jeudi 23 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2200367 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | BAULIMON |
Vu les procédures suivantes :
I - Par une requête enregistrée le 23 janvier 2022 sous le n° 2200366 et un mémoire enregistré le 22 mai 2022, M. A B, représenté par Me Baulimon, demande au tribunal :
1°) à titre principal, d'annuler l'arrêté n° DDPP/SPE/2021-666 du 23 novembre 2021 par lequel la préfète de la Gironde lui a refusé la délivrance d'un certificat de capacité pour l'élevage professionnel et non professionnel d'animaux d'espèces non domestiques ;
2°) à titre subsidiaire, d'abroger ce même arrêté ;
3°) d'enjoindre à titre principal au préfet de la Gironde de lui délivrer un certificat de capacité pour l'élevage professionnel et non professionnel d'animaux d'espèces non domestiques dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) d'enjoindre à titre subsidiaire au préfet de la Gironde de réexaminer sa demande du 27 janvier 2020 tendant à l'obtention d'un certificat de capacité pour l'élevage professionnel et non professionnel d'animaux d'espèces non domestiques dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté a été signé par une autorité incompétente, le directeur départemental de la protection des populations, car seul le préfet dispose de la compétence pour délivrer des certificats de capacité d'élevage d'animaux d'espèces non domestiques aux termes du code de l'environnement ;
- l'avis rendu le 9 novembre 2021 par la commission départementale de la nature, des paysages et des sites est entaché d'irrégularités :
o en l'absence du procès-verbal de la réunion du 9 novembre 2021, il n'est pas en mesure de s'assurer que la composition de cette commission, les règles de quorum et de vote ont été respectées, en méconnaissance des articles R. 341-16 et suivants du code de l'environnement ;
o le préfet n'établit ni que les membres de la commission auraient effectivement reçu les propositions formulées sur la demande de délivrance de certificat en méconnaissance du 1er alinéa de l'article R. 413-17 du code de l'environnement, ni qu'il aurait reçu simultanément un exemplaire des propositions préfectorales afin de préparer utilement son audition par la commission, en méconnaissance du 2ème alinéa du même article ;
o la commission a délibéré en présence de la rapporteuse, ce qui contrevient au principe d'impartialité ;
o l'avis rendu par cette commission n'est pas motivé car le procès-verbal ne permet pas de déterminer quels sont les motifs retenus ;
o le préfet a méconnu l'article R. 413-15 du code de l'environnement en ne recueillant pas l'avis des collectivités territoriales sur la demande qui lui était soumise ;
- l'arrêté est entaché d'erreurs de fait :
o le motif tiré de ce qu'il n'aurait pas mis à profit la période probatoire d'un an pour parfaire ses connaissances règlementaires est erroné en fait ; il conteste ne pas avoir parfait ses connaissances règlementaires lors de la pré-commission du 27 janvier 2021 ; à supposer même que ce fût le cas, l'administration devait apprécier ce point à la date de sa décision ; les débats qui ont eu lieu le 9 novembre 2021 n'ont absolument pas porté sur ce point mais sur les conditions d'accueil des oiseaux ;
o le motif tiré de ce qu'il n'a pas régularisé la situation administrative des oiseaux qu'il détenait au cours de la période probatoire manque en fait car la DREAL Nouvelle-Aquitaine lui a délivré les autorisations les 6 octobre, 5 novembre et 8 décembre 2021, au terme d'un parcours difficile et en raison des retards des services liés à la pandémie ;
o le motif selon lequel il aurait renoncé à sa demande de délivrance d'un certificat de capacité du 27 janvier 2020 devant la commission du 9 novembre 2021 manque en fait ; il a dû sortir de la salle au cours de la séance sentant poindre un malaise lié au stress déclenché par l'accueil réservé et les remarques faites par certains membres de la commission ; cependant, il n'a jamais formellement matérialisé son intention de renoncer à sa demande de délivrance de certificat en dépit du contenu du procès-verbal dans lequel ses propos ont été mal interprétés ou mal retranscrits.
Par deux mémoires en défense, enregistrés le 22 mars 2022 et le 5 juillet 2023, le préfet de la Gironde conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 15 mai 2023, la clôture d'instruction a été fixée en dernier lieu au 15 septembre 2023 à 12 heures.
II - Par une requête enregistrée le 23 janvier 2022 sous le n° 2200367 et un mémoire enregistré le 22 mai 2022, M. A B, représenté par Me Baulimon, demande au tribunal :
1°) à titre principal, d'annuler l'arrêté n° DDPP/SPE/2021-667 du 23 novembre 2021 par lequel la préfète de la Gironde lui a refusé l'autorisation d'ouvrir un établissement d'élevage professionnel pour les espèces de Gris du Gabon, d'Amazones à front bleu et d'Aras bleu et jaune et lui ordonnant de se dessaisir de ses oiseaux dans le délai de six mois ;
2°) à titre subsidiaire, d'abroger ce même arrêté ;
3°) d'enjoindre à titre principal au préfet de la Gironde de l'autoriser à ouvrir un établissement d'élevage professionnel pour les espèces de Gris du Gabon (20 spécimens), d'Amazones à front bleu (5 spécimens) et d'Aras bleu et jaune (2 spécimens) dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) d'enjoindre à titre subsidiaire au préfet de la Gironde de réexaminer sa demande du 27 janvier 2020 tendant à l'obtention de l'autorisation d'ouvrir un établissement d'élevage professionnel pour les espèces de Gris du Gabon, d'Amazones à front bleu et d'Aras bleu et jaune dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté a été signé par une autorité incompétente, le directeur départemental de la protection des populations, car seul le préfet dispose de la compétence pour délivrer des certificats de capacité d'élevage d'animaux d'espèces non domestiques aux termes du code de l'environnement ;
- la procédure est viciée :
o à titre principal car l'établissement qu'il envisageait d'ouvrir ne relevait pas de la catégorie des établissements dangereux ou présentant de graves inconvénients au sens de l'article R. 413-14 du code de l'environnement de sorte que le préfet n'avait pas à saisir la commission départementale de la nature, des paysages et des sites ;
o à supposer que cette saisine était obligatoire, la procédure est viciée dans la mesure où il n'est pas établi que le préfet aurait préalablement transmis à la commission ses propositions comme le prévoit l'article R. 413-14 du code de l'environnement ;
o à défaut de disposer du procès-verbal de la séance du 9 novembre 2021, il ne peut pas s'assurer de la régularité de la composition de cette commission, du respect des règles de quorum et des règles de vote ;
o si la demande présentée n'impliquait pas la saisine de la commission, dans la mesure où deux des trois motifs du refus opposé à sa demande sont issus de ses prétendues déclarations au cours de celle-ci, cette irrégularité a exercé une influence sur le sens de la décision en litige ;
o le préfet n'établit ni que les membres de la commission auraient effectivement reçu les propositions formulées sur la demande de délivrance de certificat en méconnaissance du 1er alinéa de l'article R. 413-17 du code de l'environnement, ni qu'il aurait reçu simultanément un exemplaire des propositions préfectorales, au moins 8 jours avant la séance, afin de préparer utilement son audition par la commission, en méconnaissance du 2ème alinéa du même article ;
o la commission a délibéré en présence de la rapporteuse, ce qui contrevient au principe d'impartialité ;
o l'avis rendu par cette commission n'est pas motivé car le procès-verbal ne permet pas de déterminer quels sont ses motifs ;
o le préfet a méconnu l'article R. 413-15 du code de l'environnement en ne recueillant pas l'avis des collectivités territoriales sur la demande qui lui était soumise ;
- l'arrêté repose sur des motifs erronés :
o le motif tiré de ce que les conditions de détention des oiseaux ne satisfont pas aux exigences de bien-être animal est entaché d'une erreur de fait et l'administration n'apporte aucun élément en ce sens ; cette dernière omet d'indiquer que la rapporteuse devant la commission est venue inspecter son élevage sans formuler un quelconque constat de non-conformité, observation ou réserve au sein de son rapport quant à la configuration des locaux et de l'espace laissé aux oiseaux ; le service ne démontre pas en quoi les conditions observées ou décrites par le pétitionnaire seraient contraires aux exigences du bien-être animal ; le maintien en box d'élevage ne dure qu'un mois le temps de la reproduction ;
o le motif tiré de ce qu'il aurait déclaré vouloir se séparer de tous ses oiseaux dans un délai d'un an est erroné car il n'a jamais renoncé à son projet d'ouverture d'établissement ; l'intention qui lui est prêtée a été mal comprise ou interprétée ; il a dû sortir de la salle au cours de la séance sentant poindre un malaise lié au stress déclenché par l'accueil réservé et les remarques faites par certains membres de la commission ;
o le préfet a commis une erreur d'appréciation sur la catégorie dont relève l'établissement pour l'ouverture duquel il sollicitait une autorisation ; les espèces au titre desquelles il a déposé sa demande ne relèvent pas de l'annexe A du règlement CE 338/97 visé par l'arrêté ministériel du 21 novembre 1997 pris pour l'application de l'article R. 413-14 du code de l'environnement ;
- l'arrêté est entaché d'une erreur de droit car il prévoit qu'il devait se séparer de ses oiseaux dans le délai de six mois alors qu'il détient des Amazones à front bleu qui peuvent être détenus sans autorisation en vertu des textes applicables.
Par deux mémoires en défense enregistrés le 22 mars 2022 et le 5 juillet 2023, le préfet de la Gironde conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 15 mai 2023, la clôture d'instruction a été fixée en dernier lieu au 15 septembre 2023 à 12 heures.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le règlement (CE) n° 338/97 ;
- le code de l'environnement ;
- l'arrêté du 8 octobre 2018 fixant les règles générales de détention d'animaux d'espèces non domestiques ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Bourdarie, premier conseiller ;
- les conclusions de M. Bongrain, rapporteur public ;
- et les observations de Me Baulimon, représentant M. B, et de Mme C, de la direction départementale de la protection des populations, représentant le préfet de la Gironde.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B a sollicité en 2018 la délivrance d'un certificat de capacité et d'une autorisation d'ouverture d'un établissement pour l'élevage professionnel de psittacidés, plus connus sous leur nom commun de perroquets. Par un arrêté du 7 août 2019, la préfète de la Gironde lui a délivré un certificat de capacité pour l'élevage non professionnel de psittacidés pour une période probatoire d'un an mais a refusé de lui délivrer un tel certificat pour un élevage professionnel et a précisé que son arrêté ne valait pas autorisation d'ouverture d'un établissement d'élevage professionnel. M. B a renouvelé sa demande le 27 janvier 2020 pour vingt Gris du Gabon (Psittacus erithacus), cinq Amazones à front bleu (Amazona aestiva) et deux Aras bleu et jaune (Ara ararauna). Après consultation de la commission départementale de la nature, des paysages et des sites, dans sa formation faune sauvage captive, la préfète de la Gironde, par deux arrêtés du 23 novembre 2021, a d'une part refusé de délivrer à M. B un certificat de capacité tant pour l'élevage professionnel que non professionnel d'animaux d'espèces non domestiques, d'autre part refusé l'autorisation d'ouverture d'un établissement d'élevage professionnel. Par ce second arrêté, elle a également abrogé l'autorisation du 7 août 2019 et a donné un délai de six mois à l'intéressé pour se séparer de tous ses oiseaux. Par sa requête n° 2200366 M. B demande l'annulation de ce premier arrêté et par sa requête n° 2200367, il demande l'annulation du second arrêté.
2. Les requêtes n° 2200366 et 2200367 sont présentées par le même requérant et présentent à juger des questions semblables. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur les conclusions à fin d'annulation des arrêtés du 23 novembre 2021 :
3. Aux termes de l'article R. 413-6 du code de l'environnement, relatif au certificat de capacité : " Lorsque l'objet principal des établissements fixes ou mobiles est la présentation au public d'animaux appartenant à des espèces non domestiques autres que celles figurant sur une liste arrêtée par le ministre chargé de la protection de la nature, le préfet saisit la commission nationale instituée par l'article R. 413-2. / Lorsque l'objet de l'établissement est différent de celui mentionné à l'alinéa précédent ou que la présentation au public porte sur des animaux figurant sur la liste prévue au même alinéa, le certificat de capacité est délivré après avis de la commission départementale de la nature, des paysages et des sites. / () ". Aux termes des dispositions de l'article R. 413-8 du même code, relatif à l'autorisation d'ouverture des établissements : " L'ouverture des établissements d'élevage, de vente, de location ou de transit d'animaux d'espèces non domestiques, ainsi que des établissements fixes ou mobiles destinés à la présentation au public de spécimens vivants de la faune locale ou étrangère, fait l'objet d'une autorisation préalable dans les conditions définies par la présente sous-section. () ". Aux termes de l'article R. 413-17 figurant au sein de la sous-section 2 relative aux autorisations d'ouverture des établissements du code de l'environnement : " Dans tous les cas, le préfet recueille également l'avis de la commission départementale de la nature, des paysages et des sites, à laquelle il soumet ses propositions concernant soit le refus de la demande, soit les prescriptions envisagées. / Le demandeur a la faculté de se faire entendre par la commission. Il doit être informé par le préfet au moins huit jours à l'avance de la date et du lieu de la réunion de la commission et reçoit simultanément un exemplaire des propositions du préfet ". Aux termes des dispositions de l'article R. 341-16 du code de l'environnement : " La commission départementale de la nature, des paysages et des sites concourt à la protection de la nature, à la préservation des paysages, des sites et du cadre de vie et contribue à une gestion équilibrée des ressources naturelles, et de l'espace dans un souci de développement durable. () I. Au titre de la protection de la nature, la commission est notamment chargée d'émettre un avis, dans les cas et selon les modalités prévus par les dispositions législatives ou réglementaires, sur les projets d'actes réglementaires et individuels portant sur () les établissements hébergeant des animaux d'espèces non domestiques () ". Aux termes des dispositions de l'article R. 341-24 de ce code : " La formation spécialisée dite " de la faune sauvage captive " exerce les compétences dévolues à la commission au titre du I de l'article R. 341-16 qui concernent la faune sauvage captive. () ".
4. Il ressort des dispositions citées au point précédent que le préfet était tenu de recueillir l'avis de la commission départementale de la nature, des paysages et des sites sur la demande de délivrance de certificat de capacité de M. B dès lors que l'objet de l'établissement projeté ne relevait pas du 1er alinéa de l'article R. 413-6 du code de l'environnement. Il en est de même de la demande d'autorisation d'ouvrir un établissement d'élevage professionnel en application des dispositions combinées des articles R. 341-16, R. 413-8 et R. 413-17 du code de l'environnement.
5. Le rapport d'instruction qui a été mis à disposition des membres de la commission départementale de la nature, des paysages et des sites de façon dématérialisée à compter du 21 octobre 2021 a été établi le 27 juillet 2021. Il précise les raisons pour lesquelles le service instructeur a proposé un avis défavorable sur la demande de certificat de capacité pour l'élevage professionnel et non professionnel d'animaux d'espèces non domestiques et sur la demande d'autorisation d'ouverture pour un élevage non professionnel de psittacidés présentées par M. B. Le sens de cet avis est notamment fondé sur les échanges qui ont eu lieu entre le pétitionnaire et les membres de la précommission qui s'est tenue le 27 janvier 2021 et de la visite des installations d'élevage. Toutefois, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'administration aurait adressé ce document à M. B ou lui aurait fourni les propositions soumises aux membres de la commission. Le service allègue, sans l'établir, que l'intéressé aurait été informé de ces conclusions lors de la précommission du 27 janvier 2021. Cependant, l'article R. 413-17 institue une garantie en faveur du pétitionnaire en prévoyant la transmission à celui-ci des mêmes informations que celles délivrées aux membres de la commission. Par suite, M. B n'a pas été mis à même de préparer utilement son audition devant cette instance. Dans ces conditions, en ne lui communiquant pas les propositions adressées par ailleurs aux membres de la commission, en méconnaissance de l'article R. 413-17 précité, M. B a été privé d'une garantie et la procédure suivie a été viciée.
6. En outre, d'après l'annexe 2 de l'arrêté du 8 octobre 2018 fixant les règles générales de détention d'animaux d'espèces non domestiques, toutes les espèces de psittaciformes qui, ni ne sont protégés en application de l'article L. 411-1 du code de l'environnement, ni ne figurent en annexe A du règlement (CE) n° 338/97, peuvent être détenus sans formalité dans la limite de 10 spécimens. Les amazones à front bleu relèvent de cette dernière catégorie.
7. L'article 2 de l'arrêté n° DDPP/SPE/2021/667 enjoint à M. B de se séparer de l'ensemble de ses oiseaux dans un délai de six mois, celui-ci ayant déclaré devant la commission départementale de la nature, des paysages et des sites le 9 novembre 2021 qu'il voulait se séparer de tous ses oiseaux sous un an. Cependant, malgré cette circonstance, l'administration reconnait en défense que la détention de spécimens relevant de la variété amazone à front bleu n'est pas subordonnée à une autorisation administrative. Ainsi, l'article 2 de l'arrêté n° DDPP/STE/2021/667 enjoignant à M. B de se séparer de tous ses oiseaux dans un délai de six mois est également illégal en tant qu'il implique qu'il se sépare de ses spécimens de la variété amazone à front bleu même s'il en détient un nombre inférieur ou égal à 10.
8. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer explicitement sur les autres moyens de la requête, qu'il y a lieu d'annuler les arrêtés n° DDPP/SPE/2021/666 et n° DDPP/SPE/2021/667 refusant respectivement la délivrance d'un certificat de capacité pour l'élevage professionnel et non professionnel d'animaux d'espèces non domestiques et la demande d'autorisation d'ouverture d'un élevage professionnel pour les psittacidés.
Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :
9. Eu égard aux motifs d'annulation retenu, l'exécution du présent jugement implique seulement que le préfet de la Gironde réexamine la demande de délivrance de certificat de capacité pour l'élevage professionnel et non professionnel d'animaux d'espèces non domestiques de M. B ainsi que sa demande d'autorisation d'ouverture d'un élevage professionnel pour les psittacidés, dans un délai de six mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les conclusions relatives aux frais d'instance :
10. Il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme globale de 1 500 euros à verser à M. B sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Les arrêtés n° DDPP/SPE/2021/666 et n° DDPP/SPE/2021/667 de la préfète de la Gironde en date du 23 novembre 2021 sont annulés.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Gironde de réexaminer les demandes de délivrance de certificat de capacité pour l'élevage professionnel et non professionnel d'animaux d'espèces non domestiques et d'autorisation d'ouverture d'un élevage professionnel pour les psittacidés présentées par M. B dans le délai de six mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera la somme de 1 500 euros à M. B en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions des requêtes est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Délibéré après l'audience du 9 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Munoz-Pauziès, présidente,
M. Bilate, premier conseiller,
M. Bourdarie, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 novembre 2023.
Le rapporteur,
H. BOURDARIE
La présidente,
F. MUNOZ-PAUZIÈSLa greffière,
C. POTTIER
La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière
N°(s) 2200366 ; 2200367
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026