mardi 5 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2100799 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | REMY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 17 février 2021 et 20 janvier 2022, Mme A, représentée par Me Remy, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler le refus du 25 septembre 2020 du président du conseil départemental de la Gironde de lui délivrer un agrément en qualité d'assistante familiale ;
2°) de mettre à la charge du département de la Gironde la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que la décision est entachée d'une erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 décembre 2021, le président du conseil départemental de la Gironde conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que le moyen soulevé n'est pas fondé.
Par une ordonnance du 21 janvier 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 21 février 2022.
Vu :
- la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Béroujon, rapporteur,
- les conclusions de Mme Prince-Fraysse, rapporteure publique,
- et les observations de Mme C, représentant le conseil départemental de la Gironde.
Considérant ce qui suit :
1. Le président du conseil départemental de la Gironde a refusé de délivrer à Mme A un agrément en qualité d'assistante familiale le 25 septembre 2020 pour l'accueil de deux mineurs à son domicile. Mme A demande au tribunal d'annuler cette décision.
2. Aux termes de l'article L. 421-2 du code de l'action sociale et des familles : " L'assistant familial est la personne qui, moyennant rémunération, accueille habituellement et de façon permanente des mineurs et des jeunes majeurs de moins de vingt et un ans à son domicile. Son activité s'insère dans un dispositif de protection de l'enfance, un dispositif médico-social ou un service d'accueil familial thérapeutique. Il exerce sa profession (), après avoir été agréé à cet effet () ". Aux termes de l'article L. 421-3 du même code : " L'agrément nécessaire pour exercer la profession () d'assistant familial est délivré par le président du conseil départemental du département où le demandeur réside. / Un référentiel approuvé par décret en Conseil d'Etat fixe les critères d'agrément () / L'agrément est accordé () si les conditions d'accueil garantissent la sécurité, la santé et l'épanouissement des mineurs et majeurs de moins de vingt et un ans accueillis, en tenant compte des aptitudes éducatives de la personne. () ". Aux termes de l'article L. 421-5 du même code : " L'agrément de l'assistant familial précise le nombre des mineurs qu'il est autorisé à accueillir. Le nombre des mineurs accueillis à titre permanent et de façon continue ne peut être supérieur à trois, y compris les jeunes majeurs de moins de vingt et un ans () ". Aux termes de l'article R. 421-3 du même code : " Pour obtenir l'agrément () d'assistant familial, le candidat doit : / 1° Présenter les garanties nécessaires pour accueillir des mineurs dans des conditions propres à assurer leur développement physique, intellectuel et affectif () ". Aux termes de l'article R. 421-6 du même code : " Les entretiens avec un candidat à des fonctions d'assistant familial ou avec un assistant familial agréé et les visites à son domicile doivent permettre d'apprécier, au regard des critères précisés dans le référentiel figurant à l'annexe 4-9 du présent code, si les conditions légales d'agrément sont remplies ".
3. Aux termes de la sous-section 1 de la section 1 du référentiel fixant les critères de l'agrément des assistants familiaux par le président du conseil départemental, codifié à l'annexe 4-9 du code de l'action sociale et des familles, relative aux capacités et qualités personnelles pour accueillir des mineurs ou des jeunes majeurs et les aptitudes éducatives du candidat : " Il convient de prendre en compte la capacité du candidat à : / 1. Observer, écouter et prendre en compte les besoins particuliers du mineur ou du jeune majeur accueilli pour favoriser son développement physique, affectif, intellectuel et social. / 2. Proposer un cadre de vie favorisant la stabilité affective du mineur ou du jeune majeur accueilli. / 3. Poser un cadre éducatif cohérent, structurant et adapté aux besoins du mineur ou du jeune majeur accueilli. / 4. Adopter une attitude conforme à l'intérêt supérieur de l'enfant accueilli et avoir une attitude neutre et respectueuse vis-à-vis des parents et de la famille du mineur ou du jeune majeur accueilli. / 5. Repérer et prévenir les risques liés aux comportements personnels ou familiaux susceptibles d'avoir une incidence sur la santé, la sécurité, le développement physique, affectif, intellectuel et social du mineur ou du jeune majeur accueilli. / 6. Repérer et prévenir les dangers potentiels liés à l'habitat et à son environnement ou à la possession d'objets dangereux ainsi que les accidents de la vie courante, et à envisager le cas échéant les aménagements nécessaires en fonction de l'âge de l'enfant ". Et aux termes de la sous-section 2, relative à la connaissance du métier, du rôle et des responsabilités de l'assistant familial : " Il convient de prendre en compte : / 1. Les motivations du candidat et sa capacité à décrire son projet en tant que famille d'accueil ainsi que le degré d'adhésion des différents membres de la famille à ce projet. / 2. La connaissance du rôle et de la fonction d'assistant familial. / 3. La capacité du candidat à identifier et assumer ses responsabilités vis-à-vis du mineur ou du jeune majeur accueilli ainsi que le rôle et la place des parents dans le cadre de la prise en charge. / 4. La capacité du candidat à s'inscrire dans une équipe professionnelle pluridisciplinaire autour du projet pour l'enfant ou le jeune majeur. / 5. La capacité du candidat à se représenter ses responsabilités vis-à-vis des services du département, et de son employeur, en charge de son accompagnement, de son contrôle et du suivi de ses pratiques professionnelles, et à comprendre et accepter leur rôle. / 6. La capacité du candidat à mesurer ses obligations au regard du secret professionnel attaché à ses fonctions ".
4. Mme A soutient qu'elle a déjà exercé les professions d'assistante maternelle de 1999 à 2005 puis d'assistante familiale de 2006 à 2011 dans lesquelles elle a excellé, qu'elle est calme, attentionnée et soucieuse des enfants, qu'elle dispose d'une grande maison avec un jardin et une piscine sécurisés, qu'elle ne fume ni ne boit, qu'elle est désormais accompagnante d'enfant en situation de handicap.
5. Mme A, après avoir fait l'objet d'un refus en 2004, a bénéficié d'un agrément en qualité d'assistante familiale pour l'accueil d'un enfant en 2006, qui a ensuite été étendu à l'accueil d'un deuxième enfant. Elle a ainsi accueilli un enfant de 2007 à 2009, année du décès accidentel de celui-ci, puis un deuxième, à compter de sa naissance en 2008. Le placement de ce second enfant lui a toutefois été retiré en 2011 alors qu'elle était en procédure d'adoption de celui-ci, à la suite de différents événements dont son hospitalisation en service de psychiatrie durant trois semaines et le signalement d'une information préoccupante relative à son fils alors âgé de 14 ans. Son agrément d'assistante familiale a alors été suspendu puis il lui a été retiré en 2012. Elle a ensuite vécu un divorce très conflictuel en 2015. Il ressort des pièces du dossier, et notamment des avis défavorables émis le 31 juillet 2020 par les assistantes sociales du département et le 20 août 2020 par la psychologue du département, que la requérante, qui a, dans un premier temps, tenté de dissimuler sa précédente expérience d'assistante familiale et le retrait de son agrément, éprouve des difficultés à assumer les épreuves qu'elle a rencontrées dans le passé, n'a effectué aucun travail sur les événements traumatiques qu'elle a vécus et qu'elle indique avoir oubliés, puis qu'elle a banalisés à l'occasion des entretiens avec les services du département, la psychologue ayant interprété cette attitude comme un absence d'affect et ayant suggéré une expertise psychiatrique. Il en ressort également que Mme A refuse de mettre en lien le passé et le présent en n'envisageant pas la possibilité de revivre, à l'occasion de nouveaux accueils, des expériences douloureuses, et qu'elle a ainsi développé un sentiment de toute puissance ne lui permettant pas d'assurer le bien-être psychologique des enfants à accueillir, voire risque de mettre en péril son propre équilibre par l'accueil de nouveaux enfants. Dans ces conditions, la seule attestation, non circonstanciée, d'un médecin généraliste indiquant, après un examen de la requérante, que celle-ci est à jour de ses vaccinations et apte physiquement et psychologiquement à l'exercice du métier d'assistante familiale, ne permet pas de considérer que la décision querellée est entachée d'erreur d'appréciation.
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions d'annulation présentées par Mme A doivent être rejetées, de même, par voie de conséquence, que ses conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au président du conseil départemental de la Gironde.
Délibéré après l'audience du 14 juin 2022, à laquelle siégeaient :
M. Pauziès, président,
M. Béroujon, premier conseiller,
Mme Molina-Andréo, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe du tribunal le 5 juillet 2022.
Le rapporteur,
M. BEROUJON
Le président,
J.C. PAUZIÈS
La greffière,
C. JANIN
La République mande et ordonne à la préfète de la Gironde en ce qui la concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026