mercredi 4 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2103885 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL AEDIFICO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires, enregistrés le 27 juillet 2021 et les 13 janvier et 14 février 2022, ce dernier n'ayant pas été communiqué, M. E B et Mme G F, représentés par Me Coussy, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 28 mai 2021 par lequel la maire de la commune de Saint-Caprais-de-Bordeaux a délivré à M. A et Mme D un permis de construire ;
2°) de mettre à la charge des parties défenderesses la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- ils justifient d'un intérêt à agir au sens de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme, en raison de leur qualité de voisins immédiats du projet et de la perte de vue et d'ensoleillement générée par le projet ;
- la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente ;
- les pétitionnaires n'établissent pas avoir déposé une demande de permis de démolir ;
- le dossier de demande de permis de construire est incomplet ;
- la décision attaquée méconnait l'article UD 3 du règlement de la zone UD du plan local d'urbanisme de Saint-Caprais-de-Bordeaux et l'article R. 111-5 du code de l'urbanisme ;
- elle méconnaît l'article UD 9 du règlement de la zone UD du plan local d'urbanisme de Saint-Caprais-de-Bordeaux ;
- elle méconnaît l'article UD 10 du règlement de la zone UD du plan local d'urbanisme de Saint-Caprais-de-Bordeaux ;
- elle méconnaît l'article UD 13 du règlement de la zone UD du plan local d'urbanisme de Saint-Caprais-de-Bordeaux
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 janvier 2022, la commune de Saint-Caprais-de-Bordeaux, représentée par Me Boissy, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable à défaut d'intérêt pour agir des requérants ;
- aucun des moyens soulevés par les requérants n'est fondé.
Par deux mémoires en défense, enregistrés le 14 octobre 2021 et le 28 janvier 2022, M. A et Mme D, représentés par Me Achou-Lepage, concluent, à titre principal, au rejet de la requête, à titre subsidiaire, à ce qu'il soit fait application des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et, en tout état de cause, à ce que la somme de 2 500 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la requête est irrecevable à défaut d'intérêt pour agir des requérants ;
- aucun des moyens soulevés par les requérants n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Frézet,
- les conclusions de M. Josserand, rapporteur public,
- les observations de Me Geny, substituant Me Coussy, représentant M. B et Mme F,
- et les observations de Me Dubois, représentant la commune de Saint-Caprais-de-Bordeaux.
Considérant ce qui suit :
1. Le 1er mars 2021, M. H A et Mme C D ont déposé une demande de permis visant à la construction de deux maisons individuelles et la démolition d'une piscine, sur un terrain situé 3 chemin de Loupes, à Saint-Caprais-de-Bordeaux. Par un arrêté du 28 mai 2021, dont M. B et Mme F demandent l'annulation, la maire de la commune de Saint-Caprais-de-Bordeaux a fait droit à la demande de permis de construire, sous réserve du respect de certaines prescriptions.
Sur la fin de non-recevoir :
2. Aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l'aménagement ou le projet autorisé sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation. () ".
3. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient, en particulier, à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge de l'excès de pouvoir apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction.
4. Il ressort des pièces du dossier que le projet consiste en la réalisation de deux maisons individuelles, sur un terrain principalement recouvert d'herbes et dépourvu de toute construction, à l'exception d'une piscine destinée à être détruite. Il en ressort également que les requérants sont propriétaires d'une parcelle contiguë à celle en litige. Par suite, eu égard à la consistance du projet et à l'implantation des maisons construites, dont l'une est située sur la limite séparative jouxtant la propriété des requérants, ces derniers, voisins immédiats, qui invoquent notamment des nuisances visuelles, justifient d'un intérêt à agir à l'encontre de l'autorisation délivrée à M. A et Mme D. Ainsi, et sans que puisse influer la circonstance que la parcelle litigieuse et celle des requérants sont issues d'une division, la fin de non-recevoir opposée en défense tirée du défaut d'intérêt pour agir doit être écartée.
Sur les conclusions en annulation :
5. En premier lieu, par un arrêté du 26 mars 2021, régulièrement notifié en préfecture le 13 avril 2021 et mis en ligne sur le site internet de la commune, la maire de la commune de Saint-Caprais de Bordeaux a donné délégation de signature à M. Alain Grangier, conseiller municipal et signataire de la décision attaquée, à l'effet de signer " tous les documents relatifs à l'urbanisme ", et notamment ceux portant sur " les demandes de permis de construire ". Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit être écarté.
6. En deuxième lieu, la circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
7. Aux termes de l'article R. 431-5 du code de l'urbanisme : " La demande de permis de construire précise : () / g) La puissance électrique nécessaire au projet, lorsque la puissance électrique est supérieure à 12 kilovoltampères monophasé ou 36 kilovoltampères triphasé ; () ".
8. Les requérants, qui se bornent à alléguer que la puissance électrique nécessaire au projet en litige n'est pas renseignée, n'établissent pas que celle-ci excède le plafond au-delà duquel une précision est exigée.
9. Aux termes de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend une notice précisant : / 1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; / 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : / a) L'aménagement du terrain, en indiquant ce qui est modifié ou supprimé ; / b) L'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants ; / c) Le traitement des constructions, clôtures, végétations ou aménagements situés en limite de terrain ; / d) Les matériaux et les couleurs des constructions ; / e) Le traitement des espaces libres, notamment les plantations à conserver ou à créer ; / f) L'organisation et l'aménagement des accès au terrain, aux constructions et aux aires de stationnement. ".
10. Si la notice est muette sur les places de stationnement, celles-ci sont représentées sur différents documents du dossier de demande du permis de construire, tels que le plan de masse et le plan coupe, mettant à même le service instructeur d'apprécier le respect par le projet des règles de stationnement. Il en va de même pour les accès, lesquels étaient clairement décrits par le plan de masse.
11. Aux termes de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. Ce plan de masse fait apparaître les travaux extérieurs aux constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées et, le cas échéant, les constructions existantes dont le maintien est prévu. () ".
12. Contrairement aux allégations des requérants, le plan de masse est suffisamment précis et comporte des informations qui, pour nombreuses qu'elles soient, ne rendent pas pour autant illisibles le plan. Il n'est en outre pas contesté que ce plan est coté dans les trois dimensions. De plus, il ne résulte pas des dispositions citées au point précédent que le plan de masse ait vocation à permettre d'apprécier l'insertion du projet.
13. Aux termes de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également : () / b) Un plan en coupe précisant l'implantation de la construction par rapport au profil du terrain; lorsque les travaux ont pour effet de modifier le profil du terrain, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; / c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; / d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse. ".
14. D'une part, il ressort des pièces du dossier que le plan en coupe, qui précise l'axe de coupe par la mention " Façades sud ", satisfait aux exigences réglementaires précitées.
15. D'autre part, le dossier de demande de permis de construire est composé d'un plan de terrain, d'un plan de situation, d'une notice paysagère ainsi que d'un document graphique et de quatre photographies de la parcelle, dont une prise depuis le chemin de desserte, permettant de situer le terrain et d'apprécier de manière suffisante l'insertion du projet de construction par rapport aux lieux avoisinants. Par suite, le moyen tiré de l'incomplétude du dossier de demande de permis de construire doit être écarté en toutes ses branches.
16. En troisième lieu, si les requérants soutiennent que la demande de permis de construire devait être accompagnée d'une demande de permis de démolir portant sur une habitation, il ressort des pièces du dossier que par un arrêté du 10 août 2020, un permis de démolir a été accordé pour la démolition totale d'une maison d'habitation sur le terrain objet du litige. Il ressort des pièces du dossier qu'à la date de la demande de permis de construire, le bâtiment ayant fait l'objet d'une autorisation de démolir était détruit. Par suite, le moyen tiré de l'absence de permis de démolir doit être écarté.
17. En quatrième lieu, aux termes, d'une part, de l'article UD 3 du règlement de la zone UD du plan local d'urbanisme de Saint-Caprais-de-Bordeaux : " () Les accès doivent présenter des caractéristiques permettant de satisfaire aux exigences de la sécurité et de la défense contre l'incendie (voie d'au moins 3.50 m de largeur ne comportant pas de passage sous porche inférieur à 3,50 m). () ". D'autre part, selon l'article R. 111-5 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé sur des terrains qui ne seraient pas desservis par des voies publiques ou privées dans des conditions répondant à son importance ou à la destination des constructions ou des aménagements envisagés, et notamment si les caractéristiques de ces voies rendent difficile la circulation ou l'utilisation des engins de lutte contre l'incendie. / Il peut également être refusé ou n'être accepté que sous réserve de prescriptions spéciales si les accès présentent un risque pour la sécurité des usagers des voies publiques ou pour celle des personnes utilisant ces accès. Cette sécurité doit être appréciée compte tenu, notamment, de la position des accès, de leur configuration ainsi que de la nature et de l'intensité du trafic. ".
18. D'une part, en vertu de l'article R. 111-1 du code de l'urbanisme, les dispositions de l'article R. 111-5 du même code sont inapplicables dans les territoires dotés d'un plan local d'urbanisme, comme en l'espèce.
19. D'autre part, il ressort des pièces du dossier, et en particulier du plan de masse, que l'accès de la parcelle est de 9 mètres de large et que le cheminement interne mesure, dans sa partie la plus étroite, 4 mètres. En outre, la parcelle se situe en zone UD, que le plan local d'urbanisme définit comme une " zone d'habitat constituée par des lotissements pavillonnaires à l'écart du Bourg ", où la circulation est de fait peu dense. Par ailleurs, il n'est pas allégué que le chemin desservant la parcelle présenterait une dangerosité particulière. Il ressort au contraire de la photographie jointe au dossier de demande qu'il est en bon état et suffisamment large pour permettre le croisement des voitures. Ainsi, les moyens tirés de la méconnaissance des articles UD 3 du règlement de la zone UD du plan local d'urbanisme de Saint-Caprais-de-Bordeaux et R. 111-5 du code de l'urbanisme doivent être écartés.
20. En cinquième lieu, aux termes de l'article UD 9 du règlement de la zone UD du plan local d'urbanisme de Saint-Caprais-de-Bordeaux : " L'emprise au sol des constructions ne peut excéder 25% de la superficie du terrain. / Cette limitation ne s'applique pas lors de l'aménagement visant à améliorer le confort ou la solidité de constructions existantes à usage d'habitation et si ces aménagements n'entraînent pas une augmentation de la surface de plancher supérieure à 10% de la surface de plancher existante. ". Selon l'article R. 420-1 du code de l'urbanisme, l'emprise au sol est définie comme à " la projection verticale du volume de la construction, tous débords et surplombs inclus. Toutefois, les ornements tels que les éléments de modénature et les marquises sont exclus, ainsi que les débords de toiture lorsqu'ils ne sont pas soutenus par des poteaux ou des encorbellements. ".
21. Il ressort des pièces du dossier, sans que cela ne soit sérieusement contesté par les requérants, qui se bornent à arguer de l'imprécision des plans et tentent de procéder à des calculs établis par leurs propres soins, lesquels prennent en compte, contrairement à ce qu'indiquent les dispositions du code de l'urbanisme, les débords de toiture, que l'emprise au sol totale des constructions est de 173,64 m2 pour une surface totale du terrain de 704 m2, et représente ainsi 24,7% de la superficie du terrain, en dessous du pourcentage maximal imposé par l'article du plan local d'urbanisme précité. Par suite, le moyen tiré de sa méconnaissance doit être écarté.
22. En sixième lieu, aux termes de l'article UD 10 du règlement de la zone UD du plan local d'urbanisme de Saint-Caprais-de-Bordeaux : " La hauteur maximale autorisée est de 7 mètres comptés du sol naturel à l'égout de toiture ou à 9 mètres, comptés du sol naturel au faîtage (les ouvrages techniques, cheminées et autres superstructures étant exclus). () ".
23. En l'espèce, il ressort tant du plan de masse que du plan en coupes que la hauteur au faîtage est de 4,34 mètres pour la maison 1 et de 7,46 mètres pour la maison 2, soit en dessous du seuil de 9 mètres imposé par les dispositions précitées. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UD 10 du règlement de la zone UD du plan local d'urbanisme de Saint-Caprais-de-Bordeaux doit être écarté.
24. En septième lieu, aux termes de l'article UD 13 du règlement de la zone UD du plan local d'urbanisme de Saint-Caprais-de-Bordeaux : " L'implantation des constructions doit respecter au mieux la végétation existante. / Les espaces libres de toute construction et aménagement de surface (voies, allées, parkings) doivent être végétalisés et plantés et convenablement entretenus. / Lorsque des plantations de valeur existent sur le terrain, elles doivent être maintenues dans toute la mesure du possible lors de l'opération d'aménagement. / Les parkings de surface doivent recevoir un aménagement végétal à raison de 1 arbre pour 2 (ou 4) places de stationnement. / Les lotissements ou groupes d'habitations doivent avoir un espace commun, équivalent à 10 % de leur superficie totale planté (à raison de 20% d'arbres de haute tige) ".
25. Tout d'abord, il ressort des pièces du dossier, et notamment de la notice architecturale du dossier de demande de permis de construire, que le projet prévoit une emprise au sol des constructions de 173,64 m2, des accès d'une surface de 150 m2 et, pour le reste, un espace en pleine terre de 380 m2. Il en ressort également qu'à l'exception des accès qui seront traités en calcaire, le reste du terrain sera constitué de pelouse, de sorte que les espaces libres de toute construction seront végétalisés. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier que le terrain d'assiette du projet comporte des plantations de valeur, de sorte que les pétitionnaires n'étaient pas tenus d'en faire mention dans leur demande de permis de construire, alors qu'il ressort au contraire des pièces du dossier que le terrain est constitué d'herbes et de quatre arbres dont il n'est pas démontré qu'ils revêtiraient une protection particulière.
26. Ensuite, il ressort des pièces du dossier que l'espace en pleine terre du terrain d'assiette du projet ne fait pas l'objet d'un usage privatif et n'est pas délimité ou affecté à l'une ou l'autre des deux maisons, et doit dès lors être regardé comme un espace commun.
27. Enfin, en revanche, il ne ressort pas des pièces du dossier que le projet ait prévu que les aires de stationnement reçoivent un aménagement végétal, contrairement à ce qu'imposent les dispositions citées au point 24, et alors que les trois arbres à planter ne se situent pas sur ou même en contiguïté desdites aires. Dès lors, en cette dernière branche, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article UD 13 du règlement de la zone UD du plan local d'urbanisme de Saint-Caprais-de-Bordeaux est fondé.
28. Il résulte de ce qui précède que M. B et Mme F sont fondés à demander l'annulation de la décision attaquée. Pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, aucun autre moyen n'est susceptible de fonder l'annulation de celle-ci.
Sur la portée de l'annulation :
29. Aux termes de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5-1, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable, estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice n'affectant qu'une partie du projet peut être régularisé, limite à cette partie la portée de l'annulation qu'il prononce et, le cas échéant, fixe le délai dans lequel le titulaire de l'autorisation pourra en demander la régularisation, même après l'achèvement des travaux. Le refus par le juge de faire droit à une demande d'annulation partielle est motivé ".
30. Lorsque les éléments d'un projet de construction ou d'aménagement auraient pu faire l'objet d'autorisations distinctes, le juge de l'excès de pouvoir peut prononcer l'annulation partielle de l'autorisation d'urbanisme en raison de la divisibilité des éléments composant le projet litigieux. En dehors de cette hypothèse, les dispositions de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme permettent au juge de l'excès de pouvoir de procéder à l'annulation partielle d'une autorisation d'urbanisme dans le cas où l'illégalité affecte une partie identifiable du projet et peut être régularisée par un permis modificatif. L'application de ces dispositions n'est pas subordonnée à la condition que la partie du projet affectée par le vice soit matériellement détachable du reste du projet.
31. Le vice entachant d'illégalité la décision contestée, relevé au point 27, n'affecte qu'une partie identifiable du projet autorisé. Dans ces conditions, il y a lieu de faire application des dispositions de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme précité et de prononcer l'annulation partielle de l'arrêté du 28 mai 2021 en tant seulement que le projet ne prévoit pas d'aménagement végétal sur les aires de stationnement, en méconnaissance de l'article UD 13 du règlement de la zone UD du plan local d'urbanisme de Saint-Caprais-de-Bordeaux.
Sur les frais liés au litige :
32. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. B et Mme F, qui ne sont pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que les pétitionnaires et la commune demandent au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Saint-Caprais-de-Bordeaux et des pétitionnaires la somme demandée par les requérants au même titre.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 28 mai 2021 est annulé partiellement en tant qu'il ne prévoit pas d'aménagement végétal sur les aires de stationnement, en méconnaissance de l'article UD 13 du règlement de la zone UD du plan local d'urbanisme de Saint-Caprais-de-Bordeaux.
Article 2 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. E B et Mme G F, à M. H A et Mme C D et à la commune de Saint-Caprais-de-Bordeaux.
Délibéré après l'audience du 20 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Cabanne, présidente,
M. Pinturault, premier conseiller,
M. Frézet, conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 octobre 2023.
Le rapporteur,
C. FREZET
La présidente,
C. CABANNE La greffière,
M.-A. PRADAL
La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026