mardi 21 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2200365 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | RENOULT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 22 janvier 2022 et le 29 septembre 2022, M. A B, représenté par Me Renoult, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 25 novembre 2021 par laquelle la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales a refusé de lui accorder le bénéfice d'une rente d'invalidité ;
2°) d'enjoindre à cette autorité de lui attribuer cette rente, sous astreinte ;
3°) de mettre à la charge de la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales une somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision d'attribution d'une rente pour invalidité accordée le 1er avril 2021 ne pouvait être retirée en dehors du délai de quatre mois prévu par l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- la décision contestée est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors qu'il existe un lien entre ses conditions de travail et sa pathologie dont l'imputabilité au service a été reconnue par les médecins et la commission de réforme.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 26 septembre 2022 et le 10 octobre 2022, la Caisse des dépôts et consignations conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des pensions civiles et militaires de retraites ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 2003-1306 du 26 décembre 2003 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme de Gélas,
- et les conclusions de Mme Champenois, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, né le 31 octobre 1972, a été recruté par la commune d'Agen le 1er mars 2006 en qualité de stagiaire sur un poste d'agent des services techniques, puis titularisé sur le grade d'adjoint technique territorial de 2ème classe à compter du 1er mars 2007. Il travaillait au cimetière municipal, dont il assurait l'entretien des espaces verts. Placé en congé maladie au décours de l'année 2013 pour un syndrome d'épuisement professionnel médicalement constaté le 16 décembre 2013, maladie reconnue imputable au service par un arrêté du 4 mars 2019, puis en congé longue durée de cette date jusqu'au 15 décembre 2018 et en disponibilité d'office jusqu'au 15 juin 2019, M. B a été admis à faire valoir ses droits à la retraite anticipée pour invalidité à compter du 1er mars 2021 par arrêté du 1er avril 2021, après avis favorable de la commission de réforme. Par une décision du 25 novembre 2021, dont M. B sollicite l'annulation, la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales a émis un avis favorable à sa mise à la retraite anticipée pour invalidité au taux global de 40 %, mais lui a refusé le bénéfice d'une rente d'invalidité.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 36 du décret du 26 décembre 2003 relatif au régime de retraite des fonctionnaires affiliés à la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales : " Le fonctionnaire qui a été mis dans l'impossibilité permanente de continuer ses fonctions en raison d'infirmités résultant de blessures ou de maladies contractées ou aggravées, soit en service, soit () peut être mis à la retraite par anticipation soit sur sa demande, soit d'office, à l'expiration des délais prévus au troisième alinéa de l'article 30 et a droit à la pension rémunérant les services prévue au 2° de l'article 7 et au 2° du I de l'article L. 24 du code des pensions civiles et militaires de retraite. () ". Aux termes de l'article 37 du même décret, dans sa version applicable : " I.- Les fonctionnaires qui ont été mis à la retraite dans les conditions prévues à l'article 36 ci-dessus bénéficient d'une rente viagère d'invalidité cumulable, selon les modalités définies au troisième alinéa du I de l'article 34, avec la pension rémunérant les services prévus à l'article précédent. / Le bénéfice de cette rente viagère d'invalidité est attribuable si la radiation des cadres ou le décès en activité interviennent avant que le fonctionnaire ait atteint la limite d'âge sous réserve de l'application des articles 1er-1 à 1er-3 de la loi du 13 septembre 1984 susvisée et sont imputables à des blessures ou des maladies survenues dans l'exercice des fonctions ou à l'occasion de l'exercice des fonctions, ou résultant de l'une des autres circonstances énumérées à l'article 36 ci-dessus.". Et aux termes de l'article 31 du même décret : " Une commission de réforme est constituée dans chaque département pour apprécier la réalité des infirmités invoquées, la preuve de leur imputabilité au service, les conséquences et le taux d'invalidité qu'elles entraînent, l'incapacité permanente à l'exercice des fonctions. (). Le pouvoir de décision appartient dans tous les cas à l'autorité qui a qualité pour procéder à la nomination, sous réserve de l'avis conforme de la Caisse nationale de retraites ". Il résulte de ces dispositions que le droit pour un fonctionnaire territorial de bénéficier de la rente viagère d'invalidité prévue par l'article 37 du décret du 26 décembre 2003 est subordonné à la condition que les blessures ou maladies contractées ou aggravées en service aient été de nature à entraîner, à elles seules ou non, la mise à la retraite de l'intéressé.
3. Une maladie contractée par un fonctionnaire, ou son aggravation, doit être regardée comme imputable au service si elle présente un lien direct avec l'exercice des fonctions ou avec des conditions de travail de nature à susciter le développement de la maladie en cause, sauf à ce qu'un fait personnel de l'agent ou toute autre circonstance particulière conduisent à détacher la survenance ou l'aggravation de la maladie du service.
4. Il résulte de l'instruction, d'une part, que la maladie à l'origine de l'arrêt de travail de M. B à compter du 16 décembre 2013, à savoir un état dépressif sévère chronique lié à des difficultés vécues au travail, a été reconnue imputable au service par un arrêté du 19 mars 2019, à la suite de l'avis favorable de la commission de réforme du 21 février 2019 estimant qu'il existait un lien direct et certain entre la survenue de l'affection et l'exercice des fonctions de l'agent. En conséquence, la communauté d'agglomération d'Agen a pris en charge les honoraires et frais médicaux liés à cette maladie, et son congé de longue durée du 16 décembre 2013 au 15 décembre 2018 et la disponibilité d'office pour maladie jusqu'au 15 juin 2019 ont été transformés en maladie professionnelle. D'autre part, il est constant que la mise à la retraite anticipée pour invalidité de M. B, le 1er mars 2021, a été justifiée par la même pathologie, dont un second expert psychiatre a estimé, dans son rapport du 8 novembre 2019, qu'il existait un lien direct et certain avec l'exercice des fonctions. Enfin, si la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales soutient qu'aucun rapport hiérarchique détaillant les faits à l'origine de cette pathologie n'a été établi, M. B verse aux débats un rapport adressé par sa supérieure hiérarchique au directeur général des services mentionnant " depuis le mois d'octobre 2011, une dégradation considérable du climat qui règne au sein de l'équipe des agents en poste au cimetière ", faisant état de plusieurs évènements au cours des années 2011, 2012 et 2013, dont des altercations entre M. B et l'une de ses collègues, et évoquant la " nécessité de déplacement de l'un des protagonistes pour désamorcer le conflit ", cette situation ayant conduit M. B à consulter le médecin de prévention aux mois de mars et octobre 2013, et à sa mutation sans son consentement à compter du mois de juin 2014. Dans ces conditions, dès lors que la pathologie présentée par M. B, reconnue imputable au service, est en lien direct avec l'exercice de ses fonctions et ses conditions de travail, et a conduit à sa mise à la retraite dans les conditions prévues à l'article 36 du décret du 26 décembre 2003, pour invalidité, dont le taux d'invalidité est supérieur à 25%, M. B est fondé à solliciter l'annulation de la décision attaquée et l'attribution d'une rente d'invalidité.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner le second moyen de la requête, que M. B est fondé à demander l'annulation de la décision du 25 novembre 2021 par laquelle la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales lui a refusé le bénéfice d'une rente d'invalidité.
Sur les conclusions en injonction :
6. En raison du motif qui la fonde, l'annulation de la décision attaquée implique nécessairement qu'une rente d'invalidité soit versée au requérant sur le fondement de l'article L. 911-1 du code de justice administrative. Il y a lieu d'enjoindre à la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales d'accorder le bénéfice de cette rente à M. B dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la Caisse des dépôts et consignations une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. B et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La décision de la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales du 25 novembre 2021 est annulée.
Article 2 : Il est enjoint à la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales d'accorder à M. B le bénéfice d'une rente d'invalidité dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : La Caisse des dépôts et consignations versera à M. B une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B et à la Caisse des dépôts et consignations.
Délibéré après l'audience du 7 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Chauvin, présidente,
M. Bilate, premier conseiller,
Mme de Gélas, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 novembre 2023.
La rapporteure,
C. DE GÉLASLa présidente,
A. CHAUVIN
La greffière,
C. JANIN
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026