mercredi 21 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2103927 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL HMS ATLANTIQUE AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 29 juillet 2021, la société Severini Habitat, représentée par Me Bonneau, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du maire de Mérignac du 9 juin 2021 refusant de lui délivrer un permis de construire pour la construction de deux bâtiments collectifs composés de quatorze logements, sur un terrain composé des parcelles cadastrées section AH 45 et AH 46, situé 153-155 avenue de la Somme ;
2°) d'enjoindre au maire de Mérignac de lui délivrer le permis de construire sollicité ;
3°) de mettre une somme de 3 000 euros à la charge de la commune de Mérignac.
Elle soutient que :
- il n'est pas justifié de la compétence de l'auteur de l'acte ;
- l'arrêté est entaché d'erreur de droit et d'une erreur d'appréciation ; en effet le projet s'insère dans un environnement urbain dépourvu d'intérêt particulier, présente un volume modéré, limite l'artificialisation des sols, est végétalisé, répond à l'objectif de densification urbaine des auteurs du plan local d'urbanisme et respecte toutes les dispositions du règlement du plan local d'urbanisme ;
- la prescription selon laquelle tout nouveau projet de construction devra être soumis à la ville pour avis préalable est illégale.
Par un mémoire enregistré le 22 septembre 2022, la commune de Mérignac, représentée par le cabinet HMS Atlantique Avocats, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de la société requérante en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par une ordonnance du 23 septembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée en dernier lieu au 24 octobre 2022.
Vu la décision attaquée et les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Pouget, président,
- les conclusions de M. Vaquero, rapporteur public,
- les observations de Me Bonneau, représentant la société Severini Habitat,
- et les observations de Me Cazcarra, représentant la commune de Mérignac.
Considérant ce qui suit :
1. La société Severini Habitat a déposé le 23 mars 2021 une demande d'autorisation pour la construction de deux bâtiments d'habitat collectif comportant au total quatorze logements sur un terrain cadastré section AH n°s 45 et 46 situé au 153-155 avenue de la Somme à Mérignac. Par un arrêté du 9 juin 2021, le maire de Mérignac a refusé la délivrance du permis de construire sollicité. La société Severini Habitat demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En second lieu, aux termes de l'article 2.4.1.1 du règlement de la zone UPZ7-4p du règlement du plan local d'urbanisme 3.1 de Bordeaux Métropole, dans laquelle se situe le terrain d'assiette du projet : " La situation des constructions, leur architecture, leurs dimensions et leur aspect extérieur doivent être adaptés au caractère et à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales () ".
3. Pour rechercher l'existence d'une atteinte à un paysage urbain ou naturel de nature à fonder le refus de permis de construire ou les prescriptions spéciales accompagnant la délivrance de ce permis, il appartient à l'autorité compétente d'apprécier, dans un premier temps, la qualité du site urbain ou naturel sur lequel la construction est projetée et d'évaluer, dans un second temps, l'impact que cette construction, compte tenu de sa nature et de ses effets, pourrait avoir sur le site.
4. En l'occurrence, pour refuser l'autorisation de construire sollicitée au visa des dispositions précitées, le maire de Mérignac a relevé d'une part que le projet, qui porte sur la création de deux bâtiments collectifs implantés sur des parcelles arborées en lieu et place de maisons individuelles, concourra à la suppression des boisements existants et à une artificialisation inopportune du terrain. Ces arguments, étrangers à la préservation du caractère et de l'intérêt des lieux et paysages avoisinants, ne peuvent toutefois être utilement opposés au pétitionnaire sur le fondement des dispositions précitées de l'article 2.4.1.1. du règlement de zone, alors au demeurant qu'il ressort des pièces du dossier de demande de permis de construire que l'emprise bâtie du projet ne représente que 37 % de la surface du terrain d'assiette et que les plantations supprimées seront plus que compensées. La décision litigieuse souligne d'autre part que le projet, par sa volumétrie " en rupture avec l'échelle domestique des constructions avoisinantes, n'est pas résolu formellement et n'est pas de nature à s'inscrire harmonieusement dans le tissu périurbain de type pavillonnaire composé principalement de maisons d'habitation de plain-pied ". Il ressort cependant des pièces du dossier que le projet s'implante à proximité immédiate d'un carrefour giratoire bordé d'établissements artisanaux ou commerciaux et d'une station-service, son terrain d'assiette jouxtant un parking. Si le quartier peut effectivement être qualifié d'essentiellement pavillonnaire, il présente d'ores et déjà, le long de l'avenue de la Somme qui dessert les constructions projetées, une urbanisation disparate intégrant divers locaux commerciaux, dont certains avec étage, comportant des toitures terrasse. Ainsi, eu égard au positionnement du projet le long de cette même voie, en limite de lotissement, son environnement immédiat ne peut être regardé comme présentant une unité ou un intérêt notable et, dans ces conditions, la seule circonstance que les deux bâtiments à édifier, en R + 3, présentent une hauteur et un gabarit supérieur à celui des constructions avoisinantes n'est pas de nature à caractériser en l'espèce une atteinte à l'intérêt et au caractère des lieux avoisinants. Par suite, le maire de Gradignan a entaché sa décision d'une erreur d'appréciation en estimant que le projet de la société Severini Habitat est de nature à porter atteinte au caractère des lieux avoisinants, au sens des dispositions précitées de l'article 2.4.1.1 du plan local d'urbanisme et en lui refusant, pour ce motif, la délivrance du permis de construire sollicité.
5. Il résulte de ce qui précède que la société Severini Habitat est fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 9 juin 2021. Pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, aucun autre moyen de la requête n'est de nature à fonder une annulation de l'acte.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public () prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution () ". Et aux termes de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme : " Lorsque la décision rejette la demande ou s'oppose à la déclaration préalable, elle doit être motivée. /Cette motivation doit indiquer l'intégralité des motifs justifiant la décision de rejet ou d'opposition, notamment l'ensemble des absences de conformité des travaux aux dispositions législatives et réglementaires mentionnées à l'article L. 421-6. / () ".
7. Lorsque le juge annule un refus d'autorisation ou une opposition à une déclaration après avoir censuré l'ensemble des motifs que l'autorité compétente a énoncés dans sa décision conformément aux prescriptions de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme ainsi que, le cas échéant, les motifs qu'elle a pu invoquer en cours d'instance, il doit, s'il est saisi de conclusions à fin d'injonction, ordonner à l'autorité compétente de délivrer l'autorisation ou de prendre une décision de non-opposition. Il n'en va autrement que s'il résulte de l'instruction soit que les dispositions en vigueur à la date de la décision annulée, qui eu égard aux dispositions de l'article L. 600-2 du code de l'urbanisme demeurent applicables à la demande, interdisent de l'accueillir pour un motif que l'administration n'a pas relevé, ou que, par suite d'un changement de circonstances, la situation de fait existant à la date du jugement y fait obstacle. L'autorisation d'occuper ou utiliser le sol délivrée dans ces conditions peut être contestée par les tiers sans qu'ils puissent se voir opposer les termes du jugement ou de l'arrêt.
8. En l'espèce, il résulte de ce qui précède que le motif fondant l'arrêté du 9 juin 2021 est entaché d'illégalité. Par ailleurs, en l'état du dossier, il ne résulte pas de l'instruction que les dispositions en vigueur à la date de la décision annulée interdisent d'accueillir les conclusions à fin d'injonction de délivrer le permis de construire sollicité présentées par la société requérante pour un motif que l'administration n'a pas relevé, ni qu'un changement des circonstances de fait y fasse obstacle. Par suite, le présent jugement implique nécessairement la délivrance de l'autorisation d'urbanisme sollicitée. Dès lors, il y a lieu d'enjoindre au maire de Mérignac de délivrer à la société Severini Habitat le permis de construire qu'elle a sollicité, dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les conclusions relatives aux frais de l'instance :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la société Severini Habitat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la commune de Mérignac lui réclame sur ce fondement. En revanche il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sur le fondement des mêmes dispositions, de mettre à la charge de la commune de Mérignac la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la société Severini Habitat et non compris dans les dépens.
DECIDE :
Article 1er : L'arrêté du maire de Mérignac du 9 juin 2021 est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au maire de Mérignac de délivrer le permis de construire sollicité par la société Severini Habitat dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : La commune de Mérignac versera à la société Severini Habitat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la société Severini Habitat et à la commune de Mérignac.
Délibéré après l'audience du 7 juin 2023 à laquelle siégeaient :
M. Pouget, président,
M. Josserand, conseiller,
M. Frézet, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 juin 2023.
Le président rapporteur,
L. POUGET
L'assesseur le plus ancien,
L. JOSSERAND
La greffière,
M-A. PRADAL
La République mande et ordonne au préfet de la Gironde ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026