jeudi 30 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2102562 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | BISIAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 21 mai 2021, M. A B, représenté par Me Bisiau, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 22 mars 2021 par laquelle l'inspecteur du travail a autorisé son licenciement ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat et de la SELARL Bally MJ, liquidateur de la société GH Team Bordeaux, la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- cette décision est insuffisamment motivée ;
- l'inspecteur du travail n'a pas vérifié la régularité de la procédure ;
- il a commis une erreur manifeste d'appréciation en estimant que son contrat de travail n'était pas transférable à la société Aviapartner ;
- il a commis une erreur d'appréciation en estimant que l'entreprise avait satisfait à son obligation de reclassement.
Par un mémoire en défense enregistré le 16 août 2021, la SELARL Bally MJ, agissant en qualité de liquidateur de la société GH Team Bordeaux, représentée par Me Grisoni, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 1 000 euros soit mise à la charge de M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que cette requête n'est pas fondée.
Par un mémoire en défense enregistré le 25 octobre 2021, le directeur régional de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités conclut au rejet de la requête.
Il soutient que cette requête n'est pas fondée.
Par ordonnance du 27 octobre 2021, la clôture de l'instruction a été fixée au
27 novembre 2021.
Un mémoire, présenté pour la SELARL Bally MJ, enregistré le 8 mars 2023, postérieurement à cette date, n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme D,
- les conclusions de M. Willem, rapporteur public,
- et les observations de Me Bisiau, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B a été recruté le 3 avril 2016 par la société GH Team Bordeaux, qui exerçait une activité d'assistance d'escale au niveau de l'aéroport de Mérignac. Il occupait en dernier lieu les fonctions de superviseur piste. Ancien délégué syndical de la CGT, il était candidat aux fonctions de membre du comité social économique dont l'élection s'est tenue aux mois d'octobre et novembre 2020. Cette élection a été annulée par jugement du tribunal judiciaire de Bordeaux du 14 janvier 2021, qui a ordonné la tenue de nouvelles élections. L'entreprise a été placée en liquidation judiciaire par jugement du 27 janvier 2021 du tribunal de commerce de Bobigny. M. B bénéficiant de la protection de l'article L. 2411-1 du code du travail en raison de sa qualité d'ancien délégué syndical et de sa candidature aux fonctions de membre du comité social économique, la SELARL Bally MJ, agissant en qualité de liquidateur, a sollicité l'autorisation de procéder à son licenciement économique. M. B demande au tribunal d'annuler la décision du 22 mars 2021 par laquelle l'inspecteur du travail a accordé cette autorisation.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 1235-15 du code du travail: " Est irrégulière toute procédure de licenciement pour motif économique dans une entreprise où le comité social et économique n'a pas été mis en place alors qu'elle est assujettie à cette obligation et qu'aucun procès-verbal de carence n'a été établi. () ".
3. Il ressort des pièces du dossier que les élections au comité social et économique n'ont pas été réorganisées après leur annulation malgré l'injonction adressée à cette fin par le tribunal judiciaire de Bordeaux dans son jugement du 14 janvier 2021. Si la circonstance que la liquidation judiciaire de l'entreprise prononcée par jugement du tribunal judiciaire de Bobigny 13 jours plus tard était de nature à justifier l'impossibilité matérielle de procéder à ces élections, il est toutefois constant qu'aucun procès-verbal constatant cette impossibilité n'a été dressé et adressé à l'autorité administrative. Il en résulte que la procédure de licenciement de M. B est entachée d'irrégularité au regard des dispositions de l'article L. 1235-15 du code du travail, qui sont constitutives d'une garantie pour tout salarié faisant l'objet d'un licenciement économique, la SELARL Bally MJ ne pouvant utilement se prévaloir de la consultation, lors de la réunion qui s'est tenue le 2 février 2021, du représentant des salariés désigné sur le fondement de l'article L.641-1 du code de commerce dès lors que ce dernier dispose d'attributions limitées aux seuls actes relatifs à la procédure collective ouverte à l'égard de l'entreprise et prévus par le code de commerce, et ne saurait être regardé comme une instance représentative du personnel au sens du code du travail. Il s'ensuit que la décision par laquelle l'inspecteur du travail a autorisé le licenciement économique de M. B doit être annulée, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête
Sur les frais liés au litige :
4. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. B, qui n'est pas la partie perdante, la somme demandée par la SELARL Bally MJ au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la SELARL Bally MJ et de l'Etat la somme globale de 1 500 euros à verser à M. B à ce titre.
DECIDE :
Article 1er : La décision du 22 mars 2021 est annulée.
Article 2 : La SELARL Bally MJ et l'Etat verseront à M. B la somme globale de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à la SELARL Bally MJ et au ministre du travail.
Délibéré après l'audience du 9 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Ferrari, président,
Mme D et Mme C, premières conseillères.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 mars 2023.
La rapporteure,
E. D
Le président,
D. FERRARI La greffière,
E. SOURIS
La République mande et ordonne au ministre du travail, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Rouen — N° TA76-2602914
Le tribunal administratif de Rouen, statuant en urgence, a rejeté les demandes de M. A... B..., ressortissant tunisien, visant à l’annulation d’un arrêté préfectoral du 8 mai 2026 l’obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec interdiction de retour de deux ans, et d’un arrêté du 12 mai 2026 l’assignant à résidence. Le juge a estimé que les moyens soulevés, tirés notamment de l’incompétence de l’auteur de l’acte, du défaut de motivation, de la méconnaissance des articles 8 de la Convention européenne des droits de l’homme et 3-1 de la Convention internationale des droits de l’enfant, n’étaient pas fondés. La solution retenue confirme la légalité des décisions contestées, en application des dispositions du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Rouen — N° TA76-2602912
Le Tribunal administratif de Rouen, statuant en urgence, a rejeté la requête de M. B... contre l'arrêté préfectoral du 5 mai 2026 lui interdisant le retour sur le territoire français pour un an. Le tribunal a jugé que la décision était suffisamment motivée et ne révélait pas de défaut d'examen particulier de sa situation. Il a estimé que l'interdiction de retour, fondée sur les articles L. 612-7 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ne méconnaissait pas l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et n'était pas entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Rouen — N° TA76-2602898
Le Tribunal administratif de Rouen, statuant en référé, a rejeté la demande de M. C... visant à suspendre l'arrêté préfectoral du 23 février 2026 suspendant son permis de conduire pour six mois, ainsi que le refus d'aménagement par un éthylotest antidémarrage. Le juge a estimé qu'aucun des moyens soulevés (incompétence, défaut de motivation, erreur d'appréciation, méconnaissance de l'article R. 224-6 du code de la route) n'était de nature à créer un doute sérieux sur la légalité des décisions. La condition d'urgence n'a pas été examinée. La requête a été rejetée sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Rouen — N° TA76-2602803
Le Tribunal Administratif de Rouen, statuant en urgence, était saisi par M. B... d’un recours en excès de pouvoir contre des arrêtés du 6 mai 2026 du préfet de la Seine-Maritime portant obligation de quitter le territoire français, interdiction de retour et assignation à résidence. Le préfet a toutefois retiré ces arrêtés par un arrêté du 22 mai 2026, rendant la requête sans objet. En conséquence, le tribunal a constaté qu’il n’y avait plus lieu de statuer sur les conclusions principales de M. B.... Il a néanmoins admis l’intéressé au bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire et a rejeté sa demande de frais de justice, faute de justificatifs.
01/06/2026