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AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2104537

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2104537

jeudi 29 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2104537
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation3ème Chambre
Avocat requérantROZE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 3 septembre 2021, Mme B A, représentée par Me Roze, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 20 mai 2021 par laquelle le président de l'université de Bordeaux a rejeté sa demande d'inscription en première année de master droit privé comparé comme irrecevable ;

2°) d'enjoindre au président de l'université de l'inscrire en première année de ce master ;

3°) de mettre à la charge de l'université de Bordeaux la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- cette décision ne mentionne pas les prénom et nom ainsi que la qualité de son auteur en méconnaissance des articles L. 212-1 et L. 212-2 du code des relations entre le public et l'administration ;

- elle est entachée d'erreur de droit.

Par un mémoire en défense enregistré le 6 octobre 2021, l'université de Bordeaux conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que :

- elle a rejeté la candidature de Mme A au master droit privé comparé par décision du 13 septembre 2021 qui s'est substituée à la décision attaquée et qu'il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'annulation de cette décision ;

- qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'éducation ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme D,

- les conclusions de M. Willem, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A a obtenu le diplôme de double licence en droit public et philosophie au titre de l'année universitaire 2019-2020, délivré par l'institut catholique de Paris. Toutes ses demandes d'inscription en première année de master pour l'année universitaire 2020/2021 ont été refusées. Elle a de nouveau présenté plusieurs candidatures en première année de master pour l'année universitaire 2021/2022, dont trois à l'université de Bordeaux pour les master " droit privé approfondi ", " droit pénal approfondi " et " droit privé comparé ". Ses deux premières candidatures ont été rejetées respectivement par décisions des 3 et 22 juin 2021 au motif que son niveau de connaissances ou de compétences était insuffisant. Sa troisième candidature a été rejetée comme irrecevable par décision du 20 mai 2021 au motif que l'université de Bordeaux avait décidé de limiter à deux le nombre de candidatures en première année de master pouvant être présentées par chaque étudiant. Mme A demande au tribunal d'annuler cette décision.

Sur l'étendue du litige :

2. Lorsqu'une décision administrative faisant l'objet d'un recours contentieux est retirée en cours d'instance pour être remplacée par une décision ayant la même portée, le recours doit être regardé comme tendant également à l'annulation de la nouvelle décision. Lorsque le retrait a acquis un caractère définitif, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions dirigées contre la décision initiale, qui ont perdu leur objet. Le juge doit, en revanche, statuer sur les conclusions dirigées contre la nouvelle décision.

3. Par décision du 13 septembre 2021, intervenue en cours d'instance, le président de l'université de Bordeaux a décidé de rejeter la candidature de Mme A en première année de master " droit privé comparé " au motif de l'insuffisance de son niveau de connaissances ou de compétences en droit privé. Cette décision doit être regardée comme ayant retiré et remplacé la décision du 20 mai 2021 et comme ayant une portée identique. Ce retrait ayant un caractère définitif, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision du 20 mai 2021.

Sur les conclusions aux fins d'annulation de la décision du 13 septembre 2021 en tant qu'elle réitère le refus d'admission en master :

4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci. () ". Aux termes de l'article L. 212-2 du même code : " Sont dispensés de la signature de leur auteur, dès lors qu'ils comportent ses prénom, nom et qualité ainsi que la mention du service auquel celui-ci appartient, les actes suivants : 1° Les décisions administratives qui sont notifiées au public par l'intermédiaire d'un téléservice conforme à l'article L. 112-9 et aux articles 9 à 12 de l'ordonnance n° 2005-1516 du 8 décembre 2005 relative aux échanges électroniques entre les usagers et les autorités administratives et entre les autorités administratives ainsi que les actes préparatoires à ces décisions () "

5. Aucune pièce du dossier ne permet de douter que la décision du 13 septembre 2021 n'aurait pas été prise par le président de l'université de Bordeaux. Elle comporte en outre les mentions des prénom, nom et qualité de ce dernier conformément aux exigences des dispositions précitées. Le moyen tiré de leur méconnaissance doit en conséquence être écarté.

6. En second lieu, ainsi qu'il a été dit au point 3, il ressort des termes de la décision du 13 novembre 2021 que la candidature de la requérante à son admission en première année de master " droit privé comparé " a été rejetée au motif de l'insuffisance de ses connaissances et compétences en droit privé. Par suite, le moyen tiré de ce qu'en refusant d'examiner cette candidature au motif que l'intéressée avait déjà présenté deux candidatures et ainsi atteint le nombre maximal de candidatures pouvant être présentées, le président de l'université de Bordeaux se serait fondé sur une règle illégale, et aurait ainsi commis une erreur de droit est inopérant et doit être écarté.

7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions tendant à l'annulation de la décision du 13 septembre 2021 en tant qu'elle réitère le refus d'admission en master doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et tendant à la mise en œuvre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

DECIDE :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions d'annulation dirigées contre la décision du 20 mai 2021.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au président de l'université de Bordeaux.

Délibéré après l'audience du 22 juin 2023, à laquelle siégeaient :

M. Ferrari, président,

Mme D et Mme C, premières conseillères.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 juin 2023.

La rapporteure,

E. D

Le président,

D.FERRARI La greffière,

E. SOURIS

La République mande et ordonne au ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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