LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2103477

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2103477

vendredi 16 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2103477
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation6ème Chambre
Avocat requérantGEORGES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrées les 8 et 9 juillet et 16 août 2021, M. C A, représenté par Me Georges, avocat, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 23 février 2021 par lequel le maire de la commune de Lamothe-Montravel a refusé de lui accorder un permis de construire trois bâtiments agricoles sur un terrain situé sur l'île de la Boursate sur le territoire de cette commune, ensemble la décision du 11 mai 2021 portant rejet de son recours gracieux ;

2°) d'enjoindre au maire de Lamothe-Montravel, à titre principal, de lui délivrer le permis de construire sollicité, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, ou, à défaut, de réexaminer sa situation ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Lamothe-Montravel une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'arrêté contesté est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article 4.1.2.2.1 du règlement du plan de prévention des risques d'inondation (PPRI) applicable ;

- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des articles R. 153-1 et R. 123-8 du code de l'urbanisme dès lors que ses parcelles sont situées, en vertu du plan local d'urbanisme intercommunal applicable, en zone N et non en zone NP ; à cet égard, en cas de différence entre le plan local d'urbanisme et les extraits du site Géoportail, il y a lieu de se référer au plan local d'urbanisme intercommunal ; les constructions nécessaires à l'exploitation agricole sont autorisées en zone N en application du plan local d'urbanisme intercommunal applicable et de l'article R. 123-8 du code de l'urbanisme.

Par un mémoire en défense, enregistré le 15 février 2022, la commune de Lamothe-Montravel, représentée par Me Touche, avocat, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge du requérant sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 12 septembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 12 octobre 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Passerieux, rapporteure,

- les conclusions de M. Dufour, rapporteur public,

- les observations de Me Georges, représentant M. A,

- et les observations de Me Touche, représentant la commune de Lamothe-Montravel.

Considérant ce qui suit :

1. Le 25 novembre 2020, M. A a déposé une demande de permis de construire trois bâtiments agricoles, à savoir une bergerie et deux locaux de stockage, sur un terrain situé sur l'île de la Boursate à Lamothe-Montravel, en Dordogne, parcelles cadastrées section AB n° 29 à 35. Par arrêté du 23 février 2021, le maire de Lamothe-Montravel a refusé de délivrer le permis de construire sollicité. Par décision du 11 mai 2021, le maire de Lamothe-Montravel a rejeté le recours gracieux formé par M. A à l'encontre de cet arrêté par courrier du 21 avril 2021. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de l'arrêté du 23 février 2021 portant refus de permis de construire, ensemble la décision du 11 mai 2021 portant rejet de son recours gracieux.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne l'arrêté du 23 février 2021 portant refus de permis de construire :

2. Le maire de Lamothe-Montravel a refusé de délivrer un permis de construire à M. A aux motifs que, d'une part, il n'existe pas de siège d'exploitation situé dans la zone inondable au sens de l'article 4.1.2.2.1 du règlement du plan de prévention des risques d'inondation de Lamothe-Montravel et, d'autre part, le terrain d'assiette du projet se situe en zone NP, zone dans laquelle sont limitativement admises certaines constructions parmi lesquelles ne figurent pas la construction de bâtiments agricoles.

3. En premier lieu, selon l'article 4.1.2.2.1 du règlement du plan de prévention des risques d'inondation de Lamothe-Montravel approuvé le 19 décembre 2002, les occupations et utilisations du sol autorisées en zone rouge sont, s'agissant des biens et activités futurs : " La construction de bâtiments agricoles ou leur extension, à l'exclusion de tout chai de vinification, sachant que celle-ci ne pourra excéder 800 m² par siège d'exploitation situé dans la zone inondable selon les normes suivantes, afin de minimiser les effets de tels bâtiments sur l'écoulement et leur vulnérabilité : / - la plus grande longueur du bâtiment est dans l'axe d'écoulement du lit majeur, / - la construction est faite selon le type " hangar métallique " ou autre structure insensible à l'eau avec : / des portiques fixés au sol par des fondations reliées entre elles par un chaînage destiné à rendre l'ensemble monolithique au cas où un dé de fondation serait déchaussé par l'action des courants, / des bardages déclavetables sur les côtés ou système équivalent ".

4. En l'espèce, il est constant que le terrain d'assiette du projet litigieux est situé en zone rouge du plan de prévention des risques d'inondation (PPRI). Il ressort des pièces du dossier que M. A justifie être inscrit depuis le 3 mai 2020 au répertoire des entreprises et des établissements pour une activité d'élevage d'ovins et de caprins, dont le siège d'exploitation est situé 62, route monument de Talbot à Lamothe-Montravel, au lieu-dit " le Dubet ", lequel est situé à proximité immédiate de l'île de la Boursate. Par suite, M. A est fondé à soutenir que le motif tiré de ce qu'il n'existe pas de siège d'exploitation situé dans la zone inondable est entaché d'erreur de fait.

5. En second lieu, d'une part, aux termes du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal de Montaigne Montravel et Hurson, approuvé le 27 septembre 2018, la zone naturelle de stricte protection, dite zone NP : " recouvre : / - les espaces naturels de protection Natura 2000 et ZNIEFF de type 1 (le lit mineur et les berges B, la station botanique des Bonnins) () ". Aux termes de l'article NP.1 de ce règlement, les occupations et utilisations du sol interdites en zone NP concernent : " Les constructions et installations autres que celles soumises à des conditions particulières citées à l'article NP.2 ". Et selon cet article NP.2, sont limitativement admises au sein de cette zone : " - Dans la mesure où elles ne compromettent pas le caractère naturel de la zone, les constructions et installations nécessaires aux services publics ou d'intérêts collectif, à l'exception des centrales photovoltaïques au sol et des éoliennes. / - Les affouillements et exhaussements du sol, s'ils sont nécessités par la réalisation de fouilles archéologiques. / - L'adaptation et la réfection des constructions existantes. / - La reconstruction à l'identique en cas de sinistre, des constructions existantes ".

6. D'autre part, aux termes de l'article R. 153-1 du code de l'urbanisme : " Le président de l'établissement public de coopération intercommunale compétent ou le maire conduit la procédure d'élaboration du plan local d'urbanisme. ". Aux termes du deuxième alinéa de l'article R. 123-8 du même code, devenu l'article R. 151-25 : " () En zone N, peuvent seules être autorisées : / - les constructions et installations nécessaires à l'exploitation agricole et forestière ; () ".

7. En l'espèce, M. A soutient que les parcelles cadastrées section AB n° 29 à 35, terrain d'assiette du projet litigieux, sont classées en zone N du plan local d'urbanisme intercommunal de Montaigne Montravel et Hurson, zone dans laquelle les constructions et installations nécessaires à l'exploitation agricole sont autorisées. Toutefois, d'une part, en constatant au sein d'un procès-verbal daté du 15 juillet 2021 que l'île de la Boursate est matérialisée, sur le plan de zonage du plan local d'urbanisme intercommunal applicable, par une couleur vert claire tandis que la Dordogne est matérialisée par une couleur vert foncé, l'huissier de justice mandaté par M. A ne saurait être regardé comme s'étant expressément prononcé sur le classement de ces parcelles. D'autre part, il ressort du plan de zonage de Lamothe-Montravel inséré dans le plan local d'urbanisme intercommunal de Montaigne Montravel et Hurson, et notamment de la légende associée à ce zonage, que les parcelles litigieuses, si elles sont représentées dans une teinte de vert légèrement plus claire que celle du lit B, sont insérées au sein d'une vaste zone NP qui comprend l'ensemble des berges de ce fleuve et l'île de la Boursate. Enfin, en application des dispositions citées au point précédent, la zone NP a vocation à recouvrir le lit mineur B et ses berges, ce qui inclut les parcelles litigieuses. Ainsi, contrairement à ce que soutient le requérant, ses parcelles ne sauraient être regardées comme étant classées en zone N du plan local d'urbanisme intercommunal applicable. Dans ces conditions, c'est sans erreur de droit ni erreur d'appréciation que le maire de Lamothe-Montravel a refusé de délivrer le permis de construire sollicité au motif que le projet ne respectait pas les dispositions de l'article NP.2 du plan local d'urbanisme intercommunal applicable. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des articles R. 153-1 et R. 123-8 du code de l'urbanisme ne peuvent qu'être écartés.

8. Il résulte de l'instruction que le maire de Lamothe-Montravel aurait pris la même décision de refus de permis de construire en se fondant uniquement sur le motif tiré de ce que le projet litigieux méconnaît les dispositions de l'article NP.2 du plan local d'urbanisme intercommunal de Montaigne Montravel et Hurson. Dans ces conditions, l'erreur de fait constatée au point 4 demeure sans incidence sur la légalité de la décision en litige. Par suite, les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 23 février 2021 doivent être rejetées.

En ce qui concerne la décision du 11 mai 2021 portant rejet du recours gracieux :

9. Le maire de Lamothe-Montravel a rejeté le recours gracieux formé par M. A à l'encontre de l'arrêté du 23 février 2021 au motif que le projet litigieux méconnaît les articles NP.1 et NP.2 du plan local d'urbanisme intercommunal de Montaigne Montravel et Hurson.

10. En premier lieu, il ressort des termes mêmes de la décision du 11 mai 2021 que le maire de Lamothe-Montravel ne s'est pas fondé sur les dispositions l'article 4.1.2.2.1 du règlement du PPRI pour rejeter le recours gracieux formé par M. A à l'encontre de l'arrêté du 23 février 2021. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit être écarté comme inopérant.

11. En second lieu, il ressort des termes mêmes de la décision du 11 mai 2021 que le maire de Lamothe-Montravel a rejeté le recours gracieux formé par M. A à l'encontre de l'arrêté du 23 février 2021 au motif que les parcelles litigieuses étaient classées en zone NP du plan local d'urbanisme intercommunal applicable, dont les articles NP.1 et NP.2 n'autorisent pas les constructions et installations nécessaires à l'exploitation agricole. La circonstance que le maire ait fait référence, dans cette décision de rejet du recours gracieux, à l'extrait du site Géoportail urbanisme pour confirmer le classement des parcelles en zone NP n'a pas d'incidence sur la légalité de cette décision dès lors que cette mention présente un caractère superfétatoire. Par suite, et en application de ce qui a été dit au point 7 du présent jugement, les moyens tirés de la méconnaissance des articles R. 153-1 et R. 123-8 du code de l'urbanisme ne peuvent qu'être écartés.

12. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 11 mai 2021 portant rejet de son recours gracieux.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

13. Les conclusions aux fins d'annulation présentées par M. A étant rejetées, le présent jugement n'appelle aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions aux fins d'injonction présentées par le requérant doivent être également rejetées.

Sur les conclusions relatives aux frais de l'instance :

14. Les dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Lamothe-Montravel qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que réclame M. A au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de M. A la somme que la commune de Lesparre-Médoc demande sur le même fondement.

DECIDE :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Lamothe-Montravel au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et à la commune de Lamothe-Montravel.

Délibéré après l'audience du 22 mai 2023, à laquelle siégeaient :

M. Delvolvé, président,

Mme Mounic, première conseillère,

Mme Passerieux, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 juin 2023.

La rapporteure,

C. PASSERIEUX

Le président,

Ph. DELVOLVÉ

La greffière,

L. SIXDENIERS

La République mande et ordonne au préfet B en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

N°2103477

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions