jeudi 7 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2200281 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | THIAM AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 18 janvier 2022 et le 12 juillet 2022, M. B A, représenté par Me Thiam, demande au tribunal :
1°) de condamner l'université de Bordeaux à lui verser la somme de 3 000 euros en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis en raison des fautes commises par cette dernière ;
2°) de mettre à la charge de l'université de Bordeaux la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'université a commis des fautes de nature à engager sa responsabilité, résultant des défaillances de l'encadrement et du dysfonctionnement du service d'enseignement et de l'édiction à son encontre d'une décision d'exclusion illégale ;
- il est fondé à solliciter une indemnité de 3 000 euros en réparation de son préjudice financier, de la perte de chance d'obtenir un emploi qualifié en France moral, et de son préjudice moral.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 12 mai 2022 et le 30 août 2022, l'université de Bordeaux conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge de M. A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient, dans le dernier état de ses écritures, qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
La procédure a été communiquée au ministre de l'enseignement supérieur qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions indemnitaires fondées sur l'illégalité fautive de la décision juridictionnelle d'exclusion prise par la section disciplinaire de l'université, l'autorité qui s'attache à la chose jugée s'opposant à la mise en jeu de cette responsabilité dès lors que la faute lourde alléguée résulte du contenu même de la décision juridictionnelle et que cette décision est devenue définitive.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme D,
- les conclusions de M. Willem, rapporteur public,
- et les observations de Me Deyris, représentant l'université de Bordeaux.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, de nationalité italienne, s'est inscrit en 1ère année de licence STAPS à l'université de Bordeaux au titre de l'année universitaire 2016/2017. Par décision du 11 juillet 2017, la commission de discipline de l'université l'a reconnu coupable d'atteinte à l'ordre et au bon fonctionnement de l'établissement et a prononcé à son encontre la sanction d'exclusion définitive de l'établissement. M. B demande au tribunal de condamner l'université à lui verser la somme de 3 000 euros en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis en raison des fautes que constituent cette décision illégale, ainsi que les défaillances de l'encadrement et le dysfonctionnement du service d'enseignement.
Sur la faute tenant à l'édiction de la sanction d'exclusion définitive :
2. La justice est rendue de façon indivisible au nom de l'Etat. Il n'appartient dès lors qu'à celui-ci de répondre, à l'égard des justiciables, des dommages pouvant résulter pour eux de l'exercice de la fonction juridictionnelle assurée, sous le contrôle du Conseil d'Etat, par les juridictions administratives. Il en va ainsi alors même que la loi a conféré à des instances relevant d'autres personnes morales compétence pour connaître, en premier ressort ou en appel, de certains litiges.
3. La sanction que le conseil d'administration, constitué en formation disciplinaire, de l'université de Bordeaux a infligée le 11 juillet 2017 à M. A a été prise dans l'exercice des attributions juridictionnelles que la loi conférait, à cette date, en premier ressort aux universités. Il résulte de ce qui a été dit ci-dessus que seule la responsabilité de l'Etat pouvait, le cas échéant, être engagée à l'égard de M. A du fait de cette décision juridictionnelle. C'est donc à tort que ce dernier a demandé à l'université de Bordeaux de l'indemniser du préjudice subi à raison de la décision du conseil d'administration qu'il estime illégale. Toutefois, l'université de Bordeaux étant tenue de transmettre cette demande à l'autorité de l'Etat compétente en application des dispositions combinées des articles L. 114-2, L. 114-3 et L. 231-4 du code des relations entre le public et l'administration, l'Etat est réputé l'avoir implicitement rejetée à l'expiration du délai de deux mois suivant la date de sa réception par l'université.
4. En vertu des principes généraux régissant la responsabilité de la puissance publique, une faute lourde commise dans l'exercice de la fonction juridictionnelle par une juridiction administrative est susceptible d'ouvrir droit à indemnité. L'autorité qui s'attache à la chose jugée s'oppose à la mise en jeu de cette responsabilité dans les cas où la faute lourde alléguée résulterait du contenu même de la décision juridictionnelle et où cette décision serait devenue définitive.
5. Il résulte de l'instruction que M. A n'a pas fait appel de la décision du 11 juillet 2017 par laquelle la section disciplinaire de l'université de Bordeaux lui a infligé la sanction d'exclusion définitive. Cette décision étant devenue définitive, la demande par laquelle il sollicite le versement par l'Etat d'une indemnité réparant les préjudices qu'il estime avoir subis en raison de l'illégalité de cette sanction ne peut qu'être rejetée.
Sur les fautes tenant à son encadrement pédagogique défaillant et aux graves dysfonctionnements des services de l'université :
6. Si M. A soutient que malgré ses multiples demandes, rien n'a été fait pour faire cesser le mauvais traitement et le harcèlement qu'il a subi pendant sa première année d'études à l'université de Bordeaux, que celle-ci n'est pas davantage intervenue à l'égard des intervenants qui lui ont manqué de respect et l'ont rabaissé, et qu'elle a commis de nombreuses fautes dans son fonctionnement, il ne produit devant le tribunal aucun élément démontrant ces allégations. Les fautes reprochées n'étant pas établies, les conclusions par lesquelles M. A demande l'indemnisation des préjudices qui en auraient résulté doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'université de Bordeaux, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par M. A au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Par ailleurs, dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit à la demande de l'université de Bordeaux tendant à ce que soit mis à la charge de M. A le versement d'une somme de 1 500 euros sur le fondement de ces dispositions.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de l'université de Bordeaux tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à l'université de Bordeaux et au ministre de l'enseignement supérieur.
Délibéré après l'audience du 16 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Ferrari, président,
Mme D et Mme C, premières conseillères.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 décembre 2023.
La rapporteure,
E. D
Le président,
D.FERRARI Le greffier,
Y. JAMEAU
La République mande et ordonne au ministre de l'enseignement supérieur, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
N°2200281
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026