lundi 31 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2104331 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL CABINET FERRANT |
Vu la procédure suivante :
Par un déféré enregistré le 23 août 2021, le préfet de Lot-et-Garonne demande au tribunal d'annuler l'arrêté du maire de Casseneuil (47) n° PC 047 049 20 M0025 portant permis de construire délivré le 31 décembre 2020 à Mme A B et M. C D.
Il soutient que le permis de construire est illégal dès lors que le maire de Casseneuil a commis une erreur d'appréciation en octroyant un permis de construire supplémentaire dans une zone urbanisée dépourvue de moyens de défense extérieure contre l'incendie ayant pour conséquence de porter atteinte à la sécurité publique en aggravant le risque encouru, en méconnaissance de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme et du règlement départemental de défense extérieure contre l'incendie, lequel est directement opposable aux autorisations d'urbanisme.
Par des mémoires en défense enregistrés les 30 août et 2 septembre 2021, Mme A B et M. C D, représentés par Me Laplagne, avocat, conclut au rejet du déféré et à la mise à la charge de l'Etat de la somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- le déféré est irrecevable dès lors qu'il est tardif ;
- aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Par une intervention enregistrée le 7 septembre 2021, la communauté d'agglomération du Grand Villeneuvois, représentée par la SELARL Cabinet Ferrant, conclut au rejet du déféré et à la mise à la charge de l'Etat d'une somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La communauté d'agglomération du Grand Villeneuvois fait valoir que :
- son intervention est recevable ;
- le déféré est tardif, et, par suite, irrecevable ;
- aucun des moyens n'est fondé.
Par un mémoire en défense enregistré le 20 octobre 2021, la commune de Casseneuil (47), représentée par le cabinet d'avocats Lexia, conclut au rejet du déféré et à la mise à la charge de l'Etat d'une somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- le déféré est tardif, et par suite, irrecevable ;
- aucun des moyens n'est fondé.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Delvolvé, président-rapporteur,
- les conclusions de Mme Passerieux, rapporteure publique,
- et les observations de Me Hardouin, représentant la commune de Casseneuil.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B et M. D ont déposé le 10 novembre 2020 auprès du maire de Casseneuil une demande de permis de construire portant sur la construction d'une maison d'habitation avec garage sur un terrain cadastre ZK 558, lieu-dit " Coudots ", en zone en zone UC du Plan Local d'Urbanisme intercommunal (PLUi) de la communauté d'agglomération du Grand Villeneuvois. Le maire de Casseneuil a fait droit à cette demande par un arrêté en date du 31 décembre 2020, transmis à la préfecture de Lot-et-Garonne le 8 janvier 2021 au titre du contrôle de légalité, comme prévu à l'article L.2131-1 du code général des collectivités territoriales. Une lettre de demande de pièces complémentaires a été adressée le 15 février 2021 au maire de Casseneuil laquelle en a accusé réception le 22 février 2021et n'y a donné aucune suite. Par une lettre d'observation en date du 11 mai 2021, reçue le 18 mai 2021, valant recours gracieux, le préfet de Lot-et-Garonne a demandé au maire de Casseneuil le retrait de cet acte. Le maire de Casseneuil a rejeté le recours gracieux le 25 juin 2021. Le préfet de Lot-et-Garonne demande au tribunal d'annuler ledit permis de construire.
Sur l'intervention de la communauté d'agglomération du Grand Villeneuvois :
2. La communauté d'agglomération (CA) du Grand Villeneuvois a reçu compétence pour instruire les autorisations d'urbanisme en lieu et place de ses communes membres. Elle justifie en conséquence d'un intérêt suffisant au maintien de l'arrêté du permis de construire délivré le 31 décembre 2020 par le maire de Casseneuil à Mme A B et M. C D. Dans ces conditions, l'intervention de la communauté d'agglomération est recevable.
Sur la légalité du permis de construire :
3. Aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations. "
4. En vertu de ces dispositions, lorsqu'un projet de construction est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique, le permis de construire ne peut être refusé que si l'autorité compétente estime, sous le contrôle du juge, qu'il n'est pas légalement possible, au vu du dossier et de l'instruction de la demande de permis, d'accorder le permis en l'assortissant de prescriptions spéciales qui, sans apporter au projet de modification substantielle nécessitant la présentation d'une nouvelle demande, permettraient d'assurer la conformité de la construction aux dispositions législatives et réglementaires dont l'administration est chargée d'assurer le respect.
5. Aux termes de l'article L. 421-6 du code de l'urbanisme : " Le permis de construire ou d'aménager ne peut être accordé que si les travaux projetés sont conformes aux dispositions législatives et réglementaires relatives à l'utilisation des sols, à l'implantation, la destination, la nature, l'architecture, les dimensions, l'assainissement des constructions et à l'aménagement de leurs abords et s'ils ne sont pas incompatibles avec une déclaration d'utilité publique. ". Aux termes de l'article L. 2213-32 du code général des collectivités territoriales : " Le maire assure la défense extérieure contre l'incendie. ". Aux termes de l'article L. 2225-1 du même code : " La défense extérieure contre l'incendie a pour objet d'assurer, en fonction des besoins résultant des risques à prendre en compte, l'alimentation en eau des moyens des services d'incendie et de secours par l'intermédiaire de points d'eau identifiés à cette fin. Elle est placée sous l'autorité du maire conformément à l'article L. 2213 32. ". Aux termes de l'article R. 2225-3 du même code : " I. - Un règlement départemental fixe pour chaque département les règles, dispositifs et procédures de défense extérieure contre l'incendie. () III. - Ce règlement est élaboré par le service départemental d'incendie et de secours en application des dispositions de l'article L. 1424-2. Il est établi en concertation avec les maires et l'ensemble des acteurs concourant à la défense extérieure contre l'incendie. / Il est arrêté par le préfet de département après avis du conseil d'administration du service départemental d'incendie et de secours. () ". Aux termes de l'article R. 2225-4 du même code : " Conformément aux dispositions du règlement départemental, le maire () : / 1° Identifie les risques à prendre en compte ; / 2° Fixe, en fonction de ces risques, la quantité, la qualité et l'implantation des points d'eau incendie identifiés pour l'alimentation en eau des moyens des services d'incendie et de secours, ainsi que leurs ressources. () ".
6. Il résulte de ces dispositions qu'un règlement départemental de défense extérieure contre l'incendie, qui constitue une norme relevant de la police spéciale de la défense extérieure contre l'incendie et non de la réglementation de l'urbanisme, n'est pas au nombre des règles dont l'autorité administrative doit assurer le respect lors de la délivrance d'un permis de construire. Ainsi, le règlement départemental de défense extérieure contre l'incendie de Lot-et-Garonne approuvé le 20 juin 2017 n'est pas directement opposable au permis de construire attaqué. Par suite, le moyen de la requête tiré de ce que le projet en litige méconnaîtrait le règlement départemental de défense extérieure contre l'incendie de Lot-et-Garonne ne peut être utilement invoqué à l'encontre du permis de construire attaqué et ne peut qu'être écarté.
7. Le préfet de Lot-et-Garonne soutient que le maire de Casseneuil aurait dû refuser de délivrer le permis de construire en litige dès lors qu'il augmente le risque d'incendie dans la zone concernée au regard des prescriptions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme. Il ressort des pièces du dossier que le terrain d'assiette du projet est situé en zone UC du PLUi, laquelle zone " couvre les quartiers résidentiels moyennement ou peu denses de périphérie ", que la parcelle où est implanté le projet de construction est comprise dans une zone dégagée de tout espace boisé et d'aléa incendie faible, qu'il existe une voie d'accès à la parcelle large de 3,5 mètres et qui débouche directement sur la route départementale n°242, que plusieurs maisons existantes situées à proximité immédiate possèdent des piscines et que la construction envisagée consiste en une maison individuelle d'habitation de 130 m², de plain-pied et comprenant trois chambres. Dans ces circonstances, la construction projetée n'est pas manifestement de nature à porter atteinte à la sécurité publique. Le moyen doit donc être écarté.
8. Si le préfet de Lot-et-Garonne invoque également la méconnaissance des articles L. 2213-32, L. 2225-1 et L. 2225-3 du code général des collectivités territoriales, qui consacrent l'obligation, pour l'autorité municipale, d'assurer la défense extérieure contre l'incendie, la circulaire interministérielle du 10 décembre 1951 relative à la défense extérieure contre l'incendie, laquelle a été abrogée, et sa circulaire du 24 septembre 2020 portant rappel des obligations de l'autorité municipale en matière de défense extérieure contre l'incendie, de tels moyens sont inopérants à l'encontre du refus de permis de construire en litige.
9. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, que le déféré du préfet du Lot-et-Garonne doit être rejeté.
Sur les frais d'instance :
10. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme au titre des frais exposés par la commune de Casseneuil et la communauté d'agglomération du Grand Villeneuvois et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'intervention de la communauté d'agglomération du Grand Villeneuvois est admise.
Article 2 : Le déféré du préfet de Lot-et-Garonne est rejeté.
Article 3 : Les conclusions des parties tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié au préfet de Lot-et-Garonne, à la commune de Casseneuil, à Mme A B et M. C D et à la communauté d'agglomération du Grand Villeneuvois.
Délibéré après l'audience du 17 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Delvolvé, président-rapporteur,
Mme Molina-Andréo, première conseillère,
M. Naud, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 octobre 2022.
L'assesseure la plus ancienne
dans l'ordre du tableau,
B. MOLINA-ANDREO
Le président-rapporteur,
Ph. DELVOLVÉ
Le greffier,
A. PONTACQ
La République mande et ordonne au préfet de Lot-et-Garonne en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026