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AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2105655

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2105655

lundi 21 novembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2105655
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationJU-6ème chambre
Avocat requérantBALTAZAR

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire en production de pièce enregistrés les 27 octobre 2021 et 10 janvier 2022, l'Office public de l'habitat (OPH) de Bordeaux Métropole dit " B ", représentée par Me Baltazar, avocate, a demandé au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite du 7 septembre 2021 par laquelle la préfète de la Gironde a refusé de lui accorder le concours de la force publique ;

2°) d'enjoindre à la préfète de la Gironde de lui accorder le bénéfice du concours de la force publique dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement ou, à défaut de procéder au réexamen de sa demande de concours de la force publique dans un délai d'un mois ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le paiement d'une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision implicite attaquée est entachée d'un défaut de motivation ;

- la préfète de la Gironde ne se prévaut d'aucun motif légitime au refus d'accorder le concours de la force publique.

Par un mémoire en défense enregistré le 10 juin 2022, la préfète de la Gironde conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions à fin d'annulation et au rejet des conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que les conclusions à fin d'annulation présentées sont dépourvues d'objet dès lors qu'elle a octroyé le concours de la force publique à l'OPH B par décision du 19 avril 2022.

Par un mémoire complémentaire enregistré le 26 septembre 2022, l'OPH B conclut désormais au non-lieu à statuer et maintient ses conclusions relatives aux frais d'instance.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des procédures civiles d'exécution ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme D pour statuer sur les litiges mentionnés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Le rapport de Mme D a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Par ordonnance du 16 mai 2019, le juge des référés du tribunal d'instance de Bordeaux a constaté la résiliation du contrat de bail conclu entre l'Office public de l'habitat (OPH) B et Mme A pour un logement situé 11 rue Rémi Belleau à Talence par l'acquisition d'une clause résolutoire. Le juge a en outre ordonné, à défaut de libération volontaire dans un délai de deux mois à compter de la notification d'un commandement de quitter les lieux, l'expulsion de la locataire du logement, ainsi que de tous les occupants de leur chef, au besoin avec l'assistance de la force publique. Le 9 juillet 2019, un commandement de quitter les lieux au plus tard le 9 septembre 2019 a été délivré par un huissier de justice à l'occupante du logement de l'OPH B. Ce commandement de quitter les lieux a été notifié aux services de la préfecture de la Gironde le jour même. A défaut de libération des lieux, un huissier de justice a, le 7 juillet 2020, requis le concours de la force publique auprès de la préfecture de la Gironde. Par application des dispositions de l'article R. 153-1 du code des procédures civiles d'exécution, une décision implicite de refus de concours à la force publique est née le 7 septembre 2020 du silence gardé pendant deux mois par l'administration. Par la présente requête, l'OPH B a, dans le premier état de ses écritures, demandé au tribunal d'annuler cette décision.

2. Il ressort toutefois des pièces du dossier que postérieurement à l'introduction de la requête, la préfète de la Gironde a, par courrier du 19 avril 2022, décidé d'octroyer à l'OPH B à compter du 17 mai 2022 le concours de la force publique en vue de l'expulsion de Mme A du logement qu'elle occupe 11 rue Rémi Belleau à Talence, opérant ainsi le retrait de la décision implicite de refus de concours de la force publique du 7 septembre 2020. Dès lors, les conclusions de la requête à fin d'annulation de cette décision implicite et à fin d'injonction ont, ainsi que l'office requérant le constate lui-même dans son dernier mémoire enregistré le 26 septembre 2022, perdu leur objet. Par suite, il n'y a plus lieu d'y statuer.

Sur les frais liés à l'instance :

3. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, et de mettre à la charge de l'Etat une somme de 800 euros à verser à l'OPH B au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation et d'injonction de la requête de l'Office public de l'habitat B.

Article 2 : L'Etat versera à l'office public de l'habitat B la somme de 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à l'office public de l'habitat B, à la préfète de la Gironde et à Mme C A.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 novembre 2022.

La magistrate désignée

B. MOLINA-ANDREO La greffière

L. SIXDENIERS

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des Outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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