jeudi 9 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2106796 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL CAROLINE LAVEISSIERE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 17 décembre 2021 et le 28 décembre 2022, ainsi qu'un courrier et des pièces enregistrés le 26 septembre 2023, M. A B, représenté par Me Hiriart, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 23 juillet 2021 par laquelle la commune de Sadirac lui a infligé 4,5 mois d'exclusion temporaire, assortis de 1,5 mois de sursis, ensemble la décision née le 1er novembre 2021 par laquelle l'administration a implicitement refusé de donner suite à son recours administratif introduit le 6 septembre 2021 ;
2°) de condamner la commune de Sadirac à lui verser la somme de 10 000 euros en réparation du préjudice moral et 6 000 euros au titre du préjudice financier que lui a causé la décision contestée ;
3°) d'enjoindre à la commune de Sadirac de le rétablir dans ses droits ;
4°) de mettre à la charge de la commune de Sadirac la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision contestée est le fruit d'une procédure irrégulière ;
- la décision est insuffisamment motivée, de même que l'avis rendu par le conseil de discipline ;
- l'action disciplinaire porte sur des faits pour certains prescrits ;
- la matérialité des faits n'est pas établie ;
- la sanction est disproportionnée ;
- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision contestée lui a causé un préjudice financier et moral.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 21 novembre 2022 et le 23 janvier 2023, ainsi qu'un courrier enregistré 13 octobre 2023, la commune de Sadirac conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. B la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Bilate, premier conseiller ;
- les conclusions de M. Bongrain, rapporteur public ;
- et les observations de Me Proust, représentant la commune de Sadirac, et de Me Choplin, représentant M. B.
Une note en délibéré présentée par la commune de Sadirac et une seconde présentée par M. B ont été enregistrées le 19 octobre 2023.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B est technicien territorial à la commune de Sadirac. Le 22 avril 2021, il a été informé qu'il faisait l'objet d'une procédure disciplinaire. Le conseil de discipline s'est réuni le 28 juin 2021, et par un arrêté en date du 23 juillet 2021 dont le requérant demande l'annulation, la commune de Sadirac lui a infligé 4,5 mois de suspension temporaire, assortis de 1,5 mois de sursis. Le 17 décembre 2021 il a sollicité auprès de la commune de Sadirac le paiement des sommes de 10 000 euros au titre du préjudice moral et de 6 000 euros en réparation de son préjudice financier. Il demande au tribunal de condamner la commune de Sadirac à lui payer ces sommes.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. Aux termes de l'article 29 de la loi n°83-634 du 13 juillet 1983 relative aux droits et obligations des fonctionnaires, alors applicable : " Toute faute commise par un fonctionnaire dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions l'expose à une sanction disciplinaire sans préjudice, le cas échéant, des peines prévues par la loi pénale. ". Aux termes de l'article 89 de la loi n°84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, alors applicable : " Les sanctions disciplinaires sont réparties en quatre groupes : Troisième groupe : () l'exclusion temporaire de fonctions pour une durée de seize jours à deux ans ; "
3. Aux termes de l'arrêté contesté, il est reproché à M. B " d'avoir commis des faits de harcèlement, d'agissement sexiste, et plus globalement un manquement à ses obligations de dignité, d'intégrité et de probité, commis de 2015 à 2020 ". Le requérant conteste la matérialité des faits. Il ressort des pièces du dossier, notamment du rapport de saisine du conseil de discipline, que les faits reprochés auraient été commis à l'endroit d'une agent de la commune. Le rapport s'appuie sur les déclarations de celle-ci, ainsi que sur les témoignages d'autres agents ayant assisté à ces agissements. Ce rapport comporte en outre des conclusions extrêmement graves, mentionnant notamment que " des pressions graves ont été exercées par Monsieur B dans le but réel d'obtenir un acte de nature sexuelle à son profit " Or, si le rapport présente en annexe le " PV d'audition " de la victime supposée des agissements de M. B, il ne comprend pas les témoignages des autres agents, dont il ressort au demeurant de la lecture du corps du rapport qu'ils constitueraient des restitutions de confidence de la principale intéressée avec ceux-ci. En outre, le rapport fait état d'une discussion, rapportée là encore de manière indirecte, tenue un ancien maire de la commune et M. B. Cette discussion serait de nature à établir, selon la commune, un comportement indigne du requérant. Or d'une part le procès-verbal supposé retranscrire la restitution de cet échange n'est pas produit, et d'autre part l'ancien maire de la commune en conteste la réalité.
4. Dans ces conditions, M. B est fondé à soutenir que la matérialité des faits qui lui sont reprochés et qui fondent la sanction d'exclusion n'est pas établie.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que la décision du 23 juillet 2021 par laquelle commune de Sadirac a infligé à M. B 4,5 mois d'exclusion temporaire, assortis de 1,5 mois de sursis, doit être annulée.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
6. L'annulation d'une sanction non exécutée n'appelle aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint à la commune de Sadirac de rétablir l'intéressé dans ses droits doivent être rejetées.
Sur les conclusions aux fins d'indemnisation :
7. En premier lieu, il est constant que l'exclusion temporaire de M. B n'a pas été exécutée. En conséquence, le requérant ne peut se prévaloir d'un préjudice financier calculé sur la durée de son exclusion.
8. En second lieu, en ce qui concerne le préjudice moral, il résulte de l'instruction et notamment d'un premier certificat médical établi le 7 décembre 2021 que l'intéressé a subi un passage aux urgences le 17 mai 2021 pour vertiges, nausées, acouphènes, céphalées et troubles visuels, conséquences d'un syndrome anxio-dépressif réactionnel, apparus suite au déclenchement de cette procédure disciplinaire. Il ressort d'un second certificat médical en date du 12 juillet 2022 que, à la suite de cette procédure, son état de santé s'est encore dégradé, avec la nécessité d'un suivi médical et psychiatrique régulier. Dans ces conditions, il sera fait une juste appréciation de son préjudice moral et des troubles dans ses conditions d'existence en lui allouant la somme de 2 000 euros.
9. En troisième lieu, il résulte de l'instruction que la mise en position de congé longue maladie de M. B a eu pour conséquence de l'écarter du bénéfice de primes et indemnités liés à l'exercice effectif de ses fonctions. Il sera fait une exacte appréciation de ce préjudice en l'évaluant à hauteur de 8 006,54 euros.
Sur les frais d'instance
10. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".
11. Ces dispositions font obstacle à ce que soit mis à la charge de M. B, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme dont la commune de Sadirac demande le versement au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. En revanche, il y a lieu de mettre à la charge de la commune de Sadirac la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. B et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 23 juillet 2021 par laquelle la commune de Sadirac a infligé à M. B 4,5 mois d'exclusion temporaire, assortis de 1,5 mois de sursis et la décision née le 6 novembre 2021 par laquelle l'administration a implicitement rejeté son recours administratif sont annulées.
Article 2 : La commune de Sadirac est condamnée à verser à M. B la somme de 10 006,54 euros en réparation de ses préjudices.
Article 3 : La commune de Sadirac versera à M. B la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Les conclusions de la commune de Sadirac présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la commune de Sadirac.
Délibéré après l'audience du 19 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Munoz-Pauziès, présidente,
M. Bilate, premier conseiller,
M. Bourdarie, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 novembre 2023.
Le rapporteur,
X. BILATE
La présidente,
F. MUNOZ-PAUZIÈSLa greffière,
C. JANIN
La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026