LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2106201

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2106201

mercredi 7 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2106201
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation1ère Chambre
Avocat requérantBAULIMON

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 19 novembre 2021 et 28 avril 2023, Mme A, représentée par Me Baulimon, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 14 octobre 2021 par lequel le maire de Libourne l'a placée en disponibilité pour raison de santé du 14 septembre 2021 au 13 mars 2022 ;

2°) d'enjoindre à la commune de Libourne de la placer en congé pour accident de service depuis la rechute du 20 mars 2019, dans le délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) d'ordonner la reconstitution de sa carrière, de ses droits sociaux et de ses droits à pension et de reprendre le versement de son plein traitement depuis le 14 septembre 2021, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de la commune de Libourne la somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Mme A fait valoir que :

- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence ;

- il est entaché d'erreur de droit et d'erreur d'appréciation : en conséquence du jugement du tribunal administratif du 12 octobre 2022, ses arrêts de travail sont imputables au service.

Par des mémoires enregistrés les 12 septembre 2022 et 11 mai 2023, la commune de Libourne, représentée par Me Bach, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme A la somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

La commune de Libourne soutient qu'aucun moyen n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n°83-634 du 13 juillet 1983 ;

-la loi n°84-53 du 26 janvier 1984 ;

- la décret n°87-602 du 30 juillet 1987 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme de Paz,

- les conclusions de Mme Jaouën, rapporteure publique,

- et les observations de Me Taormina représentant la commune de Libourne.

Considérant ce qui suit :

1 Mme A, adjointe technique territoriale, exerce ses fonctions dans le service de la propreté urbaine de la commune de Libourne. Le 5 décembre 2018, elle a été victime pendant son travail d'un traumatisme à l'épaule droite qui a été considéré comme imputable au service par un arrêté du maire de Libourne du 31 décembre 2018. Le 5 mars 2019, elle a repris ses fonctions. Le 20 mars 2019, elle a présenté un certificat médical de rechute. Après expertise du médecin agréé du 12 septembre 2019, la commission de réforme, réunie le 16 octobre 2019, a émis un avis défavorable à l'imputabilité au service de l'évènement du 20 mars 2019. Par un arrêté du 7 novembre 2019, le maire de Libourne a refusé de reconnaître cet évènement comme imputable au service et, par divers arrêtés successifs, l'a placée en congé de maladie, d'abord rémunérée à plein traitement, puis à demi-traitement. A sa demande, le tribunal administratif de Bordeaux a, par un jugement avant-dire-droit du 20 octobre 2021, ordonné une expertise médicale. Par un jugement du 12 octobre 2022, il a annulé la décision refusant de reconnaître l'imputabilité au service de sa maladie. Entre-temps, par un arrêté du 14 octobre 2021, dont Mme A demande l'annulation dans la présente instance, le maire de Libourne l'a placée en disponibilité pour raison de santé du 14 septembre 2021 au 13 mars 2022.

Sur les conclusions en annulation :

2. Aux termes de l'article 72 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, dans ses dispositions alors en vigueur : " La disponibilité est la position du fonctionnaire qui, placé hors de son administration ou service d'origine, cesse de bénéficier, dans cette position, de ses droits à l'avancement et à la retraite. / La disponibilité est prononcée, soit à la demande de l'intéressé, soit d'office à l'expiration des congés prévus aux 2°, 3° et 4° de l'article 57. () Le fonctionnaire mis en disponibilité, soit d'office à l'expiration des congés institués par les 2°, 3° et 4° de l'article 57 de la présente loi, soit de droit, sur demande, pour raisons familiales, est réintégré à l'expiration de sa période de disponibilité dans les conditions prévues aux premier, deuxième et troisième alinéas de l'article 67 de la présente loi () ". Aux termes de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 susvisée : " Le fonctionnaire en activité a droit : () 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. Celui-ci conserve alors l'intégralité de son traitement pendant une durée de trois mois ; () Toutefois, si la maladie provient () d'un accident survenu dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions, le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à la mise à la retraite () 3° A des congés de longue maladie d'une durée maximale de trois ans dans les cas où il est constaté que la maladie met l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions, rend nécessaires un traitement et des soins prolongés et présente un caractère invalidant et de gravité confirmée () ".

3. Il ressort des pièces du dossier, notamment du rapport de l'expertise médicale du 22 avril 2022 et du complément d'expertise du 10 juillet 2022, que Mme A a présenté le 20 mars 2019 une entorse acromio-claviculaire et conflit sous-acromial qui a donné lieu à des soins avec kinésithérapie, des infiltrations et une intervention chirurgicale le 12 août 2021. Si les douleurs qui ont affectées Mme A à partir du 20 mars 2019 au niveau de l'épaule droite et son arrêt de travail ne résultent pas de son accident survenu le 5 décembre 2018, reconnu imputable au service, il ressort toutefois, du rapport de l'expert judiciaire que ses douleurs sont liées aux fonctions qui lui étaient dévolues lors de sa reprise professionnelle le 5 mars 2019, qui consistaient, notamment, à vider, à remplacer les poubelles du centre-ville et à collecter les éventuels encombrants. Dans ces conditions, ses arrêts de travail à compter du 20 mars 2019 présentent un lien direct avec l'exercice de ses fonctions. Par suite, ses arrêts de travail devaient pris en charge au titre de la législation sur les accidents de service. Par conséquent, à la date de l'arrêté du 14 octobre 2021, Mme A n'avait pas épuisé ses droits statutaires à congés prévus par l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 précitée. Par suite, l'arrêté attaqué, qui place Mme A en disponibilité d'office pour raison de santé, est entaché d'illégalité.

4. Il résulte de ce qui précède et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens, que Mme A est fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 14 octobre 2021 du maire de Libourne.

Sur les conclusions en injonction :

5. L'annulation de la décision mettant en disponibilité d'office Mme A implique nécessairement que la commune de Libourne la place en congé imputable au service pour la période du 14 septembre 2021 au 13 mars 2022 et procède, à la reconstitution de la carrière de Mme A, en la rétablissant dans ses droits à pension et dans ses droits sociaux. Il y a donc lieu d'enjoindre à la commune de Libourne d'y procéder dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, sans qu'il y ait lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais liés à l'instance :

6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de Mme A, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que demande la commune de Libourne sur ce fondement. En revanche, il y a lieu, de mettre à la charge de la commune de Libourne une somme de 1 500 euros à verser à Mme A au titre de ses frais liés à l'instance.

DECIDE

Article 1er : La décision du 14 octobre 2021 du maire de Libourne est annulée.

Article 2 : Il est enjoint à la commune de Libourne de placer Mme A en congé imputable au service pour la période du 14 septembre 2021 au 13 mars 2022 et de procéder à la reconstitution de sa carrière, en la rétablissant dans ses droits à pension et dans ses droits sociaux dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : La commune de Libourne versera la somme de 1 500 euros à Mme A sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Les conclusions présentées par la commune de Libourne au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme A est rejeté.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la commune de Libourne.

Délibéré après l'audience du 17 mai 2023 à laquelle siégeaient :

- Mme Zuccarello, présidente,

- Mme De Paz, première conseillère,

- Mme Denys, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 juin 2023.

La rapporteure

D. DE PAZ

La présidente

F. ZUCCARELLO

Le greffier,

Y. JAMEAU

La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier

N°2106201

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions