lundi 31 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2104019 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | MAUBLANC |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête et un mémoire, enregistrés le 28 juillet 2021 et le 13 juin 2022, sous le n° 2104019, M. A B, représenté par Me Jean-Pierre Maublanc, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite née du silence gardé par la préfète de la Gironde sur sa demande du 17 mars 2021 tendant à la régularisation de sa situation et au versement des cotisations sociales obligatoires auprès des organismes de retraite pour les vacations qu'il a assurées en qualité d'agent non titulaire;
2°) d'enjoindre aux services de l'Etat " dans un bref délai " et " aux administrations mises en cause " de procéder à cette régularisation ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que l'affiliation des agents non titulaires de l'Etat et des collectivités publiques au régime général de la sécurité sociale et au régime de retraite complémentaire de l'institut de retraite complémentaire des agents non titulaires de l'Etat et des collectivités publiques (ircantec) pour leur retraite complémentaire et le versement des cotisations correspondantes durant toute la période d'activité est une obligation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 mai 2022, la préfète de la Gironde conclut à titre principal à l'irrecevabilité de la requête et à titre subsidiaire à son rejet au fond.
Elle soutient que :
- la requête, qui se borne à indiquer que les versements de cotisations aux organismes de retraite n'ont pas été réalisés et à prétendre que plusieurs démarches ont été entamées, sans fournir aucun justificatif quant aux formations effectuées et à la nature des cotisations en cause, ne contient aucun moyen en méconnaissance de l'article R. 411-1 du code de justice administrative ;
- elle est également irrecevable dès lors qu'elle vise à enjoindre des actions à d'autres administrations que celle auteur de la décision attaquée ;
- la requête dirigée contre la décision implicite de rejet du 18 mai 2021 est tardive dès lors qu'elle n'a été enregistrée au greffe du tribunal que le 28 juillet 2021 ;
- en outre, à la date à laquelle M. B, qui a fait valoir ses droits à la retraite le 1er février 2017, a saisi ses services, les créances relatives à la liquidation de sa retraite étaient prescrites depuis le 1er février 2021 ;
- à titre subsidiaire, l'activité exercée par M. B pour le compte des administrations de l'Etat, et pour laquelle il a été rémunéré, s'analyse comme une prestation de services ne pouvant donner lieu à cotisation ; M. B ne justifie pas de sa qualité d'agent non titulaire de l'Etat et de vacataire.
Par une ordonnance du 14 juin 2022, la clôture de l'instruction de cette affaire a été reportée du 16 juin au 31 août 2022.
Par courrier du 5 octobre 2022, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'incompétence de la juridiction administrative pour connaître de ce litige.
M. B a présenté des observations en réponse à cette information qui ont été enregistrées le 12 octobre 2022.
II. Par une requête, enregistrée le 28 juillet 2021, sous le n° 2104120, M. B représenté par Me Maublanc, demande au tribunal, par les mêmes moyens que ceux analysés sous le n° 2104019 :
1°) d'annuler la décision implicite née du silence gardé par le recteur de l'académie de Bordeaux sur sa demande du 24 mars 2021 tendant à la régularisation de sa situation et au versement des cotisations sociales obligatoires auprès des organismes de retraite pour les vacations qu'il a assurées en qualité d'agent non titulaire;
2°) d'enjoindre aux services de l'Etat " dans un bref délai " et " aux administrations mises en cause " de procéder à cette régularisation ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un mémoire, enregistré le 30 septembre 2022, la rectrice de l'académie de Bordeaux conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- la requête est portée devant une juridiction incompétente pour en connaître ;
- en tout état de cause, la requête n'est pas fondée dès lors que ses services ont procédé aux régularisations nécessaires.
Par un mémoire enregistré le 12 octobre 2022, M. B déclare se désister de sa requête.
III. Par une requête et un mémoire, enregistrés le 11 aout 2021 et le 15 juin 2022, sous le n° 2104190, M. B représenté par Me Maublanc, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite née du silence gardé par la direction régionale de l'institut national de la statistique et des études économiques (Insee) sur sa demande du 2 juin 2021 tendant à la régularisation de sa situation et au versement des cotisations sociales obligatoires auprès des organismes de retraite pour les vacations qu'il a assurées en qualité d'agent non titulaire;
2°) d'enjoindre aux services de l'Etat " dans un bref délai " et " aux administrations mises en cause " de procéder à cette régularisation ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le contentieux engagé par M. B ne se rapporte pas au calcul des versements de cotisations sociales ni à la détermination de leur assiette ou de leur taux en application de la qualité d'assuré social, mais il met en cause une décision d'une autorité publique qui refuse l'exécution d'une obligation imposée aux employeurs publics d'affiliation de leurs agents au régime général de la sécurité sociale et au régime complémentaire des agents non titulaires ; il relève donc d'une question de droit public et non d'un contentieux de sécurité sociale au sens de l'article L. 142-1 du code de la sécurité sociale ;
- le tribunal administratif de Bordeaux est compétent en application de l'article R. 312-13 du code de justice administrative, à défaut, de l'article R. 351-8 du même code;
- l'affiliation des agents non titulaires de l'Etat et des collectivités publiques au régime général de la sécurité sociale et au régime de retraite complémentaire de l'ircantec pour leur retraite complémentaire et le versement des cotisations correspondantes durant toute la période d'activité est une obligation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 mai 2022, le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- à titre principal, la demande de M. B qui porte sur la régularisation des cotisations de l'assurance maladie pour les mois d'août et de novembre 2003 ne ressortit pas de la compétence de la juridiction administrative eu égard aux dispositions des articles L. 142-1 à L. 142-3 du code de la sécurité sociale ;
- l'Insee n'a pas opposé de refus à la demande de régularisation des cotisations au régime général de l'assurance vieillesse et au régime de retraite complémentaire réclamée par le requérant mais se trouve dans l'impossibilité d'y procéder et ne saurait dès lors être tenu pour responsable du défaut de régularisation.
Par une ordonnance du 30 mai 2022, la clôture de l'instruction de cette affaire a été reportée du 16 juin au 30 juin 2022.
IV. Par une requête, enregistrée le 7 septembre 2021, sous le n° 2104625, et un mémoire enregistré le 7 septembre 2022, M. B, représenté par Me Maublanc, demande au tribunal par les mêmes moyens que ceux analysés sous le n° 2104019 :
1°) d'annuler la décision implicite née du silence gardé par le Greta de Bordeaux sur sa demande du 28 juin 2021 tendant à la régularisation de sa situation et au versement des cotisations sociales obligatoires auprès des organismes de retraite pour les vacations qu'il a assurées en qualité d'agent non titulaire;
2°) d'enjoindre aux services de l'Etat " dans un bref délai " et " aux administrations mises en cause " de procéder à cette régularisation ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient en outre que sa requête n'est pas tardive.
Par un mémoire enregistré le 27 septembre 2021, le ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports informe le tribunal que seul le Greta de Bordeaux est compétent pour présenter des observations en défense au nom de l'Etat.
Par un mémoire, enregistré le 27 juillet 2022, le Greta CFA d'Aquitaine, représenté par Me Thierry Grossin-Bugat conclut au rejet de la requête et demande que M. B lui verse une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la requête de M. B est tardive ;
- il a procédé aux régularisations nécessaires, notamment depuis janvier 2018 et le requérant n'établit pas par les pièces qu'il produit précisément les périodes de cotisations que le Greta aurait omises.
Par une ordonnance du 28 juillet 2022, la clôture de l'instruction a été fixée, en dernier lieu au 12 septembre 2022.
Par courrier du 5 octobre 2022, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'incompétence de la juridiction administrative pour connaître de ce litige.
M. B a présenté des observations en réponse à cette information qui ont été enregistrées le 12 octobre 2022.
Vu les autres pièces des dossiers ;
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Jean-Claude Pauziès, président-rapporteur,
- les conclusions de Mme Mariane Champenois, rapporteure publique,
- et les observations de Me Grossin-Bugat, représentant le GRETA CFA d'Aquitaine.
Considérant ce qui suit :
1. De 1981 à 2005, M. B a assuré des formations auprès de la préfecture de la Gironde, de l'institut régional de management public, du rectorat de l'académie de Bordeaux, de la direction régionale des pays de la Loire de l'institut national de la statistique et des études économiques (Insee) à Nantes et du Greta de Bordeaux pour lesquelles il a été rémunéré. Il a fait valoir ses droits à la retraite le 1er février 2017. Ayant constaté que les services réalisés pour ces administrations n'avaient pas été accompagnés du versement des cotisations sociales auprès de la Carsat et de l'Ircantec, il a entrepris diverses démarches pour régulariser sa situation. Par courriers des 17 et 24 mars, 2 et 28 juin 2021, adressés respectivement à la préfecture de la Gironde, au recteur de l'académie de Bordeaux, à la direction régionale de l'Insee et au Greta de Bordeaux, M. B a réclamé la régularisation de sa situation au titre des cotisations sociales obligatoires à verser auprès des organismes de retraite pour les vacations qu'il a assurées en qualité d'agent non titulaire. Il demande au tribunal d'annuler les décisions implicites de rejet nées du silence gardé sur ces demandes et qu'il soit enjoint aux services de l'Etat et à toutes les administrations mises en cause de procéder à cette régularisation.
2. Les requêtes n° 2104019, n° 2104120, n° 2104190 et n° 2104625, présentées pour M. B ont le même objet et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur le désistement :
3. Par mémoire enregistré le 12 octobre 2022, M. B déclare se désister de sa requête n° 2104120. Ce désistement est pur et simple et rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.
Sur l'exception d'incompétence :
4. Aux termes de l'article L. 142-8 du code de la sécurité sociale : " Le juge judiciaire connaît des contestations relatives : / 1° Au contentieux de la sécurité sociale défini à l'article L. 142-1 ; ". Aux termes des dispositions de cet article L. 142-1 : " Le contentieux de la sécurité sociale comprend les litiges relatifs : / 1° A l'application des législations et réglementations de sécurité sociale et de mutualité sociale agricole ; / 2° Au recouvrement des contributions, versements et cotisations mentionnés au 5° de l'article L. 213-1 ; / 3° Au recouvrement des contributions, versements et cotisations mentionnés aux articles L. 1233-66, L. 1233-69, L. 3253-18, L. 5212-9, L. 5422-6, L. 5422-9, L. 5422-11, L. 5422-12 et L. 5424-20 du code du travail ; () ". En ce qui concerne les fonctionnaires ou agents de l'Etat et des collectivités publiques, le critère de la compétence des organismes du contentieux de la sécurité sociale est lié, non à la qualité des personnes en cause, mais à la nature même du différend.
5. Il résulte de ces dispositions que le juge judiciaire est compétent pour connaître des litiges relevant du contentieux de la sécurité sociale et notamment de ceux auxquels donne lieu l'application de la législation sur la sécurité sociale et qui ne relèvent pas, par leur nature, d'un autre contentieux. Il en va ainsi y compris lorsque les décisions contestées sont prises par une autorité administrative, dès lors que ces décisions sont inhérentes à la gestion d'un régime de sécurité sociale. Il en est de même des rapports entre les agents publics et leurs employeurs qui ont trait aux obligations de ces derniers au regard d'un régime de retraite géré par une institution de prévoyance, qui sont des rapports de droit privé. Les litiges auxquels peuvent donner lieu ces rapports échappent à la compétence de la juridiction administrative, y compris lorsque l'acte en cause émane d'une autorité administrative.
6. Les demandes de M. B tendant à l'annulation des décisions implicites par lesquelles la préfète de la Gironde, le directeur régional de l'Insee et le Greta de Bordeaux ont refusé de procéder à la régularisation des cotisations de sécurité sociale obligatoires auprès des organismes de retraite du régime général de sécurité sociale et du régime complémentaire de l'Ircantec pour les vacations qu'il a assurées en qualité d'agent non titulaire, sont relatives aux droits qu'il estime tenir de sa qualité d'assuré social, et ne ressortissent pas, par suite, de la compétence de la juridiction administrative.
7. Il résulte de ce qui précède que les requêtes de M. B doivent être rejetées, y compris les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Il n'y a pas lieu dans les circonstances de l'espèce de mettre à la charge du requérant la somme demandée par le Greta au même titre.
D É C I D E :
Article 1er : Il est donné acte du désistement de la requête n° 2104120 de M. B.
Article 2 : Les requêtes n° 2104019, 2104190 et 2104625 de M. B sont rejetées comme portées devant une juridiction incompétente pour en connaitre.
Article 3 : Les conclusions présentées par le Greta CFA d'Aquitaine au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse, à la rectrice de l'académie de Bordeaux, à la préfète de la Gironde et au Greta CFA d'Aquitaine.
Délibéré après l'audience du 18 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Pauziès, président,
M. Béroujon, premier conseiller,
Mme Passerieux, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe du tribunal le 31 octobre 2022.
Le premier assesseur
F. BÉROUJONLe président-rapporteur,
J-C. PAUZIÈS
La greffière,
A. JAMEAU
La République mande et ordonne à la préfète de la Gironde en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
2,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026