mercredi 26 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2103446 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP DELAVALLADE - RAIMBAULT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 6 juillet 2021, M. C B, représenté par Me de Lagausie, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite née le 15 juin 2021 par laquelle le maire de la commune d'Andernos-les-Bains a refusé de faire usage de ses pouvoirs de police pour faire cesser l'occupation illégale du domaine public au droit de la parcelle cadastrée section AD n° 298 ;
2°) d'enjoindre au maire d'Andernos-les-Bains de faire faire usage de son pouvoir de police ;
3°) de mettre à la charge de la commune d'Andernos-les-Bains une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le maire n'a accordé aucune autorisation de voirie permettant l'occupation des accotements du domaine public de l'allée Barbara à l'un quelconque des propriétaires mitoyens de cette allée et en particulier au propriétaire de la parcelle cadastrée section AD n° 298 ;
- celui-ci occupe donc le domaine public sans droit ni titre et il appartient au maire de faire cesser cette occupation illégale ;
- cette occupation l'empêche par ailleurs d'exécuter l'autorisation d'urbanisme dont il est titulaire.
Par un mémoire enregistré le 25 juillet 2022, la commune d'Andernos-les-Bains, représentée par son maire en exercice et ayant pour avocat Me Delavallade, conclut au rejet de la requête et à ce que M. B lui verse la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable, M. B ne justifiant pas de son intérêt à agir ;
- l'occupation illégale alléguée n'est pas établie ;
- M. A a été autorisé à réaliser des plantations sur le domaine public ;
- le requérant ne rapporte pas la preuve de ce que les conditions de l'article R 116-2 5° du code de la voirie routière sont réunies.
Par une ordonnance du 1er août 2022, la clôture de l'instruction a été fixée en dernier lieu au 1er novembre 2022.
Vu la décision attaquée et les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code général de la propriété des personnes publiques ;
- le code de la voirie routière ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Pouget, président,
- les conclusions de M. Vaquero, rapporteur public.
- les observations de Me Foix, représentant M. B,
- et les observations de Me Houppe, représentant la commune d'Andernos-les-Bains.
Considérant ce qui suit :
1. M. B a obtenu le 11 décembre 2017 un certificat de non-opposition à déclaration préalable pour une division parcellaire aux fins de détachement de quatre lots à bâtir sur un terrain cadastré section AD n°s 23 et 121 situé 6 allée Barbara à Andernos-les-Bains. Il a saisi le maire de cette commune, le 15 avril 2021, d'un courrier lui demandant de faire usage de ses pouvoir de police pour faire faire enlever des plantations et piquets installés le long de l'allée Barbara par le propriétaire d'une parcelle voisine, qui font selon lui obstacle à la réalisation des accès des lots n°s 1 et 2 et constituent une occupation illicite du domaine public. Le maire d'Andernos-les-Bains n'ayant pas répondu à ce courrier, M. B sollicite l'annulation par le tribunal de la décision de rejet implicite née le 15 juin 2021 de ce silence.
2. Aux termes, d'une part, de l'article L. 2212-1 du code général des collectivités territoriales : " Le maire est chargé, sous le contrôle administratif du représentant de l'Etat dans le département, de la police municipale () ". En application de l'article L. 2212-2 de ce code : " La police municipale a pour objet d'assurer le bon ordre, la sûreté, la sécurité et la salubrité publiques. Elle comprend notamment :/ 1° Tout ce qui intéresse la sûreté et la commodité du passage dans les rues, quais, places et voies publiques, ce qui comprend le nettoiement, l'éclairage, l'enlèvement des encombrements, la démolition ou la réparation des édifices et monuments funéraires menaçant ruine, l'interdiction de rien exposer aux fenêtres ou autres parties des édifices qui puisse nuire par sa chute ou celle de rien jeter qui puisse endommager les passants ou causer des exhalaisons nuisibles ainsi que le soin de réprimer les dépôts, déversements, déjections, projections de toute matière ou objet de nature à nuire, en quelque manière que ce soit, à la sûreté ou à la commodité du passage () ".
3. Aux termes, d'autre part, de l'article L. 113-2 du code de la voirie routière : " En dehors des cas prévus aux articles L. 113-3 à L. 113-7 et de l'installation par l'Etat des équipements visant à améliorer la sécurité routière, l'occupation du domaine public routier n'est autorisée que si elle a fait l'objet, soit d'une permission de voirie dans le cas où elle donne lieu à emprise, soit d'un permis de stationnement dans les autres cas. Ces autorisations sont délivrées à titre précaire et révocable. ".
4. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient au maire, dans l'exercice de ses pouvoirs de police, d'une part, d'assurer le respect du droit des riverains des voies publiques ouvertes à la circulation de bénéficier d'une desserte correcte de leurs habitations, y compris en voiture et, d'autre part, de prendre les mesures nécessaires pour mettre fin à un empiètement sur la voie publique qui nuirait à cette desserte.
5. En l'espèce, M. B se plaint de ce que le propriétaire de la parcelle cadastrée section AA n° 298 voisine des lots n°s 1 et 2 créés par la division foncière autorisée le 11 décembre 2017 a entrepris de planter un massif de palmiers sur l'accotement de l'allée Barbara, gênant selon lui la création des accès à ces lots. Toutefois, la plantation de ce massif, qui a été expressément autorisée par un courrier du maire d'Andernos-les-Bains du 14 février 2014 et ne s'accompagne d'aucun aménagement autre que la présence de quelques piquets amovibles, n'est pas constitutive d'une occupation illicite du domaine public routier. Il n'est par ailleurs pas établi par les pièces du dossier qu'elle ferait effectivement obstacle à l'ouverture des accès aux lots à bâtir dans les conditions prescrites par le règlement du plan local d'urbanisme de la commune, alors au demeurant qu'il ressort de la consultation des sites Géoportail et Google Streeview, librement accessibles sur internet, que le lot n° 1, seul susceptible d'être le cas échéant affecté par la végétation présente sur l'accotement et qui a été cédé à un tiers, supporte désormais une maison individuelle achevée le 4 mars 2022 et disposant d'un accès réglementaire à l'allée Baraba. Dans ces conditions, le maire d'Andernos-les-Bains a pu légalement s'abstenir de faire usage de ses pouvoirs de police.
6. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction présentées par M. B doivent être rejetées.
Sur les frais d'instance :
7. La commune d'Andernos-les-Bains n'étant pas la partie perdante dans la présente instance, les conclusions du requérant fondées sur les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées. Il y lieu en revanche, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par la commune sur le fondement des mêmes dispositions et de mettre à ce titre une somme de 1 500 euros à la charge de M. B.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : M. B versera une somme de 1 500 euros à la commune d'Andernos-les-Bains en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et à la commune d'Andernos-les-Bains.
Délibéré après l'audience du 5 avril 2023 à laquelle siégeaient :
M. Pouget, président,
M. Josserand, conseiller,
M. Frézet, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 avril 2023.
Le président rapporteur,
L. POUGET
L'assesseur le plus ancien,
L. JOSSERAND
La greffière,
M-A. PRADAL
La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026