lundi 19 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2005627 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL CALLON AVOCAT ET CONSEIL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 7 décembre 2020, Mme B A, représentée par Me Callon, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 23 juillet 2020 par laquelle le directeur du centre hospitalier de Libourne a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de son accident survenu le 2 juillet 2020, ensemble la décision implicite de rejet à la suite du recours gracieux du 6 août 2020 ;
2°) d'enjoindre au centre hospitalier de Libourne de réexaminer sa situation et de prendre en charge les soins afférents à cet accident ;
3°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Libourne la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative ;
Elle soutient que :
- la décision est entachée d'un vice de compétence dès lors que le signataire de l'acte ne dispose pas d'une délégation de signature ;
- la décision méconnaît les dispositions des articles L.211-2 et L.211-5 du code des relations entre le public et l'administration dès lors que la décision de refus de reconnaissance de l'accident de service ne vise aucun texte applicable et les considérations factuelles ayant fondé cette décision ne sont pas évoquées de manière précise et circonstanciée ;
- elle n'a pas été précédée de l'avis de la commission de réforme en méconnaissance des dispositions de l'article 35-6 du décret n° 88-386 du 19 avril 1988;
- elle méconnaît les dispositions de l'article 21 bis de la loi du n°83-634 du 13 juillet 1983.
Par un mémoire en défense et des pièces, enregistrés les 21 décembre 2021 et 14 novembre 2022, le centre hospitalier de Libourne, représenté par Me Brocheton, avocat, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Delvolvé ; président rapporteur,
- les conclusions de Mme Passerieux, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A, exerce des fonctions d'infirmière titulaire en soins généraux, ou elle est affectée au service de psychiatrie infanto-juvénile, au sein du centre hospitalier de Libourne. Le 2 juillet 2020, en poussant un tourniquet sur lequel étaient installés deux enfants, Mme A a ressenti une douleur à l'épaule droite. Par une décision du 23 juillet 2020, le directeur des ressources humaines du centre hospitalier de Libourne a refusé de faire droit à la demande de l'intéressée tendant à la reconnaissance de l'imputabilité au service de son accident survenu le 2 juillet 2020. Mme A a exercé le 6 août 2020 un recours gracieux contre cette décision, qui a été rejeté par une décision implicite. Par la présente requête, Mme A demande au tribunal l'annulation de la décision du 23 juillet 2020, semble le rejet de son recours gracieux.
Sur l'étendue du litige :
2. Lorsqu'une décision administrative faisant l'objet d'un recours contentieux est retirée en cours d'instance pour être remplacée par une décision ayant la même portée, le recours doit être regardé comme tendant également à l'annulation de la nouvelle décision.
3. Il ressort des pièces du dossier que par une décision du 3 octobre 2022, le centre hospitalier de Libourne a refusé de reconnaître comme imputable au service l'accident de Mme A survenu le 2 juillet 2020. Dans ces conditions, il y a lieu de regarder le recours de Mme A comme dirigé également contre la décision explicite du centre hospitalier de Libourne du 3 octobre 2020.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision du 23 juillet 2020 :
4. Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () / 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir ; () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ". Il résulte de ces dispositions que la décision par laquelle l'autorité administrative refuse de reconnaître l'imputabilité au service d'une maladie doit être motivée en application du 6° de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration.
5. La décision en litige du 23 juillet 2020 mentionne que Mme A a déclaré avoir été victime d'un accident le 2 juillet 2020. Pour refuser de reconnaitre l'imputabilité au service de cet accident, le directeur des ressources humaines du centre hospitalier de Libourne a estimé que Mme A n'apportait pas d'éléments susceptibles de matérialiser, de façon précise et certaine, la preuve que l'accident et les séquelles qui en résultent ont un lien avec le service et a classé la demande de l'intéressée sans suite. Cependant, il ressort des mentions de la décision attaquée, qu'elle ne vise aucune disposition légale ou réglementaire applicable à Mme A. Dans ces conditions, la motivation de la décision contestée ne peut être regardée comme suffisante au regard des dispositions précitées des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration.
En ce qui concerne la décision du 3 octobre 2022 :
6. Aux termes de l'article 35-6 du décret n° 88-386 du 19 avril 1988 relatif aux conditions d'aptitude physique et aux congés de maladie des agents de la fonction publique hospitalière, tel que créé par le décret n° 2020-566 du 13 mai 2020 relatif au congé pour invalidité temporaire imputable au service dans la fonction publique hospitalière : " La commission de réforme est consultée : / 1° Lorsqu'une faute personnelle ou toute autre circonstance particulière est potentiellement de nature à détacher l'accident du service ; / 2° Lorsqu'un fait personnel du fonctionnaire ou toute autre circonstance particulière étrangère notamment aux nécessités de la vie courante est potentiellement de nature à détacher l'accident de trajet du service ; / 3° Lorsque l'affection résulte d'une maladie contractée en service telle que définie au IV de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 susvisée dans les cas où les conditions prévues au premier alinéa du même IV ne sont pas remplies. ".
7. Il ne ressort pas des pièces du dossier et n'est pas même allégué qu'avant de refuser de reconnaître l'imputabilité au service de l'accident de Mme A survenu le 2 juillet 2020, le centre hospitalier de Libourne a saisi pour avis la commission de réforme. Par suite, la décision du 3 octobre 2022 en litige est entachée d'un vice de procédure conformément aux dispositions précitées.
8. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête, que Mme A est fondée à demander l'annulation de la décision du 23 juillet 2020 et du 3 octobre 2022 refusant de reconnaitre l'imputabilité au service de l'accident survenu le 2 juillet 2020.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
9. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution ".
10. Les motifs d'annulation retenus impliquent que le directeur des ressources humaines du centre hospitalier de Libourne réexamine la demande de Mme A. Dans ces conditions il y a lieu d'enjoindre au directeur du centre hospitalier de Libourne de procéder au réexamen de sa demande dans un délai de deux mois à compter de notification du présent jugement.
Sur les frais d'instance :
11. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du centre hospitalier de Libourne, une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Les décisions du 23 juillet 2020 et du 3 octobre 2022 par lesquelles le directeur du centre hospitalier de Libourne a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de l'accident survenu le 2 juillet 2020 de Mme A sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint au directeur du centre hospitalier de Libourne de procéder au réexamen de la demande de Mme A dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le centre hospitalier de Libourne versera la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme A est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au centre hospitalier de Libourne.
Délibéré après l'audience du 5 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Delvolvé, président-rapporteur,
Mme Molina-Andréo, première conseillère,
Mme Mounic, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 décembre 2022.
La première assesseure,
B. MOLINA-ANDRÉOLe président-rapporteur,
Ph. DELVOLVÉ
Le greffier,
A. PONTACQ
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026