LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2106741

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2106741

mercredi 1 février 2023

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2106741
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation1ère Chambre
Avocat requérantSCP GOGUYER-LALANDE DEGIOANNI DEMEYERE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance n° 2106936 du 6 décembre 2021, la présidente du tribunal administratif de Toulouse a transmis au tribunal administratif de Bordeaux la requête de la société Clôtures-Portail-Bâtiments (CPB).

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 14 décembre 2021 et 24 octobre 2022, la société Clôtures-Portail-Bâtiments (CPB), représentée par Me Dejean, demande au tribunal de réformer l'ordonnance de taxation du 13 octobre 2021 par laquelle la présidente du tribunal administratif de Toulouse a mis à la charge de la commune de Lordat les frais et honoraires de l'expertise taxés et liquidés à la somme de 12 785,52 euros.

Elle soutient que :

- aucun des détails des vacations, frais et débours ne lui ont été communiqués malgré sa demande ;

- les honoraires et frais de secrétariat de l'expert sont surestimés eux égard au caractère normal de la difficulté et la durée de l'expertise ainsi que des démarches effectuées par l'expert;

- les travaux réalisés par l'expert ont dépassé les termes de la mission confiée par le tribunal administratif de Toulouse.

Par un mémoire en intervention, enregistré le 2 août 2022, la commune de Lordat, représentée par Me Goguyer-Lalande, conclut à la réformation de l'ordonnance de taxation du 13 octobre 2021.

Elle soutient qu'elle se joint en tous points à l'argumentation développée par la société requérante.

Par des mémoires, enregistrés les 18 août 2022 et 21 novembre 2022, M. B conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- ses frais et honoraires ont été mis à la charge de la commune de Lordat, qui s'en est acquittée le 11 juin 2022 ;

- la société requérante est dépourvue d'intérêt à agir contre la décision ;

- la société Clôtures-Portail-Bâtiments (CPB) ne lui a pas demandé de communiquer ses frais et débours ;

- 77 heures ont été consacrées au dossier soit 41 heures pour la préparation du rapport dont 12h retenues à hauteur de 6h s'agissant des déplacements, 12h passées sur les lieux, et 23h s'agissant des rendez-vous en cabinet pour l'établissement et l'envoi des convocations ainsi que le dressage des deux notes de synthèse, et 36 heures pour la rédaction du pré-rapport dont 5h à l'établissement des travaux nécessaires et à la vérification du chiffrage avec l'entreprise sollicitée ;

- il est fondé à solliciter le paiement de ses frais et honoraires à hauteur de 12 785 euros TTC à savoir 8 085 euros s'agissant du temps passé sur le dossier, qui se calcule sur une base de 105 euros l'heure pour un total de 77 heures, et 2 569,60 euros s'agissant de ses frais, dont 222,60 euros pour ses déplacements calculé sur une base de 0,70 euros par kilomètre pour un total de 318 kilomètres, 840 euros pour la dactylographie calculé sur une base de 20 euros par page pour un total de 44 pages, 364 euros pour la correspondance calculé sur une base de 13 euros par LRAR pour un total de 28 LRAR, 110 euros pour les photographies calculé sur une base de 10 euros par photographie pour un total de 11 photographies, 1 023 euros pour les tirages calculé sur une base de 1 euro par tirage pour un total de 1 023 tirages, 10 euros forfaitaire pour les échanges de mails et téléphoniques, sommes augmentées de 2 130,92 euros au titre de la TVA ;

- le barème des postes est fixé collégialement avec la cour d'appel civile et le tribunal administratif de Toulouse ; en outre, certains montants ont été volontairement sous-estimés en l'espèce, à l'instar notamment du taux horaire, habituellement de 120 euros et retenu ici à hauteur de 105 euros, du taux de kilométrage, fixé à 0,75 euros et retenu ici à 0,70 euros et du prix d'un courrier recommandé, habituellement fixé à 16 euros et retenu ici à 13 euros ;

- il n'a pas dépassé le cadre des missions qui lui ont été confiées notamment en mentionnant les malfaçons qui, si elles ne sont pas à l'origine des désordres soumis à son expertise, sont de nature à rendre l'ouvrage dangereux et impropre à sa destination à moyen-terme, et s'inscrit dans sa mission de recueil de " tous éléments et faire toutes autres constations utiles de nature à éclairer le tribunal dans son appréciation des responsabilités éventuellement encourues et des préjudices subis " ; en outre, les malfaçons non directement liées aux dommages ne constituent pas la majeure partie de celui-ci.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- l'ordonnance du 13 octobre 2021 par laquelle la présidente du tribunal administratif de Toulouse a taxé et liquidé les frais et honoraires de l'expertise réalisée par M. A B à la somme de 12 785,52 euros ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Zuccarello, présidente-rapporteure,

- et les conclusions de Mme Jaouën, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. Sur demande de la commune de Lordat, le tribunal administratif de Toulouse a, par une ordonnance du 10 décembre 2020, désigné M. A B, en qualité d'expert, aux fins notamment de décrire les désordres qui affectaient les travaux de construction de la cabane pastorale édifiée par la commune, en indiquant leur date d'apparition, d'en rechercher les causes et l'origine, de dire si ces désordres sont de nature à compromettre la solidité de l'ouvrage ou à le rendre impropre à la destination, de décrire et chiffrer les travaux propres à remédier à ces désordres et plus généralement, de recueillir tous éléments et faire toutes constations utiles de nature à éclairer le tribunal dans son appréciation des responsabilités éventuellement encourues et des préjudices subis par la commune de Lordat. L'expert a déposé son rapport le 7 octobre 2021. Par ordonnance du 13 octobre 2021, la présidente du tribunal administratif de Toulouse a alors taxé et liquidé les frais d'expertise à la somme de 12 785, 52 euros, cette somme ayant été mise à la charge de la commune de Lordat. Par la présente requête, la société Clôtures-Portail-Bâtiments (CPB) demande au tribunal de réformer cette ordonnance en tant que les montants sollicités par l'expert ont été surestimés et que celui-ci a dépassé le cadre de ses missions. La commune de Lordat est intervenue au soutien des conclusions de la société CPB.

2. L'intervention de la commune de Lordat doit être admise dès lors que les frais d'expertise ont été mis à sa charge par l'ordonnance du 13 octobre 2021.

3. Aux termes de l'article R. 761-4 du code de justice administrative : " La liquidation des dépens, y compris celle des frais et honoraires d'expertise définis à l'article R. 621-11, est faite par ordonnance du président de la juridiction, après consultation du président de la formation de jugement ou, en cas de référé ou de constat, du magistrat délégué " et aux termes de l'article R. 761-5 du même code : " Les parties () peuvent contester l'ordonnance mentionnée à l'article R. 761-4 devant la juridiction à laquelle appartient l'auteur de l'ordonnance. ". L'ordonnance par laquelle le président de la juridiction liquide et taxe les frais et honoraires d'expertise revêt un caractère administratif et non juridictionnel. Le recours dont elle peut faire l'objet en application des dispositions précitées de l'article R. 761-5 du code de justice administrative est un recours de plein contentieux par lequel le juge détermine les droits à rémunération de l'expert ainsi que les parties devant supporter la charge de cette rémunération.

4. Aux termes de l'article R. 621-1 du code de justice administrative : " Les experts et sapiteurs mentionnés à l'article R. 621-2 ont droit à des honoraires, sans préjudice du remboursement des frais et débours. / Chacun d'eux joint au rapport un état de ses vacations, frais et débours. / Dans les honoraires sont comprises toutes sommes allouées pour étude du dossier, frais de mise au net du rapport, dépôt du rapport et, d'une manière générale, tout travail personnellement fourni par l'expert ou le sapiteur et toute démarche faite par lui en vue de l'accomplissement de sa mission. / Le président de la juridiction, après consultation du président de la formation de jugement () fixe par ordonnance, conformément aux dispositions de l'article R. 761-4, les honoraires en tenant compte des difficultés des opérations, de l'importance, de l'utilité et de la nature du travail fourni par l'expert ou le sapiteur et des diligences mises en œuvre pour respecter le délai mentionné à l'article R. 621-2. Il arrête sur justificatifs le montant des frais et débours qui seront remboursés à l'expert ".

5. En premier lieu, il ne résulte pas des dispositions précitées que les parties doivent être mise à même de présenter leurs observations sur l'état des vacations, frais et débours présenté par l'expert à l'issue de sa mission. Par suite, ce moyen doit être écarté.

6. En second lieu, d'une part, la société Clôtures-Portail-Bâtiments (CPB) se borne à faire valoir que les honoraires et frais de secrétariat ne correspondent pas à une rémunération normale eu égard à l'absence de caractère exceptionnel dans la difficulté et à la durée de l'expertise, sans toutefois assortir ses allégations des précisions nécessaires à l'examen de leur bien fondé.

7. D'autre part, la société requérante fait valoir que l'expert aurait dépassé le cadre des missions qui lui ont été confiées par le tribunal administratif de Toulouse. Il résulte cependant du dispositif de l'ordonnance du 10 décembre 2020 que M. B a été désigné en qualité d'expert afin notamment de décrire les désordres qui affectent les travaux de construction de la cabane pastorale, en indiquant leur date d'apparition, d'en rechercher l'origine et les causes, de dire si ces désordres sont de nature à compromettre la solidité de l'ouvrage ou à le rendre impropre à la destination, de décrire et chiffrer les travaux propres à remédier à ces désordres et plus généralement, de recueillir tous éléments et faire toutes constations utiles de nature à éclairer le tribunal dans son appréciation des responsabilités éventuellement encourues et des préjudices subis par la commune de Lordat. Il résulte également du rapport d'expertise que la commune a sollicité l'intervention de M. B aux fins de constater les inondations et dysfonctionnements d'ordre électrique affectant la cabane pastorale.

8. Aussi, dans le cadre de sa recherche des causes des désordres affectant la cabane pastorale, M. B a nécessairement été amené à investiguer la totalité du bâtiment et notamment la remise située à l'arrière de l'habitation. Dès lors qu'il a constaté des malfaçons sur cet élément de l'ouvrage, qui constitue un élément essentiel du bâtiment puisqu'il permet son adossement à un talus, il n'a pas outrepassé ses missions, en indiquant dans son rapport que la charpente non conforme de celle-ci et le mur maçonné en pierres côté habitation créaient un risque d'effondrement, que ces malfaçons résultaient de mauvaises exécutions et de non-achèvement des ouvrages, de nature à remettre en cause la stabilité des ouvrages et la sécurité des usagers. Si ces désordres ne se sont pas révélés être directement liés aux dysfonctionnements d'ordre électrique et aux inondations dont la commune demandait le constat, ils ne sauraient pour autant être exclus du champ des missions de l'expert dès lors que leur constat permettait d'éclairer le tribunal sur l'ensemble des malfaçons affectant l'ouvrage ainsi que la responsabilité imputée aux entrepreneurs. En outre, ces constats se limitent à une portion raisonnable du rapport, à raison de quelques pages, et il ne résulte pas de l'instruction que l'expert ait demandé la réalisation d'opérations sur place relatives à ces désordres. Dès lors, l'expert ne peut être regardé comme ayant outrepassé ses missions en relevant dans son rapport, l'ensemble des constats réalisés, alors que les constats qui se sont avérés être sans lien avec les dysfonctionnements objet du litige, n'ont pas contribué à la majoration des frais d'expertise demandés et obtenus par l'expert.

9. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense, que les conclusions aux fins de réformation de la société Clôtures-Portail-Bâtiments (CPB) ne peuvent qu'être rejetées.

D E C I D E:

Article 1er : L'intervention de la commune de Lordat est admise.

Article 2 : La requête de la société Clôtures-Portail-Bâtiments (CPB) est rejetée.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société Clôtures-Portail-Bâtiments (CPB), à la commune de Lordat, à la compagnie d'assurance Allianz Iard, à la SCP Benazet-Pinto, à M A B et au tribunal administratif de Toulouse.

Délibéré après l'audience du 11 janvier 2023 à laquelle siégeaient :

- Mme Zuccarello, présidente,

- Mme De Paz, première conseillère,

- Mme Denys, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er février 2023.

La présidente-rapporteure,

F. ZUCCARELLO

L'assesseure la plus ancienne,

D. DE PAZ

La greffière,

I. MONTANGON

La République mande et ordonne au préfet de l'Ariège en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions