorité compétente dans sa décision de refus ont été censurés. Il ne résulte pas de l'instruction qu'un motif que l'administration n'aurait pas relevé ou qu'un changement de circonstances de fait ferait obstacle à ce que le projet soit autorisé. Il ne résulte pas de l'instruction que les dispositions en vigueur à la date de l'arrêté annulé interdisaient la délivrance d'un permis de construire pour un autre motif que ceux que le présent jugement censure. Il ne résulte pas non plus de l'instruction qu'un changement dans les circonstances de fait se soit produit depuis l'édiction de l'arrêté annulé, ni que la situation de fait existant à la date du présent jugement fasse obstacle à la délivrance de l'autorisation d'urbanisme sollicitée par la société requérante. Dès lors, il y a lieu d'enjoindre au maire de la commune de Blanquefort de délivrer à la société du Sud-Ouest le permis de construire sollicité dans un délai deux mois à compter de la notification du présent jugement, sans qu'il soit nécessaire d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais liés au litige :

23. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la société du Sud-Ouest, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la commune de Blanquefort demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la commune de Blanquefort une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la société du Sud-Ouest et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : L'arrêté du 2 octobre 2020 du maire de Blanquefort est annulé.

Article 2 : Il est enjoint au maire de Blanquefort de délivrer à la société du Sud-Ouest le permis de construire sollicité, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : La commune de Blanquefort versera à la société du Sud-Ouest une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Les conclusions présentées par la commune de Blanquefort sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à la société civile immobilière du Sud-Ouest et à la commune de Blanquefort.

Délibéré après l'audience du 14 décembre 2022, à laquelle siégeaient :

M. Pouget, président,

M. Josserand, conseiller,

M. Frézet, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 janvier 2023.

Le rapporteur,

L. C Le président,

L. POUGET

La greffière,

M-A PRADAL

La République mande et ordonne à la préfète de la Gironde en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

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