jeudi 8 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2200440 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | BAULIMON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 26 janvier et 9 avril 2022, Mme A B, représentée par Me Baulimon, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite de rejet née du silence gardé par la préfète de la Gironde sur sa demande de titre de séjour présentée le 17 juillet 2020 ;
2°) d'enjoindre à la préfète de la Gironde de lui délivrer un titre de séjour ou à défaut réexaminer sa situation dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle.
Elle soutient que :
- elle remplit les conditions pour se voir délivrer un titre de séjour sur le fondement des dispositions des articles L435-1 et L421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'elle est entrée régulièrement en France en 2015, munie d'une carte de résident longue durée UE, sa sœur réside légalement en France, elle est employée en qualité d'ouvrière agricole, vit depuis 2015 avec un ressortissant français qu'elle a épousé le 26 février 2022 et est membre de plusieurs associations ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français du 11 août 2021 ne lui a jamais été notifiée ; il y a lieu pour le tribunal d'en prononcer l'annulation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 mars 2022, la préfète de la Gironde conclut au rejet de la requête et fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 15 avril 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 16 mai 2022 à 12 heures.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 29 novembre 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique, le rapport de Mme C.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B, ressortissante ukrainienne née le 23 mars 1982, est entrée régulièrement en France le 29 août 2015, munie d'une carte de résident longue durée UE délivrée par les autorités polonaises et valable jusqu'au 24 février 2019. Elle a sollicité le 17 juillet 2020 son admission au séjour. Elle demande au tribunal l'annulation de la décision implicite de rejet née du silence gardé par la préfète de la Gironde sur cette demande.
2. Par arrêté du 4 juillet 2021, la préfète de la Gironde a explicitement rejeté sa demande de titre de séjour, et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours. Toutefois par arrêté du 11 août 2021, la préfète de la Gironde a abrogé l'arrêté du 4 juillet 2021, et par arrêté du même jour, dont Mme B soutient qu'il ne lui a pas été notifié, la préfète a rejeté la demande de titre de séjour présentée par Mme B et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours. Mme B doit être regardée comme demandant l'annulation de cet arrêté.
3. En premier lieu, aux termes de l'article L421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui exerce une activité salariée sous contrat de travail à durée indéterminée se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " d'une durée maximale d'un an. / La délivrance de cette carte de séjour est subordonnée à la détention préalable d'une autorisation de travail, dans les conditions prévues par les articles L. 5221-2 et suivants du code du travail. / Par dérogation aux dispositions de l'article L. 433-1, elle est prolongée d'un an si l'étranger se trouve involontairement privé d'emploi. Lors du renouvellement suivant, s'il est toujours privé d'emploi, il est statué sur son droit au séjour pour une durée équivalente à celle des droits qu'il a acquis à l'allocation d'assurance mentionnée à l'article L. 5422-1 du code du travail ".
4. Mme B soutient qu'elle est ouvrière agricole au sein de la société SCEA Château Fleur Cardinal. Il ressort toutefois des pièces du dossier, et notamment du courrier adressé à la préfète de la Gironde par la DIRECCTE, que si la société a adressé en 2020 une demande d'autorisation de travail en faveur de Mme B, cette demande a fait l'objet d'un classement sans suite, dès lors que, par courriel du 18 février 2021, la SCEA Château Fleur Cardinal a informé le service que l'intéressée ne faisait plus partie de son personnel depuis le 15 octobre 2020. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
5. En second lieu, aux termes de l'article L435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. ".
6. Mme B se prévaut de son entrée régulière en France en 2015, de la présence en France de sa sœur, qui y résiderait régulièrement, de son travail au sein de la SCEA Château Fleur Cardinal, de son investissement au sein de plusieurs associations et de sa relation depuis 2015 avec un ressortissant français qu'elle a épousé le 26 février 2022. Toutefois, ainsi qu'il a été dit au point 4, Mme B ne fait plus partie des effectifs de la SCEA Château Fleur Cardinal depuis octobre 2020. Son mariage est postérieur à la décision attaquée, et l'intéressée ne produit aucune pièce attestant de l'ancienneté de sa relation. Les circonstances qu'elle est membre de plusieurs associations et que sa sœur réside régulièrement en France ne peuvent être regardées comme des motifs exceptionnels ou des considérations humanitaires au sens des dispositions de l'article L435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de cet article doit être écarté.
7. Il résulte de ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 11 août 2021.
8. Toutefois, si le conflit en Ukraine, postérieur à la décision portant obligation de quitter le territoire français attaquée, est sans incidence sur la légalité de l'obligation de quitter le territoire français, il est de nature à faire obstacle à l'exécution de celle-ci à destination de l'Ukraine.
9. Par voie de conséquence du rejet des conclusions de la requête de Mme B à fin d'annulation, il y a lieu de rejeter ses conclusions à fin d'injonction, ainsi que celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la préfète de la Gironde.
Délibéré après l'audience du 24 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Munoz-Pauziès, présidente,
Mme Molina-Andréo, première conseillère,
M. Bongrain, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 décembre 2022.
La présidente-rapporteure
F. C
L'assesseure la plus ancienne dans l'ordre du tableau
B. MOLINA-ANDRÉO
La greffière,
C. SCHIANO
La République mande et ordonne à la préfète de la Gironde en ce qui la concerne, et à tous huissiers de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026