mercredi 3 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2100593 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | RADE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 5 février 2021 et 5 avril 2023, Mme B C, représentée par Me Radé, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté collectif du 25 septembre 2020 de la rectrice de l'académie de Bordeaux portant exécution du tableau d'avancement des conseillers principaux d'éducation à l'échelon spécial de la classe exceptionnelle au titre de l'année 2020, ainsi que l'annulation de la décision implicite rejetant son recours gracieux présenté le 9 octobre 2020 ;
2°) d'enjoindre à la rectrice de l'académie de Bordeaux de la promouvoir à l'échelon spécial de la classe exceptionnelle de conseiller principal d'éducation ou à défaut de procéder au réexamen de sa situation ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est recevable ;
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'erreur de droit dès lors que l'avis dont elle a bénéficié en 2016 sur Iprof est pérenne et qu'elle remplissait les conditions pour obtenir un avancement ;
- les prescriptions de la circulaire sur la prise en compte de l'ancienneté et du départ à la retraite n'ont pas été respectées dès lors qu'ont été promus quatre agents qui avaient moins d'ancienneté qu'elle et qu'elle partait à la retraite en avril 2021 ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire enregistré le 29 mars 2022, la rectrice de l'académie de Bordeaux conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que la requête n'est pas recevable et qu'aucun moyen n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984
- le décret n°70-738 du 12 août 1970 ;
- la note de service n°2020-046 du 13 février 2020 ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme de Paz,
- les conclusions de Mme Jaouën, rapporteure publique,
- et les observations de Me Bach, représentant Mme C.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C, née le 1er avril 1961, conseillère principal d'éducation, promue à la classe exceptionnelle échelon 4, a demandé sa promotion à l'échelon spécial de la classe exceptionnelle. Le 25 septembre 2020, la commission administrative paritaire départementale s'est réunie et la candidature de Mme C n'a pas été retenue. Mme C doit être regardée comme demandant l'annulation de l'arrêté collectif du 25 septembre 2020 de la rectrice de l'académie de Bordeaux portant exécution du tableau d'avancement des conseillers principaux d'éducation à l'échelon spécial de la classe exceptionnelle au titre de l'année 2020, ainsi que l'annulation de la décision implicite rejetant son recours gracieux présenté le 9 octobre 2020.
Sur les conclusions en annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir () ".
3. L'absence du nom de Mme C sur la liste des conseillers inscrits au tableau doit être regardée comme constituant le rejet de sa demande d'inscription. Ce rejet n'avait pas à être motivé par application du code des relations entre le public et l'administration, lequel impose la motivation des seules décisions individuelles refusant aux intéressés un avantage auquel ils ont droit, ce qui n'est pas le cas, en l'espèce, s'agissant d'une nomination au choix. Pour les mêmes motifs, n'avait pas davantage à être motivée la décision rejetant le recours gracieux présenté par la requérante.
4. En second lieu, aux termes de l'article 58 de la loi du 11 janvier 1984 : " L'avancement de grade a lieu de façon continue d'un grade au grade immédiatement supérieur. Il peut être dérogé à cette règle dans les cas où l'avancement est subordonné à une sélection professionnelle. / L'avancement de grade peut être subordonné à la justification d'une durée minimale de formation professionnelle au cours de la carrière. / Pour les fonctionnaires relevant des corps de catégorie A, il peut également être subordonné à l'occupation préalable de certains emplois ou à l'exercice préalable de certaines fonctions correspondant à un niveau particulièrement élevé de responsabilité. () / Sauf pour les emplois laissés à la décision du Gouvernement, l'avancement de grade a lieu, selon les proportions définies par les statuts particuliers, suivant l'une ou plusieurs des modalités ci-après : / 1° Soit au choix, par voie d'inscription à un tableau annuel d'avancement, établi après avis de la commission administrative paritaire, par appréciation de la valeur professionnelle et des acquis de l'expérience professionnelle des agents () ".
5. Aux termes de l'article 2 du décret du 12 août 1970 relatif au statut particulier des conseillers principaux d'éducation : " Le corps des conseillers principaux d'éducation comporte trois grades :1° La classe normale qui comprend onze échelons ; 2° La hors-classe qui comprend six échelons ; 3° La classe exceptionnelle qui comprend quatre échelons et un échelon spécial. ". Aux termes du III de l'article 10-8 du même décret : " III.- Peuvent accéder au choix à l'échelon spécial du grade de conseiller principal d'éducation de classe exceptionnelle, dans la limite d'un pourcentage des effectifs de ce grade fixé par arrêté conjoint du ministre chargé de l'éducation nationale, du ministre chargé de la fonction publique et du ministre chargé du budget, les conseillers principaux d'éducation inscrits sur un tableau d'avancement ayant au moins trois ans d'ancienneté au 4e échelon de leur grade. Selon des orientations définies par le ministre chargé de l'éducation nationale, le tableau d'avancement est arrêté chaque année par l'autorité compétente () ".
6. La note de service du 13 février 2020 du ministre de l'éducation nationale relative à l'accès à l'échelon spécial du grade de classe exceptionnelle des professeurs certifiés, des professeurs de lycée professionnel, des professeurs d'éducation physique et sportive, des psychologues de l'éducation nationale et des conseillers principaux d'éducation pour l'année 2018, adressée aux recteurs d'académie, et publiée au bulletin officiel de l'éducation nationale le 27 février 2020 dispose que : " La présente note de service a pour objet de préciser les modalités d'inscription aux tableaux d'avancement 2020 pour l'accès à l'échelon spécial du grade de classe exceptionnelle (). / Cette disposition, mise en œuvre dans le cadre du protocole d'accord sur la modernisation des parcours professionnels, des carrières et des rémunérations, a pour objet de permettre aux personnels relevant de la classe exceptionnelle dont la valeur professionnelle et les acquis de l'expérience vous semblent justifier une promotion à l'échelon spécial, de bénéficier d'un accès à la hors-échelle A. / Le nombre de promotions possibles est fixé à 20 % de l'effectif du grade de classe exceptionnelle. Les contingents académiques pour les corps concernés vous seront communiqués ultérieurement. () / 3. Examen des dossiers : / Compte-tenu des possibilités de promotions, il vous appartient de décider de l'inscription au tableau d'avancement des agents dont la valeur professionnelle et les acquis de l'expérience vous semblent de nature à justifier une promotion à l'échelon spécial de la classe exceptionnelle. Dans cet objectif, vous vous appuierez sur le CV I-Prof de l'agent et sur les avis des inspecteurs et des chefs d'établissement ou des supérieurs hiérarchiques compétents. 4. Établissement des tableaux d'avancement : / Vous déciderez de l'inscription au tableau d'avancement des agents dont la valeur professionnelle et les acquis de l'expérience vous semblent les plus de nature à justifier une promotion à l'échelon spécial de la classe exceptionnelle, après consultation des commissions administratives paritaires des corps concernés. / Afin de fluidifier l'accès à cet échelon, une attention particulière sera portée à ceux d'entre eux qui sont le plus expérimentés. Je vous rappelle à cet égard que l'exercice d'au moins six mois de fonctions est nécessaire pour bénéficier d'une liquidation de la retraite calculée sur la base de la rémunération correspondante. Vos propositions devront refléter, dans toute la mesure du possible, la diversité et la représentativité des disciplines, pour les personnels enseignants. En outre, vous accorderez une attention particulière à l'équilibre entre les femmes et les hommes (1) et vous vous assurerez que les dossiers des personnels exerçant dans l'enseignement supérieur ont bénéficié du même examen attentif que ceux des personnels exerçant dans le second degré () ".
7. Si le juge de l'excès de pouvoir doit vérifier que les titres et les mérites de tous les intéressés ont fait l'objet d'un examen individuel et ont été effectivement comparés lors de l'établissement du tableau d'avancement, il ne lui appartient pas de contrôler l'appréciation faite par l'administration quant aux agents qu'elle choisit d'inscrire ou de ne pas inscrire au tableau, dès lors que cette appréciation n'est pas fondée sur des faits matériellement inexacts et n'est entachée ni d'une erreur de droit ni d'une erreur manifeste.
8. D'une part, il résulte des dispositions législatives et réglementaires applicables comme de la note de service citée ci-dessus qu'il doit être tenu compte, pour l'établissement du tableau d'avancement, de la valeur professionnelle et des acquis de l'expérience dans le corps des conseillers principaux d'éducation ayant atteint le 4ème échelon de leur grade. Ainsi, l'administration n'avait pas à tenir compte, dans le cadre de l'appréciation de la prise en compte de l'ancienneté, de la date de départ à la retraite de Mme C pour apprécier ses mérites ou son expérience professionnelle en qualité de conseillère principale d'éducation.
9. D'autre part, il est constant que Mme C remplissait les conditions statutaires pour l'accès à l'échelon spécial du grade de classe exceptionnelle, aux choix. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier qu'elle bénéficiait d'une lettre de recommandation de son chef d'établissement du 24 avril 2020 dans le cadre de l'avancement à l'échelon spécial de la classe exceptionnelle au titre de l'année 2020. Mme C, qui produit l'avis émis en 2016 sur ses mérites, sa notation de 2016 et plusieurs attestations témoignant de son implication professionnelle, n'établit pas que ses mérites et acquis professionnels seraient supérieurs à ceux des trois agents promus au titre de l'année. Par ailleurs, son départ à la retraite ne lui conférait aucune priorité par rapport aux autres candidats. Dès lors, l'appréciation portée sur les titres et mérites de Mme C n'est entachée ni d'erreur de droit, ni d'erreur manifeste d'appréciation.
10. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la recevabilité de la requête, que Mme C n'est pas fondée à demander l'annulation des décisions contestées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
11. Le présent jugement, qui rejette la requête de Mme C, n'appelle aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, le versement à Mme C de la somme qu'elle demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C et au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.
Copie à la rectrice de l'académie de Bordeaux.
Délibéré après l'audience du 12 avril 2023 à laquelle siégeaient :
- Mme Zuccarello, présidente,
- Mme De Paz, première conseillère,
- Mme Denys, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 mai 2023.
La rapporteure
D. DE PAZ
La présidente
F. ZUCCARELLO
La greffière,
I. MONTANGON
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
N°2100593
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026