mercredi 19 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2100708 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SELARL GALY ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 10 février 2021 et 15 mars 2023, M. B, représenté par Me Schontz, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 9 novembre 2018 relatif à son classement au 4ème échelon avec une ancienneté conservée de 4 mois et 3 jours dans le corps des conseillers principaux d'éducation de classe normale et la décision implicite du 12 décembre 2020 par laquelle la rectrice de l'académie de Bordeaux a refusé de lui verser ses arriérés de traitement pour la période allant du 1er septembre 2017 au 30 août 2018, a refusé de tenir compte lors de sa nomination dans le corps des conseillers principaux d'éducation du congé de formation dont il a bénéficié du 1er septembre 2015 au 30 juin 2016 et de lui délivrer l'attestation de Pôle Emploi ;
2°) d'enjoindre à la rectrice de l'académie de Bordeaux de lui délivrer l'attestation de Pôle Emploi et de reconstituer ses droits à avancement lors de son reclassement en CPE titulaire pour tenir compte de son congé de formation du 1er septembre 2015 au 30 juin 2016 ;
3°) de condamner l'Etat à lui payer la somme de 2 146,38 euros au titre de ses arriérés de traitement pour la période allant du 1er septembre 2017 au 30 août 2018 et la somme de 143,8 euros qu'il a restituée à Pôle Emploi ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros à lui verser au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. B fait valoir que :
- il est recevable à demander la reconstitution de ses droits à avancement ;
- à la suite d'une erreur du service de paie, son salaire sur la période du 8 au 14 juillet 2017 avait été prolongé, a été réglé sur sa paie du mois d'août, puis déduit de sa rémunération du mois de septembre et sa rémunération du mois d'août a fait l'objet d'une retenue sur son traitement du mois d'octobre 2017 ;
- le gestionnaire a considéré que la régularisation de ses paies de juillet et août ne pouvait se faire sans la reprise de ses rémunérations des mois de septembre à décembre 2017, si bien que 4 989,34 euros ont été prélevés, mais ne lui ont pas été restitués entièrement ;
- il a perçu la somme de 4 598,58 euros au mois de février 2018 et le traitement qu'il aurait dû percevoir en février 2018, soit 1 110,67 euros, n'a pas été intégré, ni 44,95 euros au titre de sa rémunération du mois d'août 2017 ;
- alors que son contrat à temps partiel s'est achevé en août 2018, il n'a jamais reçu l'attestation pôle Emploi et a dû de ce fait restituer à Pole Emploi la somme de 143,88 euros ;
- enfin, son congé de formation dont il a bénéficié du 1er septembre 2015 au 30 juin 2016 n'a pas été pris en compte pour le calcul de son ancienneté lors de son reclassement en CPE titulaire lors de son arrivée dans l'académie de la Gironde ;
- la rectrice n'établit pas qu'il aurait reçu l'attestation de Pôle Emploi, ni même que ses services auraient entièrement remboursé ses traitements, alors que ses explications sont convaincantes.
Par un mémoire enregistré le 28 février 2023, la rectrice de l'académie de Bordeaux conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les conclusions indemnitaires ne sont pas recevables, en l'absence de liaison du contentieux et qu'aucun moyen n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du travail ;
- le code de l'éducation ;
- la loi n°83-614 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n°84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le décret n°2017-789 du 5 mai 2017 ;
- le décret n°2017-786 du 5 mai 2017 ;
- le décret n°2012-631 du 3 mai 2012 ;
- le décret n°2007-1470 du 15 octobre 2007 ;
- le décret n°70-738 du 12 août 1970 ;
- le décret n°51-1423 du 5 décembre 1951 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme de Paz,
- les conclusions de Mme Jaouën, rapporteure publique,
- et les observations de Me Stefanova, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B a occupé un poste de conseiller principal d'éducation en tant qu'agent public contractuel au sein de l'académie de Bordeaux du 1er septembre 2017 au 30 août 2018. Par un arrêté du 9 novembre 2018, il a ensuite été nommé dans le corps des conseillers principaux d'éducation à partir du 1er septembre 2018 et classé au 4ème échelon avec une ancienneté conservée de 4 mois et 3 jours dans ce corps. Par un courrier du 9 octobre 2020, réceptionné par les services du rectorat le 12 octobre 2020, il a demandé à la rectrice de la Gironde de lui restituer les salaires qui ne lui avaient pas été entièrement restitués à la suite d'une régularisation du service gestionnaire des paies, soit de lui verser la somme de 2 146,38 euros. Il a aussi demandé à la rectrice de l'académie de Bordeaux de reconstituer ses droits à avancement lors de son reclassement dans le corps des conseillers principaux d'éducation pour tenir compte de son congé de formation du 1er septembre 2015 au 30 juin 2016 et de lui délivrer l'attestation pôle emploi qui ne lui avait pas été délivrée à la fin de son dernier contrat à durée déterminée. M. B doit être regardé demandant l'annulation de l'arrêté du 9 novembre 2018 et de la décision implicite rejetant ses demandes.
Sur le refus de prendre en compter son année de congé formation lors de sa nomination dans le corps des conseillers principaux d'éducation :
2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative, dans sa rédaction alors en vigueur : " Sauf en matière de travaux publics, la juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. ". Aux termes de l'article R. 421-5 du même code : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision. ". Il résulte de ces dispositions que lorsque la notification ne comporte pas les mentions requises, ce délai n'est pas opposable.
3. Toutefois, le principe de sécurité juridique, qui implique que ne puissent être remises en cause sans condition de délai des situations consolidées par l'effet du temps, fait obstacle à ce que puisse être contestée indéfiniment une décision administrative individuelle qui a été notifiée à son destinataire, ou dont il est établi, à défaut d'une telle notification, que celui-ci a eu connaissance. En une telle hypothèse, si le non-respect de l'obligation d'informer l'intéressé sur les voies et les délais de recours, ou l'absence de preuve qu'une telle information a bien été fournie, ne permet pas que lui soient opposés les délais de recours fixés par le code de justice administrative, le destinataire de la décision ne peut exercer de recours juridictionnel au-delà d'un délai raisonnable. En règle générale et sauf circonstances particulières dont se prévaudrait le requérant, ce délai ne saurait, sous réserve de l'exercice de recours administratifs pour lesquels les textes prévoient des délais particuliers, excéder un an à compter de la date à laquelle une décision expresse lui a été notifiée ou de la date à laquelle il est établi qu'il en a eu connaissance. Cette règle, qui a pour seul objet de borner dans le temps les conséquences de la sanction attachée au défaut de mention des voies et délais de recours, ne porte pas atteinte à la substance du droit au recours, mais tend seulement à éviter que son exercice, au-delà d'un délai raisonnable, ne mette en péril la stabilité des situations juridiques et la bonne administration de la justice, en exposant les défendeurs potentiels à des recours excessivement tardifs. Il appartient dès lors au juge administratif d'en faire application au litige dont il est saisi, quelle que soit la date des faits qui lui ont donné naissance.
4. Il ressort des pièces du dossier que M. B a eu connaissance de l'arrêté du 9 novembre 2018 relatif à son classement au 4ème échelon avec une ancienneté conservée de 4 mois et 3 jours dans le corps des conseillers principaux d'éducation de classe normale, le 14 décembre 2018, date à laquelle il a adressé au service du rectorat un courriel dans lequel il indique que cet arrêté ne prenait pas en compte toute son ancienneté. S'il ne ressort pas des pièces produites que l'arrêté attaqué mentionnait les voies et délais de recours et que, par suite, le délai de deux mois fixé par l'article R. 421-1 du code de justice administrative ne lui était pas opposable, toutefois, le recours gracieux formé par le requérant à l'encontre de cet arrêté le 12 octobre 2020, et sa demande présentée le 10 février 2021 devant le tribunal administratif de Bordeaux, tendant à leur annulation, excédait le délai raisonnable durant lequel il pouvait être exercé. Par suite, la rectrice de l'académie de Bordeaux est fondée à soutenir que la demande présentée devant le tribunal administratif de Bordeaux doit être rejetée comme tardive. Il y a lieu, dès lors, d'accueillir la fin de non-recevoir opposée en défense.
Sur la délivrance de l'attestation Pôle Emploi :
5. D'une part, aux termes de l'article L. 5422-1 du code du travail dans sa version en vigueur à la date du 31 août 2018: " Ont droit à l'allocation d'assurance les travailleurs involontairement privés d'emploi, ceux dont le contrat de travail a été rompu conventionnellement selon les modalités prévues aux articles L. 1237-11 et suivants du présent code ou à l'article L. 421-12-2 du code de la construction et de l'habitation et ceux dont le contrat de travail a été rompu d'un commun accord selon les modalités prévues aux articles L. 1237-17 et suivants, aptes au travail et recherchant un emploi qui satisfont à des conditions d'âge et d'activité antérieure". Aux termes de l'article L. 5424-1 du même code : " Ont droit à une allocation d'assurance dans les conditions prévues aux articles L. 5422-2 et L. 5422-3 : 1° Les agents fonctionnaires et non fonctionnaires de l'Etat et de ses établissements publics administratifs, les agents titulaires des collectivités territoriales ainsi que les agents statutaires des autres établissements publics administratifs ainsi que les militaires () ". Aux termes de l'article R. 1234-9 du code du travail : " L'employeur délivre au salarié, au moment de l'expiration ou de la rupture du contrat de travail, les attestations et justifications qui lui permettent d'exercer ses droits aux prestations mentionnées à l'article L. 5421-2 et transmet sans délai ces mêmes attestations à Pôle emploi (). ".
6. Il est constant que le dernier contrat de travail à durée déterminée de M. B a pris fin le 31 août 2018, puis il a été nommé dans le corps des conseillers principaux d'éducation à compter du 1er septembre 2018. Par suite, l'intéressé n'ayant pas été privé d'emploi, la rectrice de l'académie de Bordeaux, qui soutient au demeurant le lui avoir transmis en septembre 2018, ne devait pas lui remettre l'attestation destinée à Pôle Emploi prévue par des dispositions précitées du code du travail.
7. Il résulte de ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision implicite attaquée en tant que la rectrice de l'académie de Bordeaux a refusé de lui délivrer cette attestation. En l'absence d'illégalité fautive de cette décision, il n'est pas fondé à demander le remboursement de la somme de 143,88 euros correspondant à la somme qu'il a été contraint de restituer à Pôle Emploi.
Sur le refus de lui restituer ses arriérés de rémunération :
8. Le requérant soutient qu'à la suite d'une erreur du service de paie, son salaire sur la période du 8 au 14 juillet 2017 a été réglé sur sa paie du mois d'août, puis déduit de sa rémunération du mois de septembre et sa rémunération du mois d'août a fait l'objet d'une retenue sur son traitement du mois d'octobre 2017. Le gestionnaire a considéré que la régularisation de ses paies de juillet et août ne pouvait se faire sans la reprise de ses rémunérations des mois de septembre à décembre 2017, si bien que la somme 4 989,34 euros a été prélevée, mais ne lui a jamais été restituée entièrement.
9. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que M. B a perçu entre le mois de juillet 2017 et la mois d'août 2018, un traitement brut total de 23 660,13 euros alors qu'il aurait dû percevoir un traitement brut total de 18 326,84 euros, soit un différentiel de 5 333,29 euros, correspondant à un trop perçu de rémunérations perçues de septembre 2017 et de janvier 2018. Contrairement à ce que fait valoir le requérant, son bulletin de paye du mois du février 2018 fait bien apparaître qu'il a perçu un traitement de brut d'un montant de 1 272,71 euros pour ce mois. En ce qui concerne sa paie du mois de janvier 2018, il ressort des pièces du dossier que sa paie a été grevée à tort d'un trop-perçu d'un montant de 1 140,10 euros, qui lui a ensuite été remboursée en février 2018, et d'une régularisation d'un acompte de 720 euros. Enfin, si M. B soutient que la somme de 44,95 euros perçues sur sa paie du mois d'août 2017 ne lui a pas été remboursée, il ressort toutefois des pièces du dossier qu'il s'agissait d'un élément de sa rémunération brute du mois de juillet d'un montant de 343,95 euros payé sur sa paie du mois d'août 2017 et reprise par erreur en août 2017 et qui lui a été finalement remboursé sur sa paie du mois de janvier 2018. Par suite, M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision implicite qui refuse de lui restituer la somme de 4 989,34 euros au titre de ses arriérés de rémunération.
10. Il résulte de tout ce qui précède que la requête présentée par M. B doit être rejetée, y compris ses conclusions en injonction.
Sur les frais liés au litige :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante, la demande que demande M. B au titre de ses frais liés au litige.
D E C I D E :
Article 1er : La requête présentée par M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de l'éducation nationale.
Copie à la rectrice de l'académie de Bordeaux.
Délibéré après l'audience du 29 mars 2023 à laquelle siégeaient :
- Mme Zuccarello, présidente,
- Mme De Paz, première conseillère,
- Mme Denys, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 avril 2023.
La rapporteure,
D. DE PAZ
La présidente,
F. ZUCCARELLO
La greffière,
I. MONTANGON
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
N°210708
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026