jeudi 16 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2101734 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP BOERNER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 8 avril 2021, l'Association Balthazar, représentée par Me Boerner, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 10 décembre 2020 par laquelle la rectrice de l'académie de Bordeaux a déclaré la caducité de l'autorisation d'ouverture de l'établissement scolaire hors contrat dénommé " Ecole Balthazar " et l'a considéré comme fermé ;
2°) de condamner l'Etat à lui verser une indemnité de 10 000 euros en réparation du préjudice qu'elle estime avoir subi en raison des conséquences dommageables de cette décision de la rectrice.
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision en litige n'est pas suffisamment motivée ;
- la décision du 3 novembre 2020 ne mentionne pas les voies et délais de recours ;
- la procédure prévue à l'article L. 442-2 du code de l'éducation a été méconnue dès lors qu'aucune mise en demeure n'a été adressée à l'école, ni aux parents d'élèves ;
- la directrice n'a pas eu la possibilité de faire valoir ses explications, n'a pas eu connaissance du délai dans lequel elle pouvait agir et des sanctions auxquelles elle s'exposait ;
- en exigeant de déposer un nouveau dossier d'ouverture, la rectrice l'a privée d'aboutir car elle ne réunit pas les conditions exigées par les nouvelles dispositions législatives ;
- la rectrice ne pouvait tenir compte de ce que l'école était fermée le jour de l'inspection inopinée dès lors qu'il s'agissait d'une fermeture exceptionnelle du bâtiment, que la rentrée avait été repoussée de quelques jours et organisée en distanciel du fait de circonstances exceptionnelles et que les établissements privés hors contrat sont libres dans le choix des méthodes et des programmes ;
- la décision est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors que cinq élèves étaient inscrits à la rentrée 2020 et que deux élèves étaient inscrits au moment de la visite.
- la décision a engendré un préjudice qui doit être indemnisé, l'activité a été interrompue, des travaux ont été réalisés pour l'accueil des élèves.
Par un mémoire en production de pièces adressé le 16 janvier 2023, l'Association Balthazar a transmis au tribunal une lettre datée du 4 mai 2021 envoyée par la rectrice de l'académie de Bordeaux à Mme A, directrice de l'école Balthazar, lui indiquant qu'après réexamen de sa situation, l'établissement était régulièrement ouvert.
Le 17 janvier 2023, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le tribunal était susceptible, dans l'affaire citée en référence, de relever d'office le moyen tiré de l'irrecevabilité des conclusions indemnitaires soulevées par l'Association Balthazar, en l'absence de demande préalable adressée à l'administration.
La requérante a répondu à ce moyen d'ordre public par courrier du 19 janvier 2023.
Par un mémoire en défense enregistré le 27 janvier 2023, la rectrice de l'académie de Bordeaux conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable dès lors que Mme A ne justifie pas de sa qualité pour représenter l'association Balthazar en justice ;
- les conclusions indemnitaires sont, à titre principal, irrecevables en l'absence de demande préalable et, à titre subsidiaire, non fondées en l'absence de préjudice avéré et justifié présentant un lien de causalité direct et certain avec une faute de l'administration susceptible d'engager sa responsabilité ;
- les autres moyens ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'éducation ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Fazi-Leblanc, première conseillère ;
- les conclusions de M. Willem, rapporteur public ;
- et les observations de Me Paris, représentant l'Association Balthazar.
Considérant ce qui suit :
1. L'association Balthazar, a été créé le 23 mars 2018 et régulièrement enregistrée par la sous-préfecture de Langon le 4 avril 2018 avec pour objectif la " création d'une école bienveillante à la pédagogie Montessori, afin d'aider les enfants du monde qui ne réussissent pas à s'adapter aux écoles traditionnelles ou qui sont en échec ". A cette fin, elle a procédé le 27 mars 2018, par sa représentante Mme A, à une déclaration d'intention d'ouverture d'une école primaire à Ruch sous le statut d'établissement privé hors contrat régi par les articles L. 441-1 et suivants du code de l'éducation, dénommée l'école Balthazar, qui a ouvert à la rentrée 2018 à défaut d'opposition des autorités compétentes à cette déclaration préalable et dont Mme A est la directrice. A la suite de l'inspection inopinée de l'école, le 28 septembre 2020 par une inspectrice de l'Education nationale, la rectrice de l'académie de Bordeaux a informé Mme A que l'autorisation d'ouverture était devenue caduque et l'école considérée comme fermée. La directrice de l'école Balthazar a répondu le 10 novembre puis le 17 décembre 2020 à la rectrice d'académie qui a rejeté ce recours gracieux par courrier du 11 février 2021. Par la présente requête, l'association Balthazar doit être regardée comme demandant l'annulation de la décision du 3 novembre 2020 et l'indemnisation du préjudice que cette décision lui a causé.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Il ressort des pièces du dossier que par décision du 4 mai 2021, après réexamen de la situation de l'école Balthazar, la rectrice d'académie a déclaré l'établissement " Ecole Balthazar " régulièrement ouvert. Par suite, l'association requérante doit être regardée comme ayant obtenu satisfaction et, dans les circonstances de l'espèce, ses conclusions à fin d'annulation ont perdu leur objet. En conséquence, il n'y a plus lieu d'y statuer.
Sur les conclusions à fin d'indemnisation :
3. Aux termes de l'article R. 421 1 du code de justice administrative : " () Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle ". Il résulte de ces dispositions, qu'en l'absence d'une décision de l'administration rejetant une demande formée devant elle par le requérant ou pour son compte, une requête tendant au versement d'une somme d'argent est irrecevable. En revanche, les termes du second alinéa de l'article R. 421-1 du code de justice administrative n'impliquent pas que la condition de recevabilité de la requête tenant à l'existence d'une décision de l'administration s'apprécie à la date de son introduction. Cette condition doit être regardée comme remplie si, à la date à laquelle le juge statue, l'administration a pris une décision, expresse ou implicite, sur une demande formée devant elle.
4. L'association Balthazar n'a pas adressé à la rectrice de l'Académie de Bordeaux de demande tendant à l'obtention d'une somme d'argent en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subi du fait de la déclaration de fermeture de l'école Balthazar. Ainsi, au jour du présent jugement, aucune décision prise par l'administration rejetant la demande indemnitaire de la requérante n'est intervenue. Par suite, les conclusions de l'association Balthazar tendant à la condamnation de l'Etat à lui verser la somme de 10 000 euros sont irrecevables.
Sur les conclusions relatives aux frais d'instance :
5. Dans les circonstances de l'espèce et sans qu'il soit besoin de statuer sur la recevabilité de la requête, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre des frais exposés par l'association Balthazar et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation de la requête présentée par l'association Balthazar.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à l'association Balthazar et au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.
Copie en sera adressée à la rectrice de l'académie de Bordeaux.
Délibéré après l'audience du 23 février 2023, à laquelle siégeaient :
M. Ferrari, président,
Mme C et Mme B, premières conseillères,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 mars 2023.
La rapporteure,
S. B
Le président,
D. FERRARILe greffier en chef,
A. BOUAZIZ
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026