mercredi 21 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2103859 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | CASTERA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, des mémoires et des pièces complémentaires, enregistrés le 26 juillet 2021, le 6 août 2021 et le 14 janvier 2022, M. et Mme H et D A, représentés par Me Bernadou, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 18 mai 2021 par lequel le maire de la commune de Cadarsac a délivré un permis de construire à M. G et Mme B pour la construction d'une piscine et d'un garage, sur un terrain situé au numéro 14 du lotissement " La Cabanne " ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Cadarsac la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente ;
- le dossier de permis de construire est incomplet ;
- il méconnait l'article 9 du règlement de la zone UB du plan local d'urbanisme de la commune de Cadarsac ;
- il méconnait l'article 11 du règlement de la zone UB du plan local d'urbanisme de la commune de Cadarsac ;
- il méconnait l'article 6 du règlement de la zone UB du plan local d'urbanisme de la commune de Cadarsac.
Par un mémoire en défense enregistré le 10 décembre 2021, la commune de Cadarsac, représentée par Me Castera, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par deux mémoires en défense enregistrés le 13 janvier 2022 et le 31 janvier 2022, ce dernier n'ayant pas été communiqué, M. G et Mme B, représentés par Me Baulimon, concluent, dans le dernier état de leurs écritures, à titre principal, au rejet de la requête, à titre subsidiaire à l'application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et, en tout état de cause, à ce que soit mise à la charge des requérants la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par une ordonnance du 17 janvier 2022, la clôture d'instruction a été fixée en dernier lieu au 1er février 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Frézet,
- les conclusions de M. Vaquero, rapporteur public,
- les observations de Me Franceries, représentant M. et Mme A,
- les observations de Me Castera, représentant la commune de Cadarsac,
- et les observations de Me Baulimon, représentant M. G et Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. Le 26 mars 2021, M. G et Mme B ont déposé une demande de permis de construire pour la construction d'une structure maçonnée comportant un garage sur sous-sol et une piscine, sur un terrain situé au numéro 14 du lotissement " La Cabanne ", à Cadarsac. Par un arrêté du 18 mai 2021, dont M. et Mme A demandent l'annulation, le maire de la commune de Cadarsac a fait droit à leur demande.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. Aux termes de l'article 6.2 du règlement de la zone UB du plan local d'urbanisme de Cadarsac : " Les annexes aux constructions principales sont autorisées. Mais elles seront obligatoirement implantées à l'alignement des voies et emprises publiques. ". La notion d'annexe est définie par le lexique national d'urbanisme comme étant " une construction secondaire, de dimensions réduites et inférieures à la construction principale, qui apporte un complément aux fonctionnalités de la construction principale. Elle doit être implantée selon un éloignement restreint entre les deux constructions afin de marquer un lien d'usage. Elle peut être accolée ou non à la construction principale avec qui elle entretient un lien fonctionnel, sans disposer d'accès direct depuis la construction principale ".
3. En l'espèce, le projet est une structure maçonnée d'une emprise au sol de 66,30 m2, composée d'un garage, contigu en façades Sud et Est à la maison d'habitation, et d'une piscine en surplomb. La construction ainsi projetée est de dimension inférieure à la construction principale, d'une surface de 113 m2. Il ressort par ailleurs des pièces du dossier que les piscines et les garages, qui apportent un complément aux fonctionnalités de la construction principale, sont présentés dans le document " Cerfa " de demande de permis de construire comme des annexes. La circonstance que ces constructions secondaires soient accolées à la maison principale est, comme cela résulte des dispositions précitées, sans influence sur leur qualification en tant qu'annexes. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier, ni n'est allégué, que le garage disposerait d'un accès direct à la construction principale. Par suite, la construction projetée constitue une annexe soumise à la règle de l'implantation à l'alignement des voies et emprise publiques. Le projet ne prévoyant le respect de cette règle, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 6.2 du règlement de la zone UB du plan local d'urbanisme de Cadarsac doit être accueilli.
4. Pour l'application des dispositions de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, aucun autre moyen n'apparaît en l'état de l'instruction susceptible de fonder l'annulation des décisions attaquées.
5. Il résulte de ce qui précède que M. et Mme A sont fondés à demander l'annulation de l'arrêté du 18 mai 2021 du maire de la commune de Cadarsac.
Sur l'application des articles L. 600-5 et L. 600-5-1 du code de l'urbanisme :
6. Aux termes de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5-1, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable, estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice n'affectant qu'une partie du projet peut être régularisé, limite à cette partie la portée de l'annulation qu'il prononce et, le cas échéant, fixe le délai dans lequel le titulaire de l'autorisation pourra en demander la régularisation, même après l'achèvement des travaux. Le refus par le juge de faire droit à une demande d'annulation partielle est motivé ". Aux termes de l'article L 600-5-1 du même code : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice entraînant l'illégalité de cet acte est susceptible d'être régularisé, sursoit à statuer, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation, même après l'achèvement des travaux. Si une mesure de régularisation est notifiée dans ce délai au juge, celui-ci statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations. Le refus par le juge de faire droit à une demande de sursis à statuer est motivé ".
7. Pour l'application de ces dispositions, un vice entachant le bien-fondé de l'autorisation d'urbanisme est susceptible d'être régularisé, même si cette régularisation implique de revoir l'économie générale du projet en cause, dès lors que les règles d'urbanisme en vigueur à la date à laquelle le juge statue permettent une mesure de régularisation qui n'implique pas d'apporter à ce projet un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même.
8. Eu égard aux caractéristiques du projet et à la configuration de son terrain d'assiette, le vice relevé au point 3, tenant à la méconnaissance des dispositions de l'article 6.2 du règlement de la zone UB du plan local d'urbanisme de Cadarsac, qui imposent que les annexes soient implantées à l'alignement des voies et emprises publiques, remet en cause la nature même de ce projet, et n'est pas susceptible de faire l'objet d'une mesure de régularisation en application des articles L. 600-5 ou L. 600-5-1 du code de l'urbanisme.
Sur les conclusions relatives aux frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de des requérants, qui ne sont pas, dans la présente instance, les parties perdantes, la somme que M. G et Mme B et la commune de Cadarsac demandent au titre des frais exposés par elles et non compris dans les dépens. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Cadarsac et de M. G et Mme B la somme de 800 euros chacun au bénéfice des requérants sur le fondement des mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 18 mai 2021 du maire de la commune de Cadarsac est annulé.
Article 2 : La commune de Cadarsac et M. G et Mme B verseront chacun la somme de 800 euros à M. et Mme A au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. H A, à Mme D F, épouse A, à la commune de Cadarsac, à M. E G et à Mme C B.
Délibéré après l'audience du 7 juin 2023, à laquelle siégeaient :
M. Pouget, président,
M. Josserand, conseiller,
M. Frézet, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 juin 2023.
Le rapporteur,
C. FREZET
Le président,
L. POUGET La greffière,
M.-A. PRADAL
La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026