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AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2200156

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2200156

jeudi 7 décembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2200156
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation4ème chambre
Avocat requérantSELARL HMS ATLANTIQUE AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 12 janvier et 21 novembre 2022, M. A B, représenté par Me Noël, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler l'arrêté n° 2021-138-RH du 7 décembre 2021, notifié le lendemain, par lequel le maire de la commune de Grayan-et-l'Hôpital l'a suspendu de ses fonctions avec effet immédiat ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Grayan-et-L'Hôpital une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'arrêté portant suspension de fonctions souffre d'une motivation lacunaire en droit et d'une motivation factuelle défaillante en raison de l'énonciation de faits généraux qui ne lui permettent pas de connaître précisément les faits à l'origine de la sanction ;

- il est entaché d'une erreur matérielle car les faits qui y sont décrits ne reflètent pas la réalité ; ces faits ne présentent pas un caractère suffisant de vraisemblance et de gravité pour justifier la mesure prise ; le maire ne l'a jamais invité à reporter la discussion qui du reste s'est déroulée alors que la plupart des membres étaient en train de quitter la réunion ;

- le conseil de discipline du 23 mai 2022 a émis à l'unanimité un avis défavorable à la proposition de sanction d'exclusion temporaire des fonctions de 15 jours en relevant que la matérialité des faits n'était pas établie ; cette séance a permis d'apprendre que le motif réel du refus de versement du complément indemnitaire annuel tenait non pas à sa valeur professionnelle, mais à la circonstance qu'il avait été indemnisé au cours de l'année pour les 200 heures supplémentaires qu'il avait réalisées ;

- le motif du manquement au devoir d'obéissance ne peut pas être mis en avant dans les écritures en défense alors qu'il n'a jamais fondé la décision querellée ;

- il est entaché d'un détournement de pouvoir et de procédure.

Par un mémoire en défense enregistré le 28 septembre 2022, la commune de Grayan-et-L'Hôpital, représentée par son maire en exercice, ayant pour avocat Me Cazcarra, conclut au rejet de la requête et, en outre, à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par ordonnance du 29 septembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée en dernier lieu au 5 décembre 2022 à 12 heures.

En application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, les parties ont été informées le 14 novembre 2023 de ce que le tribunal était susceptible de fonder sa décision sur le moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation de la requête dès lors que celle-ci était possiblement sans objet dès son introduction, le 12 janvier 2022. En effet, l'autorité communale, qui avait placé en congé de maladie M. B du 8 décembre au 22 décembre 2021, a implicitement mais nécessairement, abrogé la mesure de suspension litigieuse du 7 décembre 2021.

M. B a répondu à cette communication le 17 novembre 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi du 13 juillet 1983 ;

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Bourdarie,

- les conclusions de M. Bongrain, rapporteur public,

- et les observations de Me Noël, représentant M. B, et de Me Safar, substituant Me Cazcarra, représentant la commune de Saint-Magne.

Une note en délibéré présentée par Me Noël pour M. B a été enregistrée le 28 novembre 2023.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B a été recruté par la commune de Grayan-et-L'Hôpital en 2005 puis titularisé sur le grade d'agent technique en 2008. Il a été promu agent de maitrise au 1er janvier 2021 par promotion interne. A la suite d'échanges avec le maire de la commune de Grayan-et-L'Hôpital lors d'une réunion en date du 7 décembre 2021 visant à présenter un nouveau collaborateur de cabinet, l'exécutif a pris à son encontre, le jour même, un arrêté le suspendant provisoirement de ses fonctions de façon immédiate, lequel lui a été notifié le 8 décembre 2021. Il demande l'annulation de cet arrêté.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Il est constant que M. B a bénéficié d'un premier arrêt de travail du 8 au 22 décembre 2021. Par un courriel du 10 décembre 2021, la secrétaire générale par intérim de la commune l'a informé que son arrêt de travail avait pour effet de suspendre l'arrêté du 7 décembre 2021. Elle lui a également annoncé les arrêtés à venir qui en tireraient les conséquences en le plaçant en congé de maladie ordinaire. Il n'est pas contesté qu'il a bien été placé en congé de maladie ordinaire avec effet rétroactif au 8 décembre 2021. Ainsi, l'administration a implicitement mais nécessairement mis fin à la mesure de suspension dès cette dernière date. Il s'ensuit qu'à la date de son introduction, la requête était dépourvue d'objet.

3. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B tendant à l'annulation de l'arrêté n° 2021-138-RH du 7 décembre 2021 par lequel le maire de la commune de Grayan-et-l'Hôpital l'a suspendu de ses fonctions doit être rejetée comme irrecevable.

Sur les frais d'instance :

4. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Grayan-et-l'Hôpital, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par M. B. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. B la somme demandée par la commune de Grayan-et-L'Hôpital sur ce fondement.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Grayan-et-L'Hôpital sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la commune de Grayan-et-L'Hôpital.

Délibéré après l'audience du 23 novembre 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Munoz-Pauziès, présidente,

M. Bilate, premier conseiller,

M. Bourdarie, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 décembre 2023.

Le rapporteur,

H. BOURDARIE

La présidente,

F. MUNOZ-PAUZIÈSLa greffière,

C. POTTIER

La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière

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