mardi 21 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2101969 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | GRELLETY EMILIE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires, enregistrés le 20 avril 2021 et les 11 mars et 30 mai 2022, Mme B A C, représentée par Me Grellety, avocat, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 4 février 2021 par laquelle la Commission nationale d'agrément et de contrôle du Conseil national des activités privées de sécurité a rejeté le recours administratif préalable obligatoire qu'elle a formé contre la décision du 16 octobre 2020 de la commission locale d'agrément et de contrôle Sud-Ouest rejetant sa demande de délivrance d'une autorisation préalable en vue d'accéder à une formation relative à l'exercice d'une activité privée de sécurité ;
2°) de lui délivrer l'autorisation préalable sollicitée ;
3°) de mettre à la charge du Conseil national des activités privées de sécurité une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les agents de la commission nationale d'agrément et de contrôle ne justifient pas de leur habilitation pour consulter le fichier des traitements automatisés de données à caractère personnel ;
- la décision est entachée d'une erreur d'appréciation ; le bulletin n°2 de son casier judiciaire a été effacé ; ces condamnations sont anciennes et elle n'a plus été condamnée depuis ; son comportement s'est amendé, comme l'illustrent les différents témoignages des membres de sa famille ; elle est privée d'une chance de trouver un emploi.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 31 janvier et 21 avril 2022, le Conseil national des activités privées de sécurité conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- l'agent chargé de l'instruction du dossier de la requérante et qui a réalisé l'enquête administrative disposait bien d'une habilitation spéciale pour consulter les informations du traitement d'antécédents judiciaires ;
- la décision n'est pas entachée d'une erreur d'appréciation au regard de la gravité et du caractère répété des faits commis.
Par ordonnance du 31 mai 2022 la clôture d'instruction a été fixée au 1er juillet 2022 à 12 heures.
Les parties ont été informées le 27 janvier 2023, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité du moyen tiré du vice de procédure, vice de légalité externe, qui n'est pas d'ordre public, soulevé postérieurement au délai de deux mois suivant l'enregistrement de la requête, en application de la jurisprudence CE, 20 février 1953, Intercopie, n°9772.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de procédure pénale ;
- le code de la sécurité intérieure ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Ballanger, rapporteure,
- les conclusions de Mme Champenois, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par une délibération du 21 décembre 2020, la commission locale d'agrément et de contrôle Sud-Ouest a rejeté la demande formée par Mme B A C tendant à la délivrance d'une autorisation préalable en vue d'accéder à une formation relative à l'exercice d'une activité privée de sécurité. Par une décision du 4 février 2021, dont Mme A C demande l'annulation, la Commission nationale d'agrément et de contrôle du Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) a rejeté son recours préalable formé contre cette décision et confirmé le refus de sa demande.
Sur les conclusions en annulation :
2. Aux termes de l'article L. 612-22 du code de la sécurité intérieure dans sa version applicable au litige : " L'accès à une formation en vue d'acquérir l'aptitude professionnelle est soumis à la délivrance d'une autorisation préalable, fondée sur le respect des conditions fixées aux 1°, 2° et 3° de l'article L. 612-20. ". L'article L. 612-20 du même code dispose que : " Nul ne peut être employé ou affecté pour participer à une activité mentionnée à l'article L. 611-1 : () 2° S'il résulte de l'enquête administrative, ayant le cas échéant donné lieu à consultation, par des agents du Conseil national des activités privées de sécurité spécialement habilités par le représentant de l'Etat territorialement compétent et individuellement désignés, des traitements de données à caractère personnel gérés par les services de police et de gendarmerie nationales relevant des dispositions de l'article 31 de la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, à l'exception des fichiers d'identification, que son comportement ou ses agissements sont contraires à l'honneur, à la probité, aux bonnes mœurs ou sont de nature à porter atteinte à la sécurité des personnes ou des biens, à la sécurité publique ou à la sûreté de l'Etat et sont incompatibles avec l'exercice des fonctions susmentionnées () ".
3. Aux termes de l'article R. 40-29 du code de procédure pénale : " I. - Dans le cadre des enquêtes prévues à l'article 17-1 de la loi n° 95-73 du 21 janvier 1995, aux articles L. 114-1, L. 114-2, L. 211-11-1, L. 234-1 et L. 234-2 du code de la sécurité intérieure et à l'article L. 4123-9-1 du code de la défense, les données à caractère personnel figurant dans le traitement qui se rapportent à des procédures judiciaires en cours ou closes, à l'exception des cas où sont intervenues des mesures ou décisions de classement sans suite, de non-lieu, de relaxe ou d'acquittement devenues définitives, ainsi que des données relatives aux victimes, peuvent être consultées, sans autorisation du ministère public, par : () 5° Les personnels investis de missions de police administrative individuellement désignés et spécialement habilités par le représentant de l'Etat. () Lorsque la consultation révèle que l'identité de la personne concernée a été enregistrée dans le traitement en tant que mise en cause, l'enquête administrative ne peut aboutir à un avis ou une décision défavorables sans la saisine préalable, pour complément d'information, des services de la police nationale ou des unités de la gendarmerie nationale compétents et, aux fins de demandes d'information sur les suites judiciaires, du ou des procureurs de la République compétents. Le procureur de la République adresse aux autorités gestionnaires du traitement un relevé des suites judiciaires devant figurer dans le traitement d'antécédents judiciaires et relatif à la personne concernée. Il indique à l'autorité de police administrative à l'origine de la demande si ces données sont accessibles en application de l'article 230-8 du présent code. () ".
4. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que l'unique moyen de légalité externe soulevé par Mme A C, tiré du vice de procédure dont serait entaché la décision attaquée, a été invoqué pour la première fois dans un mémoire complémentaire enregistré le 30 mai 2022, soit plus de deux mois après l'expiration du délai de recours contentieux qui a commencé à courir le 15 mars 2021, date de notification de la décision attaquée. Par suite, le moyen tiré du vice de procédure qui se rattache à une cause juridique distincte des moyens de légalité interne soulevés dans la requête et qui n'est pas d'ordre public, est irrecevable et doit, dès lors, être écarté.
5. En second lieu, il résulte des dispositions précitées que lorsqu'elle est saisie d'une demande de délivrance d'une carte professionnelle pour l'exercice de la profession d'agent privé de sécurité, l'autorité administrative compétente procède à une enquête administrative. Cette enquête, qui peut notamment donner lieu à la consultation du traitement automatisé de données à caractère personnel mentionné à l'article R. 40-23 du code de procédure pénale, vise à déterminer si le comportement ou les agissements de l'intéressé sont contraires à l'honneur, à la probité, aux bonnes mœurs ou sont de nature à porter atteinte à la sécurité des personnes ou des biens, à la sécurité publique ou à la sûreté de l'Etat, et s'ils sont ou non compatibles avec l'exercice des fonctions d'agent privé de sécurité. Pour ce faire, l'autorité administrative procède, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, à une appréciation globale de l'ensemble des éléments dont elle dispose. En outre, il lui appartient d'apprécier si les actes commis par le demandeur sont compatibles avec l'exercice de la profession, alors même que les agissements en cause n'auraient pas donné lieu à une condamnation inscrite au bulletin n° 2 du casier judiciaire, qu'ils auraient été effacés du système de traitement des antécédents judiciaires ou qu'ils auraient fait l'objet d'un classement sans suite, si leur matérialité est établie.
6. Pour refuser la délivrance de l'autorisation préalable sollicitée par Mme A C, la commission nationale d'agrément et de contrôle du CNAPS a relevé que l'intéressée avait fait l'objet d'une condamnation le 22 mai 2015 à cent heures de travaux d'intérêt général pour des faits de dégradation ou de détérioration du bien d'autrui, une condamnation le 16 avril 2013 à 150 euros d'amende pour des faits de port d'arme prohibé d'arme de catégorie 6, qu'elle avait fait l'objet d'un rappel à la loi le 31 octobre 2014 pour des faits de recel de biens provenant d'un vol ainsi que d'une amende de composition pénale le 4 septembre 2013 pour des faits d'outrage à personne dépositaire de l'autorité publique. La circonstance que les deux premières condamnations aient été effacées du bulletin n°2 de son casier judiciaire est sans incidence sur la matérialité des faits qui n'est par ailleurs pas contestée par la requérante. Si par une ordonnance du 24 mars 2022 la Cour d'appel de Bordeaux, qui a refusé d'effacer du fichier de traitement d'antécédents judiciaires le maintien de douze mentions en qualité d'auteur de Mme A C, a ordonné que la consultation de ces données à des fins administratives soit prohibée, il est constant qu'à la date de la décision attaquée, le CNAPS avait accès à de telles informations. Dans ces conditions, au regard de la nature et de la pluralité des faits reprochés, et malgré leur caractère relativement ancien, la commission nationale d'agrément et de contrôle a pu, sans commettre d'erreur d'appréciation, estimer que les agissements de Mme A C étaient contraires à la probité et qu'ils étaient de nature à révéler un comportement transgressif ainsi qu'une incapacité à se soumettre aux injonctions de l'autorité judiciaire, incompatible avec l'exercice de la profession envisagée et l'objectif poursuivi par le législateur de procéder à une moralisation de ce secteur d'activité. Par suite, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation doit être écarté.
7. Il résulte de ce qui précède que Mme A C n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision attaquée. Par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A C et au Conseil national des activités privées de sécurité.
Délibéré après l'audience du 6 mars 2023 à laquelle siégeaient :
- Mme Molina-Andréo, première conseillère faisant fonction de présidente,
- Mme de Gélas, première conseillère,
- Mme Ballanger, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 mars 2023.
La rapporteure,
M. D
La première conseillère,
faisant fonction de présidente,
B. MOLINA-ANDRÉO La greffière,
C. LALITTE
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
la greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026