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AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2103298

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2103298

mardi 5 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2103298
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème Chambre
Avocat requérantSOCIÉTÉ D'AVOCATS CHASSANY WATRELOT ET ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I/ Par une requête n°2103298 enregistrée le 28 juin 2021 et un mémoire complémentaire, enregistré le 18 février 2022, la société par actions simplifiée " Brink's évolution ", représentée par le cabinet Chassany Watrelot et associés, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler la décision du 10 novembre 2020 par laquelle l'inspectrice du travail a refusé d'autoriser le licenciement de M. A ;

2°) d'annuler la décision par laquelle la ministre du travail a implicitement rejeté le recours hiérarchique formé contre la décision du 10 novembre 2020 et la décision du 17 août 2021 par laquelle la ministre du travail a expressément rejeté ce recours hiérarchique ;

3°) d'enjoindre à l'administration, à titre principal, d'autoriser le licenciement de M. A, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de la demande d'autorisation de licenciement de M. A, et ce dans un délai d'un mois à compter de la date de notification du jugement à intervenir ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

La société requérante soutient que :

- la décision expresse de rejet du recours hiérarchique de la ministre du travail du 17 août 2021 ne lui a jamais été notifiée ; en tout état de cause, elle n'était pas tenue de former un nouveau recours contre cette décision explicite de refus puisque celle-ci s'est substituée à la décision implicite de rejet ;

- les décisions des 10 novembre 2020 et 17 août 20221 ont été prises par une autorité incompétente ;

- le premier grief reproché à M. A, qui s'est présenté au stand de tir pour effectuer une séance alors qu'il était équipé d'un holster de cuisse personnel et non conforme, est d'une gravité suffisante pour justifier à lui seul le licenciement de l'intéressé ;

- le deuxième grief reproché à M. A, qui a indiqué ne pas porter son gilet pare-balles lorsqu'il exerce sa mission de convoyeur conducteur, n'a pas été examiné par l'inspectrice du travail dans sa décision du 10 novembre 2020 ; ce grief est établi et sa gravité est suffisante pour justifier le licenciement de M. A ;

- le troisième grief reproché à M. A, qui a assuré une desserte avec son revolver dans un étui porté en bandoulière autour du torse, est d'une gravité suffisante pour justifier le licenciement de l'intéressé ;

- l'inspectrice du travail a commis une erreur de droit en faisant référence à des évènements étrangers à l'appréciation de la gravité des fautes commises par M. A et en requalifiant la demande d'autorisation de licenciement présentée par la société sur le terrain du trouble objectif ;

- aucun motif d'intérêt général ne justifie que la demande d'autorisation de licenciement de M. A soit rejetée.

Par un mémoire en défense et des pièces complémentaires, enregistrées les 27 et 28 janvier 2022, M. A, représenté par Me Coupillaud, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de la société Brink's évolution la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que :

- le recours formé par la société Brink's évolution est devenu sans objet dès lors qu'il est dirigé contre la décision de rejet implicite de la ministre du travail, à laquelle a été substituée la décision expresse du 17 août 2022 ;

- les moyens invoqués par la société requérante ne sont pas fondés.

Par un mémoire en défense, enregistré le 18 février 2022, la ministre du travail conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que :

- les conclusions tendant à l'annulation de la décision implicite de rejet du 12 mai 2021 doivent être regardées comme visant à l'annulation de la décision expresse du 17 août 2021, celle-ci s'étant substituée à la décision implicite de rejet ;

- la décision de l'inspectrice du travail du 10 novembre 2020 ayant été annulée, la décision de la ministre se substitue définitivement à cette décision, de sorte que les moyens soulevés à l'encontre de la décision de l'inspectrice du travail sont inopérants et doivent être écartés ;

- les moyens invoqués par la société contre la décision du 17 août 2021 ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 2 mars 2022, la clôture de l'instruction a été fixée, en dernier lieu, au 2 mai 2022.

Un mémoire, enregistré le 22 mars 2022, a été présenté par la société " Brink's évolution " qui conclut aux mêmes fins que précédemment par les mêmes moyens. Ce mémoire n'a pas été communiqué.

II/. Par une requête n°2201674 enregistrée le 22 mars 2022 et un mémoire enregistré le 13 mai 2022, la société par actions simplifiée " Brink's évolution ", représentée par le cabinet Chassany Watrelot et associés, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler la décision du 17 août 2021 par laquelle la ministre du travail a rejeté le recours hiérarchique formé contre la décision du 10 novembre 2020 ;

2°) d'enjoindre à l'administration, à titre principal, d'autoriser le licenciement de M. A, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de la demande d'autorisation de licenciement de M. A, et ce dans un délai d'un mois à compter de la date de notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

La société requérante soutient que :

- le recours contre la décision expresse du 17 août 2021 n'est pas forclos ;

- la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente ;

- le premier grief reproché à M. A, qui s'est présenté au stand de tir pour effectuer une séance alors qu'il était équipé d'un holster de cuisse personnel et non conforme, est d'une gravité suffisante pour justifier à lui seul le licenciement de l'intéressé ;

- le deuxième grief reproché à M. A, qui a indiqué ne pas porter son gilet pare-balles lorsqu'il exerce sa mission de convoyeur conducteur, est d'une gravité suffisante pour justifier le licenciement de M. A ;

- le troisième grief reproché à M. A, qui a assuré une desserte avec son revolver dans un étui porté en bandoulière autour du torse, est d'une gravité suffisante pour justifier le licenciement de l'intéressé ;

- aucun motif d'intérêt général ne justifie que la demande d'autorisation de licenciement de M. A soit rejetée.

Par un mémoire en défense, enregistré le 2 mai 2022, M. A, représenté par Me Coupillaud, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de la société Brink's évolution la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que :

- le recours n°2103298 est devenu sans objet, la décision implicite ayant été substituée par la décision explicite du 17 août 2021 ;

- les conclusions à fin d'annulation de la décision du 17 août 2021 sont tardives ;

- les moyens invoqués par la société requérante ne sont pas fondés.

Par une lettre du 14 juin 2022, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de ce que les conclusions de la société requérante tendant à l'annulation de la décision de refus d'autorisation de licenciement prononcée par l'inspectrice du travail du 10 novembre 2020, laquelle a été annulée par le ministre par décision du 17 août 2021 intervenue en cours d'instance, sont devenues sans objet.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code du travail ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Reynaud, première conseillère ;

- les conclusions de M. Willem, rapporteur public ;

- et les observations de Me Livernet-d'Angelis, représentant la société " Brink's evolution " et de Me Coupillaud, représentant M. A.

Considérant ce qui suit :

1. M. A est salarié depuis plus de vingt ans de la société " Brink's évolution ", qui exerce une activité de transport, de stockage, de reconnaissance, de traitement, et de conditionnement de fonds, valeurs, objets et métaux précieux, ainsi que la gestion des automates bancaires et la surveillance et garde de tous biens, en qualité de convoyeur de fonds affecté à l'agence de Bègles. Il y exerce les mandats de représentant syndical au comité social et économique d'établissement ouest et central. La société " Brink's évolution " a demandé l'autorisation de licencier M. A pour motif disciplinaire le 4 août 2020. L'inspectrice du travail lui a opposé un refus par décision du 10 novembre 2020. La ministre du travail a implicitement rejeté le recours hiérarchique formé par la société contre cette décision. Toutefois, par décision express du 17 août 2021, la ministre du travail a annulé la décision de l'inspectrice du travail, a retiré la décision implicite prise sur recours hiérarchique, et a refusé d'autoriser le licenciement de M. A. Dans la requête n°2103298, la société " Brink's évolution " demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures, d'annuler la décision du 10 novembre 2020 de l'inspectrice du travail, d'annuler la décision implicite de rejet de son recours hiérarchique et d'annuler la décision express de la ministre du travail du 17 août 2021. Dans la requête n°2201674, la société demande l'annulation de la décision du 17 août 2021.

2. Les requêtes n°2103298 et n°2201674 concernent la même société requérante et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne les conclusions à fin d'annulation de la décision implicite de rejet du recours hiérarchique du 12 mai 2021 :

3. Postérieurement à l'enregistrement de la requête par laquelle la société " Brink's évolution " demande au tribunal d'annuler la décision implicite de rejet née du silence gardé par la ministre du travail sur son recours hiérarchique formé à l'encontre de la décision de l'inspectrice du travail du 10 novembre 2020, la ministre du travail, dans sa décision du 17 août 2021, s'est prononcée explicitement sur ce recours hiérarchique formé par la société requérante. Dès lors, les conclusions à fin d'annulation de la décision implicite de rejet doivent être regardées comme dirigées contre la décision du 17 août 2021, qui s'est substituée à la première décision.

En ce qui concerne les conclusions à fin d'annulation de la décision du 10 novembre 2020 de l'inspectrice du travail :

4. En matière d'autorisation administrative de licenciement des salariés protégés, les décisions prises sur recours hiérarchique par le ministre se substituent aux décisions de l'inspecteur du travail lorsqu'elles en prononcent l'annulation. Ainsi, les conclusions de la société requérante tendant à l'annulation de la décision de refus d'autorisation de licenciement prononcée par l'inspectrice du travail du 10 novembre 2020, laquelle a été annulée par le ministre par décision du 17 août 2021 intervenue en cours d'instance, sont devenues sans objet. Il n'y a donc plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'annulation de cette décision.

En ce qui concerne les conclusions à fin d'annulation de la décision du 17 août 2021 de la ministre du travail, de l'emploi et de l'insertion :

5. En premier lieu, par une décision du 30 juillet 2021 publiée au journal officiel le 13 août 2021, le directeur général du travail a donné délégation à Mme Céline Boetsch, conseillère d'administration des affaires sociales, cheffe du bureau du statut protecteur, signature de la décision attaquée, à l'effet de signer, dans la limite des attributions du bureau du statut protecteur et au nom de la ministre chargée du travail, tous actes, décisions ou conventions à l'exclusion des décrets. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision attaquée doit être écarté.

6. En deuxième lieu, en vertu des dispositions du code du travail, les salariés légalement investis de fonctions représentatives bénéficient, dans l'intérêt de l'ensemble des salariés qu'ils représentent, d'une protection exceptionnelle. Lorsque le licenciement d'un de ces salariés est envisagé, ce licenciement ne doit pas être en rapport avec les fonctions représentatives normalement exercées ou l'appartenance syndicale de l'intéressé. Dans le cas où la demande de licenciement est motivée par un comportement fautif, il appartient à l'inspecteur du travail, et le cas échéant au ministre, de rechercher, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, si les faits reprochés au salarié sont d'une gravité suffisante pour justifier son licenciement, compte tenu de l'ensemble des règles applicables au contrat de travail de l'intéressé et des exigences propres à l'exécution normale du mandat dont il est investi.

7. La société " Brink's évolution " reproche à M. A, d'abord, de s'être présenté au stand de tir équipé d'un holster personnel non conforme, ensuite, d'avoir indiqué qu'il ne portait pas de gilet pare-balles lorsqu'il exerce sa mission de convoyeur de fonds, enfin, d'avoir assuré une desserte avec son arme dans un étui porté en bandoulière.

8. Il ressort tout d'abord de l'article 11.1 du règlement intérieur de la société requérante que tout membre du personnel " ne peut s'équiper ou utiliser des matériels et/ou équipements qui ne lui ont pas été confiés par l'entreprise pour l'exécution de son contrat de travail ".

9. M. A ne conteste pas s'être présenté le 3 juin 2020 au stand de tir équipé d'un holster de cuisse personnel, ni avoir déjà fait l'objet d'un avertissement le 12 mars 2020 pour port d'un holster " non conforme ". Ainsi, contrairement à ce que soutient M. A, la matérialité des faits reprochés est établie. Il ressort toutefois de l'avis du médecin du travail du 10 mars 2020 que M. A présente un état de santé pour lequel le port d'un holster de cuisse réglable en hauteur serait bénéfique. Or, le holster fourni par la société requérante n'est composé que de deux modes de réglages, en position haute ou en position basse, qui n'apparaît pas compatible avec la pathologie dont souffre M. A au niveau de la colonne vertébrale. Par ailleurs, contrairement à ce que soutient la société requérante, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'elle aurait essayé de trouver une solution technique adaptée à l'état de santé de M. A, et ce même si l'avis du médecin du travail n'a pas de valeur contraignante. Eu égard à ces circonstances, et même si M. A ne pouvait, en l'état, et de lui-même, s'affranchir des règles qui s'imposaient à lui, en estimant que les faits qui lui sont reprochés n'étaient pas d'une gravité suffisante pour justifier son licenciement, la ministre du travail n'a commis ni d'erreur de fait, ni d'erreur droit ou d'appréciation.

10. Ensuite, l'article 12 du contrat de travail de M. A prévoit que : " Le port du gilet pare-balles, fermé et muni de ses plaques de protection balistique est obligatoire pendant toute la durée du service. M. A s'engage expressément à se conformer à cette disposition ". Par ailleurs, l'article 4.1 du règlement intérieur de la société " Brink's évolution " prévoit qu'il est " obligatoire de porter les équipements de protection individuelle et de respecter les consignes relatives à ces équipements ", et notamment les gilets pare-balles.

11. Lors de l'entretien préalable du 19 juin 2020, M. A a indiqué à la société " Brink's évolution " ne pas porter son gilet pare-balles lors de sa mission de convoyeur, lorsqu'il occupe occasionnellement la place de conducteur dans le fourgon. A supposer même que le port du gilet pare-balles soit obligatoire à l'intérieur des fourgons blindés pendant le convoyage, M. A, qui ne conteste pas la matérialité des faits reprochés, indique toutefois que cette situation ne s'est produit qu'une seule fois, et la justifie par le fait que, compte tenu de ses douleurs au genou suite à un accident de travail, l'activation d'un embrayage dur est douloureuse et qu'il doit alors se positionner en biais face au volant, mais que, du fait de son surpoids, il lui est impossible de porter un gilet pare-balles car celui-ci touche le volant. Dans ces conditions, compte tenu des contraintes médicales de M. A, et du caractère isolé des faits reprochés, même si ces derniers sont fautifs, en estimant qu'ils n'étaient pas d'une gravité suffisante pour justifier son licenciement, la ministre du travail n'a commis ni d'erreur de fait, ni d'erreur droit ou d'appréciation.

12. Enfin, il ressort des pièces du dossier que le 25 juin 2020, M. A a assuré une desserte avec son revolver dans un étui porté en bandoulière autour du torse. Si la matérialité des faits reprochés est établie, il ressort des pièces du dossier, comme le fait valoir M. A, qu'ils sont isolés et n'ont engendré aucune situation d'insécurité, dès lors que, contrairement à ce que soutient la société requérante, il ne portait pas son arme à l'horizontale mais la tenait contre son torse, le canon pointé vers le sol. L'intéressé justifie en outre le port de son revolver en bandoulière du fait de sa pathologie déjà évoquée. Les moyens tirés d'une erreur de fait, d'une erreur droit ou d'appréciation doivent dès lors être écartés.

13. En outre, dans les circonstances de l'espèce, compte tenu de la pathologie dont souffre M. A, de sa durée d'exercice de plus de vingt ans en qualité de convoyeur au sein de la société requérante, et de l'absence de sanctions disciplinaires, à l'exception de l'avertissement du 12 mars 2020 et d'un avertissement remontant au 27 septembre 2011, les griefs reprochés à M. A, pris dans leur ensemble, ne sont pas d'une gravité suffisante pour justifier son licenciement.

14. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée, que la société " Brink's évolution " n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 17 août 2021 de la ministre du travail, de l'emploi et de l'insertion.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

15. Le présent jugement, qui rejette les conclusions aux fins d'annulation présentées par la société requérante, n'implique aucune mesure d'exécution au sens des articles L. 911-1 et suivants du code de justice administrative. Par suite, les conclusions à fin d'injonction présentées par la société " Brink's évolution " doivent être rejetées.

Sur les frais liés à l'instance :

16. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par la société " Brink's évolution " au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la société " Brink's évolution " le versement de la somme de 1 500 euros à M. A sur le même fondement.

D E C I D E :

Article 1er : Les requêtes n°2103298 et n°2201674 de la société " Brink's évolution " sont rejetées.

Article 2 : La société " Brink's évolution " versera à M. A la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société par actions simplifiée " Brink's évolution ", à M. B A et à la ministre du travail, de l'emploi et de l'insertion.

Délibéré après l'audience du 21 juin 2022, à laquelle siégeaient :

M. Salvage, président,

M. Elouafi, premier conseiller,

Mme Reynaud, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 juillet 2022.

La rapporteure,

P. REYNAUD

Le président,

F. SALVAGE Le greffier,

S. FORESTAS-BURGAUD

La République mande et ordonne à la ministre du travail, de l'emploi et de l'insertion en ce qui la concerne et à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

N°2103298

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