lundi 7 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2104576 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge social |
| Avocat requérant | GIARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 6 septembre 2021, M. A, représenté par Me Giard, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 13 juillet 2021 par laquelle le président du conseil départemental de la Gironde a confirmé, sur recours préalable, la décision du 17 mai 2021 de refus de renouvellement de la carte mobilité inclusion portant la mention " stationnement " ;
2°) d'enjoindre au président du conseil départemental de la Gironde de lui délivrer cette carte ;
3°) de mettre à la charge du conseil départemental de la Gironde une somme de 1500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que, compte-tenu de la sévérité des séquelles qu'il conserve d'un accident vasculaire dont il a été victime à la naissance, non susceptibles d'une évolution favorable et aggravées par l'apparition de crises d'épilepsie, il remplit les conditions pour le renouvellement de la carte sollicitée, son taux de handicap ayant été reconnu à hauteur de 80 %.
Par courrier, enregistré le 4 octobre 2021, la maison départementale des personnes handicapées a communiqué, à la demande du greffe du tribunal en date du 28 septembre 2021 et en application de l'article R.772-8 du code de justice administrative, l'ensemble du dossier constitué pour l'instruction de la demande de M. A.
Des mises en demeure ont été adressées le 6 septembre 2022 au conseil départemental de la Gironde et à la maison départementale des personnes handicapées de la Gironde qui n'ont pas produit d'observations.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- l'arrêté du 3 janvier 2017 relatif aux modalités d'appréciation d'une mobilité pédestre réduite et de la perte d'autonomie dans le déplacement individuel ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme B en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir, au cours de l'audience publique, présenté son rapport et entendu :
- les conclusions de M. Willem, rapporteur public,
- et les observations de Me Giard qui a développé les moyens soulevés dans la requête.
Considérant ce qui suit :
1. Le 15 janvier 2021, M. A, né le 24 mai 1982, a déposé une demande de renouvellement d'une carte mobilité inclusion portant la mention " stationnement ". Le 17 mai 2021, la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées de la Gironde a émis un avis défavorable. Le 8 juin 2021, le requérant a formé un recours préalable obligatoire auprès du président du conseil départemental de la Gironde. Le 13 juillet 2021, après avis défavorable de la commission des Droits et de l'Autonomie des Personnes Handicapées, le président du conseil départemental de la Gironde a confirmé le refus d'attribution de la carte sollicitée. Dans la présente instance, l'intéressé demande au tribunal l'annulation de cette dernière décision.
2. Il résulte de l'article L. 241-3 du code de l'action sociale et des familles et de l'annexe à l'arrêté du 3 janvier 2017 visé ci-dessus que la carte " mobilité inclusion " portant la mention " stationnement " est délivrée uniquement aux personnes atteintes d'un handicap qui réduit de manière importante et durable, pour les déplacements extérieurs à pied, leur capacité et leur autonomie ou qui impose qu'elles soient accompagnées par une tierce personne. Ces situations correspondent, d'une part, aux personnes dont le périmètre de marche est inférieur à 200 mètres ou qui ne peuvent se déplacer sans recours systématique à une aide humaine en raison d'un besoin de surveillance régulier ou d'un risque de danger, d'autre part, à celles qui recourent à une aide technique (canne par exemple) ou une oxygénothérapie pour tous leurs déplacements extérieurs ou encore qui sont appareillées, soit avec une prothèse de membre inférieur, soit avec tous autres appareillages manipulés à l'aide d'un ou des deux membres supérieurs, et enfin à celles qui se déplacent avec un véhicule pour personnes handicapées (fauteuil roulant par exemple).
3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant la délivrance d'une carte mobilité inclusion portant la mention " stationnement pour personnes handicapées ", il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux de l'aide et de l'action sociale d'examiner si cette délivrance est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre des parties à la date de sa propre décision, le handicap du demandeur justifie que lui soit délivrée une telle carte. Il appartient à la personne qui présente devant le juge administratif des conclusions à fin d'annulation d'une décision lui refusant la délivrance d'une carte mobilité inclusion portant la mention " stationnement pour personnes handicapées " d'établir, par tous moyens et notamment par la production de justificatifs, qu'elle est atteinte d'un handicap qui réduit de manière importante et durable sa capacité et son autonomie de déplacement à pied.
4. Il résulte de l'instruction et notamment de l'ensemble des pièces médicales du dossier que M. A est atteint d'une impotence du membre pelvien. Son périmètre de marche est compris entre 50 et 100 mètres et il doit recourir à des aides humaines pour ses déplacements à l'extérieur. En outre, il a été relevé qu'il souffre d'un ralentissement idéo-moteur. Par ailleurs, ses crises d'épilepsie sont fréquentes ; il est atteint de difficultés de concentration. Eu égard à l'ensemble de ces éléments, M. A remplit les conditions requises pour se voir délivrer une nouvelle carte mobilité inclusion mention " stationnement ". Le requérant est ainsi fondé à demander l'annulation de la décision du 13 juillet 2021 par laquelle le président du conseil départemental lui a refusé le renouvellement de la carte en litige.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
5. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu, en application de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, d'enjoindre, au président du conseil départemental de la Gironde de délivrer au requérant, dans le délai d'un mois à compter de la date de notification du présent jugement, une carte mobilité inclusion portant la mention "stationnement pour personnes handicapées " pour une durée qu'il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce et eu égard à la pathologie de l'intéressé, de fixer à cinq ans en application de l'article R. 241-15 du code de l'action sociale et des familles, aux termes duquel : " La carte mobilité inclusion peut être attribuée à titre définitif ou à durée déterminée, dans ce cas cette dernière ne peut être inférieure à un an, ni excéder vingt ans. ".
Sur les conclusions tendant au bénéfice des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
6. Il y a lieu de mettre à la charge du conseil départemental de la Gironde le versement à M. A de la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 17 juillet 2021 du président du conseil départemental de la Gironde est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au président du conseil départemental de la Gironde de délivrer à M. A, dans le délai d'un mois à compter de la date de notification du présent jugement, une carte mobilité inclusion portant la mention "stationnement pour personnes handicapées " pour une durée de cinq ans.
Article 3 : Le conseil départemental de la Gironde versera à M. A la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A et au conseil départemental de la Gironde.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 novembre 2022.
La magistrate désignée,
P. BLa greffière,
C.AHIN
La République mande et ordonne à la préfète de la Gironde en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
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Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026