mercredi 5 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2102493 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | FRANCESCHINI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 19 mai 2021 et le 20 décembre 2021, ce dernier n'ayant pas été communiqué, la société par actions simplifiées Nenistan Archi, représentée par Me Franceschini, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 22 mars 2021 par lequel le maire de Bruges a refusé de lui délivrer pour M. C B un permis de construire portant sur l'édification d'un ensemble de 19 logements après démolition d'une maison individuelle sur la parcelle cadastrée section BI n° 24 située 3-5 allée du Bocage ;
2°) d'enjoindre à cette autorité de lui délivrer ce permis de construire à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard
3) de mettre à la charge de la commune de Bruges la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté est entaché d'une erreur de droit à défaut de zone de gels des droits à construire dans le secteur " Gassie " ;
- il méconnaît les dispositions de la continuité écologique C3004 qui n'interdit pas l'abattage des lauriers et coudriers non remarquables et dont la croissance est envahissante, ni la taille de haies mal entretenues, l'eucalyptus et le liquidambar étant suffisamment éloignés des travaux ;
- il méconnaît les dispositions des articles 1.4.1.2 et 1.4.1.3 du règlement de la zone UM8 dès lors que le projet prévoit un nombre suffisant de places de stationnement ;
- il méconnaît les dispositions de l'article 2.4.1 du même règlement dès lors que le projet s'intègre dans le paysage urbain environnant ;
- il méconnaît les dispositions de l'article 1.3.4.3 du même règlement dès lors que la cote du rez-de-chaussée et la cote de la rampe du sous-sol sont situées chacune 35 cm au-dessus de la cote de fil d'eau, qu'une murette assure la conservation des eaux de ruissellement à l'intérieur de l'unité foncière, et qu'une structure réservoir se situe 0,85 m en dessous du rez-de-chaussée ;
- il méconnaît les dispositions de l'article 3.3.2.1 du même règlement dès lors qu'elle justifie d'un rapport hydrogéologique qui déconseille l'infiltration des eaux pluviales sur la parcelle et propose une solution compensatoire ; l'avis de Bordeaux Métropole est incohérent.
Par un mémoire en défense enregistré le 27 septembre 2021, la commune de Bruges, représentée par son maire en exercice, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la requérante la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par une ordonnance du 28 septembre 2021, la clôture de l'instruction a été fixée au 28 décembre 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Josserand,
- les conclusions de M. Vaquero, rapporteur public,
- les observations de Me Franceschini, représentant la société Nenistan Archi,
- et les observations de Mme A, représentant la commune de Bruges.
Une note en délibéré produite pour la société Nenistan Archi a été enregistrée le 23 juin 2023.
Considérant ce qui suit :
1. La société Nenistan Archi demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 22 mars 2021 par lequel le maire de Bruges a refusé de lui délivrer pour M. C B un permis de construire portant sur l'édification d'un ensemble de 19 logements après démolition d'une maison individuelle sur la parcelle cadastrée section BI n° 24 située 3-5 allée du Bocage
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 421-6 du code de l'urbanisme : " Le permis de construire () ne peut être accordé que si les travaux projetés sont conformes aux dispositions législatives et réglementaires relatives à l'utilisation des sols, à l'implantation, la destination, la nature, l'architecture, les dimensions, l'assainissement des constructions et à l'aménagement de leurs abords () ".
3. Il ressort des termes de l'arrêté attaqué que, pour refuser la délivrance du permis de construire sollicité par la société Nenistan Archi, le maire de Bruges a estimé que le projet méconnaît les dispositions de la délibération du conseil communal du 29 juin 2016 instaurant un " périmètre de maîtrise du développement urbain ".
4. Toutefois, cette délibération se borne à faire état d'orientations qui ne se sont pas traduites par l'instauration d'un périmètre de gel des constructions dans le plan local d'urbanisme de Bordeaux Métropole, seule compétente pour imposer une telle servitude d'urbanisme. Par suite, dès lors que cette " directive " n'est pas au nombre des règles d'urbanisme applicables à la demande en litige en vertu de l'article L. 421-6 du code de l'urbanisme, le maire de Bruges, en se fondant sur ce premier motif, a entaché sa décision d'une erreur de droit.
5. En deuxième lieu, la continuité paysagère C3004 " De la Tour de Gassies au Pinsan ", qui couvre notamment le terrain d'assiette du projet, dispose : " Prescriptions concernant l'ensemble du périmètre défini : () - Conserver les haies vives existantes, sauf pour raison phytosanitaire ou de sécurité. / - En l'absence de projet paysager dûment explicité, le projet doit justifier la préservation de la végétation existante. / - En cas de présence d'arbres remarquables, ceux-ci devront être préservés () ".
6. Tout d'abord, contrairement à ce que soutient la commune, il ressort des pièces du dossier, et notamment des photographies figurant au dossier, que la partie centrale de la limite séparative Ouest du terrain d'assiette n'est pas plantée d'une haie, mais seulement d'un sycomore dont l'abattage est prévu. Il ressort également des pièces du dossier que l'emprise du bâtiment projeté ne sera pas située dans celle des houppiers du liquidambar et de l'eucalyptus, et la commune ne démontre ni que la largeur de ces houppiers telle que représentée sur les plans de masse serait erronée, ni que les travaux impliqueront nécessairement qu'il soit porté atteinte à leur système racinaire. Ensuite, il ressort des pièces du dossier, et notamment de la notice d'insertion, que le terrain d'assiette abrite sur les limites séparatives Nord, Sud et Sud-Ouest une " dense et très haute haie de conifères en limite sur rue " et que " les haies existantes seront taillées mais à une hauteur conséquente assurant la privacité des jardins et des rues ". Ainsi, il ne ressort aucunement des pièces du dossier que les haies ne seront pas conservées, la commune n'établissant notamment pas que les haies ne survivront pas à la taille envisagée, laquelle n'est pas prohibée par la continuité paysagère C3004. Enfin, il ressort des pièces du dossier, et notamment du plan d'état des lieux des plantations et du plan de masse du projet, qu'il prévoit la conservation d'un if, d'un eucalyptus, d'un laurier et d'un liquidambar, l'abattage de deux coudriers, de deux laurier, d'arbustes et d'un sycomore malade, et la plantation de 10 frênes excelsior et de 8 cerisiers à fleur. Il ressort des pièces du dossier qu'aucun des arbres ainsi abattus n'est remarquable et que le projet a pour effet de préserver la végétation existante, le projet paysager est très explicité et ne prévoyant l'abattage que d'arbres d'une hauteur inférieure à 3 mètres. Dans ces conditions, la société requérante est fondée à soutenir que le maire a fait une inexacte application des dispositions de la continuité paysagère C3004.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article 2.4.1. du règlement de la zone UM8 relatif à l'aspect extérieur des constructions : " La situation des constructions, leur architecture, leurs dimensions et leur aspect extérieur doivent être adaptés au caractère et à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales ". Il résulte de ces dispositions que si la construction projetée porte atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains, ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales, l'autorité administrative compétente doit refuser de délivrer l'autorisation d'urbanisme sollicitée ou l'assortir de prescriptions spéciales. Pour rechercher l'existence d'une atteinte à un paysage naturel ou urbain de nature à fonder le refus d'une autorisation d'urbanisme ou les prescriptions spéciales accompagnant sa délivrance, il lui appartient d'apprécier, dans un premier temps, la qualité du site naturel ou urbain sur lequel la construction est projetée et d'évaluer, dans un second temps, l'impact que cette construction, compte tenu de sa nature et de ses effets, pourrait avoir sur le site.
8. Il ressort des pièces du dossier que le projet s'implante dans la zone UM8 du plan local d'urbanisme, caractérisée par des " tissus à dominante de grands ensembles et tissus mixtes ", constituée d'ensembles immobiliers de logement modernes principalement en R+2 ou R+3 et de maisons individuelles de style hétérogène. Il ressort également des pièces du dossier que le projet porte sur l'édification d'un ensemble immobilier de 19 logements en R+3 de ton blanc, le dernier niveau étant en retrait et bardé de bois. Compte-tenu de ces éléments, de l'esthétique du projet et de son aménagement paysager, il n'apparaît pas porter atteinte à son environnement. Par suite, la société pétitionnaire est fondée à soutenir que le maire a fait une inexacte application des dispositions citées au point précédent en estimant que le projet n'est pas de nature à constituer un ensemble bâti de qualité susceptible de s'inscrire harmonieusement dans les lieux environnants.
9. En quatrième lieu, aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ". En vertu de ces dispositions, lorsqu'un projet d'aménagement est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique, le permis ne peut être refusé que si l'autorité compétente estime, sous le contrôle du juge, qu'il n'est pas légalement possible, au vu du dossier et de l'instruction de la demande de permis, d'accorder le permis en l'assortissant de prescriptions spéciales qui, sans apporter au projet de modification substantielle nécessitant la présentation d'une nouvelle demande, permettraient d'assurer la conformité de la construction aux dispositions législatives et réglementaires dont l'administration est chargée d'assurer le respect.
10. Aux termes de l'article 1.4.1.2 relatif aux modalités de calcul des places de stationnement des véhicules motorisés du règlement de la zone UM8 : " Règle générale : / Le calcul du nombre de places de stationnement est réalisé au regard des destinations et des normes indiquées au " 1.4.1.3 Normes de stationnement ". () Lors du calcul du nombre de places de stationnement réglementairement exigé, il convient d'arrondir celui-ci au nombre entier supérieur dès que la décimale est supérieure à 5 ". L'article 1.4.1.3 du même règlement dispose que les locaux à destination d'habitation situés en secteur 5 doivent comprendre une place pour 50 m² de surface de plancher et entre une et deux places par logement ;
11. Il ressort des pièces du dossier que la surface de plancher du projet est de 1 323 m² à destination d'habitation, répartis en 19 logements, ce qui implique l'aménagement de 26 places de stationnement au minimum, pour un maximum de 38 places. Il ressort également des pièces du dossier que le projet prévoit l'aménagement de 27 places de stationnement en sous-sol et de trois places en surface. Dans ces conditions, la société requérante est fondée à soutenir que le nombre de places de stationnement prévu était suffisant. En outre, il ne ressort aucunement des pièces du dossier que, eu égard à l'importance de la construction envisagée, le nombre de place prévu, de même que la configuration des lieux et des accès, présenterait un quelconque risque. Par suite, le maire de Bruges ne pouvait sans erreur manifeste d'appréciation refuser le projet au motif qu'il serait de nature à engendrer des dysfonctionnements sur la voirie et un report des stationnements sur le domaine public, en méconnaissance des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme.
12. En cinquième lieu, aux termes de l'article 1.3.4.3 du règlement de la zone UM8 relatif à la protection des constructions contre le ruissellement des eaux pluviales : " À l'exception des constructions à usage agricole dans le cas de constructions neuves comme d'extension, le projet devra préciser comment sont gérées les eaux de ruissellement de surface. La cote des accès du rez-de-chaussée ou de la dalle finie devra être au minimum à 15 cm au-dessus : / - de la cote fil d'eau du caniveau (ou assimilé) pour les bâtiments implantés à l'alignement ; / - du terrain aménagé ou des points bas du terrain situés à proximité pour les bâtiments implantés en recul, en second rang ou au-delà. / Pour les parties de bâtiment enterrées ou semi enterrées, les rampes d'accès aux parkings souterrains, le point haut de l'accès sera au minimum à 15 cm au-dessus de la cote fil d'eau du caniveau (ou assimilé) ou à 15 cm au-dessus du terrain aménagé ou des points bas du terrain situés à proximité. En cas d'impossibilité d'application des règles ci-dessus, il appartiendra au pétitionnaire de proposer une solution de gestion des eaux pluviales et d'en démontrer la viabilité et la pérennité ".
13. Contrairement à ce qu'a estimé le maire, ces dispositions n'interdisent nullement les terrains en pente sur lesquels les eaux pluviales sont susceptibles de ruisseler. En outre, il ressort des pièces du dossier que la cote de fil d'eau du caniveau est située au centre de l'allée du bocage, à une hauteur de 35 centimètres sous la cote du rez-de-chaussée. Dans ces conditions, la société requérante est fondée à soutenir que le maire de Bruges a fait une inexacte application des dispositions de l'article 1.3.4.3 du règlement de la zone UM8.
14. En sixième lieu, aux termes de l'article 3.3.2.1 relatif aux généralités concernant les eaux pluviales : " Tout terrain doit être aménagé avec des dispositifs permettant l'évacuation qualitative et quantitative des eaux pluviales. Ils doivent être adaptés à la topographie, à la nature du sous-sol et aux caractéristiques des constructions. / Sous réserve des autorisations réglementaires éventuellement nécessaires, les eaux pluviales doivent préférentiellement rejoindre directement le milieu naturel (par infiltration dans le sol ou rejet direct dans les eaux superficielles). / À défaut, les eaux pluviales peuvent être rejetées gravitairement, suivant le cas, et par ordre de préférence, au caniveau, au fossé, dans un collecteur d'eaux pluviales ou un collecteur unitaire si la voie en est pourvue. / Dans tous les cas, l'utilisation d'un système de pompage est proscrite à l'exception des pompes de reprise des rampes d'accès aux parkings souterrains. / Pour les constructions nouvelles et les extensions, dès lors que la surface imperméabilisée projetée est supérieure à 100 m², le projet présentera obligatoirement la solution retenue pour la gestion des eaux pluviales. Dans le cas d'un rejet final au caniveau, au fossé, dans un collecteur d'eaux pluviales ou un collecteur unitaire si la voie en est pourvue, le débit rejeté est plafonné à 3 l/s/ha. / D'un point de vue qualitatif, les caractéristiques des eaux pluviales doivent être compatibles avec le milieu récepteur. La mise en place d'ouvrages de prétraitement de type dégrilleurs, dessableurs ou déshuileurs peut être imposée pour certains usages autres que domestiques. Les techniques à mettre en œuvre doivent être conformes aux règles de l'art et à la réglementation en vigueur. / Les branchements au réseau collectif d'assainissement des eaux pluviales, dès lors qu'il existe, doivent être effectués conformément à la réglementation en vigueur ".
15. D'une part, il ressort des termes de l'arrêté attaqué que, se fondant sur un avis de Bordeaux Métropole du 15 mars 2021, le maire de Bruges a estimé que la société pétitionnaire ne justifiait pas de l'impossibilité d'infiltrer les eaux sur le terrain. Toutefois, il ressort des pièces du dossier, et notamment du plan des eaux pluviales et de l'étude hydrogéologique produite par la société requérante, réalisée sur la base de trois sondages de reconnaissance des sols, que le projet est implanté sur un " sol très peu perméable " et que " compte tenu des caractéristiques des sols rencontrées, l'infiltration des eaux pluviales à la parcelle est déconseillée. Celles-ci seront stockées puis restituées au réseau à l'aide d'un ouvrage de régulation ", qui sera dimensionné pour réguler un épisode pluvieux décennal, consistant en un bassin de rétention d'un volume utile de 32,16 m3 équipé d'un orifice d'un diamètre de 30 mm. Il précise que " La réalisation de cet ouvrage limitera l'impact de l'aménagement sur le réseau aval qui ne devrait subir aucune perturbation, le rejet étant régulé au débit naturel du terrain ". En outre, il ressort de la carte de synthèse de l'aptitude à l'infiltration qu'elle figure le terrain d'assiette en zone orange dans laquelle " l'infiltration est a priori possible mais présence de certaines contraintes ". La commune ne produit aucun élément de nature à établir que le terrain d'assiette permettrait l'infiltration des eaux pluviales in situ. Dans ces conditions, la pétitionnaire a suffisamment justifié de son projet prévoyant un rejet gravitaire des eaux pluviales, l'infiltration dans le milieu naturel n'étant que préférentielle mais pas obligatoire.
16. D'autre part, il ressort des termes de l'arrêté attaqué, se fondant sur le même avis, que le maire a également estimé que, le réseau public d'eaux pluviales le plus proche se situant à 20 mètres du terrain d'assiette et à une profondeur de 0,83 mètre, il n'était pas possible d'aménager une extension du réseau selon une pente suffisante pour permettre une circulation gravitaire des eaux pluviales. Tout d'abord, si la société requérante soutient qu'une pente de 1 % le long de l'allée du bocage est suffisante pour permettre une circulation gravitaire des eaux, elle ne l'établit pas. Ensuite, si elle se prévaut d'un certificat d'urbanisme informatif faisant état de ce que la parcelle est située en zone d'assainissement collectif, ce certificat n'indique pas qu'elle serait connectée à un réseau d'eaux pluviales. Enfin, si elle soutient que Bordeaux Métropole est tenue de faire droit à la demande de réalisation des travaux de raccordement dès lors que le projet est situé dans une zone desservie par le réseau de distribution, il ressort cependant des pièces du dossier que le terrain d'assiette est seulement implanté dans une zone d'assainissement collectif dans laquelle cet établissement public doit assurer la collecte des eaux usées mais n'est pas tenu d'assurer celle des eaux pluviales. Dans ces conditions, il ressort des pièces du dossier que le terrain n'est pas desservi par un réseau de collecte des eaux pluviales. Par suite, le maire de Bruges pouvait légalement estimer que le projet ne permet pas l'évacuation des eaux pluviales conformément aux dispositions de l'article 3.3.2.1 du règlement de la zone UM8. Il résulte de l'instruction que le maire de Bruges aurait pris la même décision en se fondant sur ce seul motif, lequel suffit à justifier légalement cette décision.
17. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête aux fins d'annulation et d'injonction doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
18. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".
19. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Bruges, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la société requérante demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Par ailleurs, la commune de Bruges ne justifie pas avoir exposé de quelconques frais en application de ces dispositions, à l'application desquelles elle ne peut prétendre.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société Nenistan Archi est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Bruges sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société Nenistan Archi et à la commune de Bruges.
Délibéré après l'audience du 21 juin 2023, à laquelle siégeaient :
M. Pouget, président,
M. Josserand, conseiller,
M. Frézet, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 juillet 2023.
Le rapporteur,
L. JOSSERAND Le président,
L. POUGET
La greffière,
M-A PRADAL
La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026