LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2102969

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2102969

jeudi 1 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2102969
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation4ème chambre
Avocat requérantBALTAZAR

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 11 juin 2021 et 15 mars 2022, M. B D, représenté par Me Marie-Christine Balthazar, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 2 février 2021 par lequel le président du département de la Gironde l'a suspendu de ses fonctions, ensemble le rejet implicite de son recours gracieux ;

2°) d'enjoindre au président du département de la Gironde de lui verser les primes et indemnités composant son régime indemnitaire du 2 février au 26 avril 2021 ;

3°) de mettre à la charge du département de la Gironde une somme de 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- le signataire de l'arrêté en litige n'est pas compétent en l'absence de délégation de signature ;

- le conseil de discipline n'a pas été saisi consécutivement à la mesure de suspension prise à son encontre ;

- le département de la Gironde a méconnu la présomption d'innocence ;

- les faits d'emprunt et de mise en location du matériel appartement au département qui lui sont reprochés ne sont ni vraisemblables, ni établis ;

- l'absence de justification de frais de déplacement, qui n'est pas mentionnée par l'arrêté en litige, n'est pas davantage susceptible de fonder la mesure en litige.

- il ne peut lui être fait grief de ne pas avoir suffisamment développé les procédures de contrôle interne dès lors que ses appréciations sont bonnes.

Par un mémoire en défense enregistré le 16 mai 2022, le département de la Gironde conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.

Par ordonnance du 17 mai 2022, la clôture d'instruction a été fixée, en dernier lieu, au 19 juillet 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;

- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Bongrain,

- les conclusions de M. Naud, rapporteur public,

- les observations de Me Lagarde et de M. D,

- et celles de Mme C, représentant le département de la Gironde.

Une note en délibéré présentée par le département de la Gironde a été enregistrée le 17 mai 2023.

Considérant ce qui suit :

1. M. B D a été recruté en 2013 par le département de la Gironde en qualité de chef du pôle d'atelier de maintenance de proximité d'Arlac (Gironde). Par un arrêté du 2 février 2021, dont M. D demande l'annulation, le président du département de la Gironde l'a suspendu de ses fonctions.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que par un arrêté n°2018.846.ARR du 20 juin 2018, le président du département de la Gironde a donné délégation de signature à M. A E, directeur général adjoint des services départementaux chargé des ressources, à l'effet de signer toutes décisions relatives à la carrière des agents. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit être écarté comme manquant en fait.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article 30 de loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, alors en vigueur : " En cas de faute grave commise par un fonctionnaire, qu'il s'agisse d'un manquement à ses obligations professionnelles ou d'une infraction de droit commun, l'auteur de cette faute peut être suspendu par l'autorité ayant pouvoir disciplinaire qui saisit, sans délai, le conseil de discipline () Si, à l'expiration d'un délai de quatre mois, aucune décision n'a été prise par l'autorité ayant le pouvoir disciplinaire, le fonctionnaire qui ne fait pas l'objet de poursuites pénales est rétabli dans ses fonctions () ".

4. Il résulte des dispositions précitées qu'un délai de quatre mois est imparti à l'administration pour statuer sur le cas d'un fonctionnaire ayant fait l'objet d'une mesure de suspension. Si ces dispositions ont pour objet de limiter les effets dans le temps de cette mesure, aucun texte n'enferme dans un délai déterminé l'exercice de l'action disciplinaire ni ne fait obligation à l'autorité investie du pouvoir disciplinaire d'engager une procédure disciplinaire. Par suite, le moyen tiré de l'absence de saisine du conseil de discipline ne peut qu'être écarté.

5. En troisième lieu, l'arrêté attaqué n'ayant ni pour objet, ni pour effet de se prononcer sur la culpabilité de M. D, celui-ci ne peut utilement soutenir qu'il porte atteinte au principe de la présomption d'innocence.

6. En quatrième lieu, les dispositions de l'article 30 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires citées au point 3, trouvent à s'appliquer dès lors que les faits imputés à l'intéressé présentent un caractère suffisant de vraisemblance et de gravité.

7. Il ressort des écritures en défense que pour suspendre M. D, le département de la Gironde s'est fondé sur des suspicions de détournement de matériel technique à des fins personnelles et lucratives ainsi que sur des déclarations mensongères de frais de déplacement.

8. D'une part, s'agissant des déclarations de déplacement de M. D, le département de la Gironde lui reproche seulement de ne pouvoir justifier ses déplacements qu'au moyen de son agenda. Dans ces conditions, les faits de déclarations mensongères de frais de déplacement ne présentent pas un caractère suffisant de vraisemblance et de gravité pour justifier la mesure de suspension en litige.

9. D'autre part, s'agissant du détournement de matériel, il ressort des pièces du dossier qu'à la suite de plusieurs signalements d'agents, M. D a été reçu le 2 février 2021 par M. F, directeur du patrimoine afin de s'exprimer sur les faits qui lui sont reprochés. Au cours de cet entretien, M. D a confirmé exercer une activité non déclarée de location de matériel de bricolage par le biais d'un site de petites annonces en parallèle de son activité professionnelle. Il n'est pas contesté que l'ensemble des outils loués (scie circulaire sans fil, marteau perforateur, perforateur, ponceuse vibrante, meuleuse d'angle, scie sabre, scie sauteuse, découpeur ponceur multifonctions, malaxeur universel, scie à onglet, décolleuse à papier peint, girafe avec ou sans aspirateur, coupeuse manuelle, station de peinture à basse pression) sont identiques à ceux détenus par le département de la Gironde au sein de l'atelier de maintenance de proximité d'Arlac, dans lequel M. D exerce les fonctions de chef de pôle. Si lors de cet entretien M. D a indiqué être en mesure de produire l'ensemble des factures d'achats de ces outils, il n'en a produit aucune. Dans ces conditions, les faits de détournement de matériel présentaient un caractère suffisant de vraisemblance et de gravité à la date d'édiction de l'arrêté en litige. Enfin, il résulte de l'instruction que le président du département aurait pris la même décision s'il n'avait retenu que ce seul motif pour suspendre M. D.

10. En dernier lieu, contrairement à ce que soutient M. D, il ne ressort pas des pièces du dossier que le département de la Gironde se serait fondé sur l'insuffisance des procédures de contrôle interne pour édicter l'arrêté en litige. Par suite, ce moyen, inopérant, doit être écarté.

11. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fins d'annulation de l'arrêté du 2 février 2021 par lequel le président du département de la Gironde l'a suspendu de ses fonctions doivent être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

12. Le présent jugement qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par le requérant, n'appelle aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction ne peuvent être accueillies.

Sur les frais liés au litige :

13. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".

14. Les dispositions précitées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme demandée par M. D soit mise à la charge du département de la Gironde, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. D est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B D et au département de la Gironde.

Délibéré après l'audience du 16 mai 2023 à laquelle siégeaient :

Mme Munoz-Pauziès, présidente,

Mme Lahitte, conseillère,

M. Bongrain, conseiller,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er juin 2023.

Le rapporteur,

A. BONGRAIN

La présidente,

F. MUNOZ-PAUZIÈS La greffière,

C. SCHIANO

La République mande et ordonne au préfet de la Gironde, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions