LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2100814

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2100814

mercredi 5 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2100814
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation2ème Chambre
Avocat requérantBORDERIE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés le 17 février 2021, le 6 avril 2021, le 7 octobre 2021, le 18 janvier 2022, le 24 août 2022 et le 21 février 2023, ces trois derniers n'ayant pas été communiqué, la commune de Gujan-Mestras, représentée par Me Borderie, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 18 décembre 2020 par lequel la préfète de la Gironde a prononcé la carence de la commune de Gujan-Mestras ;

2°) d'annuler l'arrêté du 29 janvier 2021 par lequel la préfète de la Gironde a fixé pour la commune de Gujan-Mestras le montant du prélèvement visé à l'article L. 302-7 du code de la construction et de l'habitation ;

3°) de condamner l'Etat à lui rembourser les sommes correspondant au montant cumulé du prélèvement et de sa majoration avec intérêts légaux calculés à compter de leur date rétrospective de recouvrement.

Il soutient que :

- la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure en l'absence d'avis du comité régional de l'habitat et de l'hébergement et de la commission départementale ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation ;

- le coefficient de majoration retenu est disproportionné.

Par deux mémoires en défense, enregistrés le 22 septembre 2021 et le 22 octobre 2021, ce dernier n'ayant pas été communiqué, la préfète de la Gironde conclut au rejet de la requête.

Elle soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Par une ordonnance du 8 octobre 2021, la clôture d'instruction a été fixée en dernier lieu au 25 octobre 2021.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- code de la construction et de l'habitation ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. A,

- les conclusions de M. Vaquero, rapporteur public,

- et les observations de Me Borderie, représentant la commune de Gujan-Mestras.

Considérant ce qui suit :

1. La préfète de la Gironde a prononcé, par arrêté du 18 décembre 2020, la carence, au regard de ses objectifs de production de logements sociaux au titre de la période triennale 2017-2019, de la commune de Gujan-Mestras, telle que définie par l'article L. 302-9-1 du code de la construction et de l'habitation, et a fixé le taux de majoration à appliquer au prélèvement effectué sur ses ressources fiscales. Par un arrêté du 29 janvier 2021, elle a fixé pour la commune le montant du prélèvement visé à l'article L. 302-7 du code de la construction et de l'habitation pour l'année 2021. La commune de Gujan-Mestras demande au tribunal d'annuler ces deux arrêtés.

Sur le cadre juridique applicable :

2. D'une part, aux termes de l'article L. 302-9-1 du code de la construction et de l'habitation, dans sa rédaction applicable à l'espèce : " Lorsque, dans les communes soumises aux obligations définies aux I et II de l'article L. 302-5, au terme de la période triennale échue, le nombre de logements locatifs sociaux à réaliser en application du I de l'article L. 302-8 n'a pas été atteint ou lorsque la typologie de financement définie au III du même article L. 302-8 n'a pas été respectée, le représentant de l'Etat dans le département informe le maire de la commune de son intention d'engager la procédure de constat de carence. Il lui précise les faits qui motivent l'engagement de la procédure et l'invite à présenter ses observations dans un délai au plus de deux mois. / En tenant compte de l'importance de l'écart entre les objectifs et les réalisations constatées au cours de la période triennale échue, des difficultés rencontrées le cas échéant par la commune et des projets de logements sociaux en cours de réalisation, le représentant de l'Etat dans le département peut, par un arrêté motivé pris après avis du comité régional de l'habitat et de l'hébergement et, le cas échéant, après avis de la commission mentionnée aux II et III de l'article L. 302-9-1-1, prononcer la carence de la commune. Cet arrêté peut aussi prévoir les secteurs dans lesquels le représentant de l'Etat dans le département est compétent pour délivrer les autorisations d'utilisation et d'occupation du sol pour des catégories de constructions ou d'aménagements à usage de logements listées dans l'arrêté. Par le même arrêté et en fonction des mêmes critères, il fixe, pour une durée maximale de trois ans à compter du 1er janvier de l'année suivant sa signature, la majoration du prélèvement défini à l'article L. 302-7. Le prélèvement majoré ne peut être supérieur à cinq fois le prélèvement mentionné à l'article L. 302-7. Le prélèvement majoré ne peut excéder 5 % du montant des dépenses réelles de fonctionnement de la commune figurant dans le compte administratif établi au titre du pénultième exercice. Ce plafond est porté à 7,5 % pour les communes dont le potentiel fiscal par habitant est supérieur ou égal à 150 % du potentiel fiscal médian par habitant sur l'ensemble des communes soumises au prélèvement défini à l'article L. 302-7 au 1er janvier de l'année précédente. () ".

3. D'autre part, aux termes de l'article L. 302-9-1-1 du même code, dans sa version applicable à l'espèce : " " I. Pour les communes n'ayant pas respecté la totalité de leur objectif triennal, le représentant de l'Etat dans le département réunit une commission chargée de l'examen du respect des obligations de réalisation de logements sociaux. Cette commission, présidée par le représentant de l'Etat dans le département, est composée du maire de la commune concernée, du président de l'établissement public de coopération intercommunale compétent en matière d'habitat si la commune est membre d'un tel établissement, des représentants des bailleurs sociaux présents sur le territoire de la commune et des représentants des associations et organisations dont l'un des objets est l'insertion ou le logement des personnes défavorisées, œuvrant dans le département. / () Si la commission parvient à la conclusion que la commune ne pouvait, pour des raisons objectives, respecter son obligation triennale, elle saisit, avec l'accord du maire concerné, une commission nationale placée auprès du ministre chargé du logement. / II.- La commission nationale () entend le maire de la commune concernée ainsi que le représentant de l'Etat du département dans lequel la commune est située. / () / Les avis de la commission sont motivés et rendus publics. / III. Préalablement à la signature par les représentants de l'Etat dans les départements des arrêtés de carence dans les conditions définies à l'article L. 302-9-1, dans le cadre de la procédure de bilan triennal, la commission nationale peut se faire communiquer tous les documents utiles et solliciter les avis qu'elle juge nécessaires à son appréciation de la pertinence d'un projet d'arrêté de carence, de l'absence de projet d'arrêté de carence et de la bonne prise en compte des orientations nationales définies par le ministre chargé du logement. Elle peut, dans ce cadre, de sa propre initiative ou sur saisine du comité régional de l'habitat et de l'hébergement, émettre des avis et des recommandations aux représentants de l'Etat dans les départements. Elle transmet ses avis au ministre chargé du logement. / () "

4. Il résulte de la combinaison de ces dispositions que, lorsqu'une commune n'a pas respecté son objectif triennal de réalisation de logements sociaux, il appartient au préfet, après avoir recueilli les observations et les avis prévus à l'article L. 302-9-1, d'apprécier si, compte tenu de l'écart existant entre les objectifs et les réalisations constatées au cours de la période triennale, des difficultés rencontrées le cas échéant par la commune et des projets de logements sociaux en cours de réalisation, il y a lieu de prononcer la carence de la commune, et, dans l'affirmative, s'il y a lieu de lui infliger une majoration du prélèvement annuel prévu à l'article L. 302-7, en en fixant alors le montant dans la limite des plafonds fixés par l'article L. 302-9-1.

5. Lorsqu'une commune demande l'annulation d'un arrêté préfectoral prononçant sa carence et lui infligeant un prélèvement majoré en application de l'article L. 302-9-1 du code de la construction et de l'habitation, il appartient au juge de plein contentieux, saisi de moyens en ce sens, de déterminer si le prononcé de la carence procède d'une erreur d'appréciation des circonstances de l'espèce et, dans la négative, d'apprécier si, compte tenu des circonstances de l'espèce, la sanction retenue est proportionnée à la gravité de la carence et d'en réformer, le cas échéant, le montant.

Sur le constat de carence :

En ce qui concerne la légalité externe :

6. En premier lieu, il résulte de l'instruction, et ainsi que cela figure dans l'arrêté litigieux, que la commission départementale prévue par le I de l'article L. 302-9-1-1 du code de la construction et de l'habitation a bien été consultée et s'est réunie le 15 septembre 2020. Aucune disposition du code de la construction et de l'habitation n'impose que l'arrêté de carence fasse mention des conclusions émises par cette commission, ni que cet avis soit rendu public avant l'édiction de cet arrêté. Par suite, le moyen tiré d'un vice de procédure s'agissant de l'avis émis par la commission départementale doit être écarté.

7. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction, et notamment du compte-rendu de la séance plénière du comité régional de l'habitat et de l'hébergement en date 8 décembre 2020, produit par la commune requérante elle-même, que ledit comité a bien été consulté. Par suite, le moyen tiré d'un vice de procédure à cet égard doit être écarté.

En ce qui concerne la légalité interne :

8. Aux termes des dispositions précitées de l'article L. 302-9-1 du code de la construction et de l'habitation, le préfet tient compte, pour prononcer la carence de la commune, des critères des logements construits par la commune pendant la période triennale examinée, des logements en cours de réalisation et des difficultés rencontrées le cas échéant par la commune.

9. En l'espèce, il est constant que le bilan triennal 2017-2019 fait état d'une réalisation globale de 285 logements sociaux, sur un objectif de 573 logements, soit un taux de réalisation de l'objectif triennal de 49,74 %. Ce faisant, si la commune a respecté l'objectif qualitatif tenant au pourcentage de logements financés par prêt locatif aidé d'intégration, elle s'éloigne de l'objectif global de 25 % de logement locatifs sociaux assigné par la loi dite de solidarité et de renouvellement urbain du 13 décembre 2000. Ce manquement s'inscrit dans un contexte de carence répétée puisque la commune a déjà été mise en carence suite au bilan 2014-2016 et que les objectifs triennaux cumulés depuis 2011 n'ont été atteints qu'à hauteur de 82 %. Si la commune fait valoir des contraintes liées à la loi littoral, au plan de prévention des risques de submersion marine, à l'annulation contentieuse du schéma de cohérence territoriale ou encore et à la hausse du prix de l'immobilier, de telles difficultés ne sont pas propres à Gujan-Mestras et concernent d'autres communes dont la réalisation des objectifs triennaux est plus favorable. Or, son taux de tension sur les logements sociaux s'établit à 8,49 % alors que le taux départemental est de 5,34 % et de seulement 3,86 % à l'échelle de la communauté d'agglomération du bassin d'Arcachon. Si la commune invoque les efforts qu'elle a entrepris, tenant à la signature d'une convention de délégation à l'EPF-NA, à l'abaissement du seuil d'enclenchement de la servitude de mixité sociale, à la programmation de deux opérations immobilières à vocation sociale et à une prochaine modification du plan local d'urbanisme, ces initiatives ne peuvent suffire à justifier le taux de réalisation global constaté, alors que la commune avait par ailleurs conscience que le programme local de l'habitat de la communauté d'agglomération du Bassin d'Arcachon Sud ne permettrait pas d'atteindre à court terme l'objectif de logements sociaux fixé. Enfin, la commune ne peut utilement se prévaloir d'une lettre de ministérielle en date du 3 décembre 2020 faisant état de ce que la majorité des communes déficitaires en offre de logement locatif social ne sera pas en capacité de satisfaire à l'obligation de disposer de 20 % ou de 25 % de logements locatifs sociaux, qui se borne à confier une mission de réflexion sur l'évolution des dispositions législatives en vigueur. Il ne résulte pas de l'instruction, au regard de ce qui précède, et notamment de l'insuffisance des moyens mis en œuvre par la commune et en considération de l'absence de projets significatifs de logements sociaux en cours de réalisation, qu'en prononçant la carence de la commune de Gujan-Mestras et en décidant de lui infliger une sanction, que la préfète de la Gironde ait entaché sa décision d'une erreur d'appréciation des circonstances de l'espèce.

10. Pour les mêmes motifs que ceux qui sont exposés ci-dessus, le taux de majoration de 2 retenu par la préfète de la Gironde en application de l'article L. 302-7 du code de la construction et de l'habitation n'apparaît pas disproportionné.

11. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation des arrêtés du 18 décembre 2020 et du 29 janvier 2021 de la préfète de la Gironde doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint à l'Etat de rembourser les sommes perçues à compter de leur date de recouvrement.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de la commune de Gujan-Mestras est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la commune de Gujan-Mestras et au préfet de la Gironde.

Délibéré après l'audience du 22 mars 2023, à laquelle siégeaient :

M. Pouget, président,

M. Josserand, conseiller,

M. Frézet, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 avril 2023.

Le rapporteur,

C. FREZET

Le président,

L. POUGET La greffière,

M.-A. PRADAL

La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions