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AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2105970

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2105970

mercredi 20 décembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2105970
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation2ème Chambre
Avocat requérantSELAS CAZAMAJOUR ET URBANLAW

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 10 novembre 2021, Mme G F D, représentée par la SELAS Cazamajour et Urbanlaw, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 10 septembre 2021 par lequel le maire de la commune de Pessac a refusé de délivrer un permis de construire à la société COGEDIM Aquitaine Pays Basque pour la construction d'un ensemble résidentiel de 29 logements en R+2 sur un terrain situé 1-3 avenue de Madran ;

2°) d'enjoindre au maire de la commune de Pessac de délivrer à la société COGEDIM Aquitaine Pays Basque le permis de construire demandé dans un délai de huit jours et sous astreinte de 300 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Pessac la somme de 4 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence, en l'absence d'une délégation de signature exécutoire à la date de son édiction ;

- il méconnaît l'article 1.3.4.3. du règlement de la zone UM5 du plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) de Bordeaux Métropole, relatif à la protection des constructions contre le ruissellement des eaux pluviales ;

- il méconnaît les dispositions des articles 2.4.1.1. et 2.4.1.2. de ce règlement relatives à l'insertion du projet dans son environnement ; le projet ne se situe pas dans une séquence de voie au sens des dispositions de l'article 2.4.1.2. ;

- il méconnaît les dispositions de l'article 2.4.4.4. relatives à l'aménagement paysager et aux plantations ;

- il méconnaît l'article 3.3.2.1. relatif aux eaux pluviales et à leur évacuation ;

- il méconnaît les dispositions de l'article 3.3.5. relatives à la dimension minimale du local technique pour le raccordement au réseau de fibre optique très haut débit.

Par un mémoire en défense, enregistré le 7 mars 2022, la commune de Pessac, représentée par son maire en exercice, conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que :

- les moyens soulevés par Mme D ne sont pas fondés ;

- s'agissant des motifs fondés sur l'article 2.4.4.4., à supposer que ceux retenus dans l'arrêté contesté ne soient pas fondés, peut y être substitué celui tiré de l'absence d'information dans le dossier de demande quant à la typologie, au regard de leur développement à l'âge adulte, des arbres qu'il est projeté d'abattre, ainsi que celui tiré de la violation des dispositions de l'article 1.3.5. du règlement zonal, relatives à la préservation de la continuité paysagère.

La requête a été communiquée à la SNC COGEDIM Aquitaine Pays Basque, qui n'a pas produit de mémoire.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Pinturault,

- les conclusions de M. Josserand, rapporteur public,

- et les observations de Me Coudray, représentant Mme D, et de Mme C, représentant la commune de Pessac.

Considérant ce qui suit :

1. Le 22 décembre 2020, Mme G F D a conclu avec la SNC COGEDIM Aquitaine Pays Basque un compromis pour la vente de la parcelle dont elle est propriétaire dans la commune de Pessac, cadastrée section KC n° 68, située 1-3 avenue de Madran, sous condition suspensive de l'obtention, par cette société, d'un permis de construire sur cette parcelle. Le 17 juin 2021, la SNC COGEDIM Aquitaine Pays Basque a déposé à la mairie de Pessac une demande de permis de construire pour édifier, sur cette parcelle, un ensemble résidentiel de 29 logements en R+2. Par un arrêté du 10 septembre 2021, le maire de la commune de Pessac a refusé de délivrer le permis de construire demandé. Mme D sollicite l'annulation de cette décision.

2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente pour délivrer le permis de construire, d'aménager ou de démolir et pour se prononcer sur un projet faisant l'objet d'une déclaration préalable est : a) Le maire, au nom de la commune, dans les communes qui se sont dotées d'un plan local d'urbanisme () ". Aux termes de l'article L. 2122-18 du code général des collectivités territoriales : " Le maire est seul chargé de l'administration, mais il peut, sous sa surveillance et sa responsabilité, déléguer par arrêté une partie de ses fonctions à un ou plusieurs de ses adjoints () ". Aux termes de l'article L. 2131-1 du code général des collectivités territoriales, dans leur version applicable au litige : " Les actes pris par les autorités communales sont exécutoires de plein droit dès qu'il a été procédé à leur publication ou affichage ou à leur notification aux intéressés ainsi qu'à leur transmission au représentant de l'Etat dans le département ou à son délégué dans l'arrondissement () Le maire peut certifier, sous sa responsabilité, le caractère exécutoire de ces actes ". Aux termes de l'article L. 2122-29 du même code : " () Dans les communes de 3 500 habitants et plus, les arrêtés municipaux à caractère réglementaire sont publiés dans un recueil des actes administratifs dans des conditions fixées par décret en Conseil d'Etat. La publication au recueil des actes administratifs des arrêtés municipaux mentionnés au deuxième alinéa est assurée sur papier. Elle peut l'être également, dans des conditions de nature à garantir leur authenticité, sous forme électronique. La version électronique est mise à la disposition du public de manière permanente et gratuite ".

3. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté en litige a été signé par M. B E, adjoint au maire à qui, par un arrêté du 20 juillet 2020, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la commune et transmis en préfecture le jour de sa signature, le maire de la commune de Pessac a donné délégation pour signer les actes et pièces administratives relatifs aux autorisations d'occupation du sol. Par suite, à la date à laquelle la décision contestée a été signée, son signataire disposait d'une délégation de signature qui était d'ores et déjà exécutoire. Il suit de là que le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte manque en fait.

4. En deuxième lieu, le terrain d'assiette du projet en litige se trouve dans la zone UM5 du plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) de Bordeaux Métropole. Aux termes de l'article 1.3.4.3. du règlement de cette zone : " Protection des constructions contre le ruissellement des eaux pluviales / A l'exception des constructions à usage agricole dans le cas de constructions neuves comme d'extension, le projet devra préciser comment sont gérées les eaux de ruissellement de surface. / La cote des accès du rez-de-chaussée ou de la dalle finie devra être au minimum à 15 cm au-dessus : / - de la cote fil d'eau du caniveau (ou assimilé) pour les bâtiments implantés à l'alignement ; / - du terrain aménagé ou des points bas du terrain situés à proximité pour les bâtiments implantés en recul, en second rang ou au-delà. / Pour les parties de bâtiment enterrées ou semi enterrées, les rampes d'accès aux parkings souterrains, le point haut de l'accès sera au minimum à 15 cm au-dessus de la cote fil d'eau du caniveau (ou assimilé) ou à 15 cm au-dessus du terrain aménagé ou des points bas du terrain situés à proximité. / En cas d'impossibilité d'application des règles ci-dessus, il appartiendra au pétitionnaire de proposer une solution de gestion des eaux pluviales et d'en démontrer la viabilité et la pérennité. ".

5. En l'espèce, le bâtiment est implanté en recul de la voie publique, de sorte que la mesure de la cote des accès du rez-de-chaussée doit être appréciée au regard des points bas du terrain situé à proximité de ce bâtiment ou du terrain aménagé. Il ressort des pièces du dossier que la cote des accès du rez-de-chaussée du bâtiment projeté est à 42,85 m au-dessus du nivellement général de la France (A), et que le point altimétrique le plus bas relevé sur le terrain naturel (" TN "), dont il est précisé qu'il est, sur ces coupes, égal au terrain aménagé (" TA "), est de 42,29 m A. Ainsi, au niveau des accès du rez-de-chaussée, le sol du bâtiment présente une élévation supérieure à celle exigée par les dispositions précitées. Si est reportée sur le plan de masse et sur le plan topographique, au droit des accès du rez-de-chaussée ouvrant à l'ouest, une mesure altimétrique plus élevée que le sol du rez-de-chaussée, il ressort des plans de coupe que, au droit de ces mêmes accès, le terrain présente, entre le point de mesure en question et la façade, une déclivité dont le point le plus bas correspond au point le plus bas mesuré, sur la même coupe, à l'est et qui est, en tout état de cause, au moins 15 cm plus bas que la cote des accès. Le maire de la commune de Pessac n'était donc pas fondé à opposer au projet un défaut de conformité par rapport aux dispositions de l'article 1.3.4.3 du règlement de la zone UM5 du PLUi.

6. En troisième lieu, aux termes de l'article 2.4.1.1. du règlement de la zone UM5 du PLUi de Bordeaux Métropole, relatif à l'aspect extérieur des constructions : " Dispositions générales / La situation des constructions, leur architecture, leurs dimensions et leur aspect extérieur doivent être adaptés au caractère et à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales () - Matériaux /Le choix des matériaux et des couleurs doit se faire de manière à bien s'intégrer dans le respect de l'environnement bâti () - Façades / Toutes les façades des constructions d'angle ou établies sur un terrain riverain de plusieurs voies, ainsi que les pignons de toutes les constructions doivent recevoir un traitement de qualité équivalente () ". Selon l'article 2.4.1.2. de ce règlement : " Constructions nouvelles / Dans les secteurs présentant une unité architecturale, la volumétrie et la modénature des nouvelles constructions doivent établir la continuité des éléments ou ménager d'éventuelles transitions, sans remettre en cause le gabarit fixé. / Ainsi, les constructions nouvelles doivent s'intégrer à la séquence de voie dans laquelle elles s'insèrent en tenant compte des caractéristiques des constructions avoisinantes, sur les deux rives de la voie, et notamment : / - de la composition des façades limitrophes ; / - des rythmes horizontaux (corniches, bandeaux soulignant les niveaux etc.) ; / - de la volumétrie des toitures. / Par ailleurs, dans le respect des dispositions du présent règlement, tout projet d'expression contemporaine est autorisé dès lors qu'il participe à la qualité du paysage urbain dans lequel il s'insère. ". Le glossaire de la partie réglementaire du PLUi définit une séquence comme un " ensemble composé de plusieurs constructions, situées en façade d'un ou plusieurs îlots contigus ou en vis-à-vis sur une même voie, présentant une unité architecturale et/ou urbaine. ".

7. Pour apprécier si un projet de construction porte atteinte, en méconnaissance des dispositions de l'article R. 111-27 ou de celles du règlement d'un plan local d'urbanisme qui a le même objet et dont les exigences ne sont pas moindres, au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains, ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales, il appartient à l'autorité administrative d'apprécier, dans un premier temps, la qualité du site sur lequel la construction est projetée et d'évaluer, dans un second temps, l'impact que cette construction, compte tenu de sa nature et de ses effets, pourrait avoir sur le site

8. Il ressort des pièces du dossier que le terrain d'assiette du projet se situe dans un quartier principalement résidentiel, construit aux abords du domaine viticole du château Pape Clément, qui s'étend au sud tout au long de l'avenue de Madran, de l'autre côté de cette voie. Les parties construites de ce secteur ne présentent entre elles aucune unité architecturale, et sont largement dominées par un habitat résidentiel, constitué de maisons individuelles et d'immeubles d'habitation, construits à des époques différentes, dans des styles hétérogènes et des volumes variables d'un bâtiment à l'autre. Dans ces conditions, le secteur ne présente aucune unité architecturale ni aucune séquence de voie au sens du règlement du PLUi. En outre, sur la parcelle située immédiatement au nord du terrain d'assiette, le long de la rue du Pont de l'Orient, est édifié un immeuble d'habitat collectif récent, dans un style comparable à celui du bâtiment projeté et qui, comme celui-ci, présente un gabarit en R+2. Il est par ailleurs séparé du quartier résidentiel par une large route. Il ne ressort pas des pièces du dossier que la superficie d'emprise et les dimensions du bâtiment projeté excéderaient de manière substantielle les volumes de cette résidence. Dans ces conditions, au regard de son implantation, de ses dimensions et de ses parti-pris architecturaux, le projet ne peut être regardé comme portant atteinte à une unité architecturale ou une séquence de voie protégées par les dispositions de l'article 2.4.1.2. du règlement de la zone UM5, ni davantage comme étant de nature à compromettre, plus généralement, le caractère et l'intérêt des lieux, protégés par les dispositions cumulées de ce même article et de l'article 2.4.1.1. du même règlement. Il suit de là que la requérante est fondée à soutenir qu'en s'opposant, pour ce motif, au projet présenté par la société pétitionnaire, le maire de la commune de Pessac a entaché sa décision d'une erreur d'appréciation.

9. En quatrième lieu, aux termes de l'article 2.4.4.4. du règlement de la zone UM5 du PLUi de Bordeaux Métropole relatif aux aménagements paysager et plantations : " () Le projet paysager doit s'appuyer sur les caractéristiques du projet de construction (proportions) et les composantes du site préexistant, en tenant compte notamment de l'implantation des constructions avoisinantes, de la forme de la parcelle, de la topographie, des arbres qui participent à la qualité du paysage. () Toutefois, un projet paysager différent peut être autorisé dès lors que, de manière cumulative : - il s'appuie sur les masses végétales existantes ; - il comporte des strates diversifiées (arbres de petit, moyen et/ou de grand développement) et d'essences variées privilégiant les espèces endogènes, dépolluantes et non-allergènes ; - il comprend un espace d'agrément d'un seul tenant ouvert aux usagers de l'opération. / Lorsqu'un arbre de moyen ou grand développement est coupé lors du projet, un sujet qui aura un gabarit équivalent à l'âge adulte doit être replanté sur le terrain () ".

10. D'une part, il ne ressort pas de ces dispositions que, comme l'a retenu l'autorité administrative dans les motifs de la décision contestée, la haie prévue en bordure de la limite nord de la parcelle devrait être prolongée jusqu'à la limite de l'accès en voiture depuis l'avenue du Pont de l'Orient, ni qu'il serait impératif de différencier les compositions des haies en bordure des jardins privatifs des logements d'une part, et les haies en bordure des voies d'autre part, ces deux types de haies étant au demeurant parfaitement identifiables sur le plan de masse produit dans le dossier de demande. Les haies dont la mise en œuvre est prévue, dont il est précisé sur le plan de masse qu'elles seront composées d'essences endogènes, et dont la notice architecturale indique qu'il s'agira d'essences mélangées (laurier, spirée du Japon, érable champêtre, charme, buis), ne méconnaissent pas les dispositions réglementaires précitées.

11. D'autre part, il ne ressort pas des pièces du dossier que la mise en œuvre du réseau d'évacuation des eaux pluviales serait, de par son implantation, de nature à menacer la subsistance de l'arbre situé au nord-est de la parcelle, que le projet en cause propose de conserver, ni même que, comme affirmé dans les motifs de la décision contestée, le réseau d'évacuation des eaux pluviales passerait sous le houppier de cet arbre ou que, à supposer que ce soit le cas, le terrassement nécessaire pour installer la dalle d'évacuation menacerait les racines de cet arbre. Il en est de même pour l'arbre que le projet propose de planter au niveau de l'accès au terrain d'assiette depuis l'avenue du Pont de l'Orient, dont il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il serait situé trop près du réseau d'évacuation et du massif de stockage des eaux pluviales. Quant aux arbres dont la plantation est prévue sur la marge de recul située au sud du terrain d'assiette entre l'avenue de Madran et le bâtiment à construire, l'aménagement d'une terrasse-balcon au droit des logements référencés T1-003, T1-103, T4-002 et T4-102 n'apparaît pas compromettre la survivance de ces arbres, dès lors que ce dispositif, s'il est amené à être en contact avec le houppier de l'un de ces arbres, ne présente pas une implantation telle qu'elle serait de nature à compromettre le développement de ses racines.

12. Enfin, et en tout état de cause, si le maire de la commune de Pessac demande qu'aux motifs retenus dans la décision attaquée soit substitué celui tiré de l'insuffisance du dossier de demande en ce qui concerne l'identification des arbres à abattre et le respect de l'obligation de les remplacer par des arbres de typologie comparable, la notice explicative produite dans le dossier de demande comporte une description des essences présentes sur place, des six arbres qui seront abattus, dont deux sont de moyen développement, c'est-à-dire un cerisier et un sapin dont il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il serait de grand développement, et indique que les arbres qui seront plantés, au nombre de 19, seront d'essences comparables et de moyen développement. Par suite, ce motif n'est pas constitué.

13. Il résulte de ce qui précède que la requérante est fondée à soutenir qu'en refusant le projet présenté par la société pétitionnaire au motif qu'il ne respectait pas les dispositions précitées, le maire de la commune de Pessac a méconnu ces dispositions.

14. En quatrième lieu, aux termes de l'article 3.3.2.1 du règlement de la zone UM5 du PLUi de Bordeaux Métropole, relatif aux eaux pluviales : " Généralités / Tout terrain doit être aménagé avec des dispositifs permettant l'évacuation qualitative et quantitative des eaux pluviales. Ils doivent être adaptés à la topographie, à la nature du sous-sol et aux caractéristiques des constructions. / Sous réserve des autorisations réglementaires éventuellement nécessaires, les eaux pluviales doivent préférentiellement rejoindre directement le milieu naturel (par infiltration dans le sol ou rejet direct dans les eaux superficielles). / A défaut, les eaux pluviales peuvent être rejetées gravitairement, suivant le cas, et par ordre de préférence, au caniveau, au fossé, dans un collecteur d'eaux pluviales ou un collecteur unitaire si la voie en est pourvue () Pour les constructions nouvelles et les extensions, dès lors que la surface imperméabilisée projetée est supérieure à 100 m², le projet présentera obligatoirement la solution retenue pour la gestion des eaux pluviales. Dans le cas d'un rejet final au caniveau, au fossé, dans un collecteur d'eaux pluviales ou un collecteur unitaire si la voie en est pourvue, le débit rejeté est plafonné à 3 l/s/ha () ".

15. Le projet en cause prévoit la mise en œuvre, pour la gestion des eaux pluviales, d'un système d'évacuation gravitaire dans le réseau public, selon un débit régulé via une masse de collecte située sur le terrain d'assiette.

16. Alors que, selon la notice de gestion des eaux pluviales produite dans le dossier de demande, les essais de perméabilité qui ont été réalisés sont au-dessus de la valeur limite admissible pour l'infiltration, c'est-à-dire 3.10-6, cette même notice retient que l'évacuation des eaux pluviales ne pourra pas être réalisée par infiltration, sans que les tests de perméabilité évoqués soient effectivement produits et sans que cette même notice n'expose les raisons de cette conclusion qui est en contradiction avec les résultats de ces tests. Dans ces conditions, quand bien-même il est constant que la solution compensatoire proposée, qui consiste à évacuer les eaux pluviales dans le réseau public, est suffisamment dimensionnée par rapport à la nature du terrain et aux dimensions du projet, il n'en demeure pas moins que la mise en œuvre de cette solution compensatoire, dont le caractère nécessaire n'est pas justifié, ne respecte pas le principe selon lequel l'évacuation des eaux pluviales doit, en priorité, être recherchée par infiltration dans le milieu naturel.

17. En dernier lieu, aux termes de l'article 3.3.5. du règlement de la zone UM5 du PLUi de Bordeaux Métropole : " Numérique / D'une manière générale, toute construction neuve doit être conçue de manière à permettre le raccordement et la desserte intérieure au réseau de fibre optique très haut débit. / Toute construction neuve de plus de douze logements et / ou de locaux à destination de bureaux, d'artisanat, de commerce, d'industrie, de services publics ou d'intérêt collectif, doit réaliser un local technique adapté de 6 m² minimum. / Ce local doit être implanté sur le terrain d'assiette de la construction. "

18. Si, selon la notice architecturale jointe au dossier de demande, le local multi opérateur destiné à recevoir les connexions au réseau de fibre optique présente une superficie de 6 m², il ressort des plans annexés au dossier de demande que ce local n'a qu'une superficie de 5,62 m². Par suite, en retenant que le projet n'est pas conforme aux dispositions citées ci-dessus, le maire de la commune de Pessac n'en a pas fait d'application inexacte.

19. Il résulte de ce qui précède que la maire de la commune de Pessac ne pouvait légalement fonder le refus de permis de construire en litige sur les motifs, analysés aux points 4 à 13, tirés de la méconnaissance des articles 1.3.4.3., 2.4.1.1 et 2.4.4.4. du règlement de la zone UM5 du PLUi de Bordeaux Métropole. Toutefois, il résulte de l'instruction que cette autorité aurait pris la même décision si elle s'était fondée sur les deux autres motifs légalement justifiés. Par suite, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les motifs dont le maire de la commune de Pessac demande la substitution à ceux retenus dans l'acte attaqué, la requête de Mme D doit être rejetée ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme F D, au maire de la commune de Pessac et à la SNC GOGEDIM Aquitaine Pays Basque.

Délibéré après l'audience du 6 décembre 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Cabanne, présidente,

M. Pinturault, premier conseiller,

M. Frézet, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 décembre 2023.

Le rapporteur,

M. PINTURAULT

La présidente,

C. CABANNE La greffière,

S. FERMIN

La République mande et ordonne au préfet de la Gironde, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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