mercredi 24 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2005858 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL HMS ATLANTIQUE AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés le 16 décembre 2020, le 6 octobre 2021 et le 3 novembre 2022, M. et Mme C et B A demandent au tribunal :
1°) d'annuler la délibération du 27 octobre 2020 par laquelle le conseil municipal de Saint-Cyprien a refusé de faire droit à leur demande du 15 janvier 2020 tendant à l'aménagement d'une rambarde " à l'anglaise " le long du Carreyrou du Sol et à la réfection du mur longeant ce chemin ;
2°) d'enjoindre au maire de résoudre les problèmes de risque pour les personnes et pour la circulation que pose l'état dégradé du mur riverain du Carreyrou du sol ;
3°) d'enjoindre à la commune de repositionner la rambarde " à l'anglaise " le long du Carreyrou du Sol, à charge pour eux de supporter un surcoût de 1 000 euros ;
Ils soutiennent que :
- l'accès à leur propriété a été entravé par les travaux d'aménagement du Carreyrou du Sol, résultant d'une part de la pose d'une rambarde " à la française " et d'autre part de l'inclinaison du mur longeant cette venelle, qui présente un risque d'effondrement ;
- le conseil municipal n'a pas été correctement informé ;
- ils n'ont pas à supporter les frais de repositionnement de la rambarde, qui s'élève à 5 390 euros, à l'exception du surcoût que représente la pose d'une rambarde " à l'anglaise " par rapport à celui d'une rambarde " à la française ", qu'ils estiment à 810 euros arrondi à 1 000 euros ;
- le maire a fait preuve de carence en refusant d'enjoindre aux propriétaires du mur longeant le Carreyrou ou de procéder à sa réparation ;
- la délibération est entachée d'un détournement de pouvoir.
Par deux mémoires en défense enregistrés le 29 septembre 2021 et le 18 octobre 2022, la commune de Saint-Cyprien, représentée par le cabinet Cazcarra et Jeanneau Avocats, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge des requérants la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable à défaut de conclusions à fin d'annulation ;
- aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par une ordonnance 18 octobre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée en dernier lieu au 19 décembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Josserand,
- les conclusions de M. Vaquero, rapporteur public,
- les observations de M. A,
- et les observations de Me Jeanneau, représentant la commune de Saint-Cyprien.
Considérant ce qui suit :
1. Par une délibération du 3 février 2017, le conseil municipal de Saint-Cyprien a adopté le projet technique portant sur l'aménagement du Carreyrou du Sol, venelle située dans le centre historique, qui consiste notamment à la pose d'une rambarde destinée à sécuriser la circulation des piétons. Par des courriers du 9 octobre 2017 et du 15 janvier 2020, M. et Mme C et B A, dont la maison est desservie par ce chemin, ont demandé au maire, d'une part, de poser la rambarde " à l'anglaise ", à charge pour eux de payer le surcoût que représentent ces travaux, et d'autre part, d'assurer la réparation du mur longeant cette venelle. Par une délibération du 27 octobre 2020, le conseil municipal de Saint-Cyprien a refusé d'engager ces travaux. M. et Mme A demandent au tribunal d'annuler cette délibération et d'enjoindre au maire de poser des rambardes " l'anglaise " le long du Carreyrou du Sol, à charge pour eux de payer la somme de 1 000 euros, et de prescrire la rénovation du mur longeant cette venelle.
Sur les conclusions à fins d'annulation et d'injonction :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 2121-13 du code général des collectivités territoriales : " Tout membre du conseil municipal a le droit, dans le cadre de sa fonction, d'être informé des affaires de la commune qui font l'objet d'une délibération ".
3. Il ressort des termes de la délibération attaquée du 27 octobre 2020 qu'elle indique que " suite aux travaux d'aménagement du Carreyrou du Sol une rambarde en fer forgé a été mise en place sur un muret de soutènement public afin de garantir la sécurité des piétons. Depuis un riverain ne cesse de réclamer le repositionnement de cette rambarde qui, selon lui, réduirait la largeur de la voie ", ce qui résulte également des débats précédant cette délibération. Il ne ressort pas des pièces du dossier que ces éléments seraient insuffisants ou entachés d'erreurs de fait. Si M. et Mme A soutiennent que, lors du conseil municipal du 20 août 2020, le maire de Saint-Cyprien a fourni aux élus des informations erronées, concernant notamment le financement de la rambarde, la longueur de rambarde nécessaire et la largeur de voie impactée ainsi que l'état du mur voisin, il ressort toutefois des pièces du dossier qu'à l'issue de ce conseil municipal, il a été sursis à statuer afin d'effectuer une visite sur place, délai durant lequel Mme A a pu présenter des observations par un courrier du 24 août 2020 dont il n'est pas contesté que les élus en ont eu connaissance. Par suite, le moyen tiré du défaut d'information des conseillers municipaux doit être écarté.
4. En deuxième lieu, sauf dispositions législatives contraires, les riverains d'une voie publique ont le droit d'accéder librement à leur propriété et, notamment, d'entrer et de sortir des immeubles à pied ou avec un véhicule. Dans le cas d'une voie communale, le maire ne peut refuser d'accorder un tel accès, qui constitue un accessoire du droit de propriété, que pour des motifs tirés de la conservation et de la protection du domaine public ou de la sécurité de la circulation sur la voie publique. Lorsque l'accès à la voie publique avec un véhicule est de nature à mettre en cause la sécurité de la circulation, le maire n'est pas tenu de permettre l'accès en modifiant l'emprise de la voie publique. Toutefois, il ne peut refuser un tel accès sans rechercher si un aménagement léger sur le domaine public, qui serait légalement possible, ne serait pas de nature à permettre de faire droit à la demande dans de bonnes conditions de sécurité. La réalisation et l'entretien de cet aménagement destiné à assurer la sécurité de la circulation sur la voie publique incombent à la commune, mais l'autorisation peut être subordonnée à la condition que le pétitionnaire accepte de prendre à sa charge tout ou partie du coût de la réalisation et de l'entretien de l'aménagement en cause, compte tenu de son utilité éventuelle pour des besoins généraux de la circulation sur la voie publique.
5. Il ressort des pièces du dossier que, en dépit d'une demande au maire en ce sens formée par les époux A le 9 octobre 2017, les services municipaux de la commune de Saint-Cyprien ont procédé au réaménagement du Carreyrou du Sol en édifiant notamment une rambarde destinée à protéger la circulation des piétons posée " à la française " c'est-à-dire fixée à plat directement sur la bordure de la voie. Il est constant que la pose de cette rambarde a pour effet d'empiéter d'environ 20 centimètres sur la largeur de cette voie, incluant la bordure. Les requérants soutiennent qu'ils n'accèdent désormais que difficilement à leur habitation. Il ressort cependant des pièces du dossier, et notamment des photographies produites par les requérants, que la voie, dont ils ne donnent pas les mesures, est suffisamment large pour permettre le passage de leur véhicule, qui est d'un gabarit moyen, avec une marge de plusieurs centimètres pour chaque rétroviseur. Si M. et Mme A démontrent ainsi que les travaux réalisés ont eu pour effet de rétrécir la largeur du Carreyrou du Sol et que la pose d'une rambarde " à l'anglaise ", c'est-à-dire fixée en applique du mur de soutènement de la voie, permettrait de gagner une largeur de 25 centimètres, ils n'établissent pas qu'elle serait devenue trop étroite pour le passage d'un véhicule de largeur moyenne et ne permettrait ainsi pas l'accès à leur propriété. S'il est constant que M. et Mme A sont amenés à emprunter le Carreyrou du Sol en marche arrière pour accéder à leur domicile, cette circonstance n'apparaît pas résulter de l'aménagement de cette venelle mais de l'absence d'aire de retournement des véhicules à l'entrée de leur propriété, un tel aménagement n'incombant cependant pas à la commune dont l'obligation se borne à garantir l'accès des riverains à leur propriété, étant observé que M. et Mme A reconnaissent eux-mêmes dans leurs écritures qu'" il serait possible d'aménager une plateforme de retournement dans l'espace de la propriété. Toutefois cet aménagement très couteux n'est pas à l'ordre du jour () ". En outre, si par un courrier du 5 février 2020 le maire a indiqué souhaiter dissuader les véhicules de " s'aventurer dans les ruelles trop étroites " il a seulement entendu souligner que cette venelle se termine en impasse dès lors qu'après la maison des requérants sa largeur n'est que de 1,60 mètre. Dans ces conditions, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'en refusant d'engager des travaux d'aménagement d'une rambarde " à l'anglaise ", le conseil municipal ait fait obstacle au droit dont disposent les riverains d'accéder librement à leur propriété. Par suite, le moyen tiré de ce que la délibération méconnaîtrait leur droit de propriété doit être écarté.
6. En troisième lieu, s'il ressort des pièces du dossier, et notamment des photographies produites par les requérants, que le mur longeant le Carreyrou du Sol présente des fissures et un début d'affaissement en direction de la voie, il ne ressort cependant pas des pièces du dossier que ce mur pencherait vers la voie et menacerait de s'écrouler et qu'ainsi le maire, en s'abstenant de prendre d'autre mesures que de diligenter une expertise, aurait commis une carence dans l'exercice de ses pouvoirs de police.
7. En quatrième et dernier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que la délibération serait entachée d'un détournement de pouvoir.
8. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, que les conclusions de la requête à fin d'annulation, de même que celles à fin d'injonction, par voie de conséquence, doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
9. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. et Mme A une quelconque somme en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Saint-Cyprien sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme C et B A et à la commune de Saint-Cyprien.
Délibéré après l'audience du 10 mai 2023, à laquelle siégeaient :
M. Pouget, président,
M. Josserand, conseiller,
M. Frézet, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 mai 2023.
Le rapporteur,
L. JOSSERANDLe président,
L. POUGET
La greffière,
M-A PRADAL
La République mande et ordonne au préfet de la Dordogne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026