lundi 20 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2104628 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | BERARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 7 septembre 2021 et 23 février 2022, M. C et Mme E A, représentés par Me Cornille, avocat, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 15 avril 2021 par lequel le maire de Bordeaux ne s'est pas opposé à la déclaration préalable de travaux déposée par M. D en tant qu'elle porte sur la création d'une terrasse tropézienne sur un terrain situé 37 rue Catros Gerand, parcelle cadastrée section OY n° 167, ensemble la décision du 9 juillet 2021 de cette autorité rejetant leur recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Bordeaux une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- leur requête est recevable ;
- l'arrêté contesté est entaché d'incompétence ;
- il est illégal dès lors qu'en application des dispositions de l'article R. 421-27 du code de l'urbanisme, un permis de démolir aurait dû être délivré préalablement à la réalisation du projet ; à cet égard, le projet se situe dans une zone de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager et les travaux ont pour objet de supprimer une partie de la toiture, laquelle constitue une partie substantielle de la construction et rend le bâtiment inutilisable ;
- il méconnaît les dispositions de l'article 2.4.1.1 du règlement de la zone UP 37 du plan local d'urbanisme applicable dès lors que la terrasse litigieuse est inadaptée au caractère et à l'intérêt des lieux avoisinants et mal proportionnée ;
- il méconnaît les dispositions des article 2.4.1.3 et 2.4.1.3.2 du règlement de la zone UP 37 du plan local d'urbanisme applicable ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- les plans du projet sont incohérents avec l'existant et la notice descriptive, ce qui a été de nature à fausser l'appréciation du service instructeur.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 octobre 2021, la commune de Bordeaux, représentée par Me Berard, avocat, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 février 2022, M. B D, représenté par la SELAS Cazamajour et Urbanlaw, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 21 février 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 1er avril 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Passerieux, rapporteure,
- les conclusions de Mme Patard, rapporteure publique,
- les observations de Me Berard, représentant la commune de Bordeaux,
- et les observations de Me Lapprand, représentant M. D.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté en date du 15 avril 2021, le maire de Bordeaux ne s'est pas opposé à la déclaration préalable de travaux déposée par M. D pour la création d'une terrasse tropézienne en milieu de toiture, le déplacement de la porte d'entrée en façade et son remplacement par un châssis fixe, le remplacement de deux châssis accolés côté ilot par un seul et la création d'un nouveau châssis côté salle à manger, sur un terrain situé 37 rue Catros Gerand, parcelle cadastrée section OY n° 167. Par courrier du 2 juillet 2021, M. et Mme A ont formé un recours gracieux à l'encontre de cet arrêté, en tant qu'il porte sur la création d'une terrasse tropézienne. Ce recours a été expressément rejeté par une décision du maire de Bordeaux du 9 juillet 2021. Par la présente requête, M. et Mme A demandent au tribunal d'annuler l'arrêté du 15 avril 2021 en tant qu'il porte non-opposition à déclaration préalable de travaux pour la création d'une terrasse tropézienne, ensemble la décision du 2 juillet 2021 portant rejet de leur recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 2.4.1.3.2. du règlement de la zone UP 37 du plan local d'urbanisme de Bordeaux Métropole, relatif aux toitures : " Tous travaux entrepris sur les toitures doivent contribuer à maintenir et mettre en valeur la construction. / La modification de la forme de toiture, de la pente et des matériaux de couverture est autorisée : / - si elle rétablit les formes, pentes et matériaux conformes à l'architecture de la construction ; / - dans le cadre d'un raccordement aux héberges et pentes des toitures environnantes. () ".
3. En l'espèce, il est constant que le terrain d'assiette du projet est classé en zone UP 37 du plan local d'urbanisme de Bordeaux Métropole, laquelle recouvre les échoppes et maisons de ville dans la ville de pierre. D'une part, il ressort des termes de l'arrêté en litige que le projet porte sur une maison de ville enduite datant de la deuxième moitié du XXème siècle, située dans un tissu urbain dense, composé de maisons de ville et d'échoppe de qualité, constituant le patrimoine architectural et urbain de la ville de pierre. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que le projet, qui a pour objet de créer une terrasse de type tropézienne d'une surface de 15,4 m² à l'arrière de la toiture, en supprimant notamment deux fenêtres de toit de type " velux ", a nécessairement pour effet, quand bien même l'arrêté en litige est assorti d'une prescription selon laquelle la terrasse tropézienne sera implantée en retrait de la ligne de faitage, de modifier la forme de la toiture de l'immeuble en cause. Or, le projet en litige, qui, selon les termes de l'arrêté contesté, a pour effet de créer " un trou béant dans la toiture " de nature à rompre l'unité du toit, ne saurait être regardé comme étant de nature à rétablir les formes, pentes et matériaux conformes à l'architecture de la construction et ne s'inscrit pas dans le cadre d'un raccordement aux héberges et pentes des toitures environnantes, au sens des dispositions précitées de l'article 2.4.1.3.2 du règlement de la zone UP 37 du plan local d'urbanisme. Dans ces conditions, et quand bien même les travaux projetés peuvent être regardés comme mettant en valeur l'immeuble en cause, M. et Mme A sont fondés à soutenir que la décision de non-opposition à déclaration en litige méconnaît les dispositions de l'article 2.4.1.3.2 du règlement de la zone UP 37 du plan local d'urbanisme de Bordeaux Métropole.
4. Pour l'application des dispositions de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, aucun des autres moyens invoqués n'apparaît susceptible, en l'état du dossier, de fonder l'annulation des décisions attaquées.
5. Il résulte de tout ce qui précède que M. et Mme A sont fondés à demander l'annulation de l'arrêté du 15 avril 2021, ensemble la décision du 9 juillet 2021, en tant qu'ils portent sur la création d'une terrasse tropézienne en milieu de toiture.
Sur les frais liés au litige :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. et Mme A, qui ne sont pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par la commune de Bordeaux et M. D au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. En revanche, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la commune de Bordeaux une somme de 1 500 euros à verser à M. et Mme A sur le même fondement.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 15 avril 2021 du maire de Bordeaux, ensemble la décision du 9 juillet 2021, sont annulés en tant qu'ils portent sur la création d'une terrasse tropézienne.
Article 2 : La commune de Bordeaux versera à M. et Mme A une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Les conclusions présentées par la commune de Bordeaux et M. D au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C et Mme E A, M. B D et la commune de Bordeaux.
Délibéré après l'audience du 6 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Delvolvé, président,
Mme Mounic, première conseillère,
Mme Passerieux, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 novembre 2023.
La rapporteure,
C. PASSERIEUX
Le président,
Ph. DELVOLVÉ
La greffière,
SIXDENIERS
La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
N°2104628
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026