lundi 31 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2104351 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | SELAS CAZAMAJOUR ET URBANLAW |
Vu la procédure suivante :
Par un déféré enregistré le 25 août 2021, le préfet de Lot-et-Garonne demande au tribunal d'annuler l'arrêté du maire de Monflanquin (47) n° PC n° 047 175 21 B0002 portant permis de construire délivré le 12 février 2021 à M. B D et Mme C A pour la construction d'une maison d'habitation avec démolition partielle d'un bâtiment existant.
Il soutient que le permis de construire est illégal dès lors que le maire de Monflanquin a commis une erreur d'appréciation en octroyant un permis de construire supplémentaire dans une zone urbanisée dépourvue de moyens de défense extérieure contre l'incendie ayant pour conséquence de porter atteinte à la sécurité publique en aggravant le risque encouru, en méconnaissance de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme et du règlement départemental de défense extérieure contre l'incendie, lequel est directement opposable aux autorisations d'urbanisme, alors que les moyens privés de lutte contre l'incendie sont eux-mêmes insuffisants.
Par un mémoire en défense enregistré le 10 décembre 2021, la commune de Monflanquin (47), représentée par la selas Cazamajour et Urbanlaw, conclut au rejet du déféré et à la mise à la charge de l'Etat d'une somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Delvolvé, président-rapporteur,
- les conclusions de Mme Passerieux, rapporteure publique,
- et les observations de Me Maginot, représentant la commune de Monflanquin.
Considérant ce qui suit :
1. Le 14 janvier 2021, M. B D et Mme C A ont déposé en mairie une demande de permis de construire portant sur la construction d'une maison d'habitation avec démolition partielle d'un bâtiment existant. Par arrêté du 12 février 2021, le maire de Monflanquin (47) leur a délivré le permis de construire n° PC 047 175 21 B0002. Le préfet de Lot-et-Garonne a, par courrier en date du 22 avril 2021, exercé un recours gracieux à l'encontre de cet arrêté. Par le présent déféré, le Préfet de Lot-et-Garonne demande au tribunal d'annuler ledit permis de construire.
Sur la légalité du permis de construire :
2. Aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations. "
3. En vertu de ces dispositions, lorsqu'un projet de construction est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique, le permis de construire ne peut être refusé que si l'autorité compétente estime, sous le contrôle du juge, qu'il n'est pas légalement possible, au vu du dossier et de l'instruction de la demande de permis, d'accorder le permis en l'assortissant de prescriptions spéciales qui, sans apporter au projet de modification substantielle nécessitant la présentation d'une nouvelle demande, permettraient d'assurer la conformité de la construction aux dispositions législatives et réglementaires dont l'administration est chargée d'assurer le respect.
4. Aux termes de l'article L. 421-6 du code de l'urbanisme : " Le permis de construire ou d'aménager ne peut être accordé que si les travaux projetés sont conformes aux dispositions législatives et réglementaires relatives à l'utilisation des sols, à l'implantation, la destination, la nature, l'architecture, les dimensions, l'assainissement des constructions et à l'aménagement de leurs abords et s'ils ne sont pas incompatibles avec une déclaration d'utilité publique. ". Aux termes de l'article L. 2213-32 du code général des collectivités territoriales : " Le maire assure la défense extérieure contre l'incendie. ". Aux termes de l'article L. 2225-1 du même code : " La défense extérieure contre l'incendie a pour objet d'assurer, en fonction des besoins résultant des risques à prendre en compte, l'alimentation en eau des moyens des services d'incendie et de secours par l'intermédiaire de points d'eau identifiés à cette fin. Elle est placée sous l'autorité du maire conformément à l'article L. 2213 32. ". Aux termes de l'article R. 2225-3 du même code : " I. - Un règlement départemental fixe pour chaque département les règles, dispositifs et procédures de défense extérieure contre l'incendie. () III. - Ce règlement est élaboré par le service départemental d'incendie et de secours en application des dispositions de l'article L. 1424-2. Il est établi en concertation avec les maires et l'ensemble des acteurs concourant à la défense extérieure contre l'incendie. / Il est arrêté par le préfet de département après avis du conseil d'administration du service départemental d'incendie et de secours. () ". Aux termes de l'article R. 2225-4 du même code : " Conformément aux dispositions du règlement départemental, le maire (): / 1° Identifie les risques à prendre en compte ; / 2° Fixe, en fonction de ces risques, la quantité, la qualité et l'implantation des points d'eau incendie identifiés pour l'alimentation en eau des moyens des services d'incendie et de secours, ainsi que leurs ressources. () ".
5. Il résulte de ces dispositions qu'un règlement départemental de défense extérieure contre l'incendie, qui constitue une norme relevant de la police spéciale de la défense extérieure contre l'incendie et non de la réglementation de l'urbanisme, n'est pas au nombre des règles dont l'autorité administrative doit assurer le respect lors de la délivrance d'un permis de construire. Ainsi, le règlement départemental de défense extérieure contre l'incendie de Lot-et-Garonne approuvé le 20 juin 2017 n'est pas directement opposable au permis de construire attaqué. Par suite, le moyen de la requête tiré de ce que le projet en litige méconnaîtrait le règlement départemental de défense extérieure contre l'incendie de Lot-et-Garonne ne peut être utilement invoqué à l'encontre du permis de construire attaqué et ne peut qu'être écarté.
6. Le préfet de Lot-et-Garonne soutient que le maire de Monflanquin aurait dû refuser de délivrer le permis de construire en litige dès lors qu'il augmente le risque d'incendie dans la zone concernée au regard des prescriptions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme. Il ressort des pièces du dossier que le terrain d'assiette du projet est situé en zone UB du PLUi, fin de zone urbanisable et à la limite d'une zone agricole, que la parcelle où est implanté le projet de construction est comprise dans une zone dégagée de tout espace boisé et d'aléa incendie faible, que le projet prévoit la réalisation d'une piscine d'une capacité de 44,8 m3 située à proximité immédiate de la maison d'habitation et accessible par les véhicules de lutte contre l'incendie, que les pétitionnaires se sont eux-mêmes engagés à maintenir le dispositif fonctionnel dans le temps avec la possibilité de son utilisation à son débit minimal pendant plus de 95% de la durée annuelle ainsi qu'à conclure une convention d'utilisation et de contrôle de ce dispositif de défense contre l'incendie avec l'autorité compétente. Compte tenu des moyens existants de lutte contre l'incendie, la construction projetée n'est pas manifestement de nature à porter atteinte à la sécurité publique. Le moyen doit donc être écarté.
7. Si le préfet de Lot-et-Garonne invoque également la méconnaissance des articles L. 2213-32, L. 2225-1 et L. 2225-3 du code général des collectivités territoriales, qui consacrent l'obligation, pour l'autorité municipale, d'assurer la défense extérieure contre l'incendie, la circulaire interministérielle du 10 décembre 1951 relative à la défense extérieure contre l'incendie, laquelle a été abrogée, et sa circulaire du 24 septembre 2020 portant rappel des obligations de l'autorité municipale en matière de défense extérieure contre l'incendie, de tels moyens sont inopérants à l'encontre du refus de permis de construire en litige.
8. Il résulte de ce qui précède que le déféré du préfet du Lot-et-Garonne doit être rejeté.
Sur les frais d'instance :
9. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme au titre des frais exposés par la commune de Monflanquin et non compris dans les dépens en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Le déféré du préfet de Lot-et-Garonne est rejeté.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Monflanquin au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié au préfet de Lot-et-Garonne, à la commune de Monflanquin, à Mme E F et M. G H et à la communauté d'agglomération du Grand Villeneuvois.
Délibéré après l'audience du 17 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Delvolvé, président-rapporteur,
Mme Molina-Andréo, première conseillère,
M. Naud, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 octobre 2022.
L'assesseure la plus ancienne
dans l'ordre du tableau,
B. MOLINA-ANDREO
Le président-rapporteur,
Ph. DELVOLVÉ
Le greffier,
A. PONTACQ
La République mande et ordonne au préfet de Lot-et-Garonne en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026