mercredi 20 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2102629 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | CASANOVA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 28 mai 2021, et un mémoire complémentaire, enregistré le 1er février 2022, la SARL Quartier d'affaires, représentée par Me Casanova, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 4 janvier 2021 par lequel le maire de la commune de Bordeaux a refusé de lui délivrer un permis de construire modificatif, ensemble la décision du 16 mars 2021 par laquelle il a rejeté son recours gracieux contre cet arrêté ;
2°) d'enjoindre au maire de la commune de Bordeaux de lui délivrer un permis de construire modificatif dans un délai de deux mois à compter de la notification de la décision à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Bordeaux la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- alors que l'arrêté en litige rejette une demande de permis de construire modificatif qui, s'agissant du hangar situé sur le terrain en litige, ne comporte pas de modification par rapport à une précédente demande, rejetée par un arrêté du 2 octobre 2020, il est motivé par des considérations de fait distinctes de celles exposées dans les motifs de ce précédent arrêté ; il ne respecte pas l'obligation de motivation intégrale, qui aurait dû être appliquée dès l'arrêté du 2 octobre 2020, et méconnaît par suite l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme ;
- il remet en cause la réalisation de travaux définitivement autorisés par le permis de construire initial délivré le 29 avril 2019, portant sur le réaménagement intérieur du hangar pour y créer trois nouveaux logements, et s'assimile par suite à un retrait illégal de l'autorisation donnée pour ces travaux ;
- elle est entachée d'erreur de fait dès lors que le réaménagement du hangar n'implique pas de construction nouvelle, la structure porteuse de ce hangar ayant été conservée et remployée pour réaliser les aménagements ;
- la commune de Bordeaux n'est pas fondée à soutenir que les aménagements réalisés procèdent d'une modification du projet autorisé par le permis initial.
Par un mémoire en défense enregistré le 8 juillet 2021, la commune de Bordeaux conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par la SARL Quartier d'affaires ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 28 octobre 2022, la clôture d'instruction a été reportée au 18 novembre 2022 à 12 h.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Pinturault,
- les conclusions de M. Josserand, rapporteur public,
- et les observations de Me Kociemba, représentant la SARL Quartier d'affaires, et de Mme A, représentant la commune de Bordeaux.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 29 avril 2019, le maire de Bordeaux a délivré à la SARL Quartier d'affaires un permis de construire en vue de réaliser des travaux de réhabilitation de plusieurs bâtiments existants à usage d'habitation et hangar, situés sur un terrain se trouvant dans cette commune au n° 244, rue de Bègles, sur les parcelles cadastrées section CO n°s126 et 127, incluses dans la zone UP1 du plan local d'urbanisme (PLU) de la communauté urbaine de Bordeaux métropole. Les travaux autorisés comportent notamment la création de logements, dont trois à aménager dans l'ancien hangar qui se trouve sur la parcelle n° 127. Au vu de constatations effectuées les 17 décembre 2019 et 9 janvier 2020, un procès-verbal d'infraction a été dressé et transmis au procureur de la République le 12 mars 2020 en raison de travaux réalisés non conformément au permis initial tenant à la démolition de la façade arrière d'une partie de l'immeuble, sa reconstruction et l'abattage d'un arbre devant être conservé. Le 10 juin 2020, la Sarl Quartier d'affaires a sollicité la délivrance d'un premier permis de construire modificatif qui a été rejeté le 2 octobre 2020. Le 3 juillet 2020, un nouveau procès-verbal d'infraction a été dressé en raison, notamment, de la réalisation de travaux non autorisés sur le hangar situé dans la parcelle n° 127, ayant consisté, pour partie, en la suppression de la couverture en bac acier et des bardages métalliques périphériques. Le 29 octobre suivant, la SARL Quartier d'affaires a déposé une nouvelle demande de permis de construire modificatif (PCM). Par un arrêté du 4 janvier 2021, le maire de Bordeaux a refusé de délivrer le PCM demandé au motif pris que la réhabilitation de l'ancien garage constituait une reconstruction non conforme au règlement d'urbanisme, qui prohibe la construction de toute emprise nouvelle sur les terrains jusqu'alors libres d'emprise. La SARL Quartier d'affaires sollicite l'annulation de cette décision et celle portant rejet de son recours gracieux.
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme : " Lorsque la décision rejette la demande ou s'oppose à la déclaration préalable, elle doit être motivée. / Cette motivation doit indiquer l'intégralité des motifs justifiant la décision de rejet ou d'opposition, notamment l'ensemble des absences de conformité des travaux aux dispositions législatives et réglementaires mentionnées à l'article L. 421-6 () ".
3. Il ne résulte pas de ces dispositions, éclairées par leurs travaux préparatoires, qu'elles feraient par elles-mêmes obstacle au pouvoir du maire d'opposer, à la suite d'un premier refus de permis de construire reposant sur un motif entaché d'illégalité, un nouveau motif de nature à justifier légalement un tel refus/. Il suit de là que le moyen tiré de ce que le maire de la commune de Bordeaux ne pouvait, à l'occasion de l'examen de la demande de permis de construire modificatif, opposer au projet des motifs qu'il n'avait pas évoqués dans la décision par laquelle il avait rejeté la précédente demande, manque en droit.
4. En deuxième lieu, la société requérante soutient qu'en rejetant la demande de permis de construire modificatif, le maire de la commune de Bordeaux a entendu, après expiration du délai de retrait, revenir sur les droits qu'il avait consentis en délivrant le permis de construire initial.
5. Toutefois, si la décision attaquée énumère les travaux déjà autorisés par le permis initial, elle ne les remet pas en cause. Il ressort, en effet, de la motivation de la décision de refus que le maire de la commune de Bordeaux a considéré que ces travaux pris ensemble avec les travaux faisant l'objet de la demande de permis de construire modificatif et ceux non déclarés qu'il a constatés dans le cadre des procès-verbaux d'infraction étaient constitutifs d'une construction nouvelle. Par suite, le moyen tiré de ce que le maire de Bordeaux aurait, en prenant l'arrêté en litige, illégalement retiré les droits à construire qu'il avait accordés dans le permis de construire initial, lequel pouvait toujours être exécuté, doit être écarté.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article 2.2.1. du règlement de la zone UP1 du plan local d'urbanisme de Bordeaux métropole : " Les emprises 100, 50 et 0 figurant ci-dessous sont portées aux plans au 1/1000° dits " ville de pierre " / · " Emprise 0 " : / Aucune emprise bâtie nouvelle n'est autorisée () ".
7. Il ressort des pièces du dossier que les travaux entrepris dans le hangar situé sur la parcelle n° 127, tels qu'ils ont été autorisés dans le permis de construire initial, consistaient à réhabiliter ce bâtiment, pour y aménager des logements, en conservant non seulement sa structure, constituée d'une charpente métallique, mais aussi son bardage et sa toiture, composés de tôles en bac-acier, à l'exception d'une partie de la toiture dont l'enlèvement était prévu pour aménager des terrasses " tropéziennes ". Or, il ressort des pièces du dossier que les travaux qui ont été réalisés, tels qu'ils ont été constatés pendant leur exécution dans le procès-verbal du 3 juillet 2020, mais aussi tels qu'ils sont décrits dans la demande de permis de construire modificatif déposée par la société requérante, consistent à enlever, en totalité, la toiture et le bardage préexistants, et à les remplacer par de nouveaux, constitués de nouvelles plaques de bac-acier appliquées sur des murs en ciment nouvellement édifiés. Ainsi, les travaux en litige impliquent la disparition complète des façades et de la toiture initiales du hangar, et leur remplacement par de nouveaux éléments de construction. A l'exception des poutres en métal, le bâtiment initial est donc intégralement modifié. Il suit de là que c'est à bon droit, que le maire de la commune de Bordeaux a considéré que ces travaux consistent en une construction nouvelle, laquelle est irrégulière dès lors que cet édifice est construit dans une zone où la création de toute nouvelle emprise est interdite.
8. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de la SARL Quartier d'affaires ne peut qu'être rejetée, y compris les conclusions qu'elle forme aux fins d'injonction et celles qu'elle présente sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SARL Quartier d'affaires est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SARL Quartier d'affaires et au maire de la commune de Bordeaux.
Délibéré après l'audience du 6 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Cabanne, présidente,
M. Pinturault, premier conseiller,
M. Frézet, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 septembre 2023.
Le rapporteur,
M. PINTURAULT
La présidente,
C. CABANNE
La greffière,
M.-A. PRADAL
La République mande et ordonne au préfet de la Gironde, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2102629
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026