lundi 21 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2105658 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | JU-6ème chambre |
| Avocat requérant | BALTAZAR |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire en production de pièce enregistrés les 27 octobre 2021 et 10 janvier 2022, l'Office public de l'habitat (OPH) de Bordeaux Métropole dit " C ", représentée par Me Baltazar, avocate, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite du 2 septembre 2021 par laquelle la préfète de la Gironde a refusé de lui accorder le concours de la force publique ;
2°) d'enjoindre à la préfète de la Gironde de lui accorder le bénéfice du concours de la force publique dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa demande de concours de la force publique dans un délai d'un mois ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le paiement d'une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision implicite attaquée est entachée d'un défaut de motivation ;
- la préfète de la Gironde ne se prévaut d'aucun motif légitime au refus d'accorder le concours de la force publique.
Par un mémoire en défense enregistré le 23 août 2022, la préfète de la Gironde conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions à fin d'annulation et au rejet des conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les conclusions à fin d'annulation présentées sont dépourvues d'objet dès lors que les occupants sans titre ont quitté le logement.
Par ordonnance du 12 septembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 27 septembre 2022 à 12h00.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des procédures civiles d'exécution ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- - le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme D pour statuer sur les litiges mentionnés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de Mme D a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par ordonnance du 21 juillet 2015, le juge des référés du tribunal d'instance de Bordeaux a constaté la résiliation du contrat de bail conclu entre l'Office public de l'habitat (OPH) C d'une part et M. B A et Mme da Silva Marques d'autre part pour un logement situé 8 rue de Marsillon à Ambarès-et-Lagrave par l'acquisition d'une clause résolutoire. Le juge a en outre ordonné, à défaut de libération volontaire, l'expulsion des locataires du logement, ainsi que de tous les occupants de leur chef, au besoin avec l'assistance de la force publique. Le 7 avril 2016, un commandement de quitter les lieux au plus tard le 7 juin 2016 a été délivré par un huissier de justice aux occupants du logement de l'OPH C. Ce commandement de quitter les lieux a été notifié aux services de la préfecture de la Gironde le 8 avril 2016. A défaut de libération des lieux, un huissier de justice a, le 29 octobre 2018, requis le concours de la force publique auprès de la préfecture de la Gironde. Une nouvelle demande de concours de la force publique a été formulée le 2 juillet 2021 et enregistrée le jour-même en préfecture. Par application des dispositions de l'article R. 153-1 du code des procédures civiles d'exécution, une décision implicite de refus de concours à la force publique est née le 2 septembre 2021 du silence gardé pendant deux mois par l'administration. Par la présente requête, l'OPH C demande au tribunal d'annuler cette décision.
Sur l'exception de non-lieu à statuer :
2. Si la préfète de la Gironde fait valoir M. B A et Mme da Silva Marques ont spontanément quitté le logement qu'ils occupaient à la date du 19 avril 2022, cette circonstance est sans incidence sur le maintien de l'objet de la requête, en l'absence de retrait ou d'abrogation de la décision attaquée de refus de concours de la force publique. Par suite, l'exception de non-lieu opposée en défense ne peut qu'être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation
3. Aux termes de l'article L. 153-1 du code des procédures civiles d'exécution : " L'Etat est tenu de prêter son concours à l'exécution des jugements et des autres titres exécutoires. Le refus de l'Etat de prêter son concours ouvre droit à réparation ". Aux termes de l'article L. 153-2 du même code : " L'huissier de justice chargé de l'exécution peut requérir le concours de la force publique ".
4. Toute décision de justice ayant force exécutoire peut donner lieu à une exécution forcée, la force publique devant, si elle est requise, prêter main forte à cette exécution. Toutefois, des considérations impérieuses tenant à la sauvegarde de l'ordre public, ou à la survenance de circonstances postérieures à la décision judiciaire d'expulsion telles que l'exécution de celle-ci serait susceptible d'attenter à la dignité de la personne humaine, peuvent légalement justifier, sans qu'il soit porté atteinte au principe de la séparation des pouvoirs, le refus de prêter le concours de la force publique.
5. La décision implicite attaquée de refus de concours de la force publique n'est par nature pas motivée. Toutefois, dans le cadre de la présente instance, la préfète de la Gironde n'invoque aucun motif qui aurait pu fonder sa décision de ne pas accorder le concours de la force publique pour l'exécution de la décision du juge judiciaire. Il ne ressort pas des pièces du dossier que des considérations impérieuses liées à la sauvegarde de l'ordre public ou que des circonstances postérieures à la décision judiciaire d'expulsion auraient légalement justifié ce refus. Par suite, l'office requérant est fondé à soutenir qu'en prenant la décision de refus en litige, la préfète de la Gironde a commis une erreur d'appréciation.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner l'autre moyen soulevé, que l'OPH C est fondé à demander l'annulation de la décision attaquée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. Ainsi qu'il a été dit au point 2, M. B A et Mme da Silva Marques ont quitté le logement qu'ils occupaient le 19 avril 2022. Dès lors, il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de l'OPH C tendant à ce qu'il soit enjoint à la préfète de la Gironde de lui accorder le bénéfice du concours de la force publique ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa demande de concours de la force publique.
Sur les frais liés à l'instance :
8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, et de mettre à la charge de l'Etat une somme de 800 euros à verser à l'OPH C au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La decision implicite du 2 septembre 2021 de la préfète de la Gironde refusant d'accorder le concours de la force publique à l'office public de l'habitat C est annulée.
Article 2 : L'Etat versera à l'office public de l'habitat C la somme de 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Il n'y a pas lieu de statuer sur le surplus des conclusions de la requête de l'Office public de l'habitat C.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à l'office public de l'habitat C, à la préfète de la Gironde, à M. E B A et Mme et Raquel Sofia Da Silva Marques.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 novembre 2022.
La magistrate désignée,
B. MOLINA-ANDREO La greffière,
L. SIXDENIERS
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des Outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2105658
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026