jeudi 5 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2104669 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | DEFRADAS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, des pièces et des mémoires, enregistrés les 10 et 29 septembre 2021 et le 14 septembre 2022, l'association Vive la forêt, la fédération départementale des associations agréées pour la pêche et la protection du milieu aquatique, la fédération SEPANSO Gironde et la Ligue pour la protection des oiseaux, représentées par Me Ruffié, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 12 mai 2021 par lequel le préfet de la Gironde a autorisé la société Carrières et matériaux du grand ouest (CMGO) à exploiter sur le territoire de Blanquefort une installation de stockage de déchets inertes et une station de transit, regroupement ou tri de déchets non dangereux inertes ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles soutiennent que :
- elles ont intérêt à agir ;
S'agissant de la légalité externe,
- le signataire de l'arrêté attaqué n'est pas compétent en l'absence de délégation de signature ;
- le dossier a été substantiellement modifié postérieurement à l'enquête publique, ce qui entache d'illégalité la procédure d'édiction de l'arrêté attaqué, dès lors que l'étude d'impact faisait état d'un projet reposant sur le comblement de l'ouest vers l'est, alors qu'à la lecture de l'arrêté en litige, il apparait que le remblayage s'opèrera à partir d'une digue qui n'était pas prévue et ne fait l'objet d'aucune description ni d'un examen de son impact intrinsèque ; la construction de la digue relèverait en elle-même de la rubrique 3.2.3.0 (1°) de la nomenclature annexée à l'article R.214-1 du Code de l'environnement et donc du régime de l'autorisation, ce qui nécessiterait la production d'un dossier spécifique ;
- l'étude d'impact est entachée d'insuffisances qui ont nui à l'information complète de la population et ont exercé une influence sur la décision :
• elle ne prend pas en compte la réserve naturelle nationale des marais de Bruges située à 1,5 km du projet, pourtant inscrite en zone de protection spéciale au titre du réseau Natura 2000, et la circonstance que l'emprise du projet se situe dans une zone de préemption des espaces naturels sensibles (ZPENS) et au sein du périmètre du projet de parc naturel et agricole métropolitain (PPNAM) " Parc des Jalles " ;
• elle se base sur des inventaires insuffisants, réalisés en 2017 lors de deux passages sur le terrain effectués par un écologue, complétés en 2019 par un avis complémentaire concernant uniquement les enjeux du projet sur la faune piscicole ; ces études sont insuffisantes , elles ne font état que de 66 espèces d'oiseaux, alors que des données actualisées sur la période 2017-2021 émanant de la base de données du site participatif Faune-aquitaine.org, font état d'une fréquentation du site par 158 espèces d'oiseaux ; l'étude d'impact ne fait nullement mention de la Cistude d'Europe alors pourtant qu'elle a été recensée sur le site, qu'elle est protégée au titre des annexes II et IV de la directive " Habitats " et qu'elle est considérée comme " quasi menacée " dans la liste Rouge des espèces menacées en France de l'UICN ; s'agissant des amphibiens, le pétitionnaire, dans l'étude d'impact, n'a pas établi le dimensionnement des populations présentes ni produit la moindre cartographie des habitats de reproduction et terrestres d'estivage et d'hivernage de ces amphibiens pourtant protégés ; s'agissant des mammifères, le dossier retient qu'" aucune espèce de mammifère à enjeu n'a été contactée au cours de cette étude " sans se préoccuper du vison d'Europe et de la loutre d'Europe ; enfin aucun inventaires des poissons n'a été dressé ;
• l'étude d'impact ne décrit pas les mesures prévues pour éviter les effets négatifs notables sur l'environnement, réduire les effets qui ne peuvent être évités et compenser les effets qui n'ont pu être ni évités ni significativement réduits ;
- la procédure méconnait l'article L.512-7-2 du code de l'environnement, qui prévoit que lorsque le préfet décide que la demande d'enregistrement doit être instruite selon les règles de procédures prévues pour les autorisations environnementales, sa décision est publique ;
S'agissant de la légalité interne,
- les arrêts des 4 juin et 21 décembre 2021, auxquels l'arrêté attaqué ne fait aucune référence, contribuent à retirer au projet tout caractère d'urgence ;
- le projet méconnait l'article 4 de l'arrêté du 12 décembre 2014, qui impose que l'installation soit " implantée hors zone d'affleurement de nappe, cours d'eau, plan d'eau " ;
- l'arrêté méconnait l'interdiction de porter atteinte à la conservation des espèces protégées, en méconnaissance du 4° de l'article L. 181-3 du code de l'environnement, et une demande de dérogation aux interdictions posées à l'article L. 411-1 du code de l'environnement était nécessaire ;
- l'arrêté ne décrit pas les mesures prévues pour éviter les effets négatifs notables sur l'environnement, réduire les effets qui ne peuvent être évités et compenser les effets qui n'ont pu être ni évités ni significativement réduits, en méconnaissance des articles L. 122-1-1 et R. 122-13 du code de l'environnement ;
- l'arrêté n'est pas conforme au PLUi de Bordeaux Métropole, en méconnaissance de l'article L. 152-1 du code de l'urbanisme, dès lors que le projet est situé en zone Nb zone naturelle réservoir de biodiversité du règlement du PLU, et l'article 1.3.4 du règlement de la zone Nb prévoit, s'agissant des installations classées, qu'elles sont autorisées à condition d'être compatibles avec la vocation de la zone, en termes de voisinage, d'environnement et de paysage ;
- l'arrêté méconnait également l'article 1.3.4.4. du règlement de la zone, relatif aux affouillement et exhaussements ;
- le projet est incompatible avec le SDAGE Adour-Garonne, en méconnaissance des articles L. 212-2 et L. 214-1 du code de l'environnement, dont l'orientation D vise à " préserver et restaurer les fonctionnalités des milieux aquatiques " et prévoit de " réduire l'impact des aménagements et des activités sur les milieux aquatiques " ;
- le projet de prévoit pas de mesure de compensation pour les atteintes à la biodiversité pendant l'exploitation, et la restauration de la biodiversité prévue avec la création d'une zone humide n'est qu'hypothétique
Par des mémoires en défense, enregistrés les 21 juillet et 24 octobre 2022, la société Carrières et matériaux du grand ouest CMGO, représentée par Me Defradas, demande au tribunal :
1°) à titre principal de rejeter la requête :
2°) à titre subsidiaire, de surseoir à statuer pour une durée de 6 mois pour permettre la notification au tribunal d'une autorisation modificative de la préfète de la Gironde régularisant l'arrêté préfectoral d'autorisation environnementale du 12 mai 2021 ;
3°) de mettre à la charge des associations requérantes la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 25 juillet et 26 octobre 2022, le préfet de la région Aquitaine, préfet de la Gironde conclut au rejet de la requête et fait valoir que les moyens soulevés par les associations requérantes ne sont pas fondés.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'environnement ;
- le code de l'urbanisme ;
- l'arrêté du 12 décembre 2014 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Munoz-Pauziès ;
- les conclusions de M. Bongrain, rapporteur public ;
- les observations de Me Ruffié, représentant l'association Vive la forêt, la fédération départementale des associations agréées pour la pêche et la protection du milieu aquatique, la fédération SEPANSO Gironde et la Ligue pour la protection des oiseaux, et de Me Defredas, représentant la société Carrières et matériaux du grand ouest (CMGO).
L'association Vive la forêt a produit une note en délibéré, enregistrée le 22 septembre 2023.
Considérant ce qui suit :
1. De 1994 à 2013, la société Carrières et matériaux du grand ouest (CMGO) a exploité une gravière en eau sur le territoire de la commune de Blanquefort (Gironde). Le site de la gravière a fait l'objet d'un procès-verbal de récolement de fin de travaux de remise en état le 9 octobre 2013, et d'un arrêté préfectoral de levée des garanties financières en date du 10 décembre 2013. L'extraction des graves a entraîné la création de deux plans d'eau.
2. En 2019, la société CMGO a déposé auprès des services de la préfecture de la Gironde une demande tendant à être autorisée à exercer sur le même site, une activité de stockage de déchets inertes. Le dossier a été soumis à enquête publique du 28 décembre 2020 au 29 janvier 2021, et par l'arrêté du 12 mai 2021 dont les associations requérantes demandent l'annulation, le préfet de la Gironde a autorisé la société CMGO à exploiter sur le territoire de Blanquefort une installation de stockage de déchets inertes et une station de transit, regroupement ou tri de déchets non dangereux inertes.
Sur la légalité externe :
En ce qui concerne la compétence du signataire de l'arrêté contesté :
3. Par arrêté du 5 mai 2021, régulièrement publié au recueil des actes de la préfecture du même jour, le préfet de la Gironde a donné délégation à M. Christophe Noël du Payrat, secrétaire général de la préfecture de la Gironde, à l'effet de signer " tous arrêtés () concernant les attributions de l'Etat dans le département de la Gironde ", à l'exception de certaines matières dont ne relève pas l'arrêté attaqué. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté du 12 mai 2021 doit être écarté.
En ce qui concerne l'étude d'impact :
4. Aux termes de l'article R.122-5 du code de l'environnement : " I. Le contenu de l'étude d'impact est proportionné à la sensibilité environnementale de la zone susceptible d'être affectée par le projet, à l'importance et la nature des travaux, installations, ouvrages, ou autres interventions dans le milieu naturel ou le paysage projetés et à leurs incidences prévisibles sur l'environnement ou la santé humaine. / II. En application du 2° du II de l'article L. 122-3, l'étude d'impact comporte les éléments suivants, en fonction des caractéristiques spécifiques du projet et du type d'incidences sur l'environnement qu'il est susceptible de produire : () 3° Une description des aspects pertinents de l'état actuel de l'environnement, dénommée "scénario de référence", et de leur évolution en cas de mise en œuvre du projet ainsi qu'un aperçu de l'évolution probable de l'environnement en l'absence de mise en œuvre du projet, dans la mesure où les changements naturels par rapport au scénario de référence peuvent être évalués moyennant un effort raisonnable sur la base des informations environnementales et des connaissances scientifiques disponibles ; () 5° Une description des incidences notables que le projet est susceptible d'avoir sur l'environnement résultant, entre autres : () d) Des risques pour la santé humaine, pour le patrimoine culturel ou pour l'environnement ; () 6° Une description des incidences négatives notables attendues du projet sur l'environnement qui résultent de la vulnérabilité du projet à des risques d'accidents ou de catastrophes majeurs en rapport avec le projet concerné. Cette description comprend le cas échéant les mesures envisagées pour éviter ou réduire les incidences négatives notables de ces événements sur l'environnement et le détail de la préparation et de la réponse envisagée à ces situations d'urgence ; / 7° Une description des solutions de substitution raisonnables qui ont été examinées par le maître d'ouvrage, en fonction du projet proposé et de ses caractéristiques spécifiques, et une indication des principales raisons du choix effectué, notamment une comparaison des incidences sur l'environnement et la santé humaine ; / 8° Les mesures prévues par le maître de l'ouvrage pour : / - éviter les effets négatifs notables du projet sur l'environnement ou la santé humaine et réduire les effets n'ayant pu être évités ; / - compenser, lorsque cela est possible, les effets négatifs notables du projet sur l'environnement ou la santé humaine qui n'ont pu être ni évités ni suffisamment réduits. S'il n'est pas possible de compenser ces effets, le maître d'ouvrage justifie cette impossibilité. () ".
5. Les inexactitudes, omissions ou insuffisances d'une étude d'impact ne sont susceptibles de vicier la procédure et donc d'entraîner l'illégalité de la décision prise au vu de cette étude que si elles ont pu avoir pour effet de nuire à l'information complète de la population ou si elles ont été de nature à exercer une influence sur la décision de l'autorité administrative.
6. En premier lieu, les associations requérantes soutiennent que les études et l'inventaire sur lesquels s'appuie l'étude d'impact sont insuffisants. D'une part, il résulte de l'instruction que l'étude d'impact en cause, réalisée en juillet 2020, est fondée sur une étude intitulée " Projet de génie écologique Création d'une zone humide - Marais de Florimond - Blanquefort (33) - Etat initial et Programme Opérationnel ", réalisée par le bureau d'études Kairos Compensation entre juillet 2015 et mars 2016 et jointe à l'étude d'impact. Une étude faune-flore complémentaire, intitulée " Expertise de la faune, de la flore et des habitats naturels " a été réalisée en 2018 par M. A, ingénieur horticole et écologue naturaliste, sur la base de données documentaires mais également de relevés sur le terrain, effectués les 20 juin et 22 septembre 2017, qui sont venues confirmer des études antérieures réalisées de 2008 à 2012. Enfin, à la suite d'une demande de complément de la DREAL, les enjeux du projet ont fait l'objet d'un avis complémentaire de M. A portant sur la faune piscicole, publié en annexe 7 de l'étude d'impact.
7. D'autre part, une étude d'impact n'a pas à recenser de manière exhaustive toutes les espèces présentes sur le site, mais doit examiner les caractéristiques essentielles du milieu en cause. En l'espèce, l'étude faune-flore annexée à l'étude d'impact recense plus de 150 espèces animales sur le site, dont 104 espèces d'oiseaux. Si l'évaluation environnementale réalisée en janvier 2021 par Bordeaux Métropole dans le cadre de la création du Parc des Jalles fait état de la présence de la Loutre d'Europe, elle ne précise nullement que cela concernerait le terrain d'assiette du projet, d'une superficie d'un peu plus de 13 hectares alors que le Parc des Jalles couvre plus de 6 000 hectares répartis sur 9 communes. De même, les associations requérantes n'établissent pas la présence de la cistude et du vison d'Europe sur le site d'emprise du projet. L'étude d'impact, qui mentionne également les reptiles et les amphibiens présents sur le site, n'avait pas à établir le dimensionnement des populations présentes ni produire une cartographie des habitats de reproduction et terrestres d'estivage et d'hivernage de ces amphibiens. Enfin, contrairement à ce que soutiennent les requérantes, l'étude faune-flore ne conclut pas à l'absence du brochet sur le site, mais à l'absence de zone de frayères et de zones de croissance de cette espèce à proximité du site.
8. En deuxième lieu, les associations requérantes soutiennent que l'étude d'impact ne prend pas en compte la réserve naturelle nationale des marais de Bruges, pourtant inscrite en zone de protection spéciale au titre du réseau Natura 2000, et la circonstance que l'emprise du projet se situe dans une zone de préemption des espaces naturels sensibles (ZPENS) et au sein du périmètre du projet de parc naturel et agricole métropolitain (PPNAM) " Parc des Jalles ". Toutefois, d'une part, l'étude d'impact tient compte de la présence, à 2,5 kilomètres du terrain d'assiette du projet, du marai de Bruges et comprend p. 128 un tableau qui recense le type et la nature des effets de l'installation projetée (émissions sonores, vibrations, rejets d'eau et effets biotiques), ainsi que les raisons pour lesquelles ces effets ne sont pas susceptibles d'impacter les sites Natura 2000 " Marais de Bruges " et " Marais de Bruges, Blanquefort et Parempuyre ". D'autre part, l'étude d'impact n'avait pas à mentionner l'existence de la ZPENS " Gravières et prairies humides de Blanquefort ", instituée en 2020, qui ne confère aucune protection particulière à la zone en cause, et permet uniquement au département d'user de son droit de préemption. Enfin, le PPNAM " Parc des Jalles " a été approuvé par une délibération de Bordeaux Métropole du 23 septembre 2021, postérieure à l'arrêté litigieux.
9. En troisième et dernier lieu, le chapitre IV de l'étude d'impact, consacré à l'analyse des effets sur l'environnement et des mesures pour éviter, réduire et compenser ces effets, décrit précisément la liste des effets du projet en termes d'impact visuel sur les sites et paysages, d'atteinte à la faune, la flore, les milieux naturels et les équilibres biologiques, de commodité du voisinage, d'impact sur les eaux superficielles et souterraines, la santé et la sécurité publique, de dangers et de gêne liés au transport de matériaux et d'effets liés aux déchets, et les mesures prévues pour remédier aux nuisances. Ces effets et les mesures de compensation sont en outre résumés dans deux tableaux, le premier relatif aux effets directs et indirects, temporaires et permanents, et le second relatif aux mesures prévues pour éviter, réduire et compenser. Il ne résulte pas de l'instruction que les mesures ainsi prévues seraient insuffisantes au regard des atteintes que le projet est susceptible de porter à la biodiversité et aux espèces protégées.
En ce qui concerne les autres moyens de légalité externe :
10. En premier lieu, aux termes de l'article L. 512-7-2 du code de l'environnement, relatif aux installations soumises à enregistrement : " Le préfet peut décider que la demande d'enregistrement sera instruite selon les règles de procédure prévues par le chapitre unique du titre VIII du livre Ier pour les autorisations environnementales : () 3° Ou si l'aménagement des prescriptions générales applicables à l'installation, sollicité par l'exploitant, le justifie ; / Dans les cas mentionnés au 1° et au 2°, le projet est soumis à évaluation environnementale. Dans les cas mentionnés au 3° et ne relevant pas du 1° ou du 2°, le projet n'est pas soumis à évaluation environnementale. / Le préfet notifie sa décision motivée au demandeur, en l'invitant à déposer le dossier correspondant. Sa décision est rendue publique. ".
11. Il résulte de l'instruction que le 5 janvier 2017, la société CMGO a déposé une demande d'autorisation environnementale en vue de la réalisation du projet litigieux, soumis à autorisation dès lors qu'elle souhaitait obtenir un aménagement des prescriptions générales applicables à l'installation. Ainsi, le préfet n'a pas été saisi d'une demande d'enregistrement et n'a, par suite, pas pris de décision imposant qu'une telle demande soit instruite comme une demande d'autorisation. Dès lors, le moyen tiré de ce que la décision du préfet invitant la société CMGO à déposer un dossier d'autorisation n'aurait pas été publiée, en méconnaissance du dernier alinéa de l'article L. 512-7-2 du code de l'environnement, ne peut qu'être écarté.
12. En second lieu, aux termes de l'article L. 123-14 du code de l'environnement : " () II. Au vu des conclusions du commissaire enquêteur ou de la commission d'enquête, la personne responsable du projet, plan ou programme visé au I de l'article L. 123-2 peut, si elle estime souhaitable d'apporter à celui-ci des changements qui en modifient l'économie générale, demander à l'autorité organisatrice d'ouvrir une enquête complémentaire portant sur les avantages et inconvénients de ces modifications pour le projet et pour l'environnement. Dans le cas des projets d'infrastructures linéaires, l'enquête complémentaire peut n'être organisée que sur les territoires concernés par la modification. () ".
13. Il résulte de ces dispositions qu'il est possible de modifier les caractéristiques du projet à l'issue de l'enquête publique, sous réserve, d'une part, que ne soit pas remise en cause l'économie générale du projet et, d'autre part, que cette modification procède de l'enquête. Doivent être regardées comme procédant de l'enquête les modifications destinées à tenir compte des réserves et recommandations du commissaire enquêteur, des observations du public et des avis émis par les collectivités et instances consultées et joints au dossier de l'enquête.
14. Il résulte de l'instruction qu'à l'issue de l'enquête publique qui s'est déroulée du 28 décembre 2020 au 29 janvier 2021, et afin de tenir compte des observations du public et des collectivités consultées, l'emprise du projet est passée de 19,5 ha à 13,4 ha pour éviter de porter atteinte à la Grande naïade, espèce végétale présente sur la partie orientale du plan d'eau, et aux canards plongeurs, présents sur la même zone, la surface à remblayer a été diminuée de 5 ha, afin d'éviter d'affecter des zones constituant des frayères pour certains poissons, et la durée de l'exploitation a été réduite de 10 à 7 ans. De même, le sens de remblaiement a été modifié afin de limiter dans le temps le risque de turbidité de l'eau du côté de l'herbier de la Grande naïade, et il a été prévu de mettre en place, pour une durée déterminée, une digue afin de séparer la partie du plan d'eau où est situé l'herbier de la Grande naïade du reste des travaux. Comme le relève le commissaire enquêteur, " Toutes ces propositions visent à répondre encore mieux à la préservation des espèces protégées riveraines ". Ainsi, ces modifications, qui procèdent d'une enquête publique préalable à des travaux susceptibles d'affecter l'environnement et ont pour objet d'en réduire les effets sur ce dernier, ne peuvent, pour substantielles qu'elles soient, être regardées comme constituant une remise en cause de l'économie générale du projet impliquant l'ouverture d'une enquête complémentaire au sens et pour l'application des dispositions précitées de l'article L. 123-14 du code de l'environnement. Par ailleurs, contrairement à ce que soutiennent les associations requérantes, la mise en place de la digue ne relève pas de la rubrique 3.2.3.0 (1°) de la nomenclature annexée à l'article R.214-1 du code de l'environnement.
Sur la légalité interne :
En ce qui concerne le respect des règles d'urbanisme :
15. Aux termes de l'article L. 152-1 du code de l'urbanisme, relatif au plan local d'urbanisme : " L'exécution par toute personne publique ou privée de tous travaux, constructions, aménagements, plantations, affouillements ou exhaussements des sols, et ouverture d'installations classées appartenant aux catégories déterminées dans le plan sont conformes au règlement et à ses documents graphiques./ Ces travaux ou opérations sont, en outre, compatibles, lorsqu'elles existent, avec les orientations d'aménagement et de programmation ". Aux termes du I de l'article L. 514-6 du code de l'environnement : " la compatibilité d'une installation classée avec les dispositions d'un schéma de cohérence territoriale, d'un plan local d'urbanisme, d'un plan d'occupation des sols ou d'une carte communale est appréciée à la date de l'autorisation, de l'enregistrement ou de la déclaration () ". Il résulte de ces dispositions qu'il appartient au juge du plein contentieux des installations classées de se prononcer sur la légalité de l'autorisation d'exploiter au regard des règles d'urbanisme légalement applicables à la date de sa délivrance.
16. Le terrain d'assiette du projet est situé en zone Nb du règlement du plan local d'urbanisme (PLU) de Bordeaux Métropole, " zone naturelle réservoir de biodiversité ". Aux termes de l'article 1.3.4.2 du règlement de la zone Nb du PLUi de Bordeaux Métropole : " Installations classées / Les nouvelles occupations et utilisations du sol soumises au régime des installations classées au titre du Code de l'environnement sont autorisées, dès lors qu'elles sont compatibles avec la vocation de la zone, notamment en termes de voisinage, d'environnement et de paysage, et répondent aux besoins des usagers et habitants, sous réserve des dispositions de l'article R.111-2 du Code de l'urbanisme ". Aux termes de l'article 1.3.4.4 Affouillements et exhaussements : " Les affouillements et les exhaussements sont autorisés dès lors : / - qu'ils sont liés aux travaux nécessaires à la protection contre les inondations, les risques et les nuisances ; affouillements et les exhaussements sont autorisés dès lors : / - qu'ils sont liés aux travaux nécessaires à la protection contre les inondations, les risques et les nuisances ; / - ou qu'ils sont liés à la restauration de zones humides ou à la valorisation écologique des milieux naturels, ou à la valorisation des ressources naturelles du sol et du sous-sol ".
17. Il résulte de ces dispositions que les installations classées sont autorisées en zone Nb à condition d'être compatibles, et non conformes, avec la vocation de la zone.
18. Le projet litigieux porte sur le remblayage d'une ancienne gravière actuellement en eau, accompagné de la recréation d'une zone humide à l'issue de l'exploitation du site. A cet égard, l'étude d'impact précise qu'il s'agit de recréer, en lieu et place du plan d'eau existant, environ vingt hectares d'écosystème de zone humide, et décrit les modalités de création et de suivi de cet écosystème. Si la société demandait initialement une autorisation d'exploiter d'une durée de dix ans, l'arrêté contesté a réduit cette durée à sept ans, ce délai comprenant la remise en état du site et la recréation de la zone humide. Par ailleurs, à l'issue de l'enquête publique, l'emprise du projet est passée de 19,5 ha à 13,4 ha pour éviter de porter atteinte à la Grande naïade, espèce végétale présente sur la partie orientale du plan d'eau, et aux canards plongeurs, présents sur la même zone, la surface à remblayer a été diminuée de 5 ha, afin d'éviter d'affecter des zones constituant des frayères pour certains poissons, et le sens de remblaiement a été modifié afin de limiter dans le temps le risque de turbidité de l'eau du côté de l'herbier de la Grande naïade. De plus, afin de ne pas déranger les oiseaux hivernants, les activités de remblayage seront suspendues de mi-décembre à mi-février. L'inspection des installations classées, dans son avis du 15 avril 2021 à destination du conseil départemental de l'environnement et des risques sanitaires et technologique, précise que le service eau et nature de la direction départementale des territoires et de la mer a relevé que le projet entrainait la recréation d'une zone humide, et le service d'aménagement urbain de cette même direction a estimé que le projet respectait les documents d'urbanisme. Ainsi, il ne résulte pas de l'instruction que le projet ne serait pas compatible avec la vocation de la zone.
19. De même, dès lors que le projet emporte création d'une zone humide, il n'est pas incompatible avec l'article 1.3.4.4 du règlement de la zone Nb.
En ce qui concerne la dérogation " espèces protégées " :
20. Aux termes de l'article L. 181-3 du code de l'environnement : " () II. L'autorisation environnementale ne peut être accordée que si les mesures qu'elle comporte assurent également : / () 4° Le respect des conditions, fixées au 4° du I de l'article L. 411-2, de délivrance de la dérogation aux interdictions édictées pour la conservation de sites d'intérêt géologique, d'habitats naturels, des espèces animales non domestiques ou végétales non cultivées et de leurs habitats, lorsque l'autorisation environnementale tient lieu de cette dérogation () ". Aux termes de l'article L. 411-1 de ce code : " I. - Lorsqu'un intérêt scientifique particulier, le rôle essentiel dans l'écosystème ou les nécessités de la préservation du patrimoine naturel justifient la conservation de sites d'intérêt géologique, d'habitats naturels, d'espèces animales non domestiques ou végétales non cultivées et de leurs habitats, sont interdits : / 1° La destruction ou l'enlèvement des oeufs ou des nids, la mutilation, la destruction, la capture ou l'enlèvement, la perturbation intentionnelle, la naturalisation d'animaux de ces espèces ou, qu'ils soient vivants ou morts, leur transport, leur colportage, leur utilisation, leur détention, leur mise en vente, leur vente ou leur achat ; / 2° La destruction, la coupe, la mutilation, l'arrachage, la cueillette ou l'enlèvement de végétaux de ces espèces, de leurs fructifications ou de toute autre forme prise par ces espèces au cours de leur cycle biologique, leur transport, leur colportage, leur utilisation, leur mise en vente, leur vente ou leur achat, la détention de spécimens prélevés dans le milieu naturel ; / 3° La destruction, l'altération ou la dégradation de ces habitats naturels ou de ces habitats d'espèces () ". Le I de l'article L. 411-2 du même code renvoie à un décret en Conseil d'Etat la détermination des conditions dans lesquelles sont fixées, notamment : " 4° La délivrance de dérogations aux interdictions mentionnées aux 1°, 2° et 3° de l'article L. 411-1, à condition qu'il n'existe pas d'autre solution satisfaisante, pouvant être évaluée par une tierce expertise menée, à la demande de l'autorité compétente, par un organisme extérieur choisi en accord avec elle, aux frais du pétitionnaire, et que la dérogation ne nuise pas au maintien, dans un état de conservation favorable, des populations des espèces concernées dans leur aire de répartition naturelle : () / a) Dans l'intérêt de la protection de la faune et de la flore sauvages et de la conservation des habitats naturels () c) Dans l'intérêt de la santé et de la sécurité publiques ou pour d'autres raisons impératives d'intérêt public majeur, y compris de nature sociale ou économique, et pour des motifs qui comporteraient des conséquences bénéfiques primordiales pour l'environnement () ". Aux termes de l'article R. 411-1 du même code : " Les listes des espèces animales non domestiques et des espèces végétales non cultivées faisant l'objet des interdictions définies par l'article L. 411-1 sont établies par arrêté conjoint du ministre chargé de la protection de la nature et soit du ministre chargé de l'agriculture, soit, lorsqu'il s'agit d'espèces marines, du ministre chargé des pêches maritimes. / Les espèces sont indiquées par le nom de l'espèce ou de la sous-espèce ou par l'ensemble des espèces appartenant à un taxon supérieur ou à une partie désignée de ce taxon. " Les arrêtés du 20 janvier 1982 et du 29 octobre 2009 des ministres chargés de l'agriculture et de l'environnement fixent, respectivement, la liste des végétaux et des oiseaux protégés sur l'ensemble du territoire et les modalités de leur protection.
21. Il résulte de ces dispositions que la destruction ou la perturbation des espèces animales concernées, ainsi que la destruction ou la dégradation de leurs habitats, sont interdites. Toutefois, l'autorité administrative peut déroger à ces interdictions dès lors que sont remplies trois conditions distinctes et cumulatives tenant d'une part, à l'absence de solution alternative satisfaisante, d'autre part, à la condition de ne pas nuire au maintien, dans un état de conservation favorable, des populations des espèces concernées dans leur aire de répartition naturelle et, enfin, à la justification de la dérogation par l'un des cinq motifs limitativement énumérés et parmi lesquels figure le fait que le projet réponde, par sa nature et compte tenu des intérêts économiques et sociaux en jeu, à une raison impérative d'intérêt public majeur.
22. Le système de protection des espèces résultant des dispositions citées ci-dessus, qui concerne les espèces de végétaux et d'oiseaux figurant sur les listes fixées par les arrêtés du 20 janvier 1982 et du 29 octobre 2009, impose d'examiner si l'obtention d'une dérogation est nécessaire dès lors que des spécimens de l'espèce concernée sont présents dans la zone du projet, sans que l'applicabilité du régime de protection dépende, à ce stade, ni du nombre de ces spécimens, ni de l'état de conservation des espèces protégées présentes.
23. Le pétitionnaire doit obtenir une dérogation " espèces protégées " si le risque que le projet comporte pour les espèces protégées est suffisamment caractérisé. A ce titre, les mesures d'évitement et de réduction des atteintes portées aux espèces protégées proposées par le pétitionnaire doivent être prises en compte. Dans l'hypothèse où les mesures d'évitement et de réduction proposées présentent, sous le contrôle de l'administration, des garanties d'effectivité telles qu'elles permettent de diminuer le risque pour les espèces au point qu'il apparaisse comme n'étant pas suffisamment caractérisé, il n'est pas nécessaire de solliciter une dérogation " espèces protégées ".
24. Sont présentes sur le terrain d'assiette du projet une espèce végétale protégée, la Grande naïade, et des espèces de canards qui seraient elles aussi protégées. Toutefois, à supposer même que ces espèces figurent sur les listes d'espèces protégées mentionnées à l'article R. 411-1 du code de l'environnement, il résulte de l'instruction qu'à l'issue de l'enquête publique, l'emprise du projet est passée de 19,5 ha à 13,4 ha pour éviter de porter atteinte à la Grande naïade, espèce végétale présente sur la partie orientale du plan d'eau, et aux canards plongeurs, présents sur la même zone, la surface à remblayer a été diminuée de 5 ha, afin d'éviter d'affecter des zones constituant des frayères pour certains poissons, et le sens de remblaiement a été modifié afin de limiter dans le temps le risque de turbidité de l'eau du côté de l'herbier de la Grande naïade. De plus, l'arrêté contesté prévoit que les activités de remblayage seront suspendues de mi-décembre à mi-février, afin de ne pas déranger les oiseaux hivernants. Ainsi, ces mesures présentent des garanties d'effectivité telles qu'elles permettent de diminuer le risque pour les espèces en cause, qui n'apparait pas suffisamment caractérisé. Par suite, aucune dérogation " espèces protégées " n'était nécessaire, et le moyen doit être écarté.
En ce qui concerne la compatibilité avec le SDAGE Adour-Garonne :
25. Aux termes du XI de l'article L. 212-1 du code de l'environnement relatif aux schémas directeurs d'aménagement et de gestion des eaux (SDAGE) : " Les programmes et les décisions administratives dans le domaine de l'eau doivent être compatibles ou rendus compatibles avec les dispositions des schémas directeurs d'aménagement et de gestion des eaux ".
26. Il ne résulte pas de l'instruction que le projet en cause serait incompatible avec l'orientation D du SDAGE, " préserver et restaurer les fonctionnalités des milieux aquatiques ".
En ce qui concerne les autres moyens de légalité interne :
27. En premier lieu, si les associations requérantes soutiennent que les arrêtés des 4 juin et 21 décembre 2021, auxquels l'arrêté attaqué ne fait aucune référence, contribuent à retirer au projet tout caractère d'urgence, cette circonstance est en tout état de cause sans influence sur la légalité de la décision contestée.
28. En deuxième lieu, aux termes de l'article 4 de l'arrêté du 12 décembre 2014 relatif aux prescriptions générales applicables aux installations du régime de l'enregistrement relevant de la rubrique n° 2760 de la nomenclature des installations classées pour la protection de l'environnement : " () L'installation est implantée hors zone d'affleurement de nappe, cours d'eau, plan d'eau, canaux, fossés, temporaires ou définitifs () "
29. Il résulte de l'instruction que l'installation en litige était soumise à la procédure de l'enregistrement, en application de l'arrêté du 12 décembre 2014, mais qu'étant implantée sur un plan d'eau, la société CGMO a été dans l'obligation de déposer une demande d'autorisation environnementale. L'arrêté litigieux précise à cet égard que l'installation est soumise à la rubrique 3.2.2.0 de la nomenclature de la loi sur l'eau, et par suite à la procédure d'autorisation. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'arrêté du 12 décembre 2014, qui est relatif aux installations relevant du régime de l'enregistrement, doit être écarté.
30. En troisième et dernier lieu, aux termes de l'article L. 122-1-1 du code de l'environnement : " I. L'autorité compétente pour autoriser un projet soumis à évaluation environnementale prend en considération l'étude d'impact, l'avis des autorités mentionnées au V de l'article L. 122-1 ainsi que le résultat de la consultation du public et, le cas échéant, des consultations transfrontières. / La décision de l'autorité compétente est motivée au regard des incidences notables du projet sur l'environnement. Elle précise les prescriptions que devra respecter le maître d'ouvrage ainsi que les mesures et caractéristiques du projet destinées à éviter les incidences négatives notables, réduire celles qui ne peuvent être évitées et compenser celles qui ne peuvent être évitées ni réduites. Elle précise également les modalités du suivi des incidences du projet sur l'environnement ou la santé humaine. () ". Aux termes de l'article L. 511-1 du code de l'environnement : " Sont soumis aux dispositions du présent titre les usines, ateliers, dépôts, chantiers et, d'une manière générale, les installations exploitées ou détenues par toute personne physique ou morale, publique ou privée, qui peuvent présenter des dangers ou des inconvénients soit pour la commodité du voisinage, soit pour la santé, la sécurité, la salubrité publiques, soit pour l'agriculture, soit pour la protection de la nature, de l'environnement et des paysages, soit pour l'utilisation économe des sols naturels, agricoles ou forestiers, soit pour l'utilisation rationnelle de l'énergie, soit pour la conservation des sites et des monuments ainsi que des éléments du patrimoine archéologique. () ". Aux termes de l'article L. 181-3 du même code : " I. - L'autorisation environnementale ne peut être accordée que si les mesures qu'elle comporte assurent la prévention des dangers ou inconvénients pour les intérêts mentionnés aux articles L. 211-1 et L. 511-1, selon les cas ".
31. D'une part, l'arrêté contesté tient compte de l'impact du projet sur l'environnement et précise les prescriptions applicables afin de supprimer ou réduire les incidences négatives, comme l'impose l'article L. 122-1-1 du code de l'environnement.
32. D'autre part, dans l'exercice de ses pouvoirs de police administrative en matière d'installations classées pour la protection de l'environnement, il appartient à l'autorité administrative d'assortir l'autorisation d'exploiter délivrée en application de l'article L. 512-1 du code de l'environnement des prescriptions de nature à assurer la protection des intérêts mentionnés à l'article L. 511-1 du même code, en tenant compte des conditions d'installation et d'exploitation précisées par le pétitionnaire dans le dossier de demande, celles-ci comprenant notamment les engagements qu'il prend afin d'éviter, réduire et compenser les dangers ou inconvénients de son exploitation pour ces intérêts
33. Les associations requérantes soutiennent qu'aucune compensation immédiate aux atteinte à la biodiversité n'est prévue pendant l'exploitation, et que la restauration de la biodiversité prévue avec la création d'une zone humide n'est qu'hypothétique. Toutefois, ainsi qu'il a été dit au point 26 du présent arrêt, en raison notamment des évolutions apportées au projet postérieurement à l'enquête publique et aux prescriptions de l'arrêté contesté, notamment dans ses articles 9.1 et 9.2, les atteintes à la biodiversité et aux espèces protégées ne sont pas caractérisées.
34. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation de l'arrêté du 12 mai 2021 présentées par les associations requérantes, ainsi que leurs conclusions tendant au bénéfice des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, doivent être rejetées. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu, sur le fondement de ces mêmes dispositions, de mettre à leur charge, au profit de la CMGO, la somme de 2 000 euros.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de l'association Vive la forêt, la fédération départementale des associations agréées pour la pêche et la protection du milieu aquatique, la fédération SEPANSO Gironde et la Ligue pour la protection des oiseaux est rejetée.
Article 2 : L'association Vive la forêt, la fédération départementale des associations agréées pour la pêche et la protection du milieu aquatique, la fédération SEPANSO Gironde et la Ligue pour la protection des oiseaux verseront à la CMGO la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à l'association Vive la forêt, la fédération départementale des associations agréées pour la pêche et la protection du milieu aquatique, la fédération SEPANSO Gironde et la Ligue pour la protection des oiseaux, au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires et à la société Carrières et matériaux du grand ouest.
Une copie en sera adressée au préfet de la Gironde.
Délibéré après l'audience du 21 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Munoz-Pauziès, présidente,
M. Bilate, conseiller,
M. Bourdarie, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 octobre 2023.
La présidente-rapporteure
F. MUNOZ-PAUZIÈS
L'assesseur le plus ancien dans l'ordre du tableau
X. BILATE
La greffière,
C. POTTIER
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026