jeudi 7 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2104703 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL AEDIFICO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 13 septembre 2021 et le 18 septembre 2023, et des pièces complémentaires, enregistrées le 4 octobre 2021, Mme A B, représentée par Me Balthazar, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 17 mars 2021 par lequel le maire de la commune de Lacanau a délivré à M. C un permis de construire en vue de l'extension d'une maison d'habitation sur un terrain situé 64 Lotissement Green Land, ainsi que la décision rejetant implicitement son recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Lacanau la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- il n'est pas établi que l'architecte des bâtiments de France ait été consulté conformément aux dispositions de l'article R. 341-9 du code de l'environnement ;
- le permis de construire a été délivré en méconnaissance des dispositions des articles UZ 6, UZ 11, UZ 12 et UZ 13 du règlement du plan local d'urbanisme.
Par un mémoire en défense enregistré le 12 octobre 2021 et le 24 octobre 2023, M. C, représenté par Me Achou-Lepage, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 500 euros soit mise à la charge de Mme B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable ;
- aucun des moyens de la requête n'est fondé ;
Par un mémoire en défense enregistré le 13 octobre 2021, la commune de Lacanau conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 500 euros soit mise à la charge de Mme B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable ;
- aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité du moyen nouveau fondé sur la méconnaissance de l'article UZ 13 du règlement du plan local d'urbanisme, présenté plus de deux mois après communication aux parties du premier mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'environnement ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme E,
- les conclusions de M. Willem, rapporteur public,
- et les observations de Me Lagarde, représentant Mme B, et de Me Gaparros représentant M. C.
Considérant ce qui suit :
1. Par arrêté du 17 mars 2021, le maire de la commune de Lacanau a délivré à M. C un permis de construire en vue d'augmenter de 81,5 m² la surface de plancher d'une maison d'habitation, située 64 Lotissement Green Land, par la création d'une extension à ossature bois. Mme B demande au tribunal d'annuler cet arrêté, ainsi que la décision par laquelle le maire a implicitement rejeté son recours gracieux.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne la recevabilité des moyens nouveaux tirés de ce que le permis de construire aurait été délivré en méconnaissance de l'article UZ 11 relatif aux pentes des toitures, et de l'article UZ 13 du règlement du plan local d'urbanisme :
2. Aux termes de l'article R. 600-5 du code de l'urbanisme : " () Lorsqu'un permis modificatif, une décision modificative ou une mesure de régularisation est contesté dans les conditions prévues à l'article L. 600-5-2, les parties ne peuvent plus invoquer de moyens nouveaux à son encontre passé un délai de deux mois à compter de la communication aux parties du premier mémoire en défense le concernant. () ".
3. Ces moyens, qui ont été présentés dans le mémoire en réplique enregistré le 18 septembre 2023, soit plus de deux mois après la communication du premier mémoire en défense, sont irrecevables.
En ce qui concerne la consultation de l'architecte des bâtiments de France :
4. Aux termes de l'article L. 341-1 du code de l'environnement : " Il est établi dans chaque département une liste des monuments naturels et des sites dont la conservation ou la préservation présente, au point de vue artistique, historique, scientifique, légendaire ou pittoresque, un intérêt général. () L'inscription entraîne, sur les terrains compris dans les limites fixées par l'arrêté, l'obligation pour les intéressés de ne pas procéder à des travaux autres que ceux d'exploitation courante en ce qui concerne les fonds ruraux et d'entretien en ce qui concerne les constructions sans avoir avisé, quatre mois d'avance, l'administration de leur intention. ". L'article R. 341-9 du même code précise que : " La déclaration préalable prévue au quatrième alinéa de l'article L. 341-1 est adressée au préfet de département, qui recueille l'avis de l'architecte des Bâtiments de France sur le projet. Lorsque l'exécution des travaux est subordonnée, en vertu du code de l'urbanisme, à la délivrance d'un permis de construire ou d'un permis de démolir, la demande de permis tient lieu de la déclaration préalable. () ". L'article R. 425-30 du code de l'urbanisme ajoute que : " Lorsque le projet est situé dans un site inscrit, la demande de permis ou la déclaration préalable tient lieu de la déclaration exigée par l'article L. 341-1 du code de l'environnement. Les travaux ne peuvent être entrepris avant l'expiration d'un délai de quatre mois à compter du dépôt de la demande ou de la déclaration. La décision prise sur la demande de permis ou sur la déclaration préalable intervient après consultation de l'architecte des Bâtiments de France. "
5. Il ressort des pièces du dossier que le terrain d'assiette du projet est compris dans le périmètre du site inscrit " Etangs girondins (Carcan, Hourtin, Lacanau). La requérante, qui produit elle-même l'avis favorable rendu par l'architecte des bâtiments de France le 22 janvier 2021 en application des dispositions précitées, ne saurait donc sérieusement soutenir que la preuve de cette consultation ne serait apportée.
En ce qui concerne le respect des dispositions du règlement du plan local d'urbanisme :
6. En premier lieu, aux termes des dispositions de l'article UZ 6 de ce règlement : " Dans les secteurs UZ d : Les bâtiments doivent être implantés : - à une distance d'au-moins 5,00 m de l'alignement sur la voie () Il peut être dérogé à ces règles de recul : - pour les extensions de constructions existantes () lorsque celles-ci sont déjà situées au sein des reculs précités, à condition : - de ne pas étendre la construction en deçà de la distance de recul minimale de la construction existante par rapport à la route départementale () ".
7. La requérante soutient que la construction existante est pour partie implantée à moins de 5 m de la voie et que l'extension litigieuse, implantée dans le droit prolongement de celle-ci, étendra nécessairement la construction en deçà de la distance de recul minimale de la construction existante par rapport à la voie en méconnaissance de la dérogation prévue par les dispositions précitées. Toutefois, cette condition n'est pas applicable à l'extension litigieuse, qui n'est pas située en bordure de la route départementale. En tout état de cause, il ressort des pièces du dossier que cette extension forme un angle avec la maison, et qu'elle n'est pas implantée plus près de la voie que la maison existante.
8. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que l'extension contestée est réalisée dans l'enceinte des clôtures existantes, dont le projet ne prévoit pas la modification. Dans ces conditions, la requérante ne peut utilement reprocher au dossier de permis de construire de ne comporter aucune précision sur la hauteur et la composition des clôtures, ni soutenir que cette carence aurait fait obstacle à ce que le service instructeur s'assure du respect des dispositions de l'article UZ 11 du règlement relatives aux clôtures.
9. En dernier lieu, il ne ressort d'aucune des pièces du dossier que le projet d'extension du pétitionnaire aurait pour effet de créer un logement supplémentaire. Les seules circonstances que cette extension se traduit par la création d'une surface de plancher supplémentaire de 81,5 m² et dispose d'une sortie indépendante, invoquées par la requérante, ne permettent pas, par elles-mêmes, de démontrer le contraire. Par suite, les travaux en litiges doivent être regardés comme étrangers aux dispositions de l'article UZ 12 du règlement du plan local d'urbanisme imposant la création de deux places de stationnement par logement, et le dossier de demande de permis de construire ne peut se voir reprocher aucune insuffisance sur ce point.
10. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation présentées par la requérante doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense.
Sur les frais liés au litige :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Lacanau, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par Mme B au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de mettre à la charge de Mme B la somme de 1 500 euros à verser à M. C au même titre. Enfin, dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par la commune de Lacanau au même titre.
DECIDE :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Mme B versera la somme de 1 500 euros à M. C au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Les conclusions présentées par la commune de Lacanau au titre de l'article L. 761-1 sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme B, à la commune de Lacanau et à M. C.
Délibéré après l'audience du 16 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Ferrari, président,
Mme E et Mme D, premières conseillères.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 décembre 2023.
La rapporteure,
E. E
Le président,
D. FERRARI Le greffier,
Y. JAMEAU
La République mande et ordonne au préfet de la Gironde, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
N°2104703
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026