jeudi 9 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2104460 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP CASADEI-JUNG ET ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 30 août 2021 et le 22 septembre 2023, et des pièces complémentaires enregistrées le 17 septembre 2021, M. E D et Mme C F, représentés par Me Castède, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 26 février 2021 par lequel le maire de la commune de Cubzac-les-Ponts a délivré à M. B un permis de construire une maison d'habitation sur un terrain cadastré AD 224 situé rue de Benescut, ainsi que la décision rejetant implicitement leur recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Cubzac-les-Ponts la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- cet arrêté a été signé par une autorité incompétente ;
- le dossier de demande de permis de construire est incomplet s'agissant du système d'assainissement non collectif ;
- il existe des incohérences entre les pièces du dossier s'agissant de la surface et des limites du terrain d'assiette du projet, qui n'ont pas permis au service instructeur de se prononcer en toute connaissance de cause sur le respect des articles UC 6, UC 7, UC 9 et UC 14 du règlement du plan local d'urbanisme ;
- le système d'assainissement non collectif est insuffisant, incompatible avec la proximité de plantations et ne respecte pas les normes sanitaires ;
- l'accès au terrain d'assiette du projet ne répond pas aux exigences de sécurité.
Par un mémoire en défense enregistré le 5 novembre 2021, la commune de Cubzac-les-Ponts, représentée par Me Cornille, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 5 000 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable ;
- aucun des moyens de la requête n'est fondé ;
- le cas échéant, le tribunal est invité à faire usage des pouvoirs qu'il tient de l'article L.600-5-1 du code de l'urbanisme.
Par un mémoire en défense enregistré le 15 mars 2022, M. B, représenté par Me Touche, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable ;
- aucun des moyens de la requête n'est fondé ;
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme I,
- les conclusions de M. Willem, rapporteur public,
- et les observations de Me Castede, représentant M. D et Mme F, de Me Gournay, représentant la commune de Cubzac-les-Ponts, de Me Touche, représentant M. B, et de M. le maire de Cubzac-les-Ponts.
Considérant ce qui suit :
1. Par arrêté du 26 février 2021, le maire de la commune de Cubzac-les-Ponts a délivré à M. B un permis de construire une maison d'habitation d'une surface de plancher de 120,27 m² sur un terrain cadastré section AD n°224 situé rue de Benescut. M. D et Mme F demandent au tribunal d'annuler cet arrêté, ainsi que la décision par laquelle le maire a implicitement rejeté leur recours gracieux.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne la compétence du signataire de l'arrêté :
2. L'arrêté en litige a été signé par M. G A, adjoint au maire chargé notamment de l'urbanisme, qui avait reçu délégation pour délivrer les autorisations d'occupation des sols au nom du maire par arrêté du 4 juin 2020, dont les mentions indiquent qu'il a été affiché en mairie et transmis au préfet le lendemain Par suite, le moyen tiré de ce que cet arrêté aurait été signé par une autorité incompétente doit être écarté.
En ce qui concerne la composition du dossier de demande de permis de construire :
3. Aux termes de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. Ce plan de masse () indique également, le cas échéant, les modalités selon lesquelles les bâtiments ou ouvrages seront raccordés aux réseaux publics ou, à défaut d'équipements publics, les équipements privés prévus, notamment pour l'alimentation en eau et l'assainissement. () ".
4. Aux termes de l'article UC 4 du règlement du plan local d'urbanisme : " () 2) Assainissement / Eaux usées/ () En l'absence du réseau collectif () les constructions et installations peuvent être autorisés, sous réserve que leurs eaux et matières usées soient dirigées sur des dispositifs de traitement autonomes agréés, conformes aux conclusions du schéma directeur d'assainissement et à la réglementation en vigueur. Ces dispositifs sont compatibles avec la nature du sol, la topographie, la forme et la nature du terrain () ".
5. Conformément aux dispositions de l'article R. 431-9, M. B a fait apparaître sur le plan de masse le dispositif d'assainissement non collectif prévu par son projet, qui consiste en la mise en place d'une tranchée d'épandage localisée en bordure sud du terrain d'assiette du projet. Il ressort également des pièces du dossier qu'il a joint à sa demande une étude pédologique. Le moyen tiré de ce que le dossier de permis de construire serait incomplet faute de comporter des précisions sur les spécificités du dispositif envisagé, ainsi qu'une analyse de la composition du sol, doit en conséquence être écarté.
En ce qui concerne les incohérences entre les plans du dossier s'agissant de la surface et des limites du terrain d'assiette du projet :
6. Tout d'abord, un permis de construire, qui est délivré sous réserve des droits des tiers, a pour seul objet d'assurer la conformité des travaux qu'il autorise avec la réglementation d'urbanisme. Si l'administration doit, pour l'application des règles d'urbanisme, s'assurer notamment de la réalité de la surface du terrain d'assiette du projet, il ne lui appartient pas de se prononcer sur un litige relatif aux limites de la parcelle en cause avec les parcelles voisines.
7. Ensuite, il ressort des pièces du dossier, et notamment du formulaire de demande de permis de construire, du plan de masse, et de la notice du projet architectural que le projet de M. B s'implante sur la seule parcelle cadastrée section AD n°224, d'une surface de 944 m². En se bornant à soutenir qu'il existe une discordance entre le plan de masse et le plan cadastral car il résulterait de la comparaison de ces deux plans que la clôture et la tranchée d'épandage prévues par le pétitionnaire seraient en réalité situées sur la parcelle AD 223 leur appartenant et non sur la parcelle AD 224, les requérants ne démontrent pas que la surface déclarée serait erronée. Leur moyen doit ainsi être écarté.
En ce qui concerne le système d'assainissement non collectif :
8. Il ressort des pièces du dossier que le dispositif d'assainissement non collectif prévu par le pétitionnaire a été autorisé par le service public de l'assainissement non collectif. Si les requérants soutiennent que ce dispositif serait insuffisant, incompatible avec la proximité de plantations et ne respecterait pas les normes sanitaires, ils n'apportent aucune justification à l'appui de leur allégation.
En ce qui concerne la sécurité de l'accès au terrain d'assiette du projet :
9. Aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations. "
10. Il ne ressort ni des pièces du dossier, ni des vues aériennes accessibles sur Google Maps que la sortie des véhicules du terrain d'assiette du projet présenterait un danger pour la sécurité de la circulation sur la voie publique eu égard, d'une part, à la configuration de cette voie et à la visibilité dont disposeront sur celle-ci les conducteurs des véhicules sortant de ce terrain et, d'autre part, à l'absence de tout élément démontrant que cette voie, qui a seulement vocation à desservir quelques habitations, connaîtrait un trafic particulièrement important. Par suite, le moyen tiré de ce que le permis de construire en litige aurait été délivré en méconnaissance des dispositions précitées doit être écarté.
11. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation présentées par les requérants doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir opposées en défense.
Sur les frais liés au litige :
12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Cubzac-les-Ponts, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par M. D et Mme F au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de M. D et de Mme F la somme de 1 500 euros à verser à M. B, et la somme de 1 500 euros à verser à la commune de Cubzac-les-Ponts au même titre.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. D et Mme F est rejetée.
Article 2 : M. D et Mme F verseront la somme de 1 500 euros à M. B, et la somme de 1 500 euros à la commune de Cubzac-les-Ponts au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D et Mme F, à la commune de Cubzac-les-Ponts et à M. B.
Délibéré après l'audience du 12 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Ferrari, président,
Mme I et Mme H, premières conseillères.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 novembre 2023.
La rapporteure,
E. I
Le président,
D. FERRARI La greffière,
E. SOURIS
La République mande et ordonne au préfet de la Gironde, en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2104460
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026