jeudi 12 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2006083 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | SCP DEFFIEUX-GARRAUD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 28 décembre 2020, Mme D E, représentée par Me Jules, demande au tribunal :
1°) d'annuler les arrêtés n° 2020/27 et 2020/29 du maire de Gujan-Mestras en date du 12 novembre 2020 la plaçant en congé maladie ordinaire à compter du 2 septembre 2020 ;
2°) d'enjoindre au maire de Gujan-Mestras de reconnaitre l'imputabilité au service de l'arrêt maladie depuis le 17 juillet 2020 et après le 2 septembre 2020 ;
3°) à titre subsidiaire, d'ordonner une expertise avant dire droit, avec mission pour l'expert de se prononcer sur l'imputabilité des séquelles à l'accident de service du 17 juillet 2020, et de surseoir à statuer dans l'attente du dépôt du rapport d'expertise ;
4°) de mettre à la charge de la commune de Gujan-Mestras une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que pour maintenir son droit au congé pour invalidité temporaire imputable au service, la pathologie mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'accomplir son service doit être en lien direct, mais pas nécessairement exclusif, avec l'accident.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 mai 2021, et une pièce complémentaire, enregistrée le 14 mars 2022, la commune de Gujan-Mestras conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de Mme E au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que le moyen de la requête n'est pas fondé.
Par ordonnance du 18 mars 2022, la clôture d'instruction a été fixée en dernier lieu au 1er avril 2022.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme F,
- les conclusions de M. Naud, rapporteur public,
- les observations de Me Cran-Rousseau, représentant Mme E,
- et celles de Me Borderie, représentant la commune de Gujan-Mestras.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D E est adjointe administrative territoriale au sein de la commune de Gujan-Mestras. Le 17 juillet 2020, elle a chuté dans le hall de la mairie pendant ses heures de travail, et a été placée en congé pour invalidité temporaire imputable au service à compter de cette date. Lors de sa séance du 4 novembre 2020, la commission de réforme a estimé que son état était consolidé à la date du 2 septembre 2020, avec un taux d'IPP de 5% imputable à l'accident, et un taux d'IPP de 10 % en lien avec l'état antérieur, et que les arrêts postérieurs au 2 septembre étaient dus à une pathologie indépendante relevant de la maladie ordinaire. Par arrêté du 12 novembre 2020, le maire de Gujan-Mestras l'a placée en congé de maladie ordinaire à compter du 2 septembre 2020, et par un second arrêté du même jour, le maire l'a maintenue en congé de maladie ordinaire avec demi-traitement à compter du 8 novembre 2020. Mme E demande l'annulation de ces arrêtés.
2. Aux termes de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 alors en vigueur : " I. Le fonctionnaire en activité a droit à un congé pour invalidité temporaire imputable au service lorsque son incapacité temporaire de travail est consécutive à un accident reconnu imputable au service, à un accident de trajet ou à une maladie contractée en service définis aux II, III et IV du présent article. Ces définitions ne sont pas applicables au régime de réparation de l'incapacité permanente du fonctionnaire. / Le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à la mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident. La durée du congé est assimilée à une période de service effectif. L'autorité administrative peut, à tout moment, vérifier si l'état de santé du fonctionnaire nécessite son maintien en congé pour invalidité temporaire imputable au service. / II. Est présumé imputable au service tout accident survenu à un fonctionnaire, quelle qu'en soit la cause, dans le temps et le lieu du service, dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par le fonctionnaire de ses fonctions ou d'une activité qui en constitue le prolongement normal, en l'absence de faute personnelle ou de toute autre circonstance particulière détachant l'accident du service ".
3. Le droit, prévu par ces dispositions, de conserver l'intégralité du traitement est soumis à la condition que la maladie mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'accomplir son service soit en lien direct, mais non nécessairement exclusif, avec un accident survenu dans l'exercice ou à l'occasion de ses fonctions.
4. Il ressort des pièces du dossier, et notamment du rapport du Dr A du 7 octobre 2020, que Mme E présentait un état antérieur à son accident de service survenu le 17 juillet 2020, dès lors qu'elle a bénéficié en 2014 de deux interventions pour recalibrage discectomie L4-L5 gauche, puis re-discectomie L4-L5 gauche. Un expertise médicale réalisée le 19 avril 2018 a conclu à l'inaptitude de l'intéressée au poste d'agent d'entretien, et à compter du 1er mai 2018, elle a été affectée sur un poste d'agent d'accueil à l'état civil. Il ressort également du rapport médical du médecin de prévention du 11 avril 2019 que dès le 1er mai 2018, Mme E souffrait de douleurs lombaires persistantes, nécessitant une arthrodèse L4 L5. Pour soutenir que les arrêts maladie postérieurs au 2 septembre 2020 doivent être imputés à l'accident de service du 17 juillet 2020, et non à la pathologie préexistant à cet accident, Mme E se prévaut du rapport du Dr A du 7 octobre 2020 qui affirme que l'arthrodèse L5 S1 réalisée par le Dr B le 9 septembre 2020 est bien consécutive à l'accident de service dont Mme E a été victime le 17 juillet 2020, dès lors qu'elle a porté sur " l'étage en-dessous de celui opéré en 2014 ". Toutefois, d'une part, dans son rapport du 2 septembre 2020, le Dr C, rhumatologue, affirme : " La discopathie L5S1 existait avant cette chute (visible sur les radiographies). L'instabilité lombaire était connue depuis au moins 2017 ". De même, le certificat établi le 13 novembre 2020 par le chirurgien orthopédiste qui a opéré la requérante le 9 septembre 2020 affirme que l'opération a été rendue nécessaire par " l'existence d'une discopathie inflammatoire associée à une protrusion discale L5 S1 gauche et compte tenu de ses antécédents chirurgicaux au même étage ". Ces pièces sont contradictoires, et l'état du dossier ne permet pas au tribunal administratif d'apprécier si les arrêts postérieurs au 2 septembre 2020 sont imputables à l'accident de service survenu le 17 juillet 2020, ou à un état antérieur à cet accident de service. Dès lors, il y a lieu, avant de statuer sur la requête de Mme E, d'ordonner une expertise sur ces points.
D E C I D E :
Article 1er : Il sera, avant de statuer sur la requête de Mme E, procédé par un expert, désigné par la présidente du tribunal administratif, à une expertise avec mission de déterminer si les arrêts postérieurs au 2 septembre 2020 sont imputables à l'accident de service survenu le 17 juillet 2020, ou à un état antérieur à cet accident de service.
Article 2 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues par les articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il prêtera serment par écrit devant le greffier en chef du tribunal. L'expert déposera son rapport au greffe du tribunal en deux exemplaires et en notifiera copie aux parties dans le délai fixé par la présidente du tribunal dans sa décision le désignant.
Article 3 : Les frais d'expertise sont réservés pour y être statué en fin d'instance.
Article 4 : Tous droits et moyens des parties, sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent jugement, sont réservés jusqu'en fin d'instance.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme D E et à la commune de Gujan-Mestras.
Délibéré après l'audience du 20 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Munoz-Pauziès, présidente,
Mme Lahitte, conseillère,
M. Bongrain, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 janvier 2023.
La présidente-rapporteure,
F. F
L'assesseure la plus ancienne dans l'ordre du tableau,
A. LAHITTE
La greffière,
C. SCHIANO
La République mande et ordonne à la préfète de la Gironde, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026