jeudi 2 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2100705 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | SCP DROUOT AVOCATS LACHAUD MANDEVILLE COUTADEUR ET ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 10 février 2021, la SCEA Marcelis, représentée par la SCP Silvetri Baujet mandataire judiciaire et la SELARL Mequinion administrateur judicaire, et représentées par la SCP Drouot, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté de la préfète de la Gironde du 15 décembre 2020 relatif à l'application du statut du fermage dans le département de la Gironde ;
2°) d'enjoindre à la préfète de la Gironde de se prononcer de nouveau et sans délai sur les quantités maximales et minimales devant servir de base de calcul des fermages dans le département de la Gironde ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle a intérêt et qualité pour agir et sa requête n'est pas tardive ;
- l'arrêté du 15 décembre 2020 est entaché d'incompétence dès lors qu'il est signé par le secrétaire général, alors que seul le préfet est habilité à prendre un tel arrêté, en application de l'article R. 411-1 du code rural et de la pêche maritime ; la délégation de signature, si elle existe, doit être suffisamment précise, complète et publiée ;
- la préfète de la Gironde s'est estimée, à tort, en situation de compétence liée par l'avis de la commission consultative paritaire départementale des baux ruraux, lequel n'est pourtant que consultatif ;
- elle a sollicité la communication des avis de la commission consultative paritaire départementale des baux ruraux des 9 décembre 2019 et 11 octobre 2013, laquelle lui a été refusée sans justification, et elle ne peut, par conséquent, s'assurer de la régularité de la composition de la commission ;
- l'arrêté méconnaît les exigences de clarté et d'intelligibilité de la norme, qui découlent des articles 34 et 37 de la Constitution et 4, 5, 6 et 16 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen :
* L'article 7-A-5 de l'arrêté contesté du 15 décembre 2020 n'expose pas les critères et méthodes ayant permis de calculer le prix à l'hectolitre des appellations d'origine protégée, et aucune précision n'est donnée quant à la méthode de calcul de la cotation moyenne ; par ailleurs, aucune indication n'est donnée quant à l'élaboration ou la publicité de l'avis donné par la commission consultative paritaire départementale quant au cours moyen ;
* l'article 7-A de l'arrêté contesté du 15 décembre 2020 ne mentionne pas les dispositions dérogatoires issues du cahier des charges de l'INAO en vigueur ;
* les articles 7-A 1 et 2 ne précisent pas les données retenues et la période concernée pour calculer les quantités minimales et maximales fixées à l'hectolitre, à l'hectare et par an, selon chaque appellation ; au contraire, l'arrêté du préfet de la Loire du 7 octobre 2019 apporte ces précisions et les maximas et minimas sont calculés selon des références nationales ; le défaut de ces mentions, le manque de publicité des outils décisionnels et stratégiques démontrent que cet arrêté a été pris sans aucune transparence ;
- il est entaché d'illégalité et méconnaît les dispositions de l'article L. 411-11 du code rural et de la pêche maritime en raison de son caractère tardif ; dès lors que les données doivent être réexaminées tous les six ans afin d'actualiser les fourchettes de prix, l'arrêté aurait dû intervenir, au plus tard, le 2 décembre 2019 ;
- l'article 7-A-2 fixant les quantités minimales et maximales des vins AOC retenues pour base de règlement des fermages, fixées à l'hectolitre, à l'hectare et par an, est entaché d'une erreur d'appréciation ; le marché viticole bordelais traverse une crise depuis plusieurs années due aux intempéries, au repositionnement des marchés étrangers et à la crise sanitaire et l'autorité administrative n'a pas pris en compte ce contexte économique et sanitaire ; par ailleurs, la préfète pouvait adopter des dispositions additionnelles, un régime dérogatoire et également formuler des modifications de coefficients applicables pour certaines appellations ; le contexte économico-sanitaire n'a pas eu d'incidence sur la fixation des quantités maximales et minimales dès lors que les données maximales et minimales fixées par l'arrêté contesté du 15 décembre 2020 sont les mêmes que celles fixées par l'arrêté du 2 décembre 2013.
Par un mémoire en défense enregistré le 21 mars 2022, la préfète de la Gironde conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens invoqués par la société requérante n'est fondé.
Par une ordonnance du 22 mars 2022, la clôture d'instruction a été fixée, en dernier lieu, au 22 avril 2022.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la Constitution ;
- la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen ;
- le code rural et de la pêche maritime ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- et les conclusions de M. Naud, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La SCEA Marcelis est une société d'exploitation viticole qui exploite, sous le statut du fermage, plus de 18 hectares de parcelles et sur lesquelles elle produit et commercialise des vins des appellations Saint-Estèphe et Haut-Médoc. La SELARL Vincent Mequinion a, par un jugement du tribunal de grande instance de Bordeaux du 9 août 2019, été désignée administrateur judiciaire de la SCEA Marcelis. Par un jugement du tribunal judiciaire de Bordeaux du 24 août 2020, la SCP Silvetri Baujet a été désignée mandataire judiciaire de la SCEA Marcelis.
2. Par un arrêté du 2 décembre 2013, la préfète de la Gironde a fixé les règles relatives à l'application du statut du fermage dans le département de la Gironde. Par un arrêté du 15 décembre 2020, la préfète de la Gironde a fixé le prix annuel des vins devant servir de base de calcul des fermages dans le département de la Gironde pour la campagne 2019-2020 Récolte 2019 et du loyer annuel des terres portant des cultures pérennes agricoles. Enfin, par un second arrêté du 15 décembre 2020, dont la société requérante demande l'annulation, la préfète de la Gironde a fixé les règles relatives à l'application du statut du fermage dans le département de la Gironde.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. D'une part, aux termes de l'article L. 411-11 du code rural et de la pêche maritime : " () Par dérogation aux dispositions précédentes, le loyer des terres nues portant des cultures permanentes viticoles, arboricoles, oléicoles et agrumicoles et des bâtiments d'exploitation y afférents peut être évalué en une quantité de denrées comprise entre des maxima et des minima arrêtés par l'autorité administrative. Dans ce cas, les dispositions relatives à l'actualisation du loyer des terres nues et des bâtiments d'exploitation prévues au présent article ne s'appliquent pas. L'autorité administrative détermine les maxima et les minima prévus aux alinéas ci-dessus sur proposition de commissions consultatives paritaires départementales. En cas de carence de ces commissions, l'autorité compétente procède elle-même à cette fixation. /Ces maxima et ces minima font l'objet d'un nouvel examen au plus tard tous les six ans. S'ils sont modifiés, le prix des baux en cours ne peut, sous réserve des dispositions figurant au premier alinéa de l'article L. 411-13, être révisé que lors du renouvellement ou, s'il s'agit d'un bail à long terme, en début de chaque nouvelle période de neuf ans. A défaut d'accord amiable, le tribunal paritaire des baux ruraux fixe le nouveau prix du bail ". Aux termes de l'article R. 411-1 de ce code : " Pour l'application de l'article L. 411-11, le préfet fixe, par arrêté publié au recueil des actes administratifs de la préfecture : () 3° Les quantités maximales et minimales de denrées qui, dans les différentes régions naturelles agricoles du département, représentent les valeurs locatives normales des terres nues portant des cultures permanentes viticoles, arboricoles, oléicoles et agrumicoles et des bâtiments d'exploitation y afférents. Les denrées dont les quantités sont ainsi indiquées doivent être choisies en fonction des différents types d'exploitations existant dans les régions. ". Aux termes de l'article R. 411-2 du même code : " L'arrêté du préfet du département est pris, dans les conditions fixées ci-dessous, après consultation des commissions consultatives paritaires des baux ruraux, prévues aux articles L. 411-11 et R. 414-1 à R. 414-5. /Le préfet du département demande à la commission consultative paritaire départementale des baux ruraux de lui adresser des propositions motivées établies sur la base des dispositions à l'article R. 411-1. / La commission doit présenter des propositions dans les deux mois de la réception de la demande. ".
4. D'autre part, aux termes de l'article R. 411-5 du code rural et de la pêche maritime : " Sauf convention contraire entre les parties et pour les cultures permanentes viticoles, arboricoles, oléicoles et agrumicoles le montant en espèces du fermage est calculé selon le cours moyen, d'échéance à échéance, des denrées servant au calcul du prix du fermage. Le cours moyen est arrêté par le préfet du département sur avis de la commission consultative paritaire départementale. Il est publié au recueil des actes administratifs du département. ".
5. En premier lieu, en application de l'article R. 411-1 du code rural et de la pêche maritime précédemment cité, le préfet du département est compétent pour fixer, par arrêté, les quantités maximales et minimales, de denrées. Or, par un arrêté du 7 décembre 2020 régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial n°33-2020-196 du même jour, la préfète de la Gironde a donné délégation de signature à M. A du Payrat, secrétaire général de la préfecture de la Gironde et signataire de l'arrêté contesté, à l'effet de signer tous arrêtés concernant les attributions de l'Etat dans le département de la Gironde à l'exception de certaines matières au titre desquelles ne figure pas l'arrêté en litige. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté contesté doit être écarté.
6. En deuxième lieu, en application des articles du code rural et de la pêche maritime précédemment cités, et notamment de son article R. 411-2, les quantités maximales et minimales de denrées sont fixées par arrêté du préfet du département, après consultation des commissions consultatives paritaires des baux ruraux, lesquelles émettent des propositions motivées.
7. La société requérante soutient que la préfète de la Gironde s'est estimée, à tort, en situation de compétence liée par l'avis de la commission consultative paritaire départementale des baux ruraux, lequel n'est pourtant que consultatif en application de l'article R. 411-2 du code rural et de la pêche maritime. En l'espèce, il ressort du procès-verbal de la séance du 8 décembre 2020 que la commission consultative départementale des baux ruraux a voté, à l'unanimité, la proposition de révision des maximas et des minimas. Or, il ne ressort pas des pièces du dossier que la préfète de la Gironde se serait estimée liée par l'avis de la commission consultative paritaire départementale des baux ruraux, qui n'est qu'un avis simple. Par suite, ce moyen ne peut qu'être écarté.
8. En troisième lieu, l'article R. 414-1 du code rural et de la pêche maritime liste les membres composant la commission consultative paritaire. Par un arrêté du 14 février 2018, la préfète de la Gironde a fixé la composition de la commission consultative paritaire départementale des baux ruraux.
9. La société requérante soutient que, par courrier du 18 juin 2020, le service agriculture forêt et développement durable de la direction départementale des territoires et de la mer a refusé de lui communiquer les avis et les propositions de la commission consultative paritaire départementale des baux ruraux, émis à la suite des séances des 9 décembre 2019 et 11 octobre 2013. Toutefois, et alors que la préfète de la Gironde a produit, en défense, les procès-verbaux des séances de la commission consultative paritaire départementale des baux ruraux des 11 octobre 2013, 9 décembre 2019, et 8 décembre 2020, la société requérante n'établit pas que la composition de la commission, lors des séances précitées, n'était pas conforme aux prescriptions de l'article R. 414-1 du code rural et de la pêche maritime, et aux dispositions de l'arrêté préfectoral du 14 février 2018 portant désignation des membres de la commission consultative paritaire départementale des baux ruraux de la Gironde. Par suite, ce moyen ne peut, en tout état de cause, qu'être écarté.
10. En quatrième lieu, la société requérante soutient que l'arrêté contesté porte atteinte aux exigences de clarté et d'intelligibilité de la norme, qui découlent des articles 34 et 37 de la Constitution et 4, 5, 6 et 16 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen.
11. D'une part, contrairement à ce que soutient la société requérante, l'article 7-A-5 de l'arrêté contesté précise que le prix du vin de chaque appellation d'origine contrôlée de la Gironde servant au règlement des fermages est celui, hors taxes, d'un vin de la récolte de l'année, et les prix, fixés au tonneau bordelais de 900 litres et à l'hectolitre, sont établis en se référant à la cotation moyenne pondérée déterminée par le CIVB pour l'ensemble des transactions enregistrées de la récolte considérée. Dans ces conditions, en se bornant à soutenir que l'arrêté s'abstient " d'exposer des critères et méthodes permettant de calculer le prix de l'hectolitre des appellations d'origine contrôlées ", la société requérante n'établit pas l'imprécision alléguée de l'article 7-A-5 de l'arrêté contesté. La société requérante n'établit pas davantage que l'arrêté contesté devait apporter, en supplément des dispositions du code rural et de la pêche maritime, des précisions quant aux modalités d'élaboration et de publicité de l'avis de la commission consultative paritaire départementale.
12. D'autre part, en se bornant à soutenir que l'article 7-A de l'arrêté contesté ne mentionne pas les dispositions dérogatoires issues du cahier des charges de l'INAO en vigueur, la société requérante n'assortit pas son moyen de précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé.
13. Enfin, la société requérante soutient qu'en s'abstenant de préciser les données retenues et la période concernée pour calculer les quantités minimales et maximales fixées à l'hectolitre, à l'hectare et par an, selon chaque appellation, l'article 7-A 1 et 2 de l'arrêté contesté méconnaît également les exigences de clarté et d'intelligibilité de la norme. A ce titre, la société requérante se prévaut notamment de l'arrêté du préfet de la Loire du 7 octobre 2019, qui selon elle, apporte ces précisions, et indique que les maximas et minimas sont calculés selon des références nationales. Toutefois, aux termes de l'article R. 411-1 du code rural et de la pêche maritime précité, le préfet fixe par arrêté les quantités maximales et minimales de denrées qui, dans les différentes régions naturelles agricoles du département, représentent les valeurs locatives normales des terres nues portant des cultures viticoles et les denrées, dont les quantités sont ainsi indiquées, doivent être choisies en fonction des différents types d'exploitations existants dans les régions. L'article 7-A de l'arrêté contesté précise d'abord que " le barème des quantités minimales et maximales des vins à AOC devant servir de base au règlement des fermages des vignes et exploitations viticoles produisant des vins à AOC est établi pour la vigne et pour chaque catégorie, en fonction de l'état du vignoble, du nombre de pieds à l'hectares, de l'âge de la vigne, du palissage, de la productivité potentielle, du cépage et du porte-greffe et du respect de la réglementation propres aux appellations concernées ". Il définit, ensuite, trois catégories en fonction notamment de l'âge et de l'état de la vigne. Enfin, l'arrêté fixe des valeurs minimales et maximales pour chacune des trois catégories et, s'agissant de la catégorie 1, distingue deux sous-catégories. Ainsi, l'arrêté contesté précise les méthodes et critères de fixation des valeurs minimales et maximales. Par suite, la société requérante ne saurait invoquer l'insuffisance de précision de l'arrêté contesté à ce titre, ni davantage l'absence de publicité des outils décisionnels et stratégiques.
14. Il résulte de ce qui précède que, le moyen tiré de l'atteinte aux exigences de clarté et d'intelligibilité de la norme, qui découlent des articles 34 et 37 de la Constitution et 4, 5, 6 et 16 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, doit être écarté en toutes ses branches.
15. En cinquième lieu, la société requérante soutient que l'arrêté contesté du 15 décembre 2020 est illégal dès lors qu'il a été édicté tardivement, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 411-11 du code rural et de la pêche maritime.
16. L'article L. 411-11 du code rural et de la pêche maritime précédemment cité prévoit que les maxima et minima font l'objet d'un nouvel examen au plus tard tous les six ans. Toutefois, la seule circonstance que les valeurs maximales et minimales, initialement fixées par l'arrêté du 2 décembre 2013, n'aient été réexaminées que par l'arrêté contesté du 15 décembre 2020, soit au-delà du délai de six ans fixé par les textes, n'entache pas, pour autant, la légalité de cet arrêté. Par suite, ce moyen doit être écarté.
17. En sixième lieu, la société requérante soutient que le marché viticole bordelais traverse une crise depuis plusieurs années due aux intempéries, au repositionnement des marchés étrangers et à la crise sanitaire et que l'autorité administrative n'a pas pris en compte ce contexte économique et sanitaire. Toutefois, il ressort des dispositions précitées du code rural et de la pêche maritime et des termes de l'arrêté contesté que, s'agissant de la fixation des valeurs maximales et minimales, le préfet n'a pas à prendre en compte le contexte économique et sanitaire, mais doit uniquement se fonder sur les éléments rappelés au point 13 relatifs, essentiellement, à l'état du vignoble. Par ailleurs, la société requérante n'établit pas que la préfète de la Gironde aurait dû appliquer des dispositions additionnelles, un régime dérogatoire ou modifier les coefficients applicables. Enfin, la seule circonstance que les valeurs maximales et minimales sont identiques à celles fixées par l'arrêté de 2013, ne peut suffire à considérer que les nouvelles valeurs sont erronées. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées du code rural et de la pêche maritime doit être écarté.
18. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté contesté du 15 décembre 2020, présentées par la société requérante, doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SCEA Marcelis est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SCEA Marcelis, à la SCP Silvetri Baujet, mandataire judiciaire, à la SELARL Vincent Mequinion, administrateur judiciaire et au préfet de la Gironde.
Délibéré après l'audience du 9 février 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Mariller, présidente,
Mme Lahitte, conseillère,
M. Bongrain, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 mars 2023.
La rapporteure
A. B
La présidente
C. MARILLER
La greffière,
C. SCHIANO
La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026