mercredi 5 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2103284 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP CORNILLE - FOUCHET - MANETTI |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête enregistrée le 1er juillet 2021 sous le n° 2103284 et des mémoires enregistrés le 26 octobre 2021 et le 17 mai 2022, Mme G B, représentée par Me Pichon, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du maire de Lège-Cap-Ferret en date du 9 juin 2021 accordant un permis de construire modificatif à M. F, ayant pour objet la modification de la pente du toit d'une maison individuelle d'habitation située 30 rue des Mésanges, la modification des menuiseries et des ouvertures de cette maison, la suppression de fenêtres de toit et la pose d'un bardage en bois sur la surélévation ;
2°) de mettre une somme de 4 000 euros à la charge de la commune de Lège-Cap-Ferret au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle justifie d'un intérêt à agir ;
- il n'est pas justifié de la compétence de l'auteur de l'acte ;
- les travaux nécessitaient un permis de construire et non un simple permis modificatif puisqu'ils modifient l'économie générale du projet initial et consistent en une reconstruction ;
- le dossier ne comportait aucun plan de l'état initial du terrain en méconnaissance de l'article R. 431-7 du code de l'urbanisme ;
- il comportait des contradictions entre les plans et la notice en ce qui concerne la hauteur de la construction ; il existe également des contradictions sur les mentions relatives à la distance entre la limite séparative Est et la propriété litigieuse, sur la largeur de l'excroissance de la construction et sur l'auteur de la demande de permis ;
- la demande devait être déposée par un architecte ;
- le permis de construire méconnaît l'article UD 6 du règlement du plan local d'urbanisme ; dès lors qu'il s'agit de fait d'une reconstruction l'article UD 6.4 ne s'applique pas ;
- il méconnaît l'article UD 7 de ce plan ; l'étendue des démolitions a été dissimulé, ce qui révèle une fraude ; dès lors qu'il s'agit de fait d'une reconstruction les dispositions de l'article UD 7.4, au demeurant insuffisamment précises, ne sont pas applicables ; subsidiairement, à supposer que l'article UD 7.4 soit applicable il n'est pas respecté puisque moins de 190 cm séparent la façade du projet de la limite séparative ;
- le permis méconnaît encore l'article UD 9 du règlement plan.
Par des mémoires enregistrés le 20 octobre 2021 et le 29 mars 2022, M. D F, représenté par Me Cornille, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 5 000 euros soit mise à la charge de la requérante en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable faute pour les requérantes de justifier d'un réel intérêt à agir ;
- l'économie générale du projet n'est pas bouleversée et n'impliquait pas un nouveau permis initial ;
- aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par un mémoire enregistré le 16 juin 2022, la commune de Lège-Cap-Ferret, représentée par son maire en exercice et ayant pour avocat le cabinet Cazcarra Jeanneau, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 500 euros soit mise à la charge de la requérante en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable faute pour les requérantes de justifier d'un réel intérêt à agir ;
- l'économie générale du projet n'est pas bouleversée et n'impliquait pas un nouveau permis initial ;
- aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Les parties ont été informée par un courrier du 12 juin 2023 de ce que le tribunal était susceptible de faire application d'office des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme en ce qui concerne la régularisation de deux vices entachant l'acte attaqué.
M. F a répondu à ce moyen d'ordre public par un courrier du 16 juin 2023.
Les consorts B ont répondu à ce moyen d'ordre public par un courrier du 19 juin 2023.
II. Par une requête enregistrée le 30 juillet 2021 sous le n° 2103953 et des mémoires enregistrés le 26 octobre 2021 et le 17 mai 2022, Mme H B épouse A et Mme C E épouse B, représentées par Me Pichon, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du maire de Lège - Cap Ferret en date du 9 juin 2021 accordant un permis de construire modificatif à M. F, ayant pour objet la modification de la pente du toit d'une maison individuelle d'habitation située 30 rue des Mésanges, la modification des menuiseries et des ouvertures de cette maison, la suppression de fenêtres de toit et la pose d'un bardage en bois sur la surélévation ;
2°) de mettre une somme de 4 000 euros à la charge de la commune de Lège-Cap-Ferret au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles soutiennent que :
- elles justifient d'un intérêt à agir ;
- il n'est pas justifié de la compétence de l'auteur de l'acte ;
- les travaux nécessitaient un permis de construire et non un simple permis modificatif puisqu'ils modifient l'économie générale du projet initial et consistent en une reconstruction ;
- le dossier ne comportait aucun plan de l'état initial du terrain en méconnaissance de l'article R. 431-7 du code de l'urbanisme ;
- il comportait des contradictions entre les plans et la notice en ce qui concerne la hauteur de la construction ; il existe également des contradictions sur les mentions relatives à la distance entre la limite séparative Est et la propriété litigieuse, sur la largeur de l'excroissance de la construction et sur l'auteur de la demande de permis ;
- la demande devait être déposée par un architecte ;
- le permis de construire méconnaît l'article UD 6 règlement du plan local d'urbanisme ; dès lors qu'il s'agit de fait d'une reconstruction l'article UD 6.4 ne s'applique pas ;
- il méconnaît l'article UD 7 de ce plan ; l'étendue des démolitions a été dissimulé ce qui révèle une fraude ; dès lors qu'il s'agit de fait d'une reconstruction les dispositions de l'article UD 7.4, au demeurant insuffisamment précises, ne sont pas applicables ; subsidiairement, à supposer que l'article UD 7.4 soit applicable, il n'est pas respecté puisque moins de 190 cm séparent la façade du projet de la limite séparative ;
- le permis méconnaît encore l'article UD9 du règlement plan.
Par un mémoire enregistré le 9 juin 2022, M. D F, représenté par Me Cornille, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 5 000 euros soit mise à la charge des requérantes en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable faute pour les requérants de justifier d'un réel intérêt à agir ;
- l'économie générale du projet n'est pas bouleversée et n'impliquait pas un nouveau permis initial ;
- aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par un mémoire enregistré le 16 juin 2022, la commune de Lège-Cap-Ferret, représentée par son maire en exercice et ayant pour avocat le cabinet Cazcarra Jeanneau, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge des requérantes en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable faute pour les requérants de justifier d'un réel intérêt à agir ;
- l'économie générale du projet n'est pas bouleversée et n'impliquait pas un nouveau permis initial ;
- aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Les parties ont été informée par un courrier du 12 juin 2023 de ce que le tribunal était susceptible de faire application d'office des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme en ce qui concerne la régularisation de deux vices entachant l'acte attaqué.
M. F a répondu à ce moyen d'ordre public par un courrier du 16 juin 2023.
Les consorts B ont répondu à ce moyen d'ordre public par un courrier du 19 juin 2023.
Vu la décision attaquée et les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code forestier ;
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Pouget, président,
- les conclusions de M. Vaquero, rapporteur public.
- les observations de Me Migault, représentant les consorts B,
- les observations de Me Cazcarra, représentant la commune de Lège-Cap-Ferret,
- et les observations de Me Gournay, représentant M. F.
Des notes en délibéré ont été présentées le 22 juin dans les deux instances par M. F.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 15 février 2021, le maire de Lège - Cap Ferret a transféré à M. F, récent acquéreur d'une parcelle de terrain cadastrée section LH n° 30 située rue des Mésanges, le permis de construire qui avait été délivré le 7 janvier 2020 au précédent propriétaire pour la rénovation et la surélévation d'une maison d'habitation existante. Le 22 avril 2021, M. F a déposé une demande de permis modificatif, auquel le maire de Lège-Cap-Ferret a fait droit par un arrêté du 9 juin 2021. Par des requêtes enregistrées au greffe du tribunal respectivement sous le n° 2103284 et sous le n° 2103953, Mme G B d'une part, Mme H B épouse A et Mme C E épouse B d'autre part, propriétaires indivis d'une maison voisine du projet, demandent l'annulation de cet arrêté. Ces requêtes étant dirigées contre le même acte et ayant fait l'objet d'une instruction commune, il y a lieu d'y statuer par un même jugement.
Sur les fins de non-recevoir opposées aux requêtes :
2. Aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'État, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l'aménagement ou le projet autorisé sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation. / () ".
3. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie en principe d'un intérêt lui donnant qualité pour demander l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction.
4. Il ressort des pièces du dossier que les requérantes sont propriétaires indivis de la parcelle et de la maison d'habitation jouxtant sur son côté Ouest le projet, qui consiste notamment en une modification des caractéristiques de la surélévation envisagée de la construction existante et de ses ouvertures. Eu égard en particulier à la proximité des deux constructions et aux ouvertures créées sur le flanc Ouest du bâtiment faisant l'objet du projet, le permis de construire du 9 juin 2021 est de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation et de jouissance du bien détenu par les requérantes. Celles-ci justifient donc d'un intérêt à agir et les fins de non-recevoir opposées à cet égard par les défendeurs doivent être écartées.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
5. D'une part, aux termes de l'article R. 431-7 du code de l'urbanisme : " Sont joints à la demande de permis de construire : a) Un plan permettant de connaître la situation du terrain à l'intérieur de la commune ; b) Le projet architectural défini par l'article L. 431-2 et comprenant les pièces mentionnées aux articles R. 431-8 à R. 431-12. ". Et aux termes de l'article R. 431-9 du même code : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. Ce plan de masse fait apparaître les travaux extérieurs aux constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées et, le cas échéant, les constructions existantes dont le maintien est prévu. Il indique également, le cas échéant, les modalités selon lesquelles les bâtiments ou ouvrages seront raccordés aux réseaux publics ou, à défaut d'équipements publics, les équipements privés prévus, notamment pour l'alimentation en eau et l'assainissement () ".
6. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
7. Il ressort des pièces du dossier qu'il existe une différence de 4 cm entre la mesure de la distance séparant la construction de la limite séparative Ouest telle qu'elle figure dans le plan de masse du permis de construire contesté, dont il résulte qu'elle est de 190 cm, et la mesure de cette même distance figurant dans l'un des plans de coupe, en vertu duquel elle s'établit à 186 cm. Or, ainsi qu'il résulte de ce qui est dit aux points 5 et 6 ci-dessous, cette mesure n'est pas indifférente pour l'appréciation par le service instructeur de l'application de l'article UD 7.4 du règlement du plan local d'urbanisme. Par conséquent, cette incohérence du dossier de demande ayant été de nature à induire ce service en erreur, les requérantes sont fondées à soutenir que l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions précitées du code de l'urbanisme.
8. D'autre part, aux termes de l'article UD 7.1 du règlement du plan local d'urbanisme, pour les zones autres que UDa, UDd et UDt : " Les constructions doivent être implantés en ordre discontinu par rapport aux limites séparatives latérales, la distance de recul doit être au moins égale à 4 mètres. Toutefois, cette distance de recul doit être réduite à 2,5 mètres pour les terrains dans lesquels il n'est pas possible d'inscrire un cercle de 15 mètres de diamètre ". Selon l'article UD 7.4 de ce règlement relatif aux dispositions particulières : " Une implantation différente peut être envisagée pour l'extension ou la transformation de constructions existantes dont l'implantation ne correspond pas aux règles ci-dessus, dans le cas où le projet est justifié par sa nature, son implantation ou par la configuration du terrain, et à condition qu'il s'inscrive en totalité dans le prolongement du bâtiment existant et qu'il n'empiète pas dans la marge de recul observée par l'existant et dans la limite des dispositions de droit privé du code civil ". Et selon l'article 678 du code civil : " On ne peut avoir des vues droites ou fenêtres d'aspect, ni balcons ou autres semblables saillies sur l'héritage clos ou non clos de son voisin, s'il n'y a dix-neuf décimètres de distance entre le mur où on les pratique et ledit héritage ". Enfin, l'article 680 de ce code précise que " la distance dont il est parlé dans les deux articles précédents se compte depuis le parement extérieur du mur où l'ouverture se fait () jusqu'à la ligne de séparation des deux propriétés. ".
9. Le projet s'analyse en la transformation d'une construction existante et, en conséquence, le maire a pu légalement estimer que les travaux entrent dans le champ d'application des dispositions de l'article 7.4 du règlement plan local d'urbanisme dérogeant à celles de l'article 7.1. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que le projet contesté comporte notamment la création d'une fenêtre sur le décrochement en excroissance de la façade Ouest. Et, ainsi qu'il a été dit au point 4, il ressort du plan de coupe AA' du dossier de demande du permis de construire modificatif en litige que 186 cm séparent cette partie de façade Ouest de la limite séparative adjacente. Si le plan de masse indique pour sa part une distance de 190 cm, le pétitionnaire explique lui-même que cette distance est mesurée depuis le milieu du mur. Il peut s'en déduire que la mesure de 186 cm correspond à la distance depuis le pied du mur, ce que ne vient contredire aucune pièce versée aux débats par les défendeurs, telle qu'un constat d'huissier ou un rapport de géomètre. Or, il résulte des dispositions combinées de l'article UD 7.4 du règlement du plan local d'urbanisme et du code civil, auquel cet article renvoie, qu'une façade comportant une ouverture ne peut être implantée à moins de 190 cm d'une limite séparative, cette distance étant mesurée depuis son pied. Par suite, ainsi que le soutiennent les requérantes et nonobstant l'existence d'une haie entre les deux fonds, le maire de Lège-Cap Ferret, en délivrant le permis de construire litigieux, a méconnu ces dispositions.
10. Il résulte de ce qui précède que les consorts B sont fondés à demander l'annulation de l'arrêté du maire de Lège-Cap-Ferret du 9 juin 2021. Pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme aucun autre moyen n'est de nature à justifier cette annulation.
Sur l'application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme :
11. Aux termes de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5-1, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable, estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice n'affectant qu'une partie du projet peut être régularisé, limite à cette partie la portée de l'annulation qu'il prononce et, le cas échéant, fixe le délai dans lequel le titulaire de l'autorisation pourra en demander la régularisation, même après l'achèvement des travaux. Le refus par le juge de faire droit à une demande d'annulation partielle est motivé ". Aux termes de l'article L. 600-5-1 du même code: " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice entraînant l'illégalité de cet acte est susceptible d'être régularisé, sursoit à statuer, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation, même après l'achèvement des travaux. Si une mesure de régularisation est notifiée dans ce délai au juge, celui-ci statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations. Le refus par le juge de faire droit à une demande de sursis à statuer est motivé ".
12. Il résulte de ces dispositions, éclairées par les travaux parlementaires, que lorsque le ou les vices affectant la légalité de l'autorisation d'urbanisme dont l'annulation est demandée, sont susceptibles d'être régularisés, le juge doit surseoir à statuer sur les conclusions dont il est saisi contre cette autorisation. Il invite au préalable les parties à présenter leurs observations sur la possibilité de régulariser le ou les vices affectant la légalité de l'autorisation d'urbanisme. Le juge n'est toutefois pas tenu de surseoir à statuer, d'une part, si les conditions de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme sont réunies et qu'il fait le choix d'y recourir, d'autre part, si le bénéficiaire de l'autorisation lui a indiqué qu'il ne souhaitait pas bénéficier d'une mesure de régularisation. Un vice entachant le bien-fondé de l'autorisation d'urbanisme est susceptible d'être régularisé, même si cette régularisation implique de revoir l'économie générale du projet en cause, dès lors que les règles d'urbanisme en vigueur à la date à laquelle le juge statue permettent une mesure de régularisation qui n'implique pas d'apporter à ce projet un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même.
13. En l'espèce, les vices relevés aux points 7 et 9 sont susceptibles d'être régularisés. Les parties ayant été mises à même de présenter leurs observations, il convient de surseoir à statuer sur les requêtes pour permettre la régularisation du permis de construire en litige, jusqu'à l'expiration d'un délai de quatre mois à compter de la date de notification du jugement, en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme.
DECIDE :
Article 1er : Il est sursis à statuer sur la requête pour permettre la régularisation du permis de construire contesté, jusqu'à l'expiration d'un délai de quatre mois à compter de la notification du jugement à intervenir, en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme.
Article 2 : Tous droits et moyens des parties sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent jugement sont réservés jusqu'en fin d'instance.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme G B, Mme H B épouse A et Mme C E épouse B, à la commune de Lège-Cap-Ferret et à M. D F.
Délibéré après l'audience du 21 juin 2022 à laquelle siégeaient :
M. Pouget, président,
M. Josserand, conseiller,
M. Frézet, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 juillet 2023.
Le président rapporteur,
L. POUGET
L'assesseur le plus ancien,
L. JOSSERAND
La greffière,
M-A. PRADAL
La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne et à tous huissiers à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
N°s 2103284, 2103953
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026