mercredi 4 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2102948 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL CABINET COUDRAY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, un mémoire et des pièces complémentaires, enregistrés les 14 et 30 juin 2021 et le 1er juillet 2021, l'association " Collectif pour une rénovation douce de Gradignan notre ville " et l'association " Gradignan la ZAC autrement " demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 29 avril 2021 par lequel le maire de la commune de Gradignan a délivré un permis de démolir à la société publique locale La Fabrique Bordeaux Métropole pour la démolition de l'ancienne maison de retraite " La Clairière ".
2°) de mettre à la charge de la commune de Gradignan la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de la condamner aux entiers dépens.
Elles soutiennent que :
- la demande de permis de démolir a été déposée par une autorité incompétente ;
- l'avis de La Fabrique de Bordeaux Métropole est illégal ;
- le permis de démolir méconnait les prescriptions issues de l'étude d'impact environnementale.
Par un mémoire en défense et des pièces complémentaires, enregistrés le 1er juillet 2021 et le 17 janvier 2023, ces dernières n'ayant pas été communiquées, la commune de Gradignan, représentée par Me Laveissière, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 4 000 euros soit mise à la charge des associations requérantes au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable à défaut d'intérêt pour agir ;
- aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 juin 2021, la société publique locale La Fabrique de Bordeaux Métropole, représentée par Me Coudray, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 500 euros soit mise solidairement à la charge de l'association " Collectif pour une rénovation douce de Gradignan notre ville " et de l'association " Gradignan la ZAC autrement " au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable à défaut d'intérêt pour agir ;
- aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Par une lettre du 9 août 2021, les associations requérantes ont déclaré maintenir leur requête.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- l'ordonnance n° 2102988 du 9 juillet 2021 par laquelle le juge des référés du tribunal administratif de Bordeaux a rejeté la demande de suspension présentée par les associations requérantes.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Frézet,
- les conclusions de M. Josserand, rapporteur public,
- les observations de Me Laveissière, représentant la commune de Gradignan,
- et les observations de Me Chatel, représentant la société publique locale La Fabrique de Bordeaux Métropole.
Considérant ce qui suit :
1. Le 9 avril 2021, la société publique locale (SPL) La fabrique de Bordeaux Métropole a déposé une demande de permis de démolir pour la démolition de l'ancienne maison de retraite " La Clairière ", sur un terrain cadastré section CH n° 364 situé 2 - 6 avenue Charles et Emile Lestage, à Gradignan. Par un arrêté du 29 avril 2021, dont l'association " Collectif pour une rénovation douce de Gradignan notre ville " et l'association " Gradignan la ZAC autrement " demandent l'annulation, le maire de Gradignan a délivré le permis de démolir sollicité, sous réserve du respect de certaines prescriptions.
Sur les conclusions en annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme : " Les demandes de permis de construire, d'aménager ou de démolir et les déclarations préalables sont adressées par pli recommandé avec demande d'avis de réception ou déposées à la mairie de la commune dans laquelle les travaux sont envisagés : () / c) Soit par une personne ayant qualité pour bénéficier de l'expropriation pour cause d'utilité publique. ".
3. Il résulte de ces dispositions que les demandes de permis de démolir doivent seulement comporter l'attestation du pétitionnaire qu'il remplit les conditions définies à l'article R. 423-1 cité ci-dessus. Les autorisations d'utilisation du sol, qui ont pour seul objet de s'assurer de la conformité des travaux qu'elles autorisent avec la législation et la réglementation d'urbanisme, étant accordées sous réserve du droit des tiers, il n'appartient pas à l'autorité compétente de vérifier, dans le cadre de l'instruction d'une demande de permis, la validité de l'attestation établie par le demandeur. Ainsi, sous réserve de la fraude, le pétitionnaire qui fournit l'attestation prévue à l'article R. 423-1 du code doit être regardé comme ayant qualité pour présenter sa demande. Lorsque l'autorité saisie d'une demande de permis de démolir vient à disposer, au moment où elle statue, sans avoir à procéder à une mesure d'instruction lui permettant de les recueillir, d'informations de nature à établir son caractère frauduleux, il lui revient de refuser la demande de permis pour ce motif.
4. La SPL La Fabrique de Bordeaux Métropole a attesté, dans le formulaire de demande de permis de démolir, être habilitée à déposer cette demande. Il ne ressort pas des pièces du dossier qu'en remplissant cette attestation, la pétitionnaire se serait livrée à des manœuvres frauduleuses que l'autorité compétente pour délivrer le permis de construire ne pouvait ignorer au moment de statuer sur la demande. En tout état de cause, la préfète de la Gironde a déclaré d'utilité publique, au profit de la SPL La Fabrique de Bordeaux Métropole, les travaux de réalisation de la Zone d'Aménagement Concerté (ZAC) " Centre-Ville " sur le territoire de la commune de Gradignan. La déclaration d'utilité publique dont la société a ainsi bénéficié et dans le périmètre de laquelle se situe le terrain d'assiette du projet suffisait à lui donner qualité, au titre du c) de l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme, pour présenter sa demande. Le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la demande de permis de démolir doit donc être écarté.
5. En deuxième lieu, les requérants critiquent l'avis favorable émis le 9 avril 2021 par la SPL La Fabrique de Bordeaux Métropole. Mais d'une part, il ne résulte d'aucune disposition ni d'aucun principe que cet avis doive faire l'objet d'une motivation particulière et ainsi reprendre les prescriptions de l'étude d'impact réalisée dans le cadre de l'élaboration du dossier de la déclaration d'utilité publique de la ZAC Gradignan " Centre-Ville ". D'autre part, la circonstance que la SPL La Fabrique de Bordeaux Métropole soit à la fois pétitionnaire et par ailleurs aménageur n'est pas de nature à caractériser une méconnaissance des règles relatives aux conflits d'intérêts ni à méconnaitre le principe, à le supposer opérant, selon lequel " nul ne peut être juge et parti ". En tout état de cause, il ne ressort pas des pièces du dossier que cet avis, qui était facultatif, a eu une influence sur le sens de la décision prise alors qu'il rappelait expressément à l'autorité décisionnaire cette double qualité. Par suite, le moyen tiré de l'irrégularité de l'avis de la SPL La Fabrique de Bordeaux Métropole doit être écarté.
6. En troisième lieu, les associations requérantes ne démontrent pas en quoi la démolition projetée serait de nature à méconnaitre les prescriptions de l'étude d'impact environnementale réalisée dans le cadre de la constitution du dossier de déclaration d'utilité publique. En outre, il ressort de l'arrêté du 1er février 2021 portant déclaration d'utilité publique des travaux de réalisation de la ZAC " Centre-Ville " à Gradignan que le maître d'ouvrage propose un certain nombre de mesures pour éviter, réduire ou compenser les effets négatifs notables du projet sur l'environnement ou la santé humaine, lesquelles s'imposent en vertu des articles L. 122-2 du code de l'expropriation pour cause d'utilité publique et L. 122-1-1 du code de l'environnement, et dont il n'est pas allégué qu'elles seraient insuffisantes. Par suite, les associations requérantes ne sont pas fondées à soutenir que le permis de démolir méconnaitrait les prescriptions environnementales.
7. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, que les conclusions aux fins d'annulation de l'arrêté du 29 avril 2021 doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
8. D'une part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Gradignan, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que les associations requérantes demandent au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens. En revanche il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge des associations requérantes une somme globale de 800 euros au titre des frais d'instance exposés par la commune de Gradignan et une somme globale de 800 au titre des frais d'instance exposés par la SPL La Fabrique de Bordeaux Métropole.
9. D'autre part, aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. / L'Etat peut être condamné aux dépens. ".
10. La présente instance n'a donné lieu à aucun dépens. Par suite, les conclusions présentées par l'association " Collectif pour une rénovation douce de Gradignan notre ville " et l'association " Gradignan la ZAC autrement " tendant à ce que le paiement des entiers dépens soit mis à la charge de la commune doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de l'association " Collectif pour une rénovation douce de Gradignan notre ville " et de l'association " Gradignan la ZAC autrement " est rejetée.
Article 2 : L'association " Collectif pour une rénovation douce de Gradignan notre ville " et l'association " Gradignan la ZAC autrement ", prises ensemble, verseront à la commune de Gradignan une somme de 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et à la société publique locale La Fabrique de Bordeaux Métropole une somme de 800 euros au même titre.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à l'association " Collectif pour une rénovation douce de Gradignan notre ville ", à l'association " Gradignan la ZAC autrement ", à la société publique locale La Fabrique de Bordeaux Métropole et à la commune de Gradignan.
Délibéré après l'audience du 20 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Cabanne, présidente,
M. Pinturault, premier conseiller,
M. Frézet, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 octobre 2023.
Le rapporteur,
C. FREZET
La présidente,
C. CABANNE La greffière,
M.-A. PRADAL
La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026