mercredi 24 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2102118 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL HMS ATLANTIQUE AVOCATS |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête enregistrée le 28 avril 2021 sous le n° 2102118 M. et Mme K et L I, représentés par Me Vignot, demandent au tribunal d'annuler l'arrêté du 30 avril 2018 par lequel le maire de Lège-Cap-Ferret a délivré à M. D E un permis de construire portant sur l'extension, la surélévation et la reprise intégrale des façades d'une maison implantée sur la parcelle cadastrée section LN n° 106 située 13 avenue de la Conche.
Ils soutiennent que :
- l'arrêté contesté est entaché d'un vice de forme, en méconnaissance des dispositions de l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme, dès lors que M. E n'était pas propriétaire du terrain d'assiette ; rien ne justifie qu'il ait été transféré à la société Conche 13 ;
- il méconnaît les dispositions du 2 de l'article 10 du règlement de la zone UBo du plan local d'urbanisme de Lège-Cap-Ferret relatives à la hauteur des constructions ;
- il méconnaît les dispositions des articles R. 111-27 et R. 111-28 du code de l'urbanisme dès lors que le projet, par sa hauteur, ne s'intègre pas dans son environnement ;
- la requête est recevable.
Par un mémoire en défense enregistré le 9 décembre 2021, la société par actions simplifiées La Conche 13, représentée par Me Bernadou, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge des requérants la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable à raison du défaut d'intérêt pour agir des requérants ;
- aucun des moyens qu'elle contient n'est fondé.
Par un mémoire en défense enregistré le 4 janvier 2022, la commune de Lège-Cap-Ferret, représentée par le cabinet Cazcarra et Jeanneau Avocats, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge des requérants la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable à raison du défaut d'intérêt pour agir des requérants ;
- aucun des moyens qu'elle contient n'est fondé.
Par une ordonnance du 5 janvier 2022, la clôture de l'instruction a été fixée en dernier lieu au 14 février 2022.
II. Par une requête enregistrée le 30 avril 2021 sous le n° 2102184, et un mémoire enregistré le 9 février 2022, qui n'a pas été communiqué, M. et Mme B et F G, M. et Mme M et J Guérin et MM. et Mmes H, Marie-France, Martin et Marie A, représentés par Me Vignot, demandent au tribunal d'annuler l'arrêté du 30 avril 2018 par lequel le maire de Lège-Cap-Ferret a délivré à M. D E un permis de construire portant sur l'extension, la surélévation et la reprise intégrale des façades d'une maison implantée sur la parcelle cadastrée section LN n° 106 située 13 avenue de la Conche.
Ils soutiennent que :
- l'arrêté contesté est entaché d'un vice de forme, en méconnaissance des dispositions de l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme, dès lors que M. E n'était pas propriétaire du terrain d'assiette ; rien ne justifie qu'il ait été transféré à la société Conche 13 ;
- il méconnaît les dispositions du 2 de l'article 10 du règlement de la zone UBo du plan local d'urbanisme de Lège-Cap-Ferret relatives à la hauteur des constructions ;
- il méconnaît les dispositions des articles R. 111-27 et R. 111-28 du code de l'urbanisme dès lors que le projet, par sa hauteur, ne s'intègre pas dans son environnement ;
- la requête est recevable.
Par un mémoire en défense enregistré le 9 décembre 2021, la société Conche 13, représentée par Me Bernadou, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge des requérants la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable à raison du défaut d'intérêt pour agir des requérants ;
- aucun des moyens qu'elle contient n'est fondé.
Par un mémoire en défense enregistré le 25 janvier 2022, la commune de Lège-Cap-Ferret, représentée par le cabinet Cazcarra et Jeanneau Avocats, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge des requérants la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable à raison du défaut d'intérêt pour agir des requérants ;
- aucun des moyens qu'elle contient n'est fondé.
Par une ordonnance du 26 janvier 2022, la clôture de l'instruction a été fixée en dernier lieu au 1er mars 2022.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Josserand,
- les conclusions de M. Vaquero, rapporteur public,
- les observations de Me Jeanneau, représentant la commune de Lège-Cap-Ferret,
- et les observations de Me Franceries, substituant Me Bernadou, représentant la société La Conche 13.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme I d'une part, M. et Mme G, M. et Mme Guérin et MM. et Mmes A d'autre part, demandent au tribunal d'annuler l'arrêté du 30 avril 2018 par lequel le maire de Lège-Cap-Ferret a délivré à M. E un permis de construire portant sur l'extension, la surélévation et la reprise intégrale des façades d'une maison implantée sur la parcelle cadastrée section LN n° 106 située 13 avenue de la Conche.
2. Les requêtes nos 2102184 et 2102118 sont dirigées contre la même autorisation de construire et ont donné lieu à une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour y statuer par un même jugement.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. En premier lieu, aux termes de l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme : " Les demandes de permis de construire, d'aménager ou de démolir et les déclarations préalables sont adressées par pli recommandé avec demande d'avis de réception ou déposées à la mairie de la commune dans laquelle les travaux sont envisagés : / a) Soit par le ou les propriétaires du ou des terrains, leur mandataire ou par une ou plusieurs personnes attestant être autorisées par eux à exécuter les travaux ; () ".
4. L'autorité administrative saisie d'une demande de permis de construire peut relever les inexactitudes entachant les éléments du dossier de demande relatifs au terrain d'assiette du projet, notamment sa surface ou l'emplacement de ses limites séparatives, et, de façon plus générale, relatifs à l'environnement du projet de construction, pour apprécier si ce dernier respecte les règles d'urbanisme qui s'imposent à lui. En revanche, le permis de construire n'ayant d'autre objet que d'autoriser la construction conforme aux plans et indications fournis par le pétitionnaire, elle n'a à vérifier ni l'exactitude des déclarations du demandeur relatives à la consistance du projet à moins qu'elles ne soient contredites par les autres éléments du dossier joint à la demande tels que limitativement définis par les articles R. 431-4 et suivants du code de l'urbanisme, ni l'intention du demandeur de les respecter, sauf en présence d'éléments établissant l'existence d'une fraude à la date à laquelle l'administration se prononce sur la demande d'autorisation.
5. Il ressort des pièces du dossier, et notamment du formulaire " Cerfa " de demande de permis de construire, que M. D E a attesté avoir qualité pour demander l'autorisation en litige. Il ne ressort pas des pièces du dossier que l'autorité administrative disposait d'un quelconque élément de nature à établir que les informations ainsi déclarées auraient été erronées, ni que le dossier serait au demeurant entaché d'une quelconque fraude. Par ailleurs, la circonstance que le permis de construire ait été transféré à la société La Conche 13 par un arrêté du 28 janvier 2021 est sans incidence sur sa légalité dès lors que postérieure à l'édiction de ce permis. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme doit être écarté.
6. En deuxième lieu, les requérants ne peuvent utilement se prévaloir des dispositions de l'article 10 du plan local d'urbanisme qui, ainsi qu'ils le relèvent eux-mêmes, n'étaient pas applicables à la date de l'édiction de l'arrêté en litige.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales ". Il résulte de ces dispositions que si la construction projetée porte atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains, ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales, l'autorité administrative compétente doit refuser de délivrer l'autorisation d'urbanisme sollicitée ou l'assortir de prescriptions spéciales. Pour rechercher l'existence d'une atteinte à un paysage naturel ou urbain de nature à fonder le refus d'une autorisation d'urbanisme ou les prescriptions spéciales accompagnant sa délivrance, il lui appartient d'apprécier, dans un premier temps, la qualité du site naturel ou urbain sur lequel la construction est projetée et d'évaluer, dans un second temps, l'impact que cette construction, compte tenu de sa nature et de ses effets, pourrait avoir sur le site.
8. Il ressort des pièces du dossier que le projet est entouré de maisons individuelles de plain-pied ou en R+1 mais d'apparence hétérogène dès lors que, outre quelques maisons de style basque, le quartier est composé principalement de maisons de style arcachonnais enduites de ton blanc et couvertes de tuiles ainsi que de maisons bardées de bois et semblables aux cabanes ostréicoles du village des pêcheurs situé une centaine de mètres au Nord. Il ressort également des pièces du dossier que le projet porte, d'une part, sur l'extension et la surélévation de la maison existante pour porter sa hauteur à 7,32 mètres, et d'autre part sur la reprise de ses façades par leur habillage en bardage en pin dans le style des cabanes du Cap-Ferret. Dans ces conditions, le projet apparaît s'insérer harmonieusement dans son environnement et c'est sans erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme que le maire a estimé que le projet ne porte pas atteinte au caractère et à l'intérêt des lieux avoisinants.
9. En quatrième et dernier lieu, aux termes de l'article R. 111-28 du même code : " Dans les secteurs déjà partiellement bâtis, présentant une unité d'aspect et non compris dans des programmes de rénovation, l'autorisation de construire à une hauteur supérieure à la hauteur moyenne des constructions avoisinantes peut être refusée ou subordonnée à des prescriptions particulières ".
10. Pour les motifs énoncés au point 7, et dès lors que le quartier ne présente pas d'unité d'aspect, notamment en ce qui concerne la hauteur des bâtiments, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le maire aurait commis une erreur manifeste d'appréciation au regard de ces dispositions.
11. Il résulte de ces dispositions, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les fins de non-recevoir opposées en défense, que les conclusions à fin d'annulation des requêtes doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
12. En application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, il y a lieu, d'une part, de mettre à la charge des consorts G, Guérin et A une somme globale de 800 euros au titre des frais d'instance exposés par la commune de Lège-Cap-Ferret et une somme de 800 au titre des frais d'instance exposés par la société La Conche 13, et d'autre part de mettre à la charge des consorts I la somme de 800 euros au titre des frais d'instance exposés par la commune de Lège-Cap-Ferret et une somme de 800 au titre des frais d'instance exposés par la société La Conche 13.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. G et autres ainsi que la requête de M. et Mme I sont rejetées.
Article 2 : M. et Mme I verseront à la commune de Lège-Cap-Ferret une somme de 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et à la société La Conche 13 une somme de 800 euros au même titre.
Article 3 : MM. et Mmes G, Guérin et A verseront à la commune de Lège-Cap-Ferret une somme globale de 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et à la société La Conche 13 une somme globale de 800 euros au même titre.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. G, désigné représentant unique en application de l'article R. 751-3 du code de justice administrative, à M. et Mme I, à la société La Conche 13, à M. C E et à la commune de Lège-Cap-Ferret.
Délibéré après l'audience du 10 mai 2023, à laquelle siégeaient :
M. Pouget, président,
M. Josserand, conseiller,
M. Frézet, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 mai 2023.
Le rapporteur,
L. JOSSERANDLe président,
L. POUGET
La greffière,
M-A PRADAL
La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Nos 2102118, 2102184
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026