LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2105608

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2105608

mercredi 18 janvier 2023

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2105608
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation1ère Chambre
Avocat requérantSECHERESSE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I- Par une requête enregistrée sous le n°2105608, le 25 octobre 2021, M. A B, représenté par Me Secheresse, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 24 juin 2021 par lequel la préfète de la Gironde a pris à son encontre une mesure de suspension en urgence d'exercer pendant six mois toutes fonctions d'enseignement, d'encadrement, d'animation ou d'entraînement d'une activité physique ou sportive dans les conditions fixées par l'article L. 212-1 du code des sports ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que :

- son recours est recevable ;

- la décision attaquée est entachée d'erreur d'appréciation dès lors que la plainte pour harcèlement sexuel dont il a fait l'objet, a été classée sans suite.

Par un mémoire enregistré le 21 décembre 2021, la rectrice de l'académie de Bordeaux indique ne pas être compétente au regard de l'article D. 222-35 du code de l'éducation pour présenter des observations.

Par un mémoire enregistré le 18 octobre 2022, la préfète de la Gironde conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir qu'aucun moyen n'est fondé : l'arrêté est suffisamment motivé et il n'est pas entaché d'erreur d'appréciation.

II- Par une requête enregistrée sous le n°2203730, le 8 juillet 2022, M. A B, représenté par Me Secheresse, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 5 janvier 2022 par lequel la préfète de la Gironde a pris à son encontre une mesure d'interdiction d'exercer toutes fonctions d'enseignement, d'encadrement, d'animation ou d'entraînement d'une activité physique ou sportive dans les conditions fixées par l'article L. 212-1 du code des sports pendant une durée d'un an ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que :

- la décision attaquée est insuffisamment motivée en fait et en droit ;

- elle est entachée d'erreur d'appréciation et le quantum de la sanction est disproportionnée ;

Par un mémoire enregistré le 3 novembre 2022, la rectrice de l'académie de Bordeaux indique ne pas être compétente au regard de l'article D. 222-35 du code de l'éducation pour présenter des observations.

Par un mémoire enregistré le 8 novembre 2022, la préfète de la Gironde conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que :

- aucun moyen n'est fondé ;

- l'arrêté attaqué est suffisamment motivé ;

- les éléments recueillis lors de l'enquête administrative justifient la mesure d'interdiction d'exercer.

Vu les décisions attaquées et les autres pièces des dossiers.

Vu :

- le code du sport ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le décret n° 2006-665 du 7 juin 2006 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme de Paz, rapporteure,

- les conclusions de Mme Jaouën, rapporteure publique,

- et les observations de Mme C, représentant la préfète de la Gironde.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, éducateur sportif dans la discipline du rugby, encadrait des séances pour le club omnisport du Stade Bordelais. Suite au signalement de la Fédération français du rugby et à des plaintes émanant de deux parents pour propos déplacés à connotation sexuelle, la préfète de la Gironde a, par un arrêté du 24 juin 2021, suivant une procédure d'urgence prévue à l'article L. 212-13 du code du sport en raison de risques immédiats pour la santé et la sécurité des pratiquants, interdit à M. B d'exercer les fonctions mentionnées à l'article L. 212-1 du code du sport, pour une durée de six mois à compter de la notification de l'arrêté. Dans l'instance n°2105608, M. B demande l'annulation de cet arrêté. Une enquête administrative a été organisée le 28 juin 2021 et aux termes des auditions qui ont été menées, M. B a fait l'objet, après l'avis du 16 décembre 2021 de la formation spécialisée du conseil départemental de la jeunesse, des sports et de la vie association, d'un arrêté préfectoral du 5 janvier 2022 lui interdisant d'exercer toutes fonctions d'enseignement, d'encadrement, d'animation ou d'entraînement d'une activité physique ou sportive dans les conditions fixées par l'article L. 212-1 du code des sports pendant une durée d'un an. Dans l'instance n°2203730, M. B demande l'annulation de ce dernier arrêté préfectoral du 5 janvier 2022.

2. Les requêtes enregistrées sous les n°s 2105608 et 2203730 présentent à juger les mêmes questions et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un même jugement.

Sur l'instance n°2203730 relative à la mesure d'interdiction de fonction d'une durée d'un an :

En ce qui concerne la légalité externe de l'arrêté attaqué :

3. L'arrêté attaqué, qui constitue une mesure de police administrative, mentionne les dispositions sur lesquelles il est fondé, notamment les articles L. 212-1 et L. 212-13 du code du sport. Il indique avec précision l'ensemble des griefs articulés à l'égard de M. B. Il est par suite suffisamment motivé en droit comme en fait.

En ce qui concerne la légalité interne de l'arrêté attaqué :

4. Aux termes de l'article L. 212-1 du code du sport : " I.- Seuls peuvent, contre rémunération, enseigner, animer ou encadrer une activité physique ou sportive ou entraîner ses pratiquants, à titre d'occupation principale ou secondaire, de façon habituelle, saisonnière ou occasionnelle, sous réserve des dispositions du quatrième alinéa du présent article et de l'article L. 212-2 du présent code, les titulaires d'un diplôme, titre à finalité professionnelle ou certificat de qualification : / 1° Garantissant la compétence de son titulaire en matière de sécurité des pratiquants et des tiers dans l'activité considérée ; / 2° Et enregistré au répertoire national des certifications professionnelles dans les conditions prévues au II de l'article L. 335-6 du code de l'éducation. () ". Aux termes de l'article L. 212-2 du même code : " Lorsque l'activité mentionnée au premier alinéa de l'article L. 212-1 s'exerce dans un environnement spécifique impliquant le respect de mesures de sécurité particulières, seule la détention d'un diplôme permet son exercice. Ce diplôme, inscrit sur la liste mentionnée au III de l'article L. 212-1, est délivré par l'autorité administrative dans le cadre d'une formation coordonnée par les services du ministre chargé des sports et assurée par des établissements relevant de son contrôle pour les activités considérées. () ". Aux termes de l'article L. 212-13 dudit code : " L'autorité administrative peut, par arrêté motivé, prononcer à l'encontre de toute personne dont le maintien en activité constituerait un danger pour la santé et la sécurité physique ou morale des pratiquants l'interdiction d'exercer, à titre temporaire ou définitif, tout ou partie des fonctions mentionnées à l'article L. 212-1. () / Cet arrêté est pris après avis d'une commission comprenant des représentants de l'Etat, du mouvement sportif et des différentes catégories de personnes intéressées. Toutefois, en cas d'urgence, l'autorité administrative peut, sans consultation de la commission, prononcer une interdiction temporaire d'exercice limitée à six mois. () ".

5. D'une part, les dispositions précitées soumettent l'édiction d'une mesure d'interdiction d'exercer auprès de mineurs, laquelle constitue une mesure de police administrative, à la seule circonstance que la participation de l'intéressé à un accueil de mineurs ou à son organisation présente des risques pour la santé et la sécurité physique ou morale des mineurs, indépendamment de l'exercice de toute poursuite pénale. Par suite, la circonstance que les plaintes déposées à l'encontre de M. B aient été classées sans suite, est dès lors sans incidence sur la légalité de la décision adoptée à son encontre.

6. D'autre part, il ressort des pièces du dossier, ainsi que des témoignages recueillis lors de l'enquête administrative concernant M. B du 31 août 2021, qui sont concordants et circonstanciés, et émanent de deux licenciées du Stade Bordelais de 13/14 ans, que M. B a eu des comportements inadaptés et déplacés, à l'égard des joueuses du club en entrant à deux reprises dans le vestiaire alors qu'elles se douchaient. Il ressort aussi des pièces du dossier qu'à l'égard de trois joueuses du club de 13/14 ans, il a eu en outre une attitude intrusive en les appelant la nuit et leur envoyant 49 SMS entre 22H14 et 2H21 du matin, le 14 février 2021, 38 SMS entre 22H et 22H47, le 11 mai 2021 et 26 SMS entre 2H12 et 2H47, le 25 juillet 2021. Il ressort également des pièces du dossier que le 5 mai 2021, alors qu'il ramenait une mineure chez elle en voiture, il a entamé une conversation sur sa sexualité, lui a demandé si elle avait eu des relations sexuelles avec un homme et si elle avait eu mal. Si M. B conteste la matérialité des faits, il ne produit aucun témoignage attestant de sa bonne conduite envers les mineures licenciées du club. La matérialité de faits est par conséquent établie.

7. Enfin, la préfète de la Gironde n'a pas commis d'erreur d'appréciation en considérant que, en raison de ces faits, le maintien en fonction de M. B constituait un danger pour la santé et la sécurité physique ou morale des licenciées compte tenu de leur âge. Au regard de la gravité des faits commis et de leur nature, la mesure prononcée d'interdiction d'exercer toute fonction d'encadrement d'activité physique ou sportive pour une durée d'une année n'est pas disproportionnée.

Sur l'instance n°2105608 relative à la mesure de suspension provisoire d'une durée de 6 mois :

8. Pour demander l'annulation de la décision de suspension du 24 juin 2021, M. B fait valoir que les plaintes déposées par les parents de deux pratiquantes mineures ont été classées sans suite. Toutefois, eu égard à ce qui a été dit au point 6, cette circonstance ne permet pas de remettre en cause la situation dénoncée de manière convergente par ces mineures, leurs parents et certains professionnels et qui constituait, à la date à laquelle la préfète a pris l'arrêté contesté, un cas d'urgence au sens des dispositions des articles L. 212-13 du code du sport qui justifiait que ne soit pas laissé à M. B la possibilité de poursuivre l'exercice de ses fonctions d'éducateur sportif auprès de jeunes enfants et adolescents. Dans ces conditions, face à une situation de danger pour la santé et la sécurité physique et morale des mineures que représentaient les agissements reprochés à M. B, l'administration a pu légalement prononcer à son encontre une mesure, à titre conservatoire, d'interdiction temporaire de moins de six mois, dans l'attente des résultats des conclusions de l'enquête administrative ordonnée par les services de la direction départementale de l'éducation nationale. Par suite, les dispositions de l'article L. 212-13 du code des sports n'ont pas été méconnues.

9. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation des arrêtés contestés. Il y a lieu de rejeter ses deux requêtes, ainsi que par voie de conséquence, ses conclusions tendant au remboursement de ses frais liés à l'instance.

DECIDE

Article 1er : Les requêtes présentées par M. B sont rejetées.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la préfète de la Gironde.

Délibéré après l'audience du 21 décembre 2022 à laquelle siégeaient :

- Mme Zuccarello, présidente,

- Mme De Paz, première conseillère,

- Mme Denys, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 janvier 2023.

La rapporteure

D. DE PAZ

La présidente

F. ZUCCARELLO

La greffière,

M. D

La République mande et ordonne à la préfète de la Gironde en ce qui la concerne et à tous huissiers à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

N°s 21005608, 2203730

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions